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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 11:43

 

 écrivain chimpanzé

 

 

Il y a peu, un lecteur m’adressait ce message.

 

 

Cher et vénérable Stoni,

 

Je cherche depuis quelques temps à faire éditer un manuscrit, sans grand succès comme tu t'en doutes. J’ai découvert des maisons d’édition numérique, qui proposent même, parfois, de vrais contrats à compte d’éditeur. Crois-tu que ce soit l’avenir de l’édition ? Est-ce une bonne solution ?

 

Je tiens à préciser que je te trouve extrêmement intelligent et ton blog est le plus beau de la terre.

 

Bien à toi,

 

Un secret admirateur

  

 

 

Ha, l’édition numérique ! Un vaste sujet… qui m’inspire un court jugement péremptoire.

 

 

Disons, pour commencer, qu’il y a deux sortes d’édition numérique. L’édition numérique à compte d’éditeur (« à la demande ») et l’édition numérique en auto-édition. Il existe probablement des éditeurs numériques à compte d’auteur, mais cher lecteur tu as désormais compris que l’édition à compte d’auteur devrait être interdite par la loi, et on en parle plus.

 

 

L’édition numérique à « compte d’éditeur ».

 

L’éditeur a ouvert une structure d’édition sur le ouaib, parce que le ouaib c’est le futur et que bientôt, pense-t-il, il n’y aura plus de livres papier mais des livres numériques que tout le monde lira sur écran ou sur des tablettes dévouées à cet effet.

L’éditeur numérique te propose vraisemblablement une édition à compte d’éditeur, ce qui signifie : que tu n’as aucun frais à engager et qu’il est censé te payer puisqu’il acquiert les droits de ton texte. Ce qui signifie aussi que tu as cédé les droits sur ton texte et que celui-ci ne t'appartient plus. Comme un éditeur à compte d’éditeur classique sur papier, quoi.

 

 

Il existe néanmoins de grosses différences.

 

 

D’une, je ne suis pas convaincu par le livre numérique. La lecture sur écran d’ordinateur reste, pour le commun des mortels, harassante. Les tablettes sont loin d’être totalement démocratisées. Quant à lire un bouquin sur son téléphone intelligent (type i-phone)... Dans un futur beaucoup plus lointain, oui, c’est possible, le livre numérique sera la norme. Mais pour l’instant, ça ne l’est pas, et être édité sur internet revient, à mes yeux, à purement et simplement se ghettoïser à fond du ballon.

 

Un éditeur numérique distribue des livres dématérialisés. Parfois, il propose de les imprimer aux clients qui souhaitent un format papier. Dans ce cas-là, il n’empêche qu’il demeure un souci primordial : le livre n’est pas présent en librairie. Et là, l’auteur est tout de même un peu beaucoup lésé.

 

Je ne sais pas si tu as compris, camarade auteur, mais c’est la présence en librairie qui fait l’écrivain, en France et en 2012. Si tu es visionnaire et que tu veux anticiper les méthodes du futur, va te faire éditer dans le monde virtuel, c’est comme tu veux. Mais moi, je suis le genre de mec qui vit dans l’instant présent. Tu veux être un écrivain qui part avec le maximum de chances d’exister un tant soi peu dans l’univers de l’édition ? Fais-toi éditer par un éditeur bien représenté en librairie. C’est-à-dire un éditeur bien diffusé. Y’a pas de mystère. Y’a pas de secret. C’est ainsi.

 

Un éditeur numérique ne bénéficie d’aucun circuit de distribution. Son truc, justement, c’est qu’il ne distribue pas en librairie. Mais sur internet. Ton livre sera donc une URL parmi des centaines de milliards d’URL.

Certes, en librairie, ton livre sera un titre parmi les 700 de la rentrée littéraire. Fais tout de même tes comptes : 700 contre 700 milliards, choisis ton camp, camarade.

 

Tu auras saisi que je suis extrêmement sceptique vis-à-vis de l’édition numérique et je te déconseille vivement de signer avec l’une de ces boîtes. Les maisons d’édition numérique n’ont aucun avenir et aucune importance dans le monde de l’édition. D’ailleurs, je pense que ce genre de structures sont créées par des mecs qui se piquent d’une lubie « je veux être éditeur moi aussi », mais qui n’ont pas l’apport financier, ni l’apport professionnel, pour fonder une entité viable et sérieuse. Tu vois un peu le tableau.

Le chiffre d’affaires d’une maison d’édition numérique doit plafonner autour de 10 à 100 € par mois, aussi je te laisse présager le montant de l’à-valoir qu’on te proposera, si toutefois on t'en propose un…

 

Or, les maisons d’édition numérique savent tromper leur cible : les jeunes auteurs inexpérimentés et influençables. Sur leur site ouaib, ces éditeurs mettent souvent en avant des textes signés par des écrivains assez célèbres. L’auteur inexpérimenté est impressionné : tiens, s’ils publient ce gars-là, c’est que ça n’est pas trop mal !

Hélas, j’ai vu ce processus depuis l’intérieur. Les éditeurs numériques approchent des écrivains un peu réputés et leur tiennent un discours pseudo militant à deux euros cinquante : « donnez-moi un texte pour que je le publie, vous aiderez les circuits indépendants et vous passerez pour un mec vachement sympa ». Les écrivains sont des êtres sensibles à la flatterie. Ils aiment passer pour des mecs vachement sympas. Donc ils lâchent gratos une nouvelle, un récit court, une connerie, à l’éditeur numérique qui en fait ses choux gras. Les textes d’auteurs réputés publiés de la sorte sont : soit des trucs impubliables chez leurs éditeurs classiques, soit des trucs pourris que tout le monde leur a refusés. Sans déconner. Ne te laisse pas impressionner par ces viles manœuvres.

 

Autre constante des éditeurs numériques : leurs couvertures « virtuelles » sont soignées, ce qui concourt également à influencer l’auteur inexpérimenté. Les livres sont jolis, ça a l’air sérieux… Oui, les livres sont toujours jolis quand on exploite un stagiaire graphiste non rémunéré. Ne te base pas sur ce critère-là…

 

 

 

Lire cet article du blogueur Ludovic Mir pour connaître un autre avis éclairé.

 

Finalement, l'édition numérique fait assez penser à l'édition à compte d'éditeur sans distribution ni débouché : voir l'article sur l'Harmattan et celui sur les éditeurs pourris.

 

 

 

 

 


L’édition numérique en auto-édition.

 

En gros, tu confies ton texte à un éditeur numérique qui s’occupe de fabriquer ton bouquin en format numérique ou papier, lorsque des lecteurs en passent la commande. Mais tu conserves tes droits sur ton œuvre.

 

Là aussi, l’auto-édition ne bénéficie d’aucun réseau de distribution. En choisissant cette formule, tu as certes la possibilité de vendre ton bouquin autour de toi, mais tu ne seras pas présent en librairie ni nulle part – sauf si tu es allé toi-même démarcher une librairie.

C’est un choix que font nombre de jeunes auteurs aujourd’hui. Si tu te sens l’âme d’un commercial…

Je serai honnête. Se faire connaître de la sorte me semble presque impossible. Ensuite, cela dépend de tes motivations d’auteur. Si tu cherches à proposer un joli bouquin à ton entourage, bien relié, bien fait, et que tes ambitions s’arrêtent là, pourquoi pas.

 

Faire sa propre publicité et sa propre diffusion est une sacrée affaire. Dans un cadre éditorial classique, ces deux domaines sont d’ailleurs gérés par des personnes dont c’est le métier.

Sache que même un attaché de presse qui bosse pour Gallimard aura du mal à faire connaître un primo-romancier dépucelé chez la Blanche. Alors imagine un peu le boulot.

A toi de voir…

 

Tu trouveras un autre discours sur l’auto-édition et beaucoup plus d’informations à ce sujet toujours chez le blogueur Ludovic Mir.

 

 

 

 

 

 

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 11:41

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pôle Emploi a vu le jour en l'annus horribilis de 2008. Il s'agit d'un organisme public français destiné à gérer le surplus démographique des chômeurs. Ses parents, l'ANPE et les ASSEDIC, inspirèrent de magnifiques œuvres musicales à nos troubadours contemporains.

 

 

 

 

Le jeune Pôle Emploi envoya ses illustres parents à la retraite tout en parvenant à les surpasser dans l'exercice de l'ignominie qui est, dois-je le rappeler, sa vocation première.

 

Quand tu es au chômage, tu vas donc t'inscrire à Pôle Emploi pour deux raisons. Primo, essayer de toucher les allocations chômage (pour lesquelles tous les travailleurs du privé cotisent, sans exception). Secundo, pour essayer de trouver un autre job.

Or, si tu as eu le malheur de travailler à temps partiel, tu pourras toujours aller te faire foutre pour l'allocation, car il faut justifier d'un certain quota d'heures et tout et tout. Ce qui exclut de facto tous les travailleurs précaires qui font des heures ici et là. Le système est bien fait.

Quant à l'objectif de trouver un autre boulot grâce au Pôle Emploi, cela tient un peu du vœu pieux adressé à Lourdes. Toutes les chances ne sont clairement pas de ton côté.

 

 

 

Voilà la version officielle.

 

 

 

 

 

Pôle Emploi : même Krishna ça lui faisait trop peur.

 

En réalité, après avoir mené des recherches archéologiques poussées, j'ai découvert que Pôle Emploi avait été prophétisé comme la punition karmique suprême dans la tradition hindouiste.

 

Le karma, c'est un peu la somme de toutes les actions que tu as faites pendant ta vie terrestre et qui va déterminer ta prochaine réincarnation.

Si tu as fait que des trucs bien, tu vas renaître dans une caste élevée.

Si tu as fait des trucs pas génial, tu vas renaître dans une basse caste, ou pire encore, sans caste du tout.

Si t'as chié dans la colle grave, tu vas renaître en animal ou en insecte.

 

L'étude du Mahabharata, un texte fondateur de la mythologie hindoue, évoque le Pôle Emploi comme la punition karmique suprême. Il se situe en-dessous de la réincarnation en animal ou en insecte. Voyez cet extrait que je retranscris non sans fébrilité.

 

Troisième section du Bhagavad-Gītā, ou dialogue entre Krishna le mec qui a tout compris et Arjuna le mec qui apprend.

 

- Mon cher petit Arjuna, je t'ai tout à l'heure parlé de la réincarnation pourrave en fourmi ou en mouton, tu te souviens ?

- Oui Krishna, cela m'a horrifié comme tu peux t'en douter.

- Ha ha mon petit, il y a pire encore !

- Fichtre !

- Vois-tu, si pendant ta vie terrestre tu fais plus que chier dans la colle, c'est-à-dire si tu chies dans le ventilo, eh bien tu te réincarneras en un Français chômeur du 21ème siècle et tu devrais t'inscrire au... au... que Rama me protège !... au Pôle Emploi.

- Au Pôle Emploi ?

- Ne prononce pas ce nom, malheureux ! Le Pôle Emploi constitue la punition karmique suprême. Pire encore que de se réincarner en amibe ou en Kev Adams.

- De quoi s'agit-il ?

- Je ne puis te le dire. Kali, la déesse de la mort, recourt fréquemment à cette menace du Pôle Emploi, donc tu vois mon petit Arjuna, c'est franchement pas rigolo, et si c'est pas rigolo, ben c'est pas marrant.

 

 

 

Les autorités françaises nous ont dissimulé cet extrait depuis 2008. Je prends de gros risques en le publiant ici intégralement, mais que voulez-vous, étant membre du dernier parti communiste de France, je suis accoutumé à ce genre d'aventure.

 

 

Intéressons-nous à la déesse Kali dont parle le vénérable Krishna. Dans un livre d'Alain Daniélou, nous trouvons la description suivante.

 

« Elle porte souvent un pagne formé de bras coupés, tient une tête décapitée dans une main, une épée, le pouvoir de la destruction, dans l'autre. La forme Bhadrakali possède plusieurs paires de bras, représentant les points cardinaux. L'un de ses bras porte alors un curieux emblème qui, selon la tradition, est assimilé au mystérieux Pôle Emploi cité dans le Bhagavad-Gita. »

 

 

 

pole emploi punition karmique

Les Hindous, ils disaient pas que des conneries.

 

 

Ceux qui, parmi mes lecteurs, n'ont jamais expérimenté la punition karmique suprême du Pôle Emploi frétillent de peur, mais aussi de curiosité morbide : en quoi consiste exactement cette expérience ?

 

Dans une autre vie, j'ai dû chier dans le ventilo, car j'ai moi-même expérimenté la punition karmique du Pôle Emploi. Je vous raconte tout ça.

 

 

 

 

 

 

 

Pôle Emploi : le jour où j'ai pensé à avaler ma langue.

 

 

Voici quelques années, je fus condamné, pour payer les erreurs de mes anciennes incarnations, à m'inscrire au Pôle Emploi car j'étais au chômage.

 

Déjà, quand t'es au chômage, c'est franchement pas la joie. Tu n'as plus de boulot, donc tu n'as plus de pognon. Ça craint.

Tu vas au Pôle Emploi : c'est la chose à faire, dans ce cas-là.

 

Moi, le jour où j'étais allé m'inscrire au Pôle Emploi, y'avait eu une alerte à la bombe et du coup, j'avais dû passer deux heures dehors, avec tous les autres chômeurs et les employés du Pôle Emploi, histoire que les flics vérifient s'il y avait de la TNT sous un bureau ou pas. Ça commençait bien.

Une fois que les flics eurent neutralisé le secteur, nous pûmes réinvestir le bunker en béton.

Je pris un ticket et j'attendis. J'attendis. J'attendis.

Deux heures plus tard, je fus appelé dans le bureau d'un conseiller Pôle Emploi.

Les conseillers Pôle Emploi sont, j'en suis certain, des gens fort sympathiques à la base, et tout et tout, mais je n'ai toujours pas compris à quoi ils servaient exactement – mis à part à te fliquer et à te menacer de radiation. Ma conseillère jeta un coup d'oeil à mon CV et m'annonça tout de suite que j'aurais du mal à retrouver du boulot. Ben dites donc, c'était encourageant, tout ça. Elle m'expliqua que, si je désirais toucher l'allocation à laquelle j'avais cotisé pendant des années, je devrais affronter des épreuves karmiques immondes telles que la journée de bourrage de mou, officiellement dénommée journée de motivation ou un bidule dans le genre.

En outre, cette dame fort souriante me fit comprendre que, si je refusais les offres d'emploi que l'on me soumettait, je serais radié à vie et expédié au bagne avec tatoué sur le front "GROS FLEMMARD DE CHOMEUR". Que de joie et de réjouissances en perspective, mes amis.

 

Je fus donc obligé de m'inscrire à la journée de bourrage de mou.

Nous nous retrouvâmes à dix ou quinze chômeurs, enfermés dans une salle, face à un tableau blanc, exactement comme à l'école, pourvus de nos C.V. et de toute notre bonne volonté. Un gus surgit alors, en costard cravate.

- Bonjour, je suis un animateur employé par une boîte privée de ressources humaines, mais je suis payé par vos impôts car Pôle Emploi finance le business privé de l'accompagnement à l'emploi qui fait des tas de bénéfices privés. Ha ha ha. Le sytème est bien fait, n'est-ce pas. Aujourd'hui, je vais donc vous donner de la motivation pour retourner à l'emploi.

Une jeune femme fit remarquer qu'elle était étrangère et qu'elle ne comprenait pas un traître mot de ce gentil monsieur animateur. L'animateur lui répondit que, tant pis pour elle, elle devrait rester assise ici à rien comprendre, sans quoi elle serait radiée à vie et envoyée au bagne et tout et tout, pas marrant quoi. La jeune femme accusa le coup et resta donc assise toute la journée durant, les yeux grand ouverts, stoïque. Je l'admirai sincèrement.

Mais d'un côté, je l'enviais, car elle au moins, échappa au galimatias déblatéré par ce charmant animateur.

Le problème, c'est que ce type nous « coachait » et nous parlait comme si nous avions été des cadres. Ses solutions de retour à l'emploi n'étaient pas idiotes, mais inappropriées. Nous étions tous des pauvres smicards, petits employés, ouvriers, personnel de ménage, serveurs, manutentionnaires, et lui nous sortait des trucs du genre « désormais avec le TGV, il est possible d'aller travailler à Lyon, ou à Marseille, soyez mobiles ! ». Je levai la main et fis observer que, étant ouvrier donc plus ou moins payé autour du SMIC, il serait dommage de passer les trois-quarts de mon salaire dans des billets TGV, mais bon, je sais pas, quoi. Le gugusse me rétorqua aussitôt « mais voyez grand, jeune homme, voyez grand ! Vous ne serez pas toujours payé au SMIC au cours de votre vie ! Bien sûr, si vous partez avec de tels a priori ! »

Euuuuh.

Là, j'ai choisi de ne plus rien dire, de toute façon ça ne servait à rien.

Nous eûmes droit aux « exercices de mise en confiance en soi », ce qui signifiait répéter comme un abruti les yeux fermés « je suis un bon candidat et je serai choisi pour ce poste ». Cela pendant vingt minutes, en boucle, tous en choeur. Genre en lavage de cerveau, y'a pas mieux.

Par la suite, durant une heure, l'animateur nous démontra en long, en large et surtout en travers que les candidats qui échouaient systématiquement aux entretiens d'embauche le cherchaient bien. Vu toutes les méthodes de communication qu'il allait nous apprendre, si nous rations les entretiens, ce serait qu'on est vraiment des gros nazes qui avons pas confiance en nous.

A ce stade, j'hésitais entre l'auto-trépanation et l'auto-strangulation.

Les méthodes de communication furent bien entendu d'une banalité incomparable. Tenir un stylo pour ne pas trembler, dire bonjour en souriant, remercier, serrer la main, ce genre de conneries. Soit il nous prenait pour des idiots, soit c'était lui qui l'était.

A ce stade, je pensais que je pourrais tout aussi bien avaler ma langue afin d'abréger ces souffrances.

 

Nous dûmes réécrire notre C.V. en « améliorant » nos expériences. Au lieu d'écrire « personnel d'entretien », le chômeur détaillait toutes les compétences dont il devait faire preuve dans son emploi. Ce qui donnait un truc du style :

 

Technicien de surface. Evaluation du territoire d'opération. Préparation de l'outillage. Mélange des substances et prise de risque. Neutralisation sanitaire.

 

Tout ça pour dire : je suis un mec qui lavait les sols d'une école primaire. Oh, putain, sans déconner, on aurait dit la description d'une mission de l'armée de terre.

Idéal pour faire éclater de rire les employeurs qui reçoivent ton C.V. Histoire d'être sûr qu'ils te rappellent jamais, quoi.

 

 

Enfin, ce cerbère de l'enfer nous délivra de cette horrible journée et nous retournâmes au monde réel, traumatisés, faibles, hagards, tremblants, agrippés les uns aux autres.

 

 

Le lendemain, ma conseillère Pôle Emploi m'appela et me dit que je n'avais pas cotisé assez d'heures pour avoir les allocations chômage. Je restai sur le cul.

Vous voulez dire que je me suis tapé la journée de machin chose motivation... pour rien ?

Euh... oui.

Je passai le reste de la semaine prostré.

 

 

 

 

 

Voilà, vous savez tout sur le zizi. Désormais, vous savez également à quoi s'en tiennent vos vies antérieures si vous êtes vous aussi passés par cette atrocité.

 

 

Fort heureusement, je retrouvai rapidement un emploi.

Comme quoi, si j'avais chié dans le ventilo dans une autre vie, j'avais dû chier dans des quantités somme toute assez modérées.

 

 

 



 

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 13:52

 

 

 

Ô, pauvres lecteurs de mon blog englués dans l’âge de l’adolescence !

 

Vous éprouvez lassitude, colère, frustration, renoncement, abandon, érection intempestive, éjaculation précoce, premières règles, suractivité hormonale, etc. Vous vous sentez tout dépités.

Autour de vous, personne ne s’engage à vous remonter le moral. Vos parents vous ignorent, vos amis ont 2 de QI, les médias vous traitent de monstres, de débiles mentaux ou de sagouins.

Pas de quoi pavoiser, j’en conviens.

 

Croyez-moi, pourtant, l’adolescence est en réalité une véritable partie de plaisir.

 

 

ado-boutonneux.jpg

 

Bon, ok, y’a des trucs chiants.

Le gros problème de l’adolescence, c’est le manque chronique de fric. Enfin, dans le cas où tes parents sont trop pauvres pour te donner assez d’argent de poche.

 

Mais, sinon, estime un peu les avantages que je saurai te faire voir.

 

 

 

 

Tu peux faire sauter les cours à peu près comme tu veux.

 

Quand j’étais au lycée, certains profs ne me connaissaient pas. Au conseil de classe, ils découvraient mon nom sur la liste et s’interrogeaient, ébahis « mais qui c’est, celui-là ? je ne me souviens pas de lui ! » (les délégués de classe avaient poucave auprès de moi). Non, ces profs se trompaient : ils ne m’avaient pas oublié, mais ils n’avaient jamais eu la joie de faire ma connaissance.

 

Lors d’un trimestre, j’ai cumulé 60 demi-journées d’absence. Le lycée avait appelé mes parents. Ma mère avait dit que j’avais des soucis de santé, ce qui bien entendu était faux. Une autre fois ils ont eu mon père, qui leur avait répondu que c’était pas leurs affaires. (Mon père est spécial). (Ma mère aussi).

 

Ô, nostalgie, quand tu m’étreins !

 

Car, aujourd’hui, je suis salarié. Et quand tu es salarié, les 60 demi-journées d’absence dans un trimestre, tu peux toujours te les foutre au cul. Sans quoi, tu seras vite initié à la punition karmique suprême : celle du Pôle Emploi.

 

 

 

pole-emploi-punition-karmique.jpg

 

Alors, profite de ce temps béni ! Sèche les cours, va à travers champs, va à travers villes, vis, respire, ris, épanouis-toi, frêle fleur qui tout juste éclot ! (ouais, t'as vu, c’est beau ce que j’écris)

 

 

 

 

 

 

Tu peux répondre à tes profs.

 

J’ai déjà décrit dans cet article, et dans celui-ci, toutes les horreurs mentales que je faisais subir à mes profs (je ne leur ai jamais imposé des horreurs physiques, rassurez-vous). Avant d’être convoqué en conseil de discipline, y’a un long chemin à faire. Tant que tu n’insultes pas le prof, en général ça passe. D’ailleurs je te conseille d’avoir des jours où tu es super cool avec ledit prof, comme ça tu le prendras en traître les jours où tu auras envie de l’envoyer péter.

 

Parce que, aujourd’hui, je suis salarié. Et si j’envoie péter mon patron, ben je suis un peu légèrement beaucoup quand même licencié. Ce qui signifie punition karmique du Pôle Emploi.

 

pole emploi punition karmique

 

 

Pas cool.

 

 

 

 

 

La masturbation excessive n’a aucune connotation honteuse.

 

Selon moi, l’adolescence est une sorte d’intermède gâché par le collège, le lycée et toutes ces conneries, car ta suractivité hormonale te conduit, avant tout, à passer ton temps à te branler (garçons et filles, on ne me fera pas croire le contraire). Mais quand je dis passer ton temps à te branler, je dis bien passer ton temps à te branler. Et tu trouves ça tout à fait normal, de te branler. Tu as besoin de le faire. Un besoin vital.

 

Plus tard tu seras en couple. Tu verras, quand tu seras tout seul et que tu te glisseras une petite paluche dans le slob, une sorte de flic intérieur surgira : « mais pourquoi te masturber égoïstement devant cette pathétique vidéo porno, tu es désormais un adulte, tu ferais mieux de garder ce désir pour ton / ta partenaire ». Et si d’aventure tu abuses un peu de la paluche dans le slob en solitaire, le flic intérieur te dira « à ton âge, en être à ta troisième masturbation de la journée alors qu’il n’est même pas encore midi ! ».

Chiant, quoi.

 

 

police masturbation


Le pire reste le jour fatidique où ton / ta partenaire te prend en flag, la paluche dans le slob. « Euh mais pourquoi tu te masturbes, tu me désires plus, tu veux plus qu’on fasse l’amour ensemble, moi je suis disponible et tout et tout ».

Relou.

 

Les adultes célibataires ne sont pas non plus épargnés par cette répression contre la masturbation. La pression sociale te chapitrera sans arrêt. Publicités, articles de presse, films, romans… « TU DOIS ETRE EN COUPLE. A TON AGE LA MASTURBATION EST HONTEUSE. TU DOIS ETRE EN COUPLE » Et pour la première fois de ta vie, tu ressentiras un certain embarras quand tu oseras te masturber le 14 février, journée internationale du couple monogame hétérosexué conformiste chiant.

 

 

 

Tes potes te font marrer et vous vous kiffez trop.

 

Bien sûr, il existe des adolescents solitaires. Mais il en existe aussi des grégaires, ce qui était mon cas. Ah, mes potes ! Keskon a rigolé ma parole. Tu fais des blagues carambar en cours et tout le monde rigole. Tu pètes et tout le monde rigole. Et puis, il y a peut-être LE meilleur pote, à qui tu peux tout confier, qui te soutient, qui t'écoute…

 

Les ravages du temps amoindriront sérieusement ces délicates amitiés.

 

Quand tu es salarié et que tu pètes devant tes collègues de travail, personne ne rigole, mais tout le monde fait les gros yeux. En outre ton patron surgit pile à ce moment-là et tu es licencié. Punition karmique du Pôle Emploi.

 

 

pole emploi punition karmique

 

Les blagues carambar n’émouvront plus personne, car sache une chose, ami adolescent : les adultes n’ont aucun sens de l’humour.

 

Ces potes, avec lesquels tu pétais en cours, changeront. Ils ne péteront plus, ils feront des enfants et exigeront que tu ne fumes pas en présence de leur progéniture. Ou bien ces potes te demanderont de l’argent par le biais de chantages affectifs, sans jamais te rembourser. Ou bien ces potes te piqueront ton mec ou ta copine.

 

Et LE meilleur pote, me demanderas-tu ? Ou LA meilleure potesse ? Tiens, en voilà une bien bonne. Ce traître te liquidera proprement et simplement de sa vie car il aura rencontré un idiot congénital ou une connasse satisfaite, dont il tombera amoureux. Pourquoi pas, me diras-tu ? Le problème, c’est que cet idiot ou cette connasse aura comme de par hasard une dent contre toi (« il est trop con » « il fait des blagues carambar » « il est communiste ») et ton pote, avec un grand sens du courage, préférera l’idiot ou la connasse, donc le sexe, à l’amitié.

D’un côté, on le comprend.

 

 

 

 

 

Tu remarqueras que seul l'inconvénient de la vie adulte de la répression contre la masturbation n'implique pas la punition karmique suprême du Pôle Emploi. L'exception qui confirme la règle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces exemples me semblent assez explicites en l’espèce. Nous avons fait le tour.

 

Vois à quel point tu es chanceux, finalement. Oui, tu as de l’acné. Oui, tu n’es pas forcément un modèle de grâce, de tact et de subtilité. Oui, tes bras ont poussé avant tes jambes et tu as temporairement l’air d’un orang-outan mal nourri. Oui, tu portes un appareil dentaire et un corset orthopédique (et la Sécurité Sociale te kiffe grave). Oui, tes parents ne te lâchent pas un rond. Oui, tu voudrais être super fringué (à la The Kooples), mais pour l’instant, faut te contenter des survêts tombés du camion ou des polos La Halle aux Vêtements (tes vieux ne veulent pas comprendre que H&M, ça existe). Oui, tu as souillé ton slip le jour où Océane t'a permis d’effleurer son soutien-gorge Hello Kitty (d’ailleurs c’est con parce que le logo avec la petite chattounette, ça te déconcentrait par analogie de pensée).

 

 

 

Mais.

Je te l’affirme, depuis les tréfonds de mes vingt-huit ans.

Tu regretteras cet âge un jour venu.

Oh que oui.

Oh que oui.

 

 

 

 

 

 

 

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30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 13:02

 



 

carte pcf

http://www.clubdia.fr/images/20110923_ClubDIA_04b.jpg

 

 

 

L'autre jour ma sœur me demande d'aller lui faire quelques courses au supermarché Dia du coin. Elle me donne sa carte fidélité pour avoir des réductions sur les produits. La carte Dia est rouge. Je la glisse dans mon portefeuille. Au moment de payer, je tends une carte rouge à la caissière. La caissière tente de la scanner, en vain. Puis elle regarde la carte et dit tout haut « mais c'est pas la bonne carte, celle-là est marquée  PCF ». Derrière moi, des étudiants éclatent de rire et glissent des allusions anticommunistes. Je donne la bonne carte Dia à la caissière qui me demande ce que c'est « PCF ». Je dis «oh un vieux truc » et je pars.

 

 

 

VDM - Vie De Militant.



La VDM Vie De Militant pouvant aussi, parfois, souvent, être une VDM Vie De Merde.







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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 14:14

 

 



lancelot-du-lac.jpg

Dans cet article, j'explique pourquoi

ces mecs-là, qui s'offrent des échiquiers au Moyen-Âge,

ont un peu légèrement foutu le bordel.



 

 

 

 

"Et on inventa le roman pour occuper le surplus démographique."

 

 

 

 

Qu'est-ce qu'un surplus démographique ? C'est quelqu'un qui ne trouve pas sa place dans l'organisation des rapports de production.

Guide de survie de ce même surplus démographique, le roman entama la grande carrière que nous lui connaissons avec l'amour courtois. Le roman dit au surplus démographique d'alors (la gente dame – le chevalier) ce qu'il doit faire et ce qu'il ne doit pas faire.

C'était bien beau tout ça.



D'une, le roman détournait le surplus démographique d'une perspective révolutionnaire en lui fournissant une occupation (l'écriture – la rêverie) et une vocation (l'amour courtois, voire, la Quête du Graal).

 

De deux, le roman se trouva une autre magnifique destination : banaliser la crise.

Le roman banalise la crise, puisque, déjà, bien souvent, il la nomme. Le mot en lui-même banalise la crise. Quand j'écris le mot « crise », C-R-I-S-E, je conceptualise un état d'âme, un état d'esprit, un état de fait. Le mot couvre une réalité, le mot normalise l'anormal. Car la crise désigne justement l'anormalité. Mais je reviens à ma banalisation, par crainte de passer pour un tenant du nominalisme.

Dès le roman courtois, la littérature banalise la crise. Celle du désir, d'abord. Le désir est un infâme état de crise. Je veux mais puis-je ? Il faut hiérarchiser le principe de plaisir et le principe de réalité. Je veux mais puis-je ? Oui ou non ? Ce qui fait parfois un progressisme (principe de réalité avant le principe de plaisir, je veux mais ne peux pas car le faire ne serait pas respecter l'Autre) peut tout autant construire une aliénation (je veux mais ne peux pas car le faire déclencherait une révolution). Le chevalier ne baise pas la gente dame car la gente dame est mariée au seigneur et le chevalier ne doit pas prendre la place du seigneur. Si le chevalier prend la place du seigneur, il subvertit l'ordre social et l'ordre économique.

Le chagrin d'amour est lui aussi état de crise. Galehaut se laisse mourir de peine après avoir appris le décès de Lancelot. Lancelot qui se torture d'amour pour sa dame, Guenièvre, dame interdite puisque reine d'Arthur. La renonciation ou la mort sont les issues, positives ou négatives, de l'état de crise du roman courtois. Ce qu'il faut faire ou ce qu'il ne faut pas faire, donc.

La banalisation de l'état de crise traversera les siècles. Proust, homme en état de crise d'une époque en état de crise. Genet. Musset. Qui vous voulez.

Tu écris ? Relis tes histoires. N'as-tu pas, à ton tour, dépeint et banalisé un état de crise ?



Le roman est là pour dire : oui, vous êtes en état de crise dans une société et surtout une économie qui produisent des crises, donc c'est bien normal. Regardez, moi l'auteur, moi l'artiste, ou bien mes personnages, sommes nous aussi en état de crise. Que faire, demande Lénine ? Rien, répond le romancier. J'ai survécu à la crise, j'en ai fait mon art. La crise est surmontable par : la mort / la renonciation / l'apprentissage / le romantisme / l'amour / la sexualité – nous pouvons décliner la liste avec toutes les thématiques romanesques recensées.



Donc quand je disais que le roman était un dérivatif à l'aspiration révolutionnaire, eh bien, le roman était bel et bien un dérivatif à l'aspiration révolutionnaire – hé hé.



Evidemment, il s'agit là d'un constat à froid, d'un constat hyperréaliste radical.

Dans la vie courante, dans ton expérience intersubjective, rien ne t'empêche d'aimer la littérature, d'écrire du roman, d'en lire, d'en raffoler. Comment faire autrement qu'aimer le roman, de toute manière, avec un tel matraquage idéologique ?

Seulement, voilà, toi, tu sais de quoi il en retourne.

Ce qui te fait une belle jambe, nous sommes d'accord.

 

 

 

 

 

 

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 14:40

 

 

 



Une jeune femme s'assoit en face de moi dans le bus. Je la regarde sans la voir, comme on regarde les gens dans le bus. Mais je pense en découvrant son visage : « la pauvre, elle n'est vraiment pas jolie ».


J'ai honte de cette pensée, en apparence incontrôlable, cependant contrôlée, automatisme de robot, automatisme de programmation, conformisme politico-mondain, conformisme petit-bourgeois.

 

« La pauvre, elle n'est vraiment pas jolie. » Le jugement est opéré. Péremptoire, dur, aiguisé par son aspect condescendant.

 

La pauvre, elle n'est vraiment pas jolie. Pas jolie, c'est faux. Elle n'est pas gracieuse selon nos critères, mais, tout compte fait, elle est jolie, elle est jeune déjà, elle est plutôt bien proportionnée, un petit corps dodu, cela va bien avec sa tête ronde, elle a l'air joyeux, elle est même heureuse, souriante – alors qu'elle est seule - et je me dis que je pourrais très bien tomber amoureux d'elle. Elle n'est vraiment pas jolie. Elle fait l'amour aussi bien qu'une autre, peut-être mieux encore.

 

Mais voilà. La pauvre, elle n'est vraiment pas jolie. Les traits ne sont pas particulièrement doux, les sourcils épais, d'accord, mais en quoi ai-je pensé qu'elle n'était vraiment pas jolie ?

Chez moi, nous sommes tous beaux. Je ne sais pas ou je ne sais plus ce que c'est, de ne pas être beau. A dix-huit ans, j'ai été casté pour porter des vêtements sur des photos de mode. En bon connard d'artiste, la thématique m'a toujours intéressé. La beauté. Le beau. Et en bon prétendu marxiste, je sais bien que la beauté est réactionnaire. Mais pour une femme, qu'est-ce que c'est, être beau, être belle ? Et pour un homme, qu'est-ce que c'est une belle femme ? Les femmes fatales m'emmerdent. La façon dont la plupart des hommes parlent des femmes m'emmerde aussi.

 

La belle, la moche, la grosse, la maigre, leurs corps ne leur appartiennent pas. La pute, le laideron, le cageot, l'anorexique. Corps honteux. Ils appartiennent à l'autre, aux regards, aux évaluations, aux insultes, aux moqueries, à la haine, à la jalousie, au machinal, aux traditions, au mode de production. A qui est ce corps. Ce corps qui aspire, ce corps qui ruisselle. Ce corps qui saigne, mais dont la moitié de l'humanité est promise à ne probablement jamais voir le flux menstruel. Un homme verra de la merde, de la pisse, du sperme, de la salive, du lait, de la sueur, mais il ne doit pas voir la serviette tachée de sang. Il ne doit pas non plus voir la pilosité. Corps secret, corps aux parties interdites. Qui se l'approprie, à qui le prête-t-on, à quoi dois-je le rendre.



Elle n'est vraiment pas jolie. Qui suis-je pour m'approprier son corps par le jugement ? Qui suis-je pour la plaindre ? Je n'ai jamais aimé entendre un homme dire avec assurance « c'était une très belle femme », quand le jugement n'est pas affectueux, ni gentil, mais froid, direct, supérieur, cruellement spontané.

« Elle est pas mal. »

« Elle est mignonne. »

Servitude volontaire.

Un peu décence, putain. Soyons révolutionnaires. Et fermons nos putains de gueules.







 

Une question ?
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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 13:16

 

 

 

politesse-dictator.jpg

 

 

 

Pierre Laurent, charismatique Secrétaire national du Parti Communiste Français, a déclaré « à huis clos » (et c’est bien pour ça que toute la presse est au courant) ce lundi :

 

les conditions ne sont aujourd'hui "pas réunies"

pour que des communistes entrent au gouvernement

 

Source : le Parisien.

 

 

 

Déjà, je vois trop comment les mecs font leurs réunions à huis clos. «-  Sœur Marie-George, tu penseras bien à contacter le service des relations publiques pour qu'ils divulguent le contenu de nos magnifiques séances qui intéressent la terre entière ? - T'as oublié le mot magique, Pierrot. - S'il te plaît, Sœur Marie-George ? - Amen ! »

 

Enfin.

 

 

Stoni mode politesse dictator ne pouvait laisser passer cette boutade. Si elle révèle un excellent sens de l’humour chez ce monsieur Laurent (enfin un signe distinctif, je commençais à me demander si ce pauvre homme était en réalité un cyborg ou un droïde), elle trahit également une impolitesse grave.

 

Mon cher petit Pierrot, sache qu’on ne refuse pas d’entrer dans un gouvernement lorsqu’on n’y a pas été invité.

 

C’est un peu la moindre des choses. Bonne manière élémentaire !

 

 

pierre-laurent.jpg

 

 

Pour te faciliter l’appréhension de cette bonne manière, je vais te donner un exemple.

 

Disons que, dans une classe de 6ème, plusieurs élèves se battent pour être élus délégués de classe. Le petit François remporte haut la main et compte bien organiser une sauterie chez lui histoire de célébrer cette victoire. Si François ne m’a pas invité à cette fête, je ne peux décemment pas refuser une invitation qui n’a jamais existé.

 

Prends exemple sur ton ami Jean-Luc. Lui, au moins, témoigne d’une certaine constance dans ses engagements.

 

Or, je conviens qu’en te comportant comme si tu avais été invité, cela te confère virtuellement une importance que tu n’as visiblement pas, dans les faits, aux yeux de François.

 

 

Petit malin, va !

 

 

 

 

 

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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 17:18

 

 

 

 

 

J’ai un ami qui m’agace. Rarement, très rarement, il a une journée où il se réincarne en un être agréable, une véritable crème, une journée où il est là pour me remonter le moral, où nous arrivons à nous marrer, simplement, tout simplement.

Le reste du temps, il m’agace. Car, avec lui, rien n’est simple, tout est compliqué.

Au début, il devait se surveiller. Nous sommes devenus amis. Puis, au fil du temps, son auto-vigilance s’est relâchée.

Il est vieux, il écrit. Il a de grandes théories qui ne sont pas idiotes. Si seulement il savait s’en contenter. Mais non. Il a tenté de les faire publier, en vain. Il prétend « qu’il s’en fout », qu’il n’a jamais voulu être édité, mais c’est faux et il essaie encore, à soixante-dix ans. Cet échec d’une vie le rend hargneux. Il est seul, il se rabougrit, lui, lui-même, le sien, sa planète gravite autour de son ego et, quand je le vois faire, je prends peur. Si je devenais comme lui, un jour ?

Il a le défaut des gens intelligents et des poètes : la vanité.

Ce défaut, je peux vous en parler.

Mais tout de même. A ce point, c’est une maladie.

Il a tout vu, tout connu, tout expérimenté. Il monologue. Il parle de lui.

Il m’envoie sa photo dédicacée. Je ne l’ai pas demandée. Je suis censé le remercier. Je lui fais remarquer, prudemment, que je trouve le geste étrange. Il me répond que c’est de l’auto-dérision. C'est faux.

Avec lui, oralement, tout est de l’auto-dérision. Réellement, rien ne l’est.

Il est malade d’être lui-même, malade de n’avoir pas pu rayonner dans le monde des arts, de la culture, de l’université. Au cours de sa vie, il a rencontré telle célébrité, tel comédien, tel poète. A chaque fois, un projet devait se monter, mais la célébrité s’est désistée. Au début, je le croyais. Maintenant, je m’interroge sur sa capacité à imbriquer le faux dans le vrai, l’édulcoration dans l’exagération.

Il me laisse pantois.

Oui, il m’agace. Quand il me parle de philosophie, il part du principe que je ne connais pas les notions et prend soin de les détailler. Parce que je suis ouvrier et que je n’ai pas été à la faculté.

Lui a fait de grandes études.

Il me parle donc de philosophie et précise « arrête-moi si tu ne comprends pas, car, pour un type comme moi, ce cas complexe est d’une simplicité extrême ». Il est sérieux, quand il dit cela. Il a d’ailleurs l’impression d’être gentil.

Il m’énerve.

Les gens qui passent dans sa vie ne s’arrêtent pas. Plusieurs mariages, des femmes, des enfants, des amis, personne n’a demeuré pour témoigner. Il se brouille, il se dispute. Les courageux qui ont l’endurance de le supporter finissent, un par un, par ne plus lui adresser la parole. Bien entendu, il est la victime du complot. Je pourrais lui dire qu’il est difficile à vivre, difficile à apprécier, qu’il ne facilite pas les choses, mais ça ne servirait à rien. La critique lui est insupportable. La seule critique qu’il accepte, c’est celle, fausse et en fin de compte valorisante, qu’il s’adresse à lui-même. Il s’invente des défauts qui sont, pour son rare public, des qualités. La générosité, l’oubli de soi au profit des autres, la gentillesse excessive…

Il a un avis sur tout. Il prêche, il assène, il juge.

Il m’a appelé, plus d’une fois, en étant au bout du rouleau. Rongé par son ambition, rongé par la colère de ne pas avoir été reconnu, rongé par son moi, son surmoi, son ça. Puis, il remonte la pente en s’investissant dans un nouveau projet qui le concerne lui, pas un autre. Il multiplie les tentatives pour être édité. Tout et n’importe quoi. Il me fatigue.

Parfois, il a des éclairs de gentillesse, de sympathie, d’amitié. Je ne le reconnais pas. Ces jours-là, je me dis que je suis dur, qu’il ne mérite pas mon impatience. Et puis, il se dépêche de me faire changer d’avis. J’évite ses coups de téléphone, mais alors, il insiste, il se débrouille pour m’attraper, il m’envoie des photos dédicacées, il persiste…

Il est pourtant intellectuellement brillant, très brillant. Pourquoi tout gâcher ? Pourquoi se montrer si pénible ? Pour cette guerre permanente, idiote, grotesque, contre les autres ?

 

Il m’effraie. Car je reconnais, chez lui, certains de mes travers. L’égocentrisme, la vanité, la recherche de la reconnaissance, l’arrogance… Je me dis, pour me rassurer, que je ne suis pas de sa classe sociale, que mon appartenance de classe me préservera de finir à sa façon.

Serai-un jour, vieux, seul, abandonné, malade, à râler, à vitupérer, à pérorer, à saouler un pauvre ouvrier de trente ans, qui sera un des derniers à avoir la patience, ou la bêtise, de bien vouloir me supporter ?

 

Je devrais peut-être le considérer comme un avertissement, ce monsieur.

 

 

 

 

 

 

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 13:47

 

 

 

 

 

Souviens-toi, ô camarade lecteur. Voici plusieurs semaines, je relatais un sinistre épisode de mon enfance. J’avais huit ans et j’avais annoncé à des « camarades » de classe que mes parents m’offriraient la Super Nintendo pour mon anniversaire. Ces dits camarades m’avaient alors froidement répondu : « non, tes parents t'ont menti, tu l’auras pas, t'es trop pauvre ».

 

Mais Fortuna, déesse ô combien surprenante, me réservait l’occasion délectable d’une vengeance en bonne et due forme.

 

 

 

ewok-wicket-jouet.jpgL’objet du litige

 

 

 

Depuis que je suis tout petit, je suis fasciné par la première trilogie de la Guerre des Etoiles. Ma grande sœur et moi avions des figurines des principaux personnages des films. J’avais même l’Amiral Ackbar. Hélas, nous n’avons jamais eu le Faucon Millenium ni le Quadripode impérial. Nous étions toutefois bien fournis. Nous avions la navette de Darth Vador. Et tous les ewoks.

 

Ces jouets ont été commercialisés jusqu’en 1985. Il ne fallait pas louper le coche.

 

 

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Le truc qui te rend dingue, quand t'es gosse...

 

 

 

 

Pour les enfants de mon âge, nés en 1983, rares étaient ceux qui furent assez réactifs pour réclamer les jouets entre zéro et deux ans. Et bien peu avaient vu les films dans ce court délai.

Or, grâce à ma sœur de trois ans mon aînée, je disposais d’une formidable collection Starwars et je connaissais déjà les films par coeur.

Mes camarades découvrirent Starwars sur le tard, à l’âge de six ou sept ans.

 

C’est en 1991 que le drame petit-bourgeois du « blocus Wicket » se produisit.

 

Mes congénères qui découvrirent la trilogie à cette époque, n’avaient donc pas de jouets Starwars, ceux-ci n’étant plus disponibles dans le commerce depuis un sacré paquet de temps.

 

Sous les auspices de Fortuna et de George Lucas, je pris ma revanche prolétarienne.

 

Un des « camarades » de classe qui m’avaient traité de pauvre lors de l’épisode Super Nintendo, que nous appellerons Julien, m’invita à sa fête d’anniversaire. J’étais alors dans une phase Starwars et j’apportais mes figurines d’ewoks partout où j’allais.

Pour les malheureux qui ne connaissent pas, les ewoks sont des sortes de petits oursons sympas dont les enfants raffolent, présents dans le dernier volet Le retour du Jedi.

 

 

 

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Des modèle sains pour construire

sa personnalité

 

 

Lors de l’anniversaire, je fis sensation avec mes ewoks. Ils séduisirent tant que Julien oublia les magnifiques cadeaux offerts par ses parents : l’île au trésor Playmobil, le ranch Playmobil, soit, plein de trucs de malade. J’étais muettement stupéfait par sa chambre. Jamais je n’avais autant vu de jouets canon au mètre carré. Lorsque ma mère vint me chercher en fin d’après-midi, je récupérai mes figurines d’ewoks. Le drame petit-bourgeois éclata. Julien me raccompagna, avec sa propre génitrice, jusqu’au pas de la porte et m’ordonna de lui prêter Wicket.

Wicket, le plus petit des ewoks, le plus mignon, le plus cool, le plus marrant.

Je répondis :

- N-o-n.

Un non propre, sec et net. Julien le prit mal et demanda plus poliment. Je refusai encore.

A cet instant, il explosa en larmes.

- Prête-moi Wicket s’il te plaît ! Wicket ! Je veux juste Wicket ! Juste pour cette nuit, je te le rendrai demain à l’école !

J’observai, impassible, ces larmes abondantes en goûtant une savoureuse satisfaction. La mère de Julien intercéda :

- Allez Stoni, prête-lui ta figurine, je ferai attention à ce qu’il te la rende demain à l’école.

- Non.

Julien pleura de plus belle. Le putain de caprice, je veux dire. Un truc de ouf. Il devenait tout rouge, il ne respirait plus. Ma mère me suggéra à son tour de prêter Wicket.

- Tu vois bien que ça le rend triste, lui aussi il voudrait bien avoir un Wicket.

- Non.

Sans déconner, les ewoks – et spécialement Wicket – c’est pas un truc qui se prête. Du moins pas à ce petit con qui m’avait traité de pauvre. Je restai ferme, campé sur ma décision. Un putain de blocus communiste. Finalement, ma mère m’emmena et nous laissâmes Julien éploré.

 

Le lendemain à l’école, Julien vint me demander pourquoi j’avais eu la cruauté de ne pas avoir prêté Wicket.

- T'es pas sympa, je t'avais invité à mon anniversaire !

Et là, en le regardant droit dans les yeux, je lui ai asséné :

- Tes parents sont riches, ils pourront t'en acheter un, t’as qu’à leur demander.

- Mais ça se vend plus !

- Ah ? Alors dommage pour toi.

Il redevint tout rouge, le regard humide. J’ai souri et je me suis éloigné sans me retourner.

 

 

Ô, rare victoire de classe ouvrière !

 

 

 

 

 

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 14:52

 

 

 

http://www.onthisdeity.com/wp-content/uploads/2011/03/walt-207x300.gif

 

 

 

Le 31 mai 1819 naît Walt Whitman dans une famille de pauvres fermiers, deuxième de neuf enfants. Il devint ouvrier en imprimerie, puis instituteur. Sans grande réussite et sans grande constance, il s'essaya au journalisme et à la politique. Toute sa vie ou presque, il travailla pour vivre (à la différence de Baudelaire).

 

Walt Whitman écrivit des poèmes et des textes en prose.

Entre autres, le recueil de poèmes Leaves of grass, traduit par un autre poète, Jules Laforgue, en Feuilles d'herbe.



Que fit Walt Whitman dans cette gigantesque œuvre poétique ? Il participa à l'invention du mythe américain. Soit, la digne humilité du prolétariat, l’autodidaxie, la beauté des nuages accumulés à l'aube entre Manhattan et Brooklyn, la noblesse des grands espaces, la pureté première de la nature. Walt Whitman aimait les petites gens, le travail, la classe ouvrière, le vagabondage, puis, bien sûr, son pays.

Il participa donc à ce mythe américain avec, je dois l'avouer, une aisance qui confère au magistral.



Il fut très vite relayé par d'autres artistes qui consolidèrent, critiquèrent, refondèrent et épousèrent ce même mythe. Le mythe qui dit que les Etats-Unis sont le pays de la liberté. Le surplus démographique y trouve forcément sa place. Tout est possible dans la contrée du Sentiment.

Évidemment, il fallait toute la puissance suggestive du beau artistique pour sublimer – et excuser – le triple crime sur lequel cette nation s'est fondée : celui du génocide indien, de l'esclavage puis de la ségrégation, et l'exploitation de la classe ouvrière.





Walt Whitman fut donc, comme tous les artistes, poètes et écrivains qui vivent dans une société de classes, un rouage inconscient et probablement involontaire du pouvoir.

Tout comme moi j'en suis un, en tant que romancier.



La question est vaste.



Aujourd'hui, quand je lis des articles sur Walt Whitman, la plupart des journalistes l'évoquent pour confirmer ou infirmer son homosexualité.

En voilà un débat intéressant.







 

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