Vendredi 6 novembre 2009


 

 Avec la crise…

 



  Un soir où je fais mes courses chez Lidl, je rejoins les files d’attente devant les caisses enregistreuses. Chaque caisse déroule une belle trentaine de consommateurs pourvus de leurs chariots et paniers. L’attente sera longue.

 

Même chose chez McDonald, le lendemain midi. La queue commence dans la rue, sur dix bons mètres, pour tout vous dire.

 

Ces visions sont choses courantes. Mais, sortant du taf, l’estomac tenaillé par l’envie d’un Big Mac, je me sens pour le moins contrarié.

 

A cet instant, me revient une image de mon manuel de géographie au collège.

 

Une photographie représentait la file d’attente monstrueuse devant une épicerie en URSS (chapitre « les dégâts du communisme en Europe de l’Est », dans le programme pas du tout orienté de l’Education Nationale, évidemment).

 

Une variante s’imposait avec la photographie de citoyens russes, en interminable file indienne, devant le premier McDonald ouvert à Moscou (1990).

 

Si, l’autre soir, on avait pris en photo les clients chez Lidl, on aurait tout à fait pu l’insérer dans un livre d’histoire avec pour légende : « Les pays capitalistes souffrent d’une véritable pénurie alimentaire ».

 

Mais, bordel de pine… on est en URSS !

 

Quelques jours plus tard, je partage le même constat en allant rendre visite à des poteaux.

Aucun d’entre nous ne chauffe, depuis les baisses de température, et personne ne compte le faire pendant toute la durée de l’hiver.

Nous survivons dans nos appartements respectifs grâce à un complexe système vestimentaire alliant pull-overs, couvertures, ponchos, écharpes et chaussettes de ski.

Mes poteaux se justifient :

 - Le chauffage, ça coûte trop cher. Alors, tant pis…

 

J’hésite à appeler un photographe nord-coréen, afin d’illustrer des livres de géographie propagandistes : « De jeunes Français dans leurs appartements, emmitouflés pour affronter l’hiver sans chauffage : les dégâts de la pratique libérale. Notez le port des moufles. »

 

Là-dessus, je passe devant un magasin d’habillement où je repère, en vitrine, une grosse veste bien chaude à prix abordable.

J’entre et me renseigne sur ladite veste.

 - Ben, on en a plus !

 Déconfit, je lâche un :

 - Oh…

 Comme le vendeur reste à me contempler sans rien dire, je rajoute :

 - Je peux pas en commander une ?

 - Ah non c’est pas possible, vous comprenez, on a pas une telle maîtrise sur nos stocks !

 - Et, hum, quand est-ce que vous allez en recevoir des nouvelles ?

 - J’en sais rien ! Peut-être jamais ! Avec la crise !

 - Bon…

 - Vous avez qu’à appeler de temps en temps, si vous êtes chanceux, vous tomberez sur le bon jour et on vous la mettra de côté ! Mais alors il faudrait nous appeler tous les jours ! Parce que tout le monde la veut, cette veste !!! A ce prix-là…

 - C’est pas grave… Merci quand même…

 

La scène se reproduisit quand je convoitai un volumineux pull à grosses mailles (indispensable pour affronter un hiver soviétique sans chauffage).

 - On en a plus !

 - Vraiment ?

 - Oui, on met des articles en vitrine qu’on a pas ! C’est tout H&M, ça !

 - Désolé pour vous, alors…

 - Imaginez ce qu’on doit répondre aux clients, après !

 - Ouais, j’avoue, c’est chiant…

 - C’est la honte, plutôt ! On a plus rien !

 - Ecoutez, merci pour votre temps…

 

« De jeunes Français mal habillés, en raison des crises cycliques de l’économie capitaliste. »

 

 Le lendemain, mon éditeur me passe un petit coup de fil l’air de rien.

 - Stoni, tu comprends, on doit couper tout le chapitre quinze…

 - Pourquoi ?

 - Bof, j’aime pas !

 - Putain de tapioca ! Je suis pas d’accord !

 - Ah bon ? T’es pas d’accord ?

 - Nan !

 - Quel dommage… Je n’ai pas envie de contacter mon avocat pour casser le contrat d’édition… Ça voudra dire que tu devras me rendre ton maigre salaire de caca… euh pardon ! d’écrivain nécessiteux… Je n’aimerais pas en arriver là !

 - Ok, je vais voir ce que je peux faire…

 - Tu sais ma poule, un éditeur a toujours un point de vue plus objectif que l’auteur… Fais-moi confiance !

Cette fois, j’ai encore eu la chance d’avoir été prévenu.

Vous pouvez aussi tout à fait  découvrir qu’on a supprimé, modifié, ou réécrit votre texte, quand vous tenez l’exemplaire définitif tout juste sorti d’imprimerie, et que vous n’avez plus aucun recours… Pratique normale, banale et ordinaire, dans le fabuleux monde de l’édition.

 

« Un romancier contestataire censuré dans son travail par le chantage des autorités politico-mondaines à la solde du régime.»

 

 Je récapitule l’affaire avec Aniki.

 - Files d’attente, rationnement, pauvreté, hivers glaciaux et censure. Putain, je suis en URSS !

 - Et pourtant, tu restes communiste ?

 - Oui. Quitte à me faire enculer, je préférerais que ce soit pour la bonne cause.

 - T’es vraiment un stal, merde.

 - Je sais.

 

Par stoni - Publié dans : Ma vie matérialiste - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 2 novembre 2009

 

 

 

 

Rappelez-vous, lectorat fidèle, vendredi dernier je postai un article absolument mortifère, et totalement dérisoire, sur le fait que « je n’avais pas d’idées » (ce qui peut poser problème quand votre métier est celui d’écrire).

 

Entre autres, je fis pleurer dans les chaumières en déclarant à la face d’un monde horrifié que je gagnais 0,65 € de l’heure.

 

Glaçante coïncidence !

 

Le même jour, un ami Virtual Niggaz rédigea un article sur le même sujet. Le pauvre homme est, pour sa part, peintre et moult autres choses. Cela dit, rendons-lui justice : son article était beaucoup moins mortifère et dérisoire que le mien !

 

Dans les commentaires, nous débattîmes sur les origines et implications de ce trouble.

 

En bon stal psychorigide, je prétendis (sur fond de l’Internationale) que nos pannes d’idées nous culpabilisaient car nous avions alors le sentiment de tomber dans l’inactivité passive propre à la bourgeoisie (inconscient de classe).

 



Quelques explications

 


Surprenante ironie du sort !

 

Hier soir même, je fis mon autocritique en compagnie d’Aniki (ce courageux être ! ) sur cette dite culpabilité.

 

Plusieurs raisons affleurèrent alors, expliquant ma panne d’idées.

 

1 / Le changement d’heure.

 

Me concernant, le changement d’heure hivernal symbolise l’arrivée de cette saison que je déteste au plus haut point.

Ne jouissant point des joies d’un chauffage moderne, dans mon humble masure, je dois supporter la température la plus écologique qu’il soit au monde. Aussi, je passe la journée pelotonné (et non pas peloté, hélas !) par de multiples couches de pull-overs.

 

Dans cet étrange accoutrement, je cultive l’impression malsaine d’être réifié en une sorte d’entité vivante composé à quatre-vingt-dix-neuf pour-cent de laine, et un pour-cent de matière organique.

Bref, être un pull H&M ambulant ne pousse à pas l’exploration littéraire. Ma structure narcissique en est toute ébranlée (cf. l’article « Jean Slim »).

 

En outre, je suis miné par les prochaines festivités de fin d’année. Eh oui ! Je fais partie de ces gens qui exècrent Noël avec maestria (mauvais souvenirs d’enfance traumatisée obligent).

Voilà pourquoi j’encourage vivement à fêter, à la place, Festivus.

 

2 / J’ai déjà écrit un livre cette année.

 

Même si je n’en suis pas très satisfait, j’ai en effet pondu un roman. Même si ce n’est qu’un premier jet, cela m’occupa longuement durant la belle saison, et l’on peut tout à fait admettre que mon potentiel créatif est pour l’instant épuisé.

Je dois aussi reconnaître que j’ai toujours eu des éclairs de génie au printemps et en été, le reste de l’année étant davantage consacré aux corrections et relectures (ce que je fais actuellement sans trop me forcer, comme d’habitude).

 

3 / J’ai pas arrêté d’être malade.

 

Allez savoir pourquoi !

Après avoir contracté une forme légère de la grippe A (dite aussi Mexicaine, sauf mon respect envers nos camarades d’Amérique Latine), j’accumulai dans les semaines suivantes des rhumes et des bronchites, à ne plus que savoir en faire.

Hier encore, toussant à la façon d’un tuberculeux en phase terminale, je ne pouvais point fumer. Et qui dit, chez moi, pas de cigarette, se verra répondre : pas d’écriture !!

 

4 / J’ai des idées, mais il faut qu’elles mûrissent !

 

Argument imparable, dont la force se trouvera étayée par sa véracité totale.

 

 



Sur la « chance d’être édité ».

 


Dans son article, le camarade des Virtual Niggaz rappelait que sa panne d’idées est d’autant plus lourde à accepter qu’elle se double du plombant sentiment suivant : de toute façon, si je me mettais à bosser ça ne servirait à rien.

 

Malheureusement, notre ami n’est pas encore très reconnu pour son activité créatrice.

 

Ce à quoi je lui répondis que, dans mon cas, le statut d’auteur édité n’est pas plus facile à porter en cas de panne d’idées.

Quand vous êtes un créateur indépendant, peu importe que vous ayez des idées ou pas ! Vous faites face à votre seule conscience…

Quand vous êtes un créateur rémunéré, non seulement vous faites face à votre conscience, mais en plus les éditeurs vous bassinent pour que vous pondiez de nouvelles œuvres !

 

Ne croyez pas, peuple naïf, qu’ils vous bassinent parce qu’ils adooorent  ce que vous faites !

Certes pas !

En lui soumettant un nouveau manuscrit, vous avez neuf chances sur dix pour que l’éditeur vous le renvoie en pleine figure en lâchant : « mais quelle bouse, refais-moi ce travail de merde ! ».

Etre rémunéré, c’est très bien, je ne dis pas le contraire. Mais la longue bataille pour la reconnaissance (et donc pour de nouveaux salaires, aussi maigres soient-ils ! ) ne fait que commencer !

Les éditeurs vous bassinent pour s’occuper. Rien d’autre !



 

 

Notre ami me rétorqua que le fait d’être reconnu me conférait au moins un « but concret, un « devoir », la conscience de savoir pourquoi j’écris, une route tracée. »

 

L’explication ci-dessus détruit malheureusement ce noble espoir.

Sauf si vous avez vendu 500 000 exemplaires d’un même bouquin, un auteur déjà édité n’est pas plus certain de voir son manuscrit accepté qu’un auteur débutant.

 

Et je mets ma main à couper que des éditeurs ont déjà refusé des auteurs avec 500 000 exemplaires de vendus au compteur.

Si je ne l’affirme pas, c’est que je ne connais personne ayant été dans ce cas de figure, mais croyez-moi, ça existe.

 

Je terminerai en rappelant à tous les artistes et créateurs, quels que soient leurs domaines, qu’il ne faut mieux pas espérer vivre de son "art " … Un boulot complémentaire est et restera le bienvenu…

 

 

 

 

 

Par stoni - Publié dans : Ma vie de caca écrivain - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Vendredi 30 octobre 2009

 

 



 

  Quand l’on me demande pourquoi j’écris, je réponds que c’est parce que je ne sais rien faire d’autre.

Vous avez sûrement connu, ou avez vous-mêmes été, à l’école, l’élève qui griffonne en marge de ses cahiers. Les gens qui savent dessiner dessinent.

Les gens qui savent écrire écrivent.

Dans mon cas, ce fut surtout l’imagination qui me porta à l’écriture. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours raconté des histoires.

 

 Aujourd’hui, je suis ce que les éditeurs appellent « un auteur » (ils n’utilisent que très rarement le terme « écrivain »). C’est-à-dire qu’on me paye pour les histoires que j’écris.

 

J’ai calculé mon revenu horaire pour mes petits talents d’écrivain.

 

Cela nous donne 0,65 € de l’heure (pour 48 semaines de travail dans l’année, 12 heures de travail hebdomadaires, et environ 4 années consacrées à un roman avant son édition, sur le total de mon à-valoir – qui est mon salaire).

J’ai sciemment vu mon temps de travail à la baisse, pour ne pas biaiser le résultat, puisque je planche souvent sur plusieurs projets à la fois.

 

 Partant pour la littérature avec le bagage que je me traînais (pauvre, jeune, sans diplôme et sans relation), je ne me suis jamais fait de grandes illusions sur ce que ce « métier » avait à m’apporter.

Et je m’étonne encore de constater l’intérêt de certains éditeurs pour mes productions.

 

Là-dedans, je suis le chien dans le jeu de quilles lettrées (comme je le suis dans mon parti politique).

Je ne connais aucun des auteurs, ou des critiques littéraires, que me citent les éditeurs en guettant ma réaction avec impatience.

Je ne lis pas la presse spécialisée, ni les autres auteurs qu’ils éditent.

 

En tant que communiste, je suis la curiosité excentrique des maisons d’édition, que l’on mitraille de questions et que l’on exhibe en espérant : « un pauvre invité à notre table, ça nous portera chance ».

Bien sûr, il est hors de question de faire la promotion de mes livres sur le critère de ma position politique.

 

Je laisse passer tout cela avec la résignation légendaire des pauvres.

J’en ai vu d’autres.

 

 Quand on se lasse de me faire parler matérialisme dialectique devant un parterre de politico-mondains enchantés, on me demande donc d’écrire des livres.

Comme je ne suis pas très intelligent, ni très vif d’esprit, je mets un certain temps à pondre une « œuvre » (du moins, une œuvre publiable).

Et comme je ne suis pas non plus très pressé que « l’œuvre » en question soit métamorphosée, déchiquetée et rapiécée par les éditeurs…

Je prétends travailler sur « un nouveau projet qui déchire » - projet dont, en fait, je n’ai rédigé qu’un premier jet absolument insatisfaisant, et que toute compte fait, je n’aime pas, et dont je ne veux plus entendre parler.

 

A la vérité, il y a des périodes où, vidé, repu, ennuyé et fatigué, je n’ai plus la moindre idée.

Cela me culpabilise, et Aniki, compatissant, me rappelle :

 - Souviens-toi quand on a vu Philip Roth à la télé, il disait que ça lui faisait pareil et…

 - Mais je ne suis pas Philip Roth !

 Les éditeurs se montrent moins conciliants.

 - Essaie d’écrire au moins mille mots par jour, ça t’entraînera…


 Je préfère encore expliquer pourquoi j’encule l’esthétique à un repas politico-mondain, croyez-moi.

 

Par stoni - Publié dans : Ma vie de caca écrivain - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 25 octobre 2009

 

Afin de boycotter les dessins de Plantu, cet article est privé de toute forme d’illustration.

 

Mais, mon Dieu, on jette l’art à la poubelle !

 

 

 

 

Je n’aime pas les dessins de Plantu.

 

Je dois cependant admettre qu’ils sont d’un politiquement correct jamais atteint auparavant.

 

J’aimerais, des fois, les salir.

 

C’est leur côté sainte-nitouche sociale-démocrate, vous comprenez.

 

Les dessins de Plantu sont toujours du bon côté.

 

Et il y a la petite souris… signature grotesque et gnangnan d’une dérision gras du bide.

 

(Dans chaque dessin de Plantu, il y a une ou plusieurs petites souris dissimulées. Comme dans Où est Charlie ?, le jeu, c’est de les trouver.)

 

 

 

La petite souris a toujours raison.

 

La petite souris est du côté de la démocratie, de la justice, de la liberté et de l’amour.

 

Vous ne m’y trouverez pas.

Du moins, pas à ses côtés à elle.

 

Qu’elle continue à se cacher dans les dessins : en effet, elle devrait avoir honte.

 

La petite souris détient l’hégémonie de la pensée unique de la « nouvelle société » (© Chaban-Delmas)  où l’on rêve à la classe unique : les prolétaires ont disparu, les patrons sont condamnables uniquement s’ils se réservent de trop gros bénéfices, les couches moyennes fleurissent et, dans la superstructure, on vote en toute liberté, et, dans l’infrastructure, pendant ce temps, on continue à être opprimé.

Ce dernier point, il ne faut pas le dire.

 

La petite souris ne le dira pas, restez pénards.

 

Quoi de plus normal.

La petite souris a le code.

 

C'est une putain de roublarde, la petite souris.

 


Quand je regarde un dessin de Plantu, j’ai envie d’empoigner ma bite, de me branler et de décharger une magnifique giclée de sperme sur sa dernière œuvre.

 

C’est marrant et ça ne coûte rien.

 

Je ne le fais pas, car les dessins de Plantu ne m’ont jamais excité à ce point.

 

Ça reste très symbolique, tout ça.

 

 

 

Attention, préparez-vous à une belle dose d’humour.

 

Aujourd’hui, le dessin de Plantu en une du Monde représentait la Russie contemporaine, pourrie par le fric, la prostitution, la corruption, la violence et une démocratie fantoche.

 

Page 13 du même Monde, énième resucée de la grande série « 20 ans de la chute du mur » (en partenariat avec la chaîne Arte), un article exposait le « Goulag oublié » (épisode quatre sur cinq de « Mémoires à vif du communisme »).

 

Gag.

 

 

 

 

Par stoni - Publié dans : Ma vie matérialiste - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Samedi 24 octobre 2009

 

 

 

 L’autre jour, un copain m’avoue :

 - Quand j’ai lu Aragon, ça m’a découragé de faire de la poésie. J’étais dépité.

Je réponds aussitôt :

 - Ça m’a fait le même effet l’autre soir quand j’ai vu la Guerre des Etoiles.

 - … quoi ?

 - Ouais, mon métier, c’est de raconter des histoires, on est d’accord ? Bon, l’autre soir, je me mets la Guerre des Etoiles pour la cinq cent soixante-cinquième fois de ma vie. Je kiffe à fond et tout, je passe deux heures de bonheur. A la fin, j’applaudis. Problème : cinq minutes plus tard, je suis anéanti. A quoi bon raconter des histoires quand celle-là a déjà été racontée ?

 - La Guerre des Etoiles ?

 - Mmh. C’est indépassable.

 - Mais tu ne fais pas de la science-fiction…

 - Eh quoi ? De toute façon, je ferai jamais la Guerre des Etoiles…

 - Et alors ? Tu arrêtes d’écrire ?

 - Je sais pas.

 

Le lendemain, j’appelle mon éditeur.

J’aime bien le faire chier, comme ça, de temps en temps.

 - Mon petit Stoni, qu’est-ce que tu as de beau à raconter ?

 - Oh, j’arrête d’écrire.

 - … quoi ?

 - Ouais. L’autre soir, j’ai regardé la Guerre des Etoiles. Voilà, c’est bon, ça sert à rien de persister. Il y a eu la Guerre des Etoiles. Point à la ligne. Faisons tabula rasa.

 - Pardon ? Tabula rasa ? N’as-tu pas abusé du vin rouge que tu n’es censé boire qu’aux repas ?

 - Oh nan ! J’abandonne, c’est tout.

 - Mais Stoni… Tu ne peux pas… J’ai besoin de…

 - De quoi ?

 - D’histoires !

 - Tu n’as pas besoin de moi, aussi, par hasard ?

 - Certes non !

 - Oh.

 - Ecoute, il n’y a pas une chose que tu n’aies jamais regrettée qu’elle ne soit pas dans la Guerre des Etoiles ?

 - Si. Premièrement, que moi je n’y sois pas.

 - Bon. Et quoi d’autre ?

 - Que dans les bases rebelles, les pilotes n’aillent pas plus souvent derrière les vaisseaux, faire des trucs ensemble, hum hum !

 - Eh bien voilà tout ton projet littéraire relancé !

 - Quel défi !

 - Allez allez au travail !

 - T’as raison, je vais rejoindre les autres derrière les vaisseaux.

 - Attends ne raccroche pas, encore une chose…

 - Oui ?

 - Hors de question de te mettre à écrire de la science-fiction, c’est bien clair ? JE ne publie PAS de science-fiction !!!

 - Oui oui, t’en fais pas.

 

 Remarquez toute la noblesse et l’importance de ma littérature.

 

J’en pleurerais.

 

 

 

Par stoni - Publié dans : Ma vie de caca écrivain - Communauté : Virtual Niggers
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Profil

  • : stoni
  • stoni1983

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Syndication

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés