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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 16:52

 

 

Un de mes éditeurs me demanda un jour :

- T'es d'un milieu pauvre, non ?

Je répondis en haussant les épaules :

- Ouais, un peu...

- Alors, ça a dû être dur, pour toi, d'écrire ?

- Bof... Pas plus que pour beaucoup d'autres gens...

- Je veux dire, ça a dû être dur pour avoir des livres ? On écrit pas sans lire.

- Quand j'étais ado ? Gamin ?

- Oui.

- Wolah. Arrête, des livres, j'en avais à la pelle.

- Ah bon ?

- J'ai dû lire Kafka à huit ans.

- Ah oui ?

- Ben, mon père lisait aux chiottes. Alors, ça traînait, et quand je posais mon colombin, fallait bien que je m'occupe...

- Ça traînait ?

- Oui, le bouquin traînait aux chiottes. J'étais super content quand il était en train de relire l'Âne d'or, crois-moi...

- Le bouquin traînait aux chiottes ?

- Eh oui.



Quand on me pose la question ultime, soit :

- Pourquoi est-ce que tu écris ?

Je réponds en toute sincérité :

- C'est à cause de mes parents...


L'histoire de mes parents est en elle-même un roman, d'une beauté inouïe, d'une perfection absolue.


J'ai grandi dans leur monde. Un monde bizarre, décalé, un monde avec sa faune et sa flore, un monde avec ses coutumes, son vocabulaire, son imaginaire, ses traditions, sa démonologie, ses superstitions, ses héros, ses icônes, ses légendes et même son économie. Un monde dont ils étaient les seuls auteurs, et dont, nous leurs enfants, avons été les œuvres d'art.


Statut qui, je dois l'avouer, est assez lourd à porter.


Ils n'avaient pourtant pas d'attentes particulières envers nous, sinon que nous fussions leurs enfants. Ils nous demandaient un minimum de respect, un minimum de reconnaissance. Jamais ils ne nous imposèrent un avenir, des études, des goûts artistiques particuliers.

Ils nous demandaient simplement d'être là. Avec eux. Devant eux. Pour eux.


Mes parents ont beaucoup de défauts.

En côtoyant, dans le fabuleux monde de l'édition, des gens de leur génération, je me suis rendu compte qu'ils avaient aussi beaucoup de qualités.

D'un point de vue conceptuel, mes parents sont en avance d'un millénaire sur tous les intellectuels, éditeurs, critiques et écrivains que j'ai pu rencontrés.

Et encore, d'un millénaire, je suis gentil.


Si je compare les intellectuels, les éditeurs, les critiques et les écrivains à mes parents, c'est parce que ces derniers se sont battus sur le même terrain : celui de la psyché.

En ce champ de l'intersubjectif, de l'art, de la poésie, de l'humour, du rêve, du roman et du drame, mes parents sont imbattables.


Ils sont à l'avant-garde de mes livres.


Vous devez ici vous imaginer la rencontre absolue, la rencontre narrative par excellence : la belle et la bête.


La belle, ma mère.

Elle était humble, discrète et simple, malgré sa beauté. Elle m'apprit à rire, elle riait beaucoup, elle rit moins maintenant.

Ma mère n'avait jamais tout à fait quitté son enfance et, petit, je ne l'ai jamais considérée comme appartenant au clan des adultes. Elle était clairement de notre côté – contre le reste du monde. Le reste du monde, elle s'en était retranchée lorsque, à dix-sept ans, elle partit pour la grande ville, quittant sa famille ouvrière sur un drame. Je savais qu'elle venait d'ailleurs, d'un monde de survivants, je savais qu'elle avait expérimenté la douleur, la mort et la souffrance. Elle nous relatait sa jeunesse d'avant notre père, la communauté, les disques vinyles, les concerts. Tout était alors, pour elle, contemplation esthétique, ce qu'elle nous enseigna par la danse, la musique, les pulsations du rythme, ces sons que jamais je ne retrouvai dans les collections de disques des parents de mes camarades. Nous étions initiés à un langage secret, grâce à elle : nous connaissons la signification profonde des mots The Grateful Dead. Ses albums étaient nos totems et nos tabous. Elle nous faisait écouter la musique, nous racontait les histoires qu'elle en avait tirées, par sa seule imagination (elle ne comprenait pas les paroles anglaises). Quand nous allions, en famille, rendre visite à mes grands-parents maternels, je cernai bien leur expression de soulagement épaté. Elle, avec un mari et des enfants, et une vie à peu près normale. Je compris plus tard que mes grands-parents avaient cru la perdre, plus d'une fois, à cause de la seringue d'héroïne qu'elle s'était injectée, plusieurs années durant, dans les veines.

Quand je devins adolescent, elle m'en parla sans réticence, avec un naturel troublant. Elle me détailla les effets, le mode de vie, la survie, liés à l'acide et à l'héro.

Elle disait cela avec la nostalgie que l'on peut entretenir pour une cause perdue.


Ma mère fit de sa propre vie son œuvre d'art. Ce n'était pas rigolo. Et si c'est pas rigolo, c'est pas marrant.

Elle disait :

- C'était beau.

Je voulais bien la croire.

Et elle ajoutait :

- Mais ceux avec qui j'ai vécu cette beauté sont morts.

Elle assénait cette conclusion sans cruauté, en toute sagesse.

J'ai toujours été confondu par son réalisme.




Dans la grande ville, il y avait aussi mon père. La bête.

Basané, étranger : le métèque. Lui, ce n'est pas le milieu ouvrier, mais un ersatz de bidonville – bidonville matériel et affectif. Il était néanmoins né en France et y avait fait sa scolarité.

De ses années d'écolier, il retira une haine profonde, durable et hargneuse contre le système éducatif. Qu'il nous transmit sans vergogne.

Il était clair, quand nous étions petits, qu'en allant à l'école, nous nous y rendions en transfuges. Il nous fallait nous y comporter en agents doubles.

- Ne dites pas à vos camarades quels films vous regardez avec nous, à la télé.

- Ne dites pas à vos maîtresses à quelle heure vous vous couchez.

- Ne dites pas les livres qu'on vous permet de lire.

- Ne dites pas grand-chose, en définitive...

Mon frère et ma sœur le réussirent moins bien que moi.

Mon père avait subi les humiliations que les enfants pouilleux ont toujours affrontées à l'école – avant et après mai 68. Sauf que, lui, il se faisait taper sur les doigts avec la règle du maître, chose à laquelle nous avons échappé. Il avait les ongles sales et noirs. Il fallait bien lui apprendre l'hygiène.


Il haïssait ses parents, affreux, sales et méchants. Il cristallisait quelque chose de bizarre, dans sa famille, tout petit déjà. Son père – mon grand-père – était persuadé qu'il n'était pas son fils (alors que leur ressemblance est confondante). Sa mère le trimballait chez les faiseuses d'anges, afin qu'il traduise. Il était moins membre d'un foyer que d'une tribu, et sa première motivation fut d'en sortir au plus vite.

Aussi alla-t-il au lycée général. Le lycée était loin de chez lui. Il devait prendre le bus, tôt le matin et rentrer tard le soir.

En même temps, il se mit à lire.

Il se laissa pousser les cheveux. Ses amis l'appelaient Che Guevera, pour le teint, pour l'exotisme, pour les cheveux, pour la moustache et pour le tiers-mondisme.

Il venait vraiment du tiers-monde.


Mes parents se rencontrèrent plusieurs fois, et ces différentes rencontres n'avaient aucun rapport les unes avec les autres. Le genre de coïncidence qui pourrait vous convaincre de l'existence du destin.

Le hasard les forçait à se croiser, à tomber l'un sur l'autre.

Il y eut finalement une rencontre définitive.

Ma mère sortait d'un sevrage, passé chez un nouveau petit-ami, à la campagne. Ils se disputèrent. Ma mère revint dans la grande ville, où elle croisa un copain de son petit-ami.

- Tiens, tu n'es plus chez Machin ? lui demanda-t-il.

- Non, on s'est séparés. J'ai nulle part où dormir. Tu connais une place où je pourrais squatter ?

- En ce moment, je suis chez mes parents. Mais j'ai un bon pote qui a un appartement. Il est très sympa. Tu peux y aller les yeux fermés. Je te file les clés ? On a été colocataires.

Ma mère prit les clés.

C'était celles de l'appartement de mon père.


J'imagine ce qu'a dû ressentir mon père, en rentrant chez lui après le travail, et trouvant ma mère, dans son salon, perdue, ses yeux immenses pleins d'excuses, le sourire au coin des lèvres.

- Mais, dit-il, on s'est déjà vus, non ?


Des premiers mois de leur amour, je conserve des reliques : les disques vinyles de ma mère, qu'elle m'a donnés, il y a plusieurs années.

Sur la pochette de Heroes, ils ont gribouillé :


Bon an mal an

Au gui l'an neuf

Au gué au gué

Je t'aime ma chérie

31 décembre 1977 (écriture de mon père)


Mon chéri

Amour

Toujours (écriture de ma mère)


1977

Première année

1978

Je t'aime (écriture de mon père)


Avec toi

Toujours (écriture de ma mère)


Ils tenaient également des carnets, dans lesquels ils se correspondaient, et écrivaient à quatre mains.

Je les trouvai, un jour, et lus, de l'écriture de ma mère :


Nous avons été abandonnés, tous les deux, tu le sais. Nous avons quitté l'enfer et nous sommes trouvés. Comme je regrette d'avoir failli mourir. L'overdose, je la comprends, maintenant, puisque tu n'étais pas là.

Quand nous serons vieux, nous prendrons le combi, et nous conduirons le plus loin possible. Nous nous perdrons dans les forêts.

Là, nous disparaîtrons.

Personne ne nous retrouvera jamais.


La magnifique histoire de la belle et la bête les amena à se marier très vite (en 1978).




Ma sœur et moi, nous arrivâmes dans les années suivantes.

Nous étions les splendides rejetons du conte qu'ils avaient initié.


Nous formâmes la famille Robinson post-freak, échouée dans un petit appartement de banlieue, protégée par ses murs, veillée par les amoncellements des disques vinyles, gardée par les enceintes de la chaîne hi-fi.

- Il nous faut être solidaires, semblaient nous dire mes parents. Nous partageons un secret : celui de la poésie. Sachez que cette famille s'est fondée sur la poésie, au nom de la poésie, et que notre but est de tendre au bonheur. Nous voulons votre bonheur.

Mon père précisait :

- Je me saignerai aux quatre veines pour vous. Ce que mes parents ont fait avec moi, ce qu'ils m'ont fait à moi, jamais je ne le reproduirai avec vous. Nous vous fournirons assez d'amour pour mille personnes. Alors que vous n'êtes que trois. Je vous promets que jamais nous ne faillirons à notre tâche. Nous vous DONNERONS LE BONHEUR. Vous n'aurez pas le choix. Avec votre mère... on a souffert. Mais vous, VOUS NE SOUFFRIREZ PAS. C'est impossible. Je vais travailler beaucoup, je vais suer, pour que nous ayons assez d'argent. Vous aurez de beaux jouets, même si nous n'en avons pas les moyens. Vous aurez tout ce qu'il faut. Vous ne manquerez jamais de rien. J'EN REPONDS DE MA VIE. Si je faillis. Si vous, ou votre mère, êtes malheureux. ALORS JE ME TUERAI.

Ma mère écoutait chaque jour ce discours tacite, et s'en contentait bien.

Mon père estimait qu'il ne la méritait pas – elle, trop belle, trop intelligente, trop poétique – et il savait nous le faire comprendre.

- Je me tuerai à la tâche. Pour vous. Pour votre mère. Je veux que vous soyez fiers de moi. Mais surtout, ne dites jamais que vous êtes fiers de moi. Moi, le macaque, le métèque, le bougnoule, je ne le mérite pas. Taisez-vous. Ne me complimentez jamais.

Et c'est bien ce qu'il fit.

Smicard, il se déchaîna, lutta, des dizaines d'années, pour gravir quelques échelons.


Ses laborieux efforts, les nuits passées au travail, les heures supplémentaires, l'écartaient peu à peu de la maison.

Une maison où l'univers de ma mère régna de façon omnipotente.

C'était le royaume de l'intersubjectif.


A cinq ans, nous, leurs enfants, bénéficions de la meilleure formation plastique, artistique, esthétique, dont on puisse rêver. Nous étions rompus à la maîtrise du code, experts en imagerie, façonnés d'œuvres d'art.

Nous étions les enfants de l'underground.

Sauf que l'underground ne franchissait par les murs de l'appartement.

Parfois, ma mère croisait d'anciens amis. Ma sœur et moi jouions pas loin, tandis qu'elle discutait et nous l'entendions demander :

- Qu'est-ce qu'est devenu Truc ? T'as eu de ses nouvelles ?

L'ancien ami grimaçait, gêné :

- Eh bien... le sida... tu sais... il est mort.

Ma sœur et moi continuions de jouer.

Après tout, nous avions déjà entendu mille fois le Berlin de Lou Reed.


Mon père rentrait, tard le soir. Les repas étaient l'occasion d'exprimer toute la vénération qu'il dévouait à ma mère.

- Pourquoi vous mangez pas ?

Ma sœur et moi répandions, de façon très artistique (nous étions à la bonne école), la nourriture sur les côtés de nos assiettes.

- Laisse-les, tempérait ma mère, tout de même flattée qu'il jouât immanquablement au gendarme.

- Je comprends pas. C'est bon, ce qu'elle cuisine, votre mère. Elle s'occupe de vous toute la journée. On a fait ce choix, avec elle, qu'elle ne travaille pas, pour qu'elle vous élève. A CAUSE DE CE CHOIX, NOUS N'AVONS PAS BEAUCOUP D'ARGENT. ET LE PEU QU'ON A, ON LE DEPENSE TOUT POUR VOUS. Vous vous rendez compte ? Et vous laissez la bouffe !

En tout réponse, ma sœur et moi haussions les épaules.

- Si vous saviez, espèces de petits ingrats, ce que ma mère elle faisait à bouffer... C'était dégueulasse ! ELLE CUISINAIT TOUT A L'HUILE ! On bouffait que de l'huile, tout le temps ! BEURK ! Alors que votre mère, elle cuisine pour de vrai, c'est différent !

Longtemps, j'ai cru que mon père s'était nourri uniquement d'huile, durant son enfance.

Ce calvaire m'impressionnait et, me figurant le goût de l'huile pure, je perdais aussitôt mon maigre appétit.

- Je comprends pas. Laisser la nourriture de votre mère. NOUS QUI NOUS SAIGNONS AUX QUATRE VEINES POUR VOUS ! Chez moi, c'était pas comme ça. Ça non ! Mon père me réveillait à coups de ceinture. Un jour, je me suis cassé le bras, et c'est seulement à l'école qu'on s'en est rendu compte. Et vous, vous refusez la nourriture qu'on vous donne !

La jeunesse miséreuse de mon père avait quelque chose de christique.

Ces récits savaient nous culpabiliser. Alors, avec ma sœur, nous décidâmes de conjurer et de sublimer la chose : nous entamâmes la rédaction d'une bande-dessinée mettant en scène notre père enfant.

Nous dessinâmes des dizaines de pages. Le ton était tragicomique, virulent. Nous mîmes clairement en image les souvenirs de mon père. La « bouffe à l'huile ». Les coups de ceinture. Les coups tout court. L'hostilité de ses géniteurs, hostilité qui le privilégiait lui parmi les nombreux membres de sa fratrie. C'était d'une cruauté absolue, mais transcendée par l'humour noir.

La bande dessinée était intitulée : L'horrible enfance de ce pauvre Papa.

Nous la montrâmes à mon père, tout contents de nous.

Il la lut, sans un mot. Quand il nous la rendit, il nous toisa d'un œil terrorisé.

Il venait de comprendre qu'il avait élevé de véritables monstruosités culturelles.

Ma sœur avait huit ans, moi cinq.

- On dirait du Crumb, soupira-t-il, oscillant entre la fascination, le dégoût et l'admiration.


Je pourrais résumer mon enfance, et tout ce qu'elle implique, dans le fait qu'à cinq ans, je savais ce que signifiait ce « on dirait du Crumb », puisque je connaissais les bandes dessinées de Crumb (dont je saisissais toutes les étendues culturelles), et dans le fait qu'à cinq ans, je tirai de cette comparaison une orgueilleuse satisfaction.


Je dois donc rendre hommage à mes parents.

Pour le meilleur et pour le pire.


Leur existence était un roman, leur amour une perfection. Plus nous grandîmes, plus ils peaufinèrent leur dialectique de la belle et la bête. Mon père, tout en admiration devant ma mère. Ma mère, princesse des princesses, pureté inaccessible. Cela généra des orages, comme ils avaient le sens du drame. Nous étions leurs spectateurs. Ils eurent des disputes grandioses, des différends raciniens, des renonciations dont la noblesse défiait toute l'œuvre de Sophocle.


Mes parents étaient des artistes, au plus profond de leur être. Leur catharsis fut leur foyer.

Je ne crois pas que cela les ait rendus très heureux.



Pour ma part, avec cet héritage bien installé dans mon inconscient, je préférai écrire du roman.



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commentaires

clopine 28/05/2012 10:30


Stoni, même si tes parents étaient "trop jeunes" en 68, tu fais pour moi partie de la génération des "enfants de soixante huitards", mais ton témoignage est fort réconfortant, parce que cette
génération-là n'a pas été terrible terrible point de vue éducatif, et que tes parents, ma foi, s'en sont visiblement bien sortis... J'ai une chère jeune amie, appelons-la Rebecca,  d'une
trentaine d'années qui en parle encore en frissonnant. Son père et sa mère, divorcés, ont été d'une nocivité parfaite pour leurs enfants. Education nationale de profession, tendance congé longue
durée et dépressions nerveuses. Style de vie "baba", ce qui signifiaient surtout qu'ils n'étaient même pas capables de voir l'anorexie de leur fille et étaient d'un égocentrisme et d'une
immaturité remarquable. Le père, après le divorce, commença à courir le guillefou, hélas, avec des filles de plus en plus jeunes., d'où problèmes qu'on qualifiera pudiquement de professionnels...
La mère eut des épisodes hautement dépressifs, s'enfuit en Martinique avec l'espoir secret de trouver un jeune et disponible compagnon, soirées bien arrosées et débraillé sexuel, ce fut l'horreur
pour Rébecca, sa blondeur et le fait que sa mère n'avait pas de place réelle dans la société maritiniquaise la condamnaient à la solitude ou à la drague pénible dès qu'elle marchait dans la
rue... Ses parents n'étaient pas capables de l'amour qui soutenait les tiens, et traversaient la vie en maugréant contre elle et s'estimant injustement lésés. Le laxisme profond qui suintait de
l'idéologie hédoniste de 68 ("jouir sans entraves", quel fascinant et problématique slogan) aboutissaient à des "enfants-rois" fort malheureux. Le soi-disant "règne" de ces enfants était surtout
le prétexte à la démission des parents : il faut beaucoup d'énergie pour imposer des règles de vie à de jeunes marmots. IL est bien plus facile de 'laisser faire", surtout si vous êtes
confortablement dans la lignée de l'idéologie de votre génération, et de ne pas répondre aux besoins essentiels des enfants... Rébecca n'a trouvé son salut qu'en rencontrant son compagnon, solide
et compact, et en rompant avec son ahurissante et pernicieuse famille. Elle les revoit bien, mais à petite dose, et surtout en tentant au maximum de se protéger - elle a bien raison, parce qu'en
plus la vieillesse de ces petits enfants du siècle précédent est en réalité assez triste ! 


Tes parents sont parfaitement lumineux à côté, même ton père et ses regrets ("l'horrible enfance de ce pauvre papa", c'est sensationnel, j'espère que tu l'as gardée cette BD), à cause de leur
obstination au bonheur. Franchement, même si ce bonheur passait par vous, les enfants, et que cela vous transformait en garant de leur réussite familiale (ce qui est évidemment un peu pesant pour
des enfants, quand ils sont chargés ainsi, redevables envers leurs parents d 'un bonheur obligé), ce poids-là est bien léger, en face des invraisemblables dérives de l'éducation soixantehuitarde.
Et puis il me semble qu'ils vous ont quand même laissé grandir, et devenir "vous", non ? En tout cas, Stoni, même si ta culture est inhabituelle, et ton éducation claustrophobante, tu as su en
tirer le meilleur parti - et c'est sans doute aussi grâce à ces deux-là...

r1 13/05/2010 16:33



Très touchant.
You rock, Stoni !



Oscar 23/02/2010 16:26


Ce sont des obstinés! Pardon, Ostinato, je n'ai pu résister à la tentation de l'humour facile!


Stoni 23/02/2010 11:26


Ah bon pourquoi, ils ont quoi de spécial les Bretons ???


ostinato 22/02/2010 15:26


Ma mère était bretonne, je te jure que c'est déjà pas mal.


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