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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 15:54


chiottes.jpg

Attention, ça rigole plus :

le niveau conceptuel est placé très haut


 

 

 


Ayons l'audace d'être hyperréalistes radicaux radicaux.


Comme j'utilise cette expression, hyperréalisme radical, à tire-larigot dans les pages de ce blog, de courageux, patients, curieux et ouverts internautes m'ont posé la question :

- Mais ça veut dire quoi, hyperréalisme radical ?


Je dis souvent qu'être hyperréaliste radical, c'est relever la lunette des chiottes quand on va pisser. On peut même s'asseoir, d'ailleurs, ce qui n'est pas plus mal.

Pisser debout, c'est marrant mais ça en fout partout.


L'hyperréaliste radical tente, autant que faire se peut, d'appliquer des concepts opératoires simples.

Le concept opératoire le plus simple au monde est celui de la dialectique de la production et de la consommation.

Dialectique, ça fait peur, n'est-ce pas ? Alors, disons que la dialectique de la production et de la consommation, c'est comprendre les relations entre la sphère de la production et la sphère de la consommation.


Tu manges (consommation), tu fais caca (production).

Tu cultives tes carottes (production), tu les manges (consommation).

Tu travailles (production), tu achètes ton engrais pour tes carottes (consommation).

Dans ces exemples, la dialectique est évidente. C'est le lien entre la consommation et la production.


Le marxisme s'est posé les questions : qui produit et qui consomme ? La dialectique est-elle équilibrée, dans telle société donnée ?


De la production, on tire le principe de réalité.

De la consommation, on tire le principe de plaisir.

Principe de réalité : je travaille.

Principe de plaisir : j'achète.


Le problème se pose lorsqu'une séparation est installée entre la production et la consommation, puis, entre le principe de plaisir et le principe de réalité.

Des gens achètent sans travailler.

Des gens éprouvent le principe de plaisir grâce au principe de réalité d'autrui.

C'est : la division de classes.

Une classe sociale consomme, l'autre produit.


Pour justifier sa position, la classe sociale qui consomme – et qui est classe dominante, puisqu'elle exploite la classe productive – va tenter de, et parvenir à, mettre la sphère de la production dans un non-dit.

Le système de la classe dominante fonctionne si elle peut faire oublier l'existence et la réalité de la sphère de la production.

Et si elle ne réussit pas entièrement à nier son existence, elle fera en sorte de minimiser son importance.


Avec, pour effets ultimes : l'inégale répartition des richesses par l'exploitation de l'homme par l'homme.


La dialectique de la production et de la consommation conduit à la conceptualisation de la lutte des classes. C'est ce que je viens de faire dans les lignes ci-dessus.


Etre hyperréaliste radical, c'est envisager chaque chose, chaque jour, chaque événement, chaque notion, chaque comportement, par la dialectique de la production et de la consommation.


Prenons maintenant l'exemple de la lunette des chiottes, qui a l'avantage d'être tout à fait facile à comprendre.


L'hyperréaliste radical sait que pisser debout sans relever la lunette des chiottes, c'est vachement marrant. Y'a des petites gouttes de pipi qui tombent sur la lunette – voire à côté. Trop drôle (consommation, principe de plaisir, on se fend la gueule).

L'hyperréaliste radical marxiste n'a aucun problème avec le fait de se fendre la gueule, ni avec la consommation, ni avec le principe de plaisir.

Ce que l'hyperréaliste radical marxiste n'oublie pas, en revanche, c'est la sphère de la production.

Quelle est la place de la sphère de la production dans le fait de pisser debout ?

Sa place, c'est celle de la personne qui va passer derrière le mec qui a pissé debout sans relever la lunette des chiottes. Sa place, c'est celle de la personne qui doit nettoyer les gouttes de pisse. Economie domestique. Travail. Production. Principe de réalité.

L'un a consommé (trop marrant, il s'est fendu la poire, il a eu la flemme de relever la lunette des chiottes, il n'en a rien à branler) l'autre a travaillé (super chiant, de nettoyer la pisse sur une lunette de chiottes, c'est dégueulasse).

Principe de plaisir contre principe de réalité.

Là où l'hyperréaliste radical marxiste voit un problème, c'est quand le principe de plaisir et le principe de réalité sont éprouvés respectivement par deux personnes différentes, relativement à un seul et même acte.


Si le mec qui veut pisser debout sans relever la lunette des chiottes, parce qu'il trouve ça vachement marrant et qu'il a la flemme, va ensuite nettoyer lui-même ses gouttes de pisse, ok.

A condition qu'il soit le seul à utiliser le cabinet de toilettes.

Mais si c'est quelqu'un d'autre qui nettoie, là, l'hyperréaliste radical marxiste n'est pas d'accord du tout.


Et nous savons bien, malheureusement, que la plupart du temps, c'est une autre personne qui va nettoyer.

Voilà, si l'on ose dire, l'illustration de la lutte de classes aux chiottes.


Etre hyperréaliste radical, c'est accepter de bien vouloir observer le monde à la hauteur de la lunette des chiottes.

Rien de très valorisant à cela, n'est-ce pas ?


De la lunette des chiottes, l'hyperréaliste radical peut passer, s'il le souhaite et s'il en a l'occasion, à la notion de fraternité.


Comme je l'ai déjà exposé dans l'article définition de « Fraternité », l'hyperréaliste radical va être confronté à la notion de fraternité, un beau jour.


Là, il se demande : quel rapport entre la notion de fraternité et la dialectique de la production et de la consommation ?


En examinant cette question, il réalise que la notion de fraternité a été inventée par la classe dominante au moment où elle en a eu besoin, pour justifier sa position parasitaire et l'exploitation de l'homme par l'homme.

Il en est ainsi de nombre de concepts intersubjectifs... L'amour, la liberté, la morale, etc.


L'hyperréaliste radical ne croit pas en la fraternité, en la liberté ou en l'amour, parce que ce sont des idéalismes – philosophiquement parlant. Des notions qui n'existent qu'au sein de l'intersubjectif, et qui n'ont aucun référent dans la sphère de la production.

Certes, là, ça se complique.

On va essayer d'expliquer.


La liberté est une idée. Rien ne signifie la liberté, dans le monde concret. Il n'y a de liberté que s'il n'y a des hommes pour bien vouloir en parler.


Qu'est-ce que la liberté par rapport à la dialectique de la production et de la consommation ? La liberté ne renvoie à aucun élément économique, à aucun élément concret, à aucun élément appartenant à la sphère de la production. La liberté n'a pas de référent dans la sphère de la production. La liberté ne se crée pas, ne se fabrique pas.


En revanche, le communisme – qui pour moi équivaut à ce que les gens imaginent quand ils pensent liberté – renvoie à un élément économique. Le communisme, c'est la collectivisation des moyens de production. Grosso merdo : ceux qui produisent consomment ce qu'ils produisent. Personne ne consomme sans avoir au préalable travaillé. Il n'y a plus de division de classes.

Le communisme trouve tous ses référents dans la sphère de la production. Le communisme est faisable dans le concret.


Bref, être hyperréaliste radical, c'est relever la lunette des chiottes quand on va pisser, tout en disant : rien à en foutre de la liberté.


C'est chelou, je sais.

 

 

 

chiottes-assis.jpg


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Published by stoni - dans Définitions
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commentaires

Ludovic Mir, docteur en humour foireux 23/09/2011 07:04



C'est vrai que la comparaison avec la lunette des chiottes, c'est pas mal. Mieux qu'avec le rouleau de PQ et le dérouleur, en tout cas !



Oscar 18/02/2010 12:41


Brave coeur! Tu t'es bien battu, va!
Car vois-tu, quand un type me dit: "sept jours, c'est sept jours, point barre", je peux supposer qu'il est peut-être un hyperréaliste radical. Mais quand il m'avoue que "sept jours, c'est long", je
suis en droit de le considérer comme converti à l'hyperromantisme radical! Non?


stoni 18/02/2010 10:50


Oui, sept jours c'est long...


Oscar 17/02/2010 15:02


Merde, Stoni, j'avais oublié qu'avec toi il faut en plus se farcir la question de l'intersubjectivité quand il s'agit de considérer ou non l'oeuvre d'art comme une production!!
Vite fait mal fait, j'expédie le problème en disant que l'art est un produit qui nourrit l'intersubjectivité, ce qui correspond aussi à un besoin, pas seulement à un plaisir plus ou moins futile
voire inutile!!

Allez, pour le reste je donne ma langue au chat!!


Oscar 17/02/2010 14:39


Ah tiens, oui, c'est ma foi vrai, suis-je distrait!!
Mille excuses, Besuchbarsuk.
C'est donc à toi seul que s'adresse mon petit exposé, Stoni, toutefois il y a quand même un passage qui répond à Besuchbarsuk, celui qui tend à réfuter son commentaire n°5. J'espère que le tout
n'est pas trop hétérogène, ça se veut surdéterminant (je plaisante)!

J'en profite pour te signaler que mon chat préfère les caresses aux croquettes, il réclame les premières avant de toucher aux secondes! Leçon? Il est voltairien, ayant compris le fameux "superflu,
chose très nécessaire"!
Et concernant les humains: putain,7 jours, c'est long, hein, Stoni, petit ange sentimentale-moi?

Quand j'ai écrit "hyperréalisme structural", était-ce ou non un lapsus? Mystère et boule de gomme, j'emporte mon secret dans la tombe, ah! ah! ah!


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