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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 13:50

 

 

 

 

Cette nuit j'ai rêvé que j'étais dans une salle de cinéma avec des amis. Un bordel monstre ravageait la salle. Le film ne commence pas et les spectateurs s'impatientent. Des batailles de popcorn éclatent ici et là. Lorsqu'une bande-annonce est diffusée, des gens lancent leurs gobelets de coca sur l'écran.

Je vais aux toilettes. En sortant, je rencontre une jeune fille qui je connais de vue. Elle tient une guitare acoustique et me dit qu'elle a une déclaration d'amour à me faire mais, comme elle est romantique, elle tient à me la chanter. Je la laisse faire. Elle commence à chanter Hit me baby one more time de Britney Spears. Sans pour autant chanter faux, son interprétation casse pas trois pattes à un canard. Elle est émue, intimidée, les larmes aux yeux et seul un maigre filet de voix sort de sa gorge. Je l'écoute dix secondes, je tique et lui pique la guitare.

- Non, attends, ça va pas du tout. Je sais pas, joue-la plus groovy, mets quelque chose dans ta voix. T'es complètement monocorde ! Franchement, c'est une chanson qui peut être sympa, et là tu la gâches à fond. Ecoute plutôt ça.

Et comme un gros connard insensible, je joue le morceau en chantant devant elle, qui est dégoûtée, parce qu'elle voulait me faire sa déclaration. Je joue le truc assez classe, un peu comme dans la vidéo :

 

 

 

 

 

Je finis le premier refrain et je lui rends sa gratte.

– Voilà, comme ça c'est beaucoup mieux, t'as vu ?

Puis je la plante là et retourne dans la salle de cinéma.

 

Ça fait au moins un an que j'ai pas touché ma guitare et j'étais content de jouer aussi bien dans ce rêve.

Un rêve plus agréable que celui de l'avant-dernière nuit : j'ai rêvé que Sarkozy faisait son grand retour en accordant un long entretien au journal Le Monde, entretien où il faisait son gros réac de service qui se croit important.

Et le lendemain matin, en me connectant sur Internet, je vois ça.

 

 

Si je fais des rêves prémonitoires, maintenant, ça devient de pire en pire.

 

 

 



 

 

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 13:42

 





 



Aujourd'hui nous allons découvrir bien plus que des notions : un véritable manuel de survie dans notre société française du début du 21ème siècle.

Soit, le capital objectif et le capital intersubjectif. Mais qu'est-ce que c'est que ces grossièretés, nom d'un topinambour, trépignes-tu, ami lecteur ?



Tu vas voir, c'est extra simple.

 

 

 

 

Le capital objectif.



Le capital objectif est un capital qui se comptabilise. Tout connement.

Exemple.

Jean-Michel Bidule vient au monde dans une famille qui possède une villa à Mougins, une résidence secondaire en Normandie, mais aussi deux appartements à Paris, et un immeuble de rapport dans la même ville entièrement destiné à la location.

Sur son compte en banque, à l'âge de deux mois, Jean-Michel possède déjà la coquette somme de 5000 €. Ben ouais. Ça se passe comme ça, chez les Bidule.

Ces villas, ces appartements, cet argent, tel est le capital objectif de Jean-Michel Bidule.



Tu seras d'accord avec moi pour dire que Jean-Michel Bidule est riche, d'un point de vue patrimonial. D'un point de vue financier, ce n'est pas encore le Pérou, mais il n'a que deux mois. Le fric viendra.



http://image.blingee.com/images18/content/output/000/000/000/720/680679907_918516.gif



Le capital intersubjectif.



Contrairement au capital objectif, le capital intersubjectif ne se comptabilise pas, ni ne se quantifie. Il est intersubjectif car il repose sur des valeurs qui n'existent que par convention sociale : inter – plusieurs – subjectif – sujets. Plusieurs sujets. Intersubjectif.

Le capital intersubjectif : voilà quelque chose que l'on évoque très rarement, lorsqu'on cause politique. Pourtant, de quelle cruelle importance est doté le capital intersubjectif ! Tu vas mieux saisir avec l'exemple, toujours, de Jean-Michel Bidule.



Notre Jean-Michel Bidule est donc né dans une famille claquée de tunes. On l'a vu plus haut. Ok.

Mais Jean-Michel Bidule est surtout né d'un père polytechnicien et d'une mère issue d'une grande famille de la bourgeoisie entrepreneuriale française. Jean-Michel Bidule est rompu, depuis sa plus tendre enfance, aux codes et aux systèmes moraux des classes supérieures. Pour Jean-Michel Bidule, terminer ses études par HEC, l'ENA, ou Polytechnique (qu'il surnomme « X »), après être passé par « H4 », c'est normal. Depuis sa naissance, il subit (ou bénéfice de, c'est selon) un dressage idéologique voué à faire de lui le digne rejeton de sa classe sociale.

Il part avec un bagage culturel, si je puis dire, mais aussi éthique, moral, névrotique, que tu n'as pas, toi qui es pauvre. Il sait faire. Il a le code. Toi, tu ne l'as pas : si tu réussis aussi bien que lui, c'est que tu as appris vite et que tu fais preuve d'une formidable capacité d'adaptation. Bravo.



Mon exemple est volontairement caricatural.

Dans un cadre de référence plus commun, le capital intersubjectif explique entre autres les écarts de réussite à l'école publique entre les enfants d'ouvriers, d'employés et de cadres.



J'ai récemment dévoilé les notions de capital objectif et de capital intersubjectif à un ami. Le pote chinois qui a présenté sa thèse de doctorat dans mon article : Définition de terrorisme intellectuel. Il a longtemps bataillé pour décrocher un poste à l'université. Autour de lui, il voyait d'autres jeunes doctorants lui passer devant les doigts dans le nez, et il ne comprenait pas.

Je suis plus compétent qu'eux, je le sais, et pourtant ils ont collectionné les meilleurs postes pendant des années, alors que je me tuais à seulement trouver une place de stagiaire. Pourquoi ?

Il me parle plus précisément de deux de ces jeunes doctorants. Il est amer. Je le comprends. Je lui demande s'il sait ce que font leurs parents, dans la vie.

Eh bien, je crois que ce sont des gens qui ont un peu d'argent. Celui-là, son père dirige une collection chez tel éditeur. L'autre, il vient d'une famille d'artistes, enfin, de gens qui sont dans le théâtre et le cinéma.

Et tu oses te mesurer à ces gonzes-là ? Voyons, vous ne partez pas à égalité.

Si, on est dans l'université publique, je ne vois pas en quoi ils seraient mieux jugés que moi. L'argent ne fait aucune différence.

Tu penses trop comme un Chinois.

Je suis un Chinois.

Mais tu es en France, pour l'instant. Tu ne réalises pas le poids du capital intersubjectif dans la société française ! Ces deux doctorants, ils maîtrisent un code que tu n'as pas appris. Toi, tu es le fils de deux ouvriers chinois, tu es venu ici pour tes études. Eux, ils détiennent un autre capital intersubjectif, et crois-moi, ils détiennent le monde. Quand vous vous présentez pour vos postes, vous passez des entretiens, et au cours de ces entretiens, les personnes qui vous évaluent distingueront clairement que toi, tu es un pauvre chinois enfanté par de bas prolétaires, et que eux, ils font partie de leur classe sociale, qu'ils ont été enfantés par des professions intellectuelles supérieures. Comment distingue-t-on ces différences ? Va savoir ! Tout le politique capitaliste est un non-dit. Quand je dis le politique, je parle des relations inter-humaines. Alors, mon pauvre vieux ! Tu pars perdant. Bien entendu, continue à tenter le coup. Ils te céderont bien quelque chose, au bout d'un moment. Mais pour toi, ce sera plus long, plus dur, et tu peineras à te faire reconnaître comme leur égal. C'est ainsi. On ne pardonne pas facilement aux pauvres leur naissance. Et encore moins leur prétention intellectuelle.

Mais c'est terrible.

Non, c'est simplement possible. Voilà tout.





 

 

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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 14:12

 

 

 

Je vous ressers cet article qui date de... longtemps. La prochaine fois qu'un doctorant, ou tout simplement un relou, vous agresse en pratiquant le terrorisme intellectuel ("ouais, et t'as lu Bidule ???"), essayez de recourir au subterfuge de la carotte. En général, ça marche.

Me remerciez pas, surtout.

Et pis t'as vu j'ai mis une police différente pour qu'on voie bien l'introduction. C'est cool, hein.




Attention, d'un point de vue conceptuel, ça rigole pas.

 

 

 


  Bon saint-bernard à mes heures (comme tous les sadiques refoulés), j’ai gracieusement relu, et corrigé, la thèse de doctorat d’un camarade.

 

 La thèse portant sur la linguistique, mes apports se limitèrent à la construction des phrases, aux fautes d’orthographe, de grammaire, etc…

 

 Néanmoins, je pris un grand plaisir à lire ce travail, puisque – malgré mon ignorance totale – je le compris de bout en bout.

 

 Je me rendis donc à la soutenance du camarade, souhaitant aller au terme de ma démarche. Après tout, cette thèse, je m’y étais attaché, et puis, je désirais encourager le doctorant.

 

 N’ayant jamais suivi d’études supérieures, je pénétrai dans l’antre universitaire (une grande école de sciences humaines où ça rigole pas du tout) en parfait plouc que je suis.

 

 Ce que je vis me conforta absolument dans le choix que je fis, bien des années auparavant, de ne pas rallier l’université… bref.

 

 

 D’autres potes du camarade assistaient à la soutenance.

 

 

 Lorsque le jury présenta sa sentence, j’entendis que mon ami recevait son titre de docteur, avec la mention « très honorable ».

 

 Curieux, je me penchai vers mon voisin et demandai :

 

 - C’est bien comme mention ?

  Le voisin en ouvrit des yeux comme des soucoupes.

 - Ben c’est la seule mention qui existe…

 Il était très embarrassé.

 - Et on peut ne pas avoir de mention ? demandai-je encore.

 - Euh… ben à toutes les thèses auxquelles j’ai assistées, le doctorant a toujours eu une mention, et c’était celle-là…

 - Tout le monde l’a, quoi ?

 - Oui oui…

 Méfiant, il s’écarta de trois pas.

 

 Nous sortîmes de la salle. Mon ami nous invita à boire un coup, histoire de fêter ça.

 

 Dans le café universitaire, je compris que tous ses potes étaient thésards. Ils se mirent à parler de leur thèse, de leur directeur de thèse, du sujet de leur thèse, de leurs ambitions universitaires, de leur future soutenance.

Je me plaçai dans un petit coin avec mon coca, présageant de partir au plus vite.

Finalement, une étudiante me repéra et m’interrogea :

 - Et toi, tu fais quoi comme thèse ?

 Je ne pus refouler un rire nerveux.

 - Non, je fais pas de thèse, en fait je suis même pas étudiant. Je suis venu car je suis un ami de machin, c’est tout.

 - Oh. Mais quel est ton cursus ? Tu t’es arrêté quand ?

 - Au bac techno, à vrai dire.

 - Ah…

 Elle grimaça de biais, et se tourna vers d’autres personnes.

Comme j’allais m’éclipser tout à fait discrètement, mon ami vint se réfugier à mon côté.

 - Qu’est-ce que t’en as pensé, Stoni ? Ils m’ont bien démoli, t’as vu ?

 - A mon avis, c’est la règle du jeu, t’en fais pas. Ces mecs-là, le jury, c’est tous des profs. Ils vont pas dire que ton travail est sans défaut, à toi qui n’es qu’un étudiant.

 - Ouais mais quand même…

 Un autre thésard se greffa à notre duo. Avec mon ami, ils reprirent une conversation entamée plus tôt.

Visiblement, mon ami avait osé remettre en cause Aristote.

 - Quand même, lui dit le thésard, tu peux pas jeter toute la philosophie d’Aristote ! C’est la base de toute la pensée occidentale !

 Réflexion d’autant plus marrante que mon ami est Chinois.

Mon ami qui s’excusa en haussant les épaules, mais qui ne démordit pas :

 - Ecoute, moi, Aristote, je ne le considère pas comme un élément fondateur dans ma culture, voilà…

 Cette réponse, pourtant enrobée de délicatesse et de modération, mit le feu aux poudres.

Durant dix minutes, le thésard – en philosophie – s’excita sur tous les bienfaits d’Aristote, et ne lâchait pas mon ami, voulant lui faire admettre ce qu’il n’admettrait pas…

Mon ami se ratatinait avec désarroi, timide et honteux, proprement terrorisé.

Pendant ce temps, je suivais le monologue du type, jusqu’à ce que je finisse par l’interrompre :

 - Ouais bon, Aristote tu kiffes, on a compris, c’est ok !

 Le thésard me tua du regard.

 - Qui t’es, toi ? Tu travailles sur Aristote ?

 - Ouais, fis-je pour rigoler.

 Seulement, le thésard ne rigolait pas. Il me prit au sérieux, lui. Les poings sur les hanches, il me toisa avec condescendance :

 - Ah bon ? Je t’ai jamais vu dans les cours de notre Grande Ecole de Sciences Humaines ?

 - En fait, c’est que je suis à l’université de Moscou.

 - Ah bon ? Vraiment ?

 Il rougit de jalousie.

Je ne savais pas que l’université de Moscou était réputée.

 - Ouais ouais, chuis doctorant là-bas. Mais ils m’ont détaché ici, pour faire des recherches.

 - Sur Aristote ?

 Je hochai la tête.

 - Et c’est quoi, le sujet de ta thèse ?

 D’autres thésards s’agglutinèrent autour, curieux.

 - Le sujet de ma thèse, c’est Aristote et la carotte.

 Ils battirent des cils. Du regard, ils se consultèrent, dans l’espoir que l’un d’entre eux sache de quoi j’étais foutrement en train de parler.

Peine perdue !

 - Aristote et la carotte ? reprit le thésard fou furieux.

 - Tu connais pas l’anecdote ?

 - Non, c’est dans quel livre ?

 - L’Organon.

 - Mais quel traité ?

 - Les Topiques.

 Ils se creusèrent tous le ciboulot, cherchant dans leurs souvenirs des Topiques la mention d’une carotte.

En vain.

 - Ça me dit rien, ta carotte !

 - Dommage. C’est au moment où Aristote raconte comment il s’est foutu une carotte dans le cul.

 Un grand silence suivit.

Je demeurai sérieux comme un pape. Ils doutaient !

 - Tu veux dire… littéralement ?

- Ouais, mais il dit pas « foutre dans le cul ». De toute façon, traduit du grec ancien, ça perd en authenticité. Ça m’étonne que vous vous en rappeliez pas ! Dans les Topiques, Aristote il fait style : bon maintenant les gars on fait une petite pause ! Et là, il raconte comment il s’est foutu une carotte dans le cul. Ce que j’expose dans mon travail, c’est qu’on sait peu, aujourd’hui, quel lubrifiant il a utilisé. Aristote parle d’huile d’olive. Mais, chez Diogène Laërce, on trouve une allusion à de l’huile de raisin. Il est évident que l’huile d’olive est un lubrifiant bien plus efficace, cela dit, Diogène met le doute ! Je m’interroge également sur la portée symbolique, épistémologique et philosophique de cet acte. Pourquoi une carotte ?

 - Ok, super drôle. Génial. Merci.

 - Attendez, je vous ai pas encore dit le point culminant de la thèse. Car je réponds à une interrogation jusqu’ici insoluble : combien de temps Aristote a-t-il gardé la carotte dans le cul ?? Putain c’est fort, les mecs, je vous jure !

 - En vrai, tu fais quoi comme thèse ?

 - Je vous l’ai dit.

 Le thésard pro-Aristote, qui tout à l’heure agressait mon ami, se montra encore hargneux : il n’appréciait pas qu’on rigole sur Aristote !

 - Parce que tu trouves ça marrant, de te foutre de la gueule d’Aristote ?

 - Euh, ouais. Vachement. Mais si ça te dérange, j’arrête. Je m’en fous, hein.

 - T’as lu Aristote ?

 

 

 Ah je l’attendais celle-là !

 Nous avions déjà vu que j’adore les questions « T’as lu Trucmuche ? » dans l’article sur Lukacs.

 

 - Mais oui j’ai lu Aristote, fis-je d’un air très responsable.

 - Et tout ce que tu trouves à dire, c’est ton histoire de carotte ?

 - C’est ce qu’il y a de mieux chez Aristote, je te promets.

 - Mais t’as lu la Poétique ?

 - Oh putain ça me fait chier la Poétique ! On arrête avec ça, les mecs. Si vous continuez sur Aristote, ça devient obscène, je vous jure. La Poétique, c’est pire qu’un film porno. Stop !

 - Mais après Platon il…

 - Oh il nous emmerde Platon ! Socrate il est marrant, ok, mais ça va pas plus loin ! C’est bon Platon, là !

 - T’as lu Kant ?

 - Tu fais dans le genre terrorisme intellectuel, toi !

 - Non mais réponds !

 - Ouais.

 - Et t’as compris ? Parce que même moi, j’ai pas tout compris… Explique-moi !

 - Kant ? Comme ça ? En deux minutes ? Ok, Kant il pique tout chez Rousseau, il pose un vocabulaire sur ces concepts volés, et puis il se fout une carotte dans le cul !

 - N’importe quoi !

 

 Là-dessus, je disposai.

 

 L’enculage de mouche, ça va cinq minutes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 13:46

 

 


jeux-olympiques-glande.jpg



A l'aube du vingtième siècle, un cercle de conspirateurs à dominante masculine (même si, je le rappelle, la masculinité et la féminité ne sont que des conduites purement politiques et n'existent pas par essence) inventa, en prévision de l'avènement de la télévision, une des plus grandes créations loisiresques humaines de notre ère : les Jeux Olympiques.



Ou une formidable excuse pour passer près de vingt jours de suite sur ton canapé, devant la télé, à rien foutre (vous comprenez mieux le « à dominante masculine » désormais) en matant des mecs et des nanas se casser grave le cul au nom du Sport International.



Sous la bénédiction de The Coca Cola Compagny (du moins pour le monde occidental), tous les quatre ans, les Jeux Olympiques te permettent de rien foutre en toute impunité puisque, après tout, c'est que tous les quatre ans, quoi. Contrairement à la Coupe du Monde de Football, les Jeux Olympiques ça dure toute la journée. On a pas fait mieux comme programme glande depuis longtemps. (Le Tour de France ne rivalise pas non plus, puisqu'il est diffusé chaque année – aussi peut-on se permettre d'en rater un bout ici et là – les après-midis seulement.)



Hélas ! Tout progrès implique forcément une nouvelle forme d'aliénation : dans le cas des Jeux Olympiques d'été, ce fut France Télévision qui se chargea d'endosser le mauvais rôle.

 

 

http://www.ypsonsshoes.fr/boutique/images_produits/mocassin_homme_velours_orange4-z.jpg

Le mocassin de Chamoulaud : plus qu'une chaussure, un symbole

 

 

 

 

Outre une réalisation à gerber qui alterne des plans fixes sur leur studio cubique (dont personne n'a rien à battre, mais ils n'ont pas l'air d'être au courant) et des plans fixes sur les mocassins orange fluo de Lionel Chamoulaud (dont personne n'a rien à battre non plus, du moins j'ose l'espérer), le spectateur devra supporter environ 50 % de reportages inutiles à chier et de publicités, pour 50 % d'images des sports en eux-mêmes. Ouais, 50 % de sport pendant les Jeux Olympiques, ça fait pas lourd. Le reste du temps, tu auras donc la tronche de Lionel Chamoulaud débitant le programme pour le reste de la journée minute par minute (ON S'EN FOUT), Gérard Holtz survolté arpentant les tribunes et interrogeant un gonze non identifié (ON S'EN FOUT) et Nelson Monfort harcelant un malheureux athlète qui vient de perdre en huitièmes de finale (FOUS-LUI LA PAIX). Non mais, sérieux, je veux dire, ils posent de ces questions aux perdants ! Alors, ça vous fait pas trop mal de vous être fait éclater comme une fiente alors que ça fait quatre ans que vous vous entraînez ? Vous êtes déçu ? Vous avez envie de vous suicider, là ? Putain, leurs questions sont quasiment aussi connes que celles qu'adresserait un journaliste France Culture à un écrivain ! Faut les neutraliser, ces mecs ! Ils sont dangereux !



Mais ne crachons pas dans la soupe.

Les Jeux Olympiques restent le meilleur moyen de voir Tony Parker se vautrer comme une merde et cela devant le monde entier. Y'a drôlement du bon, quand même.

 

 

 

 

 

 

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27 juillet 2012 5 27 /07 /juillet /2012 14:57

 

 

 

 

tchekhov.jpg

 

 

 

 

Ah, la nouvelle ! Combien êtes-vous à en écrire, gentils camarades lecteurs stonistes ? Une flopée, j'en mets ma main de romancier à couper. D'ailleurs, ces dernières semaines, j'ai reçu plusieurs messages à ce sujet. Ces jeunes gens, angoissés, souffreteux, insomniaques, étaient torturés par THE question of the edition :





COMMENT FAIRE EDITER UN PUTAIN DE RECUEIL DE NOUVELLES ?



Et moi, j'avais, hélas, une bien triste nouvelle à leur annoncer.



Ah, la nouvelle ! Je n'ai jamais su en écrire. Je suis long à la détente, je n'ai pas l'esprit vif. Pour développer une histoire, il me faut au moins une centaine de pages. Pourtant, j'apprécie la nouvelle. Lisez Carver. Quelle absolue perfection.



Ah, l'édition de la nouvelle ! Que d'espoirs de la part des jeunes auteurs, et quelle pitoyable réalité à accepter.



Voici le dernier mail que je reçus à ce sujet.



Ô honorable Stoni,


Je lis ton blog que je kiffe trop. Je te trouve vraiment trop trop fort, t’es la force puissance 10, mieux que les pokemons ! Sérieusement, tu parles beaucoup du monde éditorial lié au roman dans ton blog (blog au passage « génial de la mort qui tue », et non j’en fais pas trop, pas du tout), mais j’ai écrit mon premier recueil de nouvelles et je ne sais pas si tous tes conseils s’appliquent également pour ce genre (enfin, je suppose qu’il y a des similitudes, « faut pas déconner non plus », comme tu dirais).

Peux-tu m'aider, ô admirable Stoni ?



PS : Je suis secrètement amoureuse de toi depuis l'âge de douze ans. C'est dire.



Evidemment, en bon saint-bernard, me voici au garde-à-vous pour répondre à cette subtile jeune femme, et à tous mes nouvellistes de lecteurs par la même occasion.



Un premier élément important à dire sur l'édition de la nouvelle : faire publier ton recueil va pas être coton. Car l'édition de la nouvelle, en France, est quasi moribonde.



Ouais, bon, un roman c'est pas coton à publier non plus, je sais. Mais la nouvelle, c'est encore pire.





Pourquoi ? Parce que les nouvelles ne se vendent pas. Sauf peut-être dans les littératures de genre (je pense à la SF particulièrement), et encore, je doute qu'un jeune auteur de SF puisse se faire déniaiser de l'édition grâce à un recueil. Oui, je sais, c'est débile. Mais ça se passe comme ça, chez McDonald's.



Déjà que le roman se vend mal (voir le baromètre Stoni des ventes de premier roman), mais alors, la nouvelle, à côté, ça fait grave pitié.



Or, si la nouvelle est un style littéraire qui ne se vend pas, tu comprendras que les éditeurs n'en éditent pas, ou très peu. La plupart des recueils édités actuellement sont : traduits d'une autre langue et/ou signés par un auteur qui a déjà fait sa réputation. Vous débusquerez toujours des exceptions. Qui resteront des exceptions.

 

 

 

NOTA MOLTO BENE

Quand je parle de l'édition et des ventes des nouvelles, je parle de l'édition classique, papier, correctement distribuée. Bien sûr, Machinchose éditions, distribuées par Bousin Diffusion, éditera peut-être tes nouvelles. Mais, dois-je le préciser, mon blog traite du monde de l'édition classique de livres qu'on trouve dans les librairies. Je ne parle pas de la micro-édition, ni de l'édition numérique, ni du compte d'auteur, ni de l'Harmattan, ni des petits éditeurs de campagne. Voilà voilà, faut préciser des fois...

 

 

 

Je reviens à mes nouvelles, donc. Clairement, ce n'est pas le format que je conseillerais à un jeune auteur qui n'a jamais été édité...

Nombre d'éditeurs adorent la nouvelle, en lisent, mais n'en publient pas. L'édition est un marché qui obéit aux lois d'offre et de demande. C'est ainsi.



Au jeune auteur qui écrit des nouvelles et qui aimerait les faire publier, voilà mon message. L'écriture est un acte qui doit rester un plaisir. Continue à écrire ce qui te procure de la satisfaction. Rien ne t'empêche de te consacrer à cette forme de narration qui, visiblement, sait t'inspirer. Mais pour tenter une première publication, la nouvelle est plus handicapante encore qu'un roman. Hélas !



Or, rien ne t'empêche d'essayer tout de même. Peut-être seras-tu cette fameuse exception qui confirme la règle.



Tu n'es pas le seul auteur à privilégier la nouvelle. D'ailleurs, beaucoup trichent, aujourd'hui, pour malgré tout en écrire et faire publier... Des primo-romanciers construisent des romans en jouxtant des nouvelles. En tendant un « arc narratif » entre différents textes, tu peux te retrouver avec un manuscrit de roman viable. Cela demande un travail qui est avant tout une œuvre de travestissement. Si ce jeu-là ne te rebute pas...



On m'a aussi demandé si la nouvelle était un genre littéraire à part. Non, la nouvelle appartient au genre de littérature où elle s'inscrit. Par exemple, la nouvelle de SF appartient à l'univers de la SF. A ma connaissance, les tirages et les à-valoirs des recueils sont équivalents au roman, peut-être légèrement moindres.

Pour les courageux qui souhaitent malgré tout tenter l'aventure, la plupart de mes conseils sur l'édition s'appliquent donc à la nouvelle : présentation du manuscrit, appréhension de la mentalité du milieu, premiers contacts avec les éditeurs, négociation, et puis tout le toutim. Visez surtout les éditeurs qui publient le genre de vos nouvelles, et qui ont au moins une fois édité de la nouvelle.



Dans un prochain article, je te parlerai des concours de nouvelles, car j'ai découvert qu'il existait un véritable mythe à ce propos. Et les mythes, sache-le camarade lecteur, sont uniquement faits pour être démontés. Un concours, c'est probablement un jeu. Un concours, ce n'est certainement pas de la littérature.

 

 



 

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 11:29

 

 

 

volvic-fixie-logo.jpg

 

volvic-fixie-slogan.jpg



 

 

 

 

Voilà quelques années, les rues de nos grandes villes ont accueilli les vélos dits à « pignon fixe », aussi surnommés « fixies » ou « single speed ». Nombre de braves gens étrangères aux subtilités du monde cycliste n'y auront prêté attention. De prime abord, le fixie est un vélo comme un autre. D'ailleurs, si le néophyte le remarque c'est parce que, bien souvent, il est peint de flamboyantes couleurs, jaune citron, rose fluo, et j'en passe.



http://fixielove.fr/wp-content/uploads/2012/07/globe-malarky-custom-fixie.jpg



Or, la caractéristique fondamentale du fixie échappe à l'honnête homme. Le fixie est équipé d'un pignon fixe.



J'explique.

Sur un vélo normal, nous avons plusieurs vitesses et plusieurs plateaux. Ça ressemble à peu près à ça.



http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/47/Chainlength.jpg



Sur le fixie, il y a une seule vitesse et un seul plateau, si je puis dire.

 

http://fixielove.fr/wp-content/uploads/2012/07/chrome-pignon-fixe.jpg



En général, le fixie n'est pas équipé de freins. Pour t'arrêter, il y a différentes méthodes.

Voilà voilà.







Bon, jusqu'ici, pourquoi pas. Personnellement, je suis content de disposer de vitesses quand je circule en ville, surtout quand une côte s'offre à mes roues, mais, après tout, le masochisme est une tendance psychologique comme une autre.



Le fixie est souvent conduit par une sorte de hipster, c'est-à-dire de branché, qui, comme la plupart des branchés à vélo, fait n'importe quoi sur la route (grillage de feu rouge à gogo, doublage de voitures sur la droite, etc).

Pourquoi pas. Moi, je m'en fous. Si le hipster a envie de se faire écraser, c'est son souci, le penchant suicidaire est une tendance psychologique comme une autre.



Seulement, le fixie me posa très vite un problème. Un scandale honteux se cache là-dessous.

Le fixie est, dans la majorité des cas, un ancien vélo mutilé. Et pas n'importe quel vélo. De magnifiques vélos de course, plus ou moins âgés, de marque, de grande marque, de superbes machines, voire même des vélos en carbone, ont été amputés de leur pédalier, de leurs freins, et transformés en risibles gadgets pour citadins.

Quand tu aimes le vélo, quand tu pratiques le vélo, ce n'est pas acceptable.

Ô, pauvre cœur qu'est le mien ! Lorsque, voyant un fixie stationné, je décelai, sous la couche de peinture rose bonbon dont on avait honteusement enduit le cadre, le logo de la marque Bianchi, un fabricant italien de cycles dont le moindre modèle me fait rêver (et le prix aussi, d'ailleurs). Parfois, je reconnus un cadre en carbone dans ces pitoyables fixies. Un cadre en carbone, putain. Je veux dire, un cadre en carbone, c'est le top, le plus léger, c'est avec ça que tu caracoles dans les côtes. Pourquoi foutre un cadre en carbone sur un putain de fixie, un truc qui n'est décemment pas fait pour grimper des montées ?



Et voilà comment, sous le prétexte d'une mode états-unienne, le fixie amputa et assassina tant de beaux vélos qui auraient pu connaître une seconde vie de cyclotourisme et de promenade. Un crime dont, évidemment, personne n'a encore osé parler.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by stoni - dans Définitions
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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 17:00

 

Ma gueule sur internet


Le sac en papier sur ma tête c'est parce que j'ai honte,
 vous savez


 

 

 

 

 

Cher camarade lecteur, je n’existe pas tel que je le prétends ici.... Stoni est mon alter ego.



Dès son commencement, j'ai choisi d'écrire ce blog sous l'avatar de mon sac en papier, et surtout sous anonymat. Si je te révélais ma véritable identité, si je te donnais des informations sur qui je suis réellement (le titre des mes romans, le nom de mes éditeurs, ma marque préférée de préservatifs), il me serait impossible de continuer à parler de mon métier d'écrivain comme je le fais ici – c'est-à-dire de façon plutôt franche et parfois assez négative.

En général, je réponds toujours aux messages ou aux commentaires que postent mes lecteurs, surtout en cas de soucis avec un éditeur ou avec un manuscrit.

Mais inutile de m'écrire pour me demander mon nom... Je ne le donne pas. Si tu lis mes romans un jour, ce sera par hasard.

Tu peux toujours me soumettre tes suggestions sur ma véritable identité, je ne suis pas là pour décourager qui que ce soit...



Au gré des articles de ce blog, tu grappilleras pourtant quelques éléments ici et là.

 

 

 

Je travaille dans le privé, comme ouvrier.

 

Je suis communiste.

 

Il y a quelques années, j'ai découvert, en tant qu'auteur, le fabuleux monde de l'édition française. J'ai édité plusieurs romans depuis.

 

En 2009, j'ai initié ce blog qui mélange tout et n'importe quoi. Ma vie de romancier, ma vie de militant politique, ma vie de tous les jours... C'était peut-être une erreur, ça fait foutoir, du coup. Beaucoup viennent ici pour mes infos sur l'édition (regroupées là, juste à droite de l'écran) et se fichent un peu du reste. A la fois, mieux vaut que tu lises mes articles sur l'édition en connaissant mes opinions politiques. Le côté "lutte de classes" sera plus clair, je crois.

 

 

Voilà. Il n'y a pas grand-chose à dire sur moi.

 

Sinon tu peux aussi me suivre sur Facebook.

 

 

 


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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 14:11

 

 

http://ukrainetrek.com/images/stakhanov-ukraine-city-views-20.jpg

 

 

 

Ce matin, mon patron :

- En ce moment, c'est plutôt calme, n'est-ce pas Stoni ?

Moi (qui viens de passer deux heures sur internet en faisant semblant de « remettre à jour la base de données ») :

- Ouais c'est sûr.

- Dans ce cas, ne venez pas lundi.

- Je poserai un jour de congé.

- Non, je vous donne votre jour, ne prenez pas un jour de congé pour rien.

 

Ce dialogue n'a rien de fictionnel. Il se répète une fois par mois environ. Mon patron n'est pas un mordu de boulot. Alors il ne voit pas pourquoi je devrais venir tandis qu'il n'y a aucun colis à livrer. C'est une forme d'allocation au chômage technique qu'il finance lui-même, puisqu'il me paye un jour d'absence gratis.

 

Dans ces conditions assez arrangeantes, tu te douteras que je l'aime bien, mon patron. Il ne me flique pas, au contraire. Il m'encourage, certains jours, à rester avec lui dans son bureau pour parler football ou cyclisme. Même que des fois, c'est moi qui lui rappelle que je suis là pour bosser et que, bon, ça fait plus d'une heure qu'on bavarde sur l'Euro (mon côté Stakhanov). Si je suis en retard, il s'en fiche. Si je veux modifier mes horaires, il me permet de les aménager comme je l'entends.

 

C'est un mec sympa, voilà tout.

Mais bon. Un inconvénient subsiste.

 

Car pour le communiste que je suis, un patron pareil ne me facilite pas la lutte de classes.

 

 

 

 

 

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 13:49

 

 

 

 

 

Quand j’étais jeune, j’étais pauvre (je le suis toujours, mais un peu moins). Longtemps je ne me suis pas couché de bonheur, mais longtemps j’ai vivoté d’un boulot à l’autre, et j’ai essayé pas mal de trucs pour glaner un revenu ici ou là.

 

Entre autres, j’ai été un cobaye.

 

Je devais avoir vingt ans, un truc comme ça. J’ai vu une publicité dans un journal gratuit :

 

 

LABORATOIRE CHERCHE

JH / JF 18 A 30 ANS

AVEC TENDANCE PEAU GRASSE OU ACNEIQUE

POUR TESTER CREME DE SOIN

 

CONTRE REMUNERATION

 

 

Ni une ni deux, j’appelle au numéro de téléphone indiqué et une personne fort peu affable me fixe un rendez-vous au laboratoire.

 

Le jour dit, je réalise que nous sommes trente à être convoqués à ce même rendez-vous. Des personnes en blouse blanche qui tirent une gueule pas croyable nous refilent un interminable questionnaire à remplir où, en gros, tu racontes ta life de A à Z.

Avec des questions du genre :

 

Avez-vous des taches d’une couleur allant du vert olive au violet nuit sur les cuisses :

 

  • Sur la face intérieure des cuisses

  • Sur la face extérieure des cuisses

  • Sur la face externe

  • Sur la face interne

  • Nulle part

 

Bon, déjà, quand t'as pigé la différence entre la face interne et intérieure de ta cuisse, tu vas jeter un coup d’œil discret en remontant la jambe de ton jean. Que des trucs de ouf que t'y avais même jamais pensé avant.

 

Avez-vous tendance à placer votre langue :

 

  • Sous le palais

  • Enroulée sur elle-même (???)

  • Sur la première chatte / bite qui passe (rayez la mention inutile)

  • Nulle part

 

Non pour l'avant-dernière proposition je déconne, mais je te jure, que des questions à la masse. Et du coup, avec mon questionnaire, je passe une heure à sonder ma bouche avec ma langue, ou à examiner la peau sous mes aisselles, ou à mesurer la pilosité de mon torse.

 

Cela fait, je suis reçu par un laborantin à l’air sadique qui décortique mon questionnaire, en silence, puis me gratifie d’un lapidaire : « Vous êtes retenu pour l’étude ».

Ouais ! Super ! Mais, hélas, l’étude ne commencera que dans une semaine, ce qui signifie un autre rendez-vous. Et là, tu commences à te dire que tu as perdu deux heures sans rétribution, car la récompense t'est donnée à la fin de l’étude seulement, genre soixante ou cent euros, je m’en souviens plus.

 

Une semaine plus tard, je me pointe au nouveau rendez-vous. Nous sommes dix à avoir été convoqués et un second questionnaire nous est donné. Cette fois, les questions visent particulièrement le sujet de l’étude, c’est-à-dire la tronche de la peau de ton visage. Je suis prié de décrire avec exactitude la gueule de mes boutons, leur grosseur, leur largeur, leur consistance, leur couleur, leur emplacement – avec un petit miroir à disposition s’il vous plaît ! Oh je te jure, à la fin de la journée, j’étais capable de dessiner une cartographie précise de mon acné, limite j’avais créé des département et des régions, et je débutais l’étude minéralogique du terrain.

A cet instant, un gus en blouse blanche passe parmi nous en chantonnant, se gratte ostensiblement le cul et les couilles, puis s'en va. On s’est regardé, avec les autres cobayes, avant d’éclater de rire. J’ai dit que ça faisait sûrement partie du test, tu vois, pour vérifier si tu réagis normalement quand un gus se gratte le cul et les couilles.

Vingt minutes plus tard, une nana passe, rentre dans un bureau et dit à la personne présente dans ce bureau : « Allez vous faire foutre, madame ! ». Puis elle se barre.

Non mais sérieux, on se posait des questions. La putain de baraque de malades mentaux.

 

 

laborantin_t1000.jpg

Style genre

 

 

Malgré ces truculentes diversions, je remplis mon questionnaire, et un nouveau laborantin à l’air sadique, à peu près aussi charmant que Hannibal Lecter ou le T-1000, me reçoit dans une salle. Le mec reluque mes boutons sous toutes leurs coutures et accessoirement énumère à voix haute à quel point ils sont immondes. Il prend des photos et me fournit un petit pot de crème, avec un tableau de bord à remplir chaque jour de l’étude. Le laborantin explique que si je faillis à mes obligations, soit, si j'oublie de remplir le tableau matin, midi et soir, je serai banni de l’humanité à jamais et envoyé sur une île appelée « Hell’s Island » où des éléphants cracheurs de feu ont pour habitude de manger des humains. En gros c’est à peu près ça.

Sur le tableau de bord, tu dois noter si tu fais des réactions. C’est tout.

 

Je suis reparti avec mon pot de crème et mon tableau. J’avais trois semaines pour tester la chose.

Comme rien ne se passait avec cette crème, j’ai rempli mon tableau le dernier jour en mettant à chaque case « RAS ».

Je vais au dernier rendez-vous. Le laborantin T-1000 me fait toutes sortes de prélèvements, sans être capable de construire une conversation agréable et humaine. Le mec est à fond dans son truc. Il finit par avouer : « Vous avez mis la crème tous les jours, c’est bien ». Wallah, enfin un compliment. Le type me prend en photo et remarque que mes boutons sont toujours aussi immondes. Sans déconner mec, j’avais pas réalisé. Là, le laborantin s’est assis et a déclaré (je te jure c’est vrai) : « Voilà, encore une étude de faite, j’ai rempli ma mission. Vous savez, je n’aime pas ce métier. Mais vous vous en foutez je suppose. » J’ai grave halluciné et je me demandais si ça faisait (encore) partie de l’étude. A la fois, quel rapport entre la conduite dézinguée de ce mec et mon acné ? J’ai simplement répondu : « Euh quand est-ce que je vais avoir mon chèque ? ».

Trois semaines plus tard, tu reçois le chèque de soixante euros ou de cent euros. Bon, c’est toujours ça de pris.

 

Mais, pour au moins six ou sept heures passées dans ce putain de laboratoire rempli de déglingos, j’ai trouvé ça maigre comme rémunération et j’ai évité de recommencer.

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 11:51

 

 

 

http://www.obsessionsgourmandes.com/wordpress/wp-content/uploads/2009/07/gateau_pate_amandes_rose1_recette.jpg

ou

 

http://www.newzilla.net/wp-content/uploads/cache/10884_NpAdvHover.jpg?

 

 

 

 

Avec Aniki, nous aimons nous poser des dilemmes diaboliques.

Ainsi, nous nous sommes posés la question :



Si tu devais choisir entre la bouffe ou le sexe, pour toute une vie ? Si tu choisis le sexe, tu seras obligé de manger des trucs sans saveur, genre de la purée mousseline ou du pain carrefour, jusqu'à la fin de ta vie mais tu as le droit de continuer à baiser. Si tu choisis la bouffe, tu n'auras plus le droit de faire l'amour jusqu'à la fin de ta vie, mais tu auras le droit de continuer à manger des bonnes choses et à cuisiner.



Que choisis-tu ?



Nous nous sommes accordés un quart d'heure de réflexion.



Puis nous avons rendu notre verdict. Tous les deux nous avions choisi la bouffe.

On a bien étudié ce choix et, en effet, c'est le plus intéressant.



Quatre bonnes raisons de préférer la bouffe au sexe.



1 / Tu peux bouffer jusqu'à ta mort.

Le cancer de la prostate, ou la sécheresse vaginale, la fatigue, la vieillesse, puis les rhumatismes, auront tôt fait de t'écarter des joies du lit et autres galipettes. En revanche, question bouffe, tu es censé pouvoir goûter la chose un peu plus longtemps.



2 / Tu peux bouffer depuis ta naissance.

Bien que les plaisirs génitaux commencent fort tôt dans l'enfance, admettons qu'on tire le plus grand parti de nos organes sexuels à partir de l'adolescence.

La bouffe, elle, est appréciable bien avant. J'ai des souvenirs émus de mes Happy Meal (mes vieux étaient pas du genre nourriture du terroir).

La bouffe, tu en profites bien plus longtemps, en vérité !



3 / Tu peux bouffer en toute occasion.

Faire l'amour est contraignant : faut être deux, faut être seuls (enfin, tel est le goût de la majorité), faut être dans un endroit qui s'y prête, faut être un minimum en forme.

En revanche, bouffer est tout à fait accepté en société. Tu peux manger quand tu le veux ou presque, seul, à deux, en groupe.



4 / Le sexe se mentalise plus facilement.

Je crois que je pourrais me passer de sexe en trouvant un certain équivalent en imaginant, en inventant, en sublimant mon abstinence, par la rêverie, le rêve tout court.

La bouffe suscite moins d'inspiration. La bouffe s'apprécie quand tu bouffes, à la limite quand tu cuisines, mais bon, je me vois mal écrire un bouquin sur la bouffe pour compenser une période de jeûne. Après ça dépend des inclinations de ton imaginaire.







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