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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 13:40

 

 

 

Cette semaine, j’ai fait un cauchemar.

Je retournais au lycée, mais, comme d’habitude dans ce genre de rêve, j’avais mon âge actuel.

 

Je fais souvent le cauchemar du lycée. A croire que l’école m’a traumatisé – j’en suis sorti le plus vite possible. Par miracle, j’ai même passé un bac. Jamais je ne me suis autant ennuyé qu’en cours. Jamais je n’ai aussi mal dormi que durant ma scolarité. Toute mon adolescence, j’ai carburé avec des nuits de trois à six heures de sommeil. Aujourd’hui, je m’interroge sincèrement sur mes capacités physiques de l’époque – mes parents me dopaient-ils en secret ou quoi ?

Dans ces cauchemars, l’ambiance hostile du lycée est restituée avec une exactitude tout bonnement sadique. Les couloirs qui puent le vieux lino défraîchi. Les salles de classe peintes en pastel délavé. Les bureaux, les chaises, les trente élèves devant moi – j’étais toujours au fond. Le prof. J’ai eu d’excellents profs lorsque je suis arrivé en bac techno. Hélas, ce ne sont jamais eux qui hantent mon sommeil. Mais des profs gris, rébarbatifs, agressifs – voire carrément névrosés pour certains… Donc, la salle de classe, le prof, et moi, au fond, avec mes potes.

Voilà bien le seul élément du cauchemar que j’apprécie : mes potes. Je n’ai jamais retrouvé la solidarité clandestine, irréfragable, exclusive, qui nous liait lorsque j’étais au lycée. Nous étions seuls contre le reste du monde (c’est-à-dire l’Education Nationale). Ce jeune mec boutonneux, mal fringué, un peu con mais sympa, avec qui tu rigoles lors des abîmes du cours de français en classe de première, bref, ton poteau : en plus d’être ton reflet absolu (car toi aussi tu étais boutonneux, mal fringué, un peu con mais sympa à cet âge-là), ce mec-là, jamais tu ne dénicheras son équivalent dans le monde du travail. Ce mec que tu aimes, au fond, ce mec qui se marre quand tu pètes et qui imite super bien le bruit de la Porsche (si possible en plein de cours de droit) : profite s’en à fond. Tes compagnons de la vie adulte s’avèreront beaucoup moins divertissants.

 

Fi de digressions.

 

Je disais donc que j’ai fait un cauchemar où je retournais au lycée.

Dans ce cauchemar, Jean-Luc Mélenchon était mon prof de français.

 

C’est là que j’ai réalisé que Mélenchon avait grave une tronche de prof de français.

 

La classe n’était pas encore entrée en cours. Nous formions un troupeau avachi dans le couloir, devant la porte de la salle. J’étais avec un de mes meilleurs potes. Nous attendions le prof, qui finalement arriva. Mélenchon en prof de français, quoi. Là, Mélenchon s’arrête devant mon meilleur pote et lui offre une grande poignée de mains. Je les regarde faire, effaré. Puis Mélenchon s’éloigne pour nous ouvrir la porte. Je me tourne vers mon pote :

- Toi aussi ? Non pas toi ? NON PAS TOI QUAND MEME ?

Eh oui, car j’avais déduit de cette franche poignée de mains que mon meilleur pote s’était mis à militer pour le Front de Gauche. Chose d’autant plus étonnante – et cul-trouante – que mon meilleur pote n’est pas du tout politisé.

- AH NON MAIS PAS TOI ! TU VAS PAS T'Y METTRE AUSSI ?

- Mais nan, t'inquiète. C’est juste que mes parents ont pris rendez-vous avec lui, ils l’ont trop tué sur ses méthodes éducatives et là il essaie de se rattraper.

- Ah ! fis-je, rassuré.

Nous entrâmes en classe.

Mélenchon entamait en discourant jusqu’à plus soif sur Victor Hugo. Je discutais avec mes potes au fond de la salle. Évidemment, j’eus droit au classique :

- Je peux savoir ce que vous avez de si intéressant à raconter, Stoni ? Votre petite vie personnelle ? Et si toute la classe en profitait ?

- Non mais monsieur, en fait, c’est juste que je le trouve chiant votre cours. Sauf votre respect, hein.

- Mais comment osez-vous !

- Mais Victor Hugo il nous fait chier, quoi ! Faut le dire : IL NOUS FAIT GRAVE CHIER !!!

Là, nous nous lancions dans une interminable dispute à propos de Victor Hugo. Je soutenais que Quatrevingt-treize justifiait amplement, à lui seul, une déportation au goulag. Mélenchon prétendait le contraire.

Des scènes telles que celles-ci, j’en ai vécu des dizaines, et des dizaines, et des dizaines. Durant ma scolarité, j’incarnais l’archétype du petit con insolent. Du coup, je répondais à tout va aux profs, instaurais de grands débats stériles, et, en bon manipulateur, parvenais sans difficulté à entraîner l’enseignant dans mon délire. Mes camarades m’encourageaient grandement à susciter de telles coupures dans le cours – qui pouvaient bien atteindre quinze ou vingt minutes les jours où j’étais en forme – puisque, on s’en doute, le plus grand bordel régnait tandis que je faisais diversion.

Dans le rêve, le débat était pénible, vain, harassant, énervant.

 

 

ELEVE-INSULTE-PROFESSEUR.jpgNon, il ne s'agit pas d'un grossier photomontage

 

 

Et puis je me suis réveillé.

Avec l’impression de ne pas avoir dormi, ou presque.

 

La nuit suivante, j’ai fait un autre rêve politique.

J’étais dans un café avec Philippe Poutou. Il était aussi sympa qu’à la télévision. J’apprécie chez lui son côté « rien à en foutre bordel » au sujet des médias, car je suis moi-même assez « rien à en branler putain » au sujet de la littérature. On rigolait et tout. Philippe Poutou me proposa de rejoindre le NPA. Je renâclai. Il argumenta.

- Mais tu veux pas rester au Parti communiste, franchement, c’est la honte mon gars.

Le pire, c’est que j’y ai pensé, ces derniers jours… Un fantasme, une fantaisie, rien de bien sérieux, mais j’y ai pensé…

- Stoni, faut pas déconner, viens au NPA quoi.

- Ouais, mais, euh…

Je n’osai pas le dire. Le gars est trotskyste. Et moi, ma vraie patrie, c’est l’URSS. Imaginez un peu le truc, je veux dire. Le mec qui, dans une réunion politique du NPA, s’emporte un peu, fait de l’humour communiste (« allez, au goulag direct ! »), et puis balance qu’il irait bien reconstruire le Mur de Berlin un de ces quatre. Oh ça craint ma parole. Ils vont me taper, au NPA.

 

Néanmoins, je me suis réveillé dans de meilleures dispositions que la veille.

 

Bon, ce rêve-là n'était pas désagréable, mais j’aimerais rêver à autre chose qu’aux présidentielles.

Tu vois le truc ? Toutes les nuits je rêve d’un candidat ? Putain, il reste neuf jours jusqu’au premier tour, avec ça j’ai le temps de me les faire tous !

La mort !

 

 

 

 

 

 

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commentaires

stoni 16/04/2012 10:05


Hubert, et encore, je vous raconte pas mes rêves les plus tordus.


Victoria : ha ha ha ! en effet, j'apprécie et lis toujours les Inrocks, hebdomadaire tout autant pertinent que subversif ! un ton décalé qui évoque les grandes heures de Canal +, je suis fan !!!


enfin, plus sérieusement, cela dit : j'ai toujours su que j'étais en avance sur mon temps. oui, je prévois les grands mouvements de pensée avant tout le monde. j'ai écouté les beatles en 2000,
avant tout le monde, et puis ya eu la grande vague rétro vintage et tous les jeunes qui se voulaient branchés se sont achetés des besaces avec la photo des beatles imprimée dessus. pareil pour le
PC : j'ai adhéré en 2007, tout le monde se foutait de ma gueule. ben t'as maintenant. ouais, ok, tout le monde continue à se foutre de ma gueule. mais bon.


 

clopine 15/04/2012 23:49


Ben tu n'as qu'à rêver aux législatives...

victoria 15/04/2012 22:11


eh Stoni, tu sais quoi, ça n'a rien à voir mais dans les Inrocks de cette semaine (je sens que tu adores déjà) il y a un papier sur "Karl Marx, le retour". Tu es hyper à la pointe de la
fashion, en fait.

Hubert 14/04/2012 20:59


Faut aller un psy çà craint de rêver de Mélenchon...


Tu peux toujours aller voir le psy de DSK, il paraît qu'il n'arrête pas de faire le même rêve: il est à l'Elysée avec Nafi S. comme 1er dame...

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