Vendredi 27 janvier 2012
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21:53
Parfois, camarade lecteur, je me remets en question.
Mais si. (j'ai un certain goût pour la casuistique marxiste)
Et, me remettant ainsi en question, j'ai trouvé que je continuais à entretenir des mythes complètement réactionnaires.
Genre, la beauté. J'ai déjà écrit tout un article pour dire que la beauté (humaine surtout) est totale réac. Mais tu parles. Je
continue à faire comme si de rien n'était (normal avec un tel matraquage idéologique hé hé hé).
Récemment, j'ai écouté l'album Sea change de Beck. Et j'ai laissé le
boîtier posé sur ma table. Je l'ai pas rangé. Non. Parce que dessus il y a la tête de Beck en gros, et elle me plaît assez, sa tronche.
Genre.
Je regarde le boîtier à peu près quatre-vingt-douze fois par jour et je pense « il est trop fort ce
keum ».
J'entretiens depuis longtemps des mythes au sujet de Beck. Beck, c'est l'homme le plus fort du monde. Beck, il fait jamais
caca. Beck, il élève des escargots dans des moellons mais les escargots ils meurent pas (oui car quand j'étais petit j'élevais des escargots dans des moellons mais ils mourraient tout le temps,
c'était nul).
Il est grand temps de mettre un terme à ces errances : décapitons le mythe !
Le physique de Beck n'a rien à voir
avec mon vif intérêt pour cet homme
Le Mythe : Beck fait de la super bonne musique.
La Réalité : Pour tout jeune connard occidental colonisé par la « hypitude » américaine, oui, en effet, Beck
fait de la super bonne musique. Enfin, à la fois, il pond toujours une ou deux chansons super bourrines par album, et donc relativement chiantes (genre « Black tambourine » ou
« It's all in your mind »). Beck représente avant tout la Californie comme tout jeune connard élevé par des hippies en a rêvée : contre-culturelle, cool, décontractée, bohème.
Ouais et mon cul c'est du poulet. Ça existe pas, ça. Ça existe plus. Et quand ça existait, ça conduisait fatalement à consommer de l'héroïne : LES GENS ATTENTION L'HEROÏNE A TENDANCE A COMME
RALENTIR NOS ELANS REVOLUTIONNAIRES PROLETARIENS !!! Et puis l'héroïne ça a un peu comme tendance à tuer ceux qui la consomment. Non mais juste un peu, quoi.
Non je n'ai jamais témoigné
le moindre goût esthétique
pour les crevettes blondasses
Le Mythe : Beck est un mec simple et sympa. Ça se voit sur les photos.
La Réalité : Beck est une crevette blondasse qui pèse à peu près cinquante kilos pour un mètre soixante-quinze. Ça lui
donne forcément un air sympa. Même en Norvège, il passerait difficilement pour un modèle de virilité. Et il a pas l'air simple, il a l'air un peu malade, en fait. J'espère qu'il se drogue pas
trop.
Pfff comment il se la pète grave
genre trop normal je marche dans la rue
comme si de rien n'était
Le Mythe : Beck est un type débordant de talent, c'est fou, c'est un des derniers grands musiciens à faire des trucs
toujours différents.
La Réalité : tu parles. Beck est un scientologue qui claque tout le fric que tu lui as filé en achetant ses disques
dans des stages de scientologie.
Parce qu'il faut que je t'explique ce que c'est, quand même, la scientologie. Faut le voir pour le croire. C'est une
religion créée par un mec bizarre qui écrivait des romans de SF et qui avait des relations chelous avec les enfants. En gros ça dit que les extra-terrestres vont venir chercher les scientologues
le jour de la fin du monde pour les emmener dans un grand vaisseau spatial où un écosystème terrien sera recréé. Mais ça, le truc des extra-terrestres, c'est le clou de la religion. C'est le
secret ultime. Tu n'es initié au secret ultime que lorsque tu as dépensé 1 578 477 dollars de stage. Donc tu dépenses 1 578 477 dollars pour lire un scénario digne de Steven Spielberg (et puis du
Spielberg dernière période, pourrie quoi, pas les premiers films bien rigolos et bien efficaces, non!).
Voilà une photo qui prouve
que le Mythe n'a pas toujours
été au top de la coolitude !
Aux chiottes le Mythe !
Le Mythe : d'abord Beck fait ce qu'il veut, c'est son problème s'il est scientologue, ça nous regarde
pas !
La Réalité : ouais moi après tout je suis bien communiste, je ferais mieux de fermer ma gueule. Sauf que Beck, il
dépense des tas de pognon pour ses stages (qui ont pour finalité d'apprendre le secret avec les Roswell, là). Et en vue de financer ces conneries, ben il fait le mercenaire de luxe et écrit des
albums pour ceux qui sont incapables de le faire, genre Charlotte Gainsbourg. D'un côté ça casse le mythe, hein. Je sais pas. Moi j'ai rien contre Charlotte Gainsbourg. Mais je pensais que Beck,
il était au-dessus de tout ça.
Ben non.
Donc voilà.
Je sais pas à qui je m'attaque la prochaine fois.
Mais là on lui a fait sa fête, à cette petite crevette californienne scientologue prétentieuse.
Une question ?
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