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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 13:19

 

 

 

 

 

chabite.jpg

Chat-bite !

 

 

 

 

 

Ce que c’est chiant, ces périodes électorales !

 

J’achète plus le journal. Je regarde plus la télé.

Sans déconner, ça saoule grave.

Surtout la putain d’élection présidentielle de sa mère.

L’autre jour, je me demandais dans quel autre pays le président de la république a un rôle aussi important ? La Russie ?

 

Et ce qu’ils nous gavent, tous ces mecs qui se prennent au sérieux, avec leurs putains de programme relous – wallah, c’est l’ovaire-dose.

Pas un seul qui a les couilles de proposer la légalisation et la nationalisation de toutes les drogues !

Les seuls qui m’ont fait marrer, c’est Nathalie Arthaud et sa candidature communiste, puis Philippe Poutou, le mec qui est tellement bonhomme que ça te donne limite envie de voter pour lui.

 

Y’a pas mal de lecteurs du blog qui me demandent mes consignes de vote.

Oulah.

Vaut mieux pas que je vous les donne.

 

Enfin, bon, si vous insistez !

 

Voilà ma consigne de vote :

 

 

SI TU VEUX VOIR MA BITE

T'AS QU’A VOTER CHAT-BITE

 

 

Oui, alors, comme ça – j’en suis conscient – ça a l’air d’une connerie.

 

Mais, en réalité, il s’agit d’un concept opératoire issu d’une longue analyse matérialisto-dialectico-historique.

Avec audace, je prétends même que cette consigne de vote inaugure une coupure épistémologique radicale.

 

 

Voter Chat-Bite, c’est un acte de résistance et surtout une manifestation de soutien poétique à ce que fut l’URSS (alors, bon, si tu kiffes pas trop l’URSS, vote pas Chat-Bite, quoi).

Voter Chat-Bite, c’est réclamer la révolution culturelle – Mélenchon vous dirait qu’attention, c’est pas la même révolution culturelle que les Chinois (faut pas déconner quand même), mais Chat-Bite, lui, il te dit la vérité : c’est une révolution culturelle qu’elle est encore pire que celle des Chinois.

Voter Chat-Bite, ça reste le meilleur moyen de voir ma bite. Et celle de Chat-Bite aussi. Parce que s’il est élu, Chat-Bite, lui et moi on a promis de vous montrer nos bites. Et pis, on vous prend pas pour des cons, c’est de la bite de premier choix. Si si je vous jure.

 

 

chabite2

 

 

A ce stade, toutes ces promesses t'ont mis l’eau à la bouche (ou plutôt le chat à la bite – si t'as une bite), n’est-ce pas, camarade lecteur.

Cependant, une question te taraude : mais qui est ce satané Chat-Bite ?

 

Ah, mystère et boule de coco !

 

Chat-Bite est un personnage si controversé, si énigmatique, si provocateur, si révolutionnaire, qu’il doit pour l’instant (tout comme moi) garder l’anonymat.

 

Nous en saurons peut-être davantage d'ici quelques articles... Les paris sont ouverts !

 

 

 

 

C’était donc ma consigne de vote.

 

 

 

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 09:19

 

http://bio-creative.fr/images/logo-ab-de-communication.jpg

 



Un jour, une épicerie bio a ouvert dans mon quartier.

J'ai ricané : « ha ha, ça va même pas duré deux ans, ce machin-là ! ».



Et bien entendu, je ne m'y rendis point.

En bon stal, j'étais forcément contre les produits bio. A mes yeux, le bio était un réflexe élitiste de gauchiste réactionnaire. « Hé attends je vais pas payer 5 € pour un putain de sachet de riz complet bordel ! »

Quand je passais devant le magasin, je ne daignais même pas lui condescendre d'un regard.



Sauf que, six mois ou un an plus tard, j'ai voulu faire du popcorn moi-même.

Pour cela, il me fallait du maïs à popcorn, une espèce bien précise.

Je fais une recherche sur internet : où trouver du maïs à popcorn dans les environs ?

La réponse se présenta, péremptoire, vengeresse – je vous le donne en mille : à l'épicerie bio.

Fait chier.

Je découvre que l'épicerie bio a un site web, avec les prix de tous les produits en vente. C'est pas cher du tout. Le sachet de riz complet est très loin d'être à 5 €.

Du coup, je prends sur moi et j'ose franchir la porte de cette infâme antre gauchiste (maladie infantile du...).



L'épicerie est une sorte de joyeux bordel bigarré où, le truc, c'est de vendre les produits en vrac. Le client amène ses propres emballages (bocaux, sachets, boîtes...), ou bien achète des sachets de papier à quelques centimes, et fait son petit marché. Il y a des distributeurs de céréales, de riz (pas à 5 € les 100 grammes donc), de pâtes, d'amandes, etc.

Franchement, c'est très agréable. Les employés sont jeunes et adorables. Cependant, moi, je reste sur mes gardes. Quand mon entrée est saluée par un irrésistible « saluuuut », je manque brandir ma carte du Parti, histoire de faire comprendre que, décidément, attention, je ne joue pas dans leur camp.

(D'ailleurs on voit bien là l'obsolescence de ma stalitude. Comme si le Parti était contre le bio. N'importe quoi. Depuis le Front de Gauche, le Parti, c'est ATTAC kif-kif-bourricot. Je vis en 1952 ma parole. Enfin, fi de digressions).



Bref, j'avance en cette terre ennemie, à la recherche de mon maïs et puis je me casse, promis juré.

Mais, j'aime bouffer, et je me rends compte que, putain, leurs produits, ils ont l'air bon. Le pire, c'est qu'ils coûtent moins cher qu'en supermarché.

Je m'attarde. Je regarde. Un tas d'épices. Leur parfum embaume la boutique. Alors, je prends plusieurs petits sachets en papier et je me fais avoir comme un bleu (ou un vert en l'occurrence, "mdr").

Du riz complet. Y'a même du nutella en vrac, merde ! Et du vin. Un employé me le fait goûter. Même pas 3 € le litre.



En sortant, je révise mon analyse matérialiste-dialectique-historique.

« Bon, ok, c'est pas si mal que ça, en fait, cette épicerie bio. Enfin, quand même, je suis sûr qu'ils financent EELV, cette bande de gauchistes réacs ! »



Or ! Le riz complet qui a du goût, le popcorn fait maison pas cher, le vin qui coûte rien et les petits gâteaux bio trop bons, ben, je dois te l'avouer : on s'y habitue grave.



J'y retourne.

Une fois.

Deux fois.

Trois fois.



Toutes les semaines.



A force, j'apprends à mieux connaître les employés. On discute. Ils s'investissent corps et âme dans une certaine image qu'ils ont du monde. Proposer de bons produits à tous. Eviter le gaspillage, faire travailler les agriculteurs et les producteurs français.

Leur opinion sur le nucléaire, les OGM ou la FNSEA n'est pas la mienne, mais on partage malgré tout.

Ils sont polis, souriants. Jamais ils ne font de prosélytisme. Leur ouverture d'esprit me fascine.

J'en arrive même à leur dire que je suis communiste sans susciter de réaction hostile. Au contraire. Le truc de ouf.

Je fais de la pub auprès de mes amis.



Me voilà désormais pour l'épicerie bio à fond du ballon.

Quand je repense à mes rires stupides et méchants, au moment de l'ouverture de la boutique.

Bref.

J'ai encore manqué une belle occasion de fermer ma gueule.

Mais, pour respecter ma stalitude, je viens de signer ici une énième et honteuse auto-critique.

 


 

 

 

 



 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 13:16

 


singe_ecrivain.jpg

 



Régulièrement, je reçois des messages semblables à celui-là :



Bonjour Stoni,


Toi qui es dans le milieu et qui connais bien l’édition, j’aimerais avoir ton avis sur un roman que j’ai écrit. Je veux le faire éditer, mais j’ai peur qu’il ne soit pas publiable parce que :

  • il est trop long

  • il est trop court

  • il aborde le sujet des lombrics bisexuels suisses, c’est peut-être trop précis non ?

  • il est trop violent

  • il est trop érotique

  • il est trop personnel

  • il est plusieurs genres à la fois (SF, autofiction, policier, trois en un)

  • il est écrit à la deuxième personne du pluriel mais il y a trois narrateurs qui ne sont jamais clairement identifiés

  • il est con
  • etc, etc, etc.


Selon toi, c’est bien la peine que je me ruine en photocopies et en envois postaux ?

 

Merci de ta réponse ! Au passage, tu es une personne exceptionnelle et je suis secrètement amoureux de toi !



Un lecteur de Stoni





Bon. Mettons les choses au point.



Tout roman est potentiellement publiable.

Tout roman est potentiellement non publiable.



Ca me fait une belle jambe, me répondras-tu. Mais le quotidien d’un auteur est de se faire faire une belle jambe, qu’il soit édité ou pas !



Ce genre de message me fait toujours sourire, car le lecteur qui me l’a envoyé connaît, au fond de lui, la réponse : pour savoir il faut essayer. Simple comme bonjour !

Seulement, cette personne a envie de se rassurer. C’est fou comme on se sent seul, quand on écrit et qu’on veut être édité. Alors on écrit à Stoni, qui te rassure, et c’est tant mieux parce que (sur internet en tout cas) il est un peu là pour ça, Stoni (oui je parle de moi à la troisième personne du singulier mais, nom d'un topinambour, quel auteur ne le fait pas).



Du moment que tu respectes les bases de la mise en forme du manuscrit, tente ta chance, envoie ton bordel, et tu verras bien.

Si tu manques vraiment de confiance en ton texte, tu peux consulter mes conseils pour améliorer ton style, et t'en inspirer.



Bon, admettons que tu aies désormais un manuscrit proprement mis en forme et bien rédigé.

Tu l’envoies à une cinquantaine d’éditeurs minimum.



Je te conseille de faire deux à trois envois par semaine. Evite d’envoyer tes cinquante plis d’un coup.

Fais les choses progressivement, en leur temps…



Je reçois des tas et des tas de témoignages de lecteurs qui ont ciblé trois, quatre, dix éditeurs, et qui sont déjà désespérés. Putain, mais dix éditeurs, c’est rien ! Soyez patients ! Envoyez à des tonnes d’adresses différentes !





Oui, ça coûte une plombe. Les Parisiens pourront toujours aller déposer leur manuscrit en mains propres. Pour les autres, c’est un coût. Tout dépend de l’épaisseur du manuscrit.

Dans le pire des cas, cela te coûtera environ 10 € par envoi (manuscrit de 500/600 pages). A raison de deux envois par semaine : 20 €. Par mois : 20 € x 4 = 80 €.

Enfin bon, en général, c’est plutôt 3 € ou 4 € par envoi.

Plus les photocopies (drague le mec ou la nana de chez COREP, il te fera des réducs – dans mon cas ça avait bien marché).



Ouais, ça fait chier. Je sais.

Mais ça coûte toujours moins cher qu’une veste chez The Kooples (je prends cet exemple au hasard).

Sache néanmoins que les auteurs déjà édités ont le même problème, lorsqu’ils veulent changer d’éditeur. Eux aussi, ils font leurs petits envois par la poste. Et eux aussi, ils reçoivent des lettres de refus impersonnelles ! Si ça peut vous consoler…





Bon, là, si tu as visé cinquante éditeurs, tu pourras te faire une idée.



Au bout d’un an, tu n’as eu aucune réponse, sinon des lettres de refus : visiblement, ton manuscrit n’a pas trouvé sa voie.



Ce n’est pas grave.



Soit tu bosses sur autre chose (tu écris un autre roman et retentes l’aventure), soit tu mets ce texte refusé de côté et le ressors d’ici quelques temps. On ne sait jamais. Un manuscrit qui aura été systématiquement refusé en 2002 sera peut-être au goût du jour en 2008 (par contre faudra changer le titre).

Les voies de l’édition sont impénétrables.



Très rares sont les auteurs qui trouveront un éditeur dès le premier manuscrit.



Antoine Volodine a passé plus de quinze ans à envoyer des manus ici et là, avant de signer son premier contrat.



Idem pour le dernier Prix Goncourt : vingt années passées à envoyer ses manus…



Ces deux écrivains n’ont pas lâché et leur obstination a été récompensée.



Alors si Antoine Volodine en a chié, t'en chieras aussi, y’a pas de raison !!



 

 

 

 

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 14:31

 

 

 

 

 

Attention : cet article sera peut-être uniquement compréhensible aux membres du Parti. Si vous ne comprenez pas cet article, ne vous inquiétez point, cela signifie simplement que vous avez eu la grande intelligence de ne vous être engagé dans AUCUN parti politique. Quelle sagesse de votre part ! Je vous admire.

 

 

 

 

 

 

« Il ne faut pas tant médire du militantisme.

Il nous offre des déceptions

que rien d'autre ne procure. »

Trofimov, 2010

 

 

 

 

Je suis membre du Parti. Depuis 2009 (les élections européennes), je m'inscris pour le réseau interne « Faire vivre et renforcer le PCF » qui souhaite l'abandon du Front de Gauche afin d'éviter la liquidation du PCF dans une nouvelle entité (telle Die Linke). Ma section est 100 % à l'inverse : pro-Front de Gauche à fond du ballon. Malgré tout, je soutiens publiquement le réseau, essaie de convaincre des camarades – bref, je me grille en beauté. On m'appelle Joseph, le Stal ou Goulag n°1. Mais je me dis « ha ha, c'est nous qui avons raison, pas eux ». Résultat des courses : le réseau change tout d'un coup d'avis, pendant la campagne des présidentielles. Il faut soutenir le Front de Gauche. Désormais, les sympathisants du réseau sont priés de retourner bien gentiment au sein de leur section et de militer pour Mélenchon comme si de rien n'était. Après avoir distribué pendant presque trois ans de grandes leçons de « marxisme-léninisme authentique », j'aurais pas l'air con, tiens. Merci les mecs du réseau, franchement, merci. C'était bien la peine de faire chier le monde.

 

VDM.

 

 

 

 

Désolé pour ce billet de néo-stal chiant. La semaine prochaine, retour aux articles intéressants avec : « comment savoir si mon roman est publiable ? ».

 

 

 

 

 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 13:12

 

 

 

LIDLSKI.jpg

 

 

 

 

Camarade lecteur, si tu suis avidement ce blog (oui, avidement), tu auras déjà pensé que je suis un peu grave sur les bords.

Mais juste un peu et que sur les bords. Non ?



A partir d’aujourd’hui, tu vas réaliser que, en vérité, je touche le fond.







J’aime bien aller chez Lidl. Ouais, ce magasin boche, euh pardon allemand, de « réductions dures » (traduction française de hard-discount). Bien entendu, la nationalité de cette chaîne m’inspire toujours des commentaires revanchards. Ben ouais. Dans ma famille française, on a fait Verdun et le maquis. Toute mon enfance, j’ai entendu niaiser sur les boches. Je peux pas les appeler « les Allemands », comme ça, du jour au lendemain, et en plus ne pas balancer des moqueries sarcastiques sur la Seconde Guerre mondiale et tout.





Enfin, malgré cet héritage anti-allemand, j’aime bien aller chez Lidl, donc.

Je regarde les produits temporaires, de bricolage, de jardinage, les trucs de bouffe. Le chocolat est bon chez Lidl.

Les magasins ont un côté joyeux bordel que j’apprécie. Tout en étant fort dépouillés.

Et puis, y’a pas tellement de choix niveau produits.



Alors, une idée m'est venue.

Pour me faire plaisir, quand je vais chez Lidl, j’imagine que je vais chez Lidlski.

Oui, bon, faut que je t'explique le concept Lidlski.



Le grand drame de ma vie aura été de naître six ans avant la chute du Mur de Berlin.

Mon rêve aurait été d’aller en URSS.

Comme j’ai de l’imagination (c’est mon métier je crois), je me cherche des substituts.

D’où : Lidlski.



Lidlski est un magasin soviétique. Et c’est cool parce que, comme chez Lidl, c’est le joyeux bordel, c’est pas super bien décoré, et y’a pas tellement le choix niveau produits, j’y crois, à mon délire. Si je faisais le même truc chez Carrefour (« Karfourski »), ça marcherait pas des masses. C’est classe, chez Carrouf, c’est bien éclairé et t'as des tonnes de produits. Moyen la transposition en URSS.





Bref, je vais chez Lidlski. Je suis un jeune soviétique encarté au PCUS. Pour peu qu’il neige et qu’il fasse super froid, ouah, l’illusion est totale. Putain je kiffe. Je rentre chez Lidlski. La plupart des produits viennent de RDA. Sympa, non, les républiques sœurs ? Des fois, Aniki m’accompagne et, soit par gentillesse, soit par compassion, il joue le jeu. On s’éclate comme des petits fous. Genre « il te reste combien de roubles ? »  ou « à partir de combien on peut payer par carte rouge ? parce que j’ai plus assez de monnaie » ou encore « rhoo y’a des nouveaux arrivages de vins ukrainiens ».



Tu le vois, camarade lecteur, je suis une personne modeste, simple, qui sait se contenter de petits plaisirs qui ne coûtent pas cher !





Bon, alors, l’autre jour, je vais chez Lidlski. Je suis à fond dans mon délire. Je m’éclate tout seul (Aniki n’est pas avec moi). Je me prends du bon chocolat blanc fabriqué près de Moscou. Ouais, j’ai des camarades qui bossent à l’usine. Ah, en ce moment, c’est les produits de nettoyage voiture. J'ai pas encore commandé une Volga, mais c’est pas grave, je regarde quand même. Et pis y’a les produits de jardinage. Moi qui veux une datcha, ça m’intéresse.



Je ressors avec mes courses, super content et tout.

Et je tombe sur des militants LO.

Des trotsks en URSS ? Euh quoi ?



Bon, je sais pas comment ils font, les militants de LO, mais ils ont toujours des « jeunes gens fort bien présentés » avec eux. Charmants, chevelus, minces, bref, le type même qui m’accroche le regard. Leur jeune me sert un sourire désarmant, en me tendant un tract. Je le prends (le tract, pas le jeune, "lol"). Je vois écrit : « la seule candidature communiste à l’élection présidentielle » et je suis heureux de lire le mot « communiste ». Ça m’avait manqué…

On discute. J’explique que je suis au Parti. On échange. Une deuxième militante s’intègre à notre conversation.

Et puis, petit à petit, je me sens triste. Parce que, en parlant avec eux, je replonge dans la réalité.

Je suis en France. Il y a les élections présidentielles.

Je suis adhérent au Parti, qui séduit uniquement lorsqu’il se cache derrière « la gauche » et qui bientôt, peut-être, disparaîtra. L’euro. Pas les roubles. L’euro et les traités, toute cette chierie, tout ce bordel, sortir de l’euro, pas en sortir… De toute façon, j’ai pas de camarades qui bossent à l’usine de chocolat blanc. La plupart de mes potes sont au chômage. Je ne construis pas le socialisme. Je suis là, en 2012, en train de discuter avec des gars de LO.



Les trotskistes sont gentils comme tout.

Je leur dis que j’admire leur fierté de classe, leur dignité de classe.

Je suis triste. Ils le voient bien. Ils essaient de me remonter le moral.



Je n'ose pas leur avouer que, si je suis si déprimé, c'est à cause de Lidlski.

Mais je crois que, lorsque je les quitte, ils sont à peu près aussi dépités que moi.





 

 

 

 

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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 13:23

 

 

 

 

ATTENTION

CET ARTICLE ASSUME

SA TOTALE MAUVAISE FOI

A L'ENCONTRE DE VICTOR HUGO

 

SI TU AIMES VICTOR HUGO

NE LIS PAS CET ARTICLE

 

 

 

Victor_Hugo_001.jpg

 

 

Ô, camarade-lecteur ! Un espoir m'étreint, en ce jour ensoleillé de printemps enclin à l'optimisme : pourvu que Quatrevingt-treize de Victor Hugo ne soit jamais inclus dans le programme des lectures en cours de français, quel que soit le niveau !

 

En effet, il est déjà fort pénible d'être écolier (en France). J'ai dénoncé la véritable torture Baudelaire par le passé. Mais alors en plus, si tu dois te taper Quatrevingt-treize !

 

Et pire encore, si ton prof de français te demandait de rédiger une fiche de lecture sur cet horrible livre !

 

Mais, cas échéant, Stoni te mâche le travail à moitié en te fournissant les informations essentielles sur l’œuvre et son auteur, ce qui t'évite de la lire.

Non parce que c'est long ce machin, quand même. Au moins 500 pages ! La mort !

 

Heureusement, la nature m'a fait bon saint-bernard ! T'as qu'à pomper ce que j'ai écrit ci-dessous, va.

 

 

L'auteur

 

Victor Hugo a écrit pas mal de livres dans sa vie. Il a aussi eu pas mal d'idées politiques différentes dans sa vie.

En gros, c'était un grand bourgeois qui voulait aider les pauvres. Voilà pourquoi il a écrit d'épais bouquins à ce propos. Mais comme il était un grand bourgeois, il avait un peu du mal à fréquenter les pauvres, ce qui rendait l'écriture difficile, faute de sujets d'étude. Aussi s'est-il rattrapé en fréquentant massivement les prostituées du bas peuple. Il relatait chacune de ses entrevues avec ces filles dans des cahiers spécialement dévoués à cet effet. C'est très intéressant, n'est-ce pas.

Donc voilà les liens de Victor Hugo avec le bas peuple.

Il devint politicien. De son vivant il fut un écrivain très connu.

Il écrivit des poèmes qui étaient un peu moins chiants que ses romans.

 

Il perdit sa fille Léopoldine dans un malencontreux accident de bateau, ce qui le conduisit à faire du spiritisme et à parler avec « des gens qui sont morts » (faute de les voir, dommage car dans ce cas il aurait été le réel précurseur du grand cinéma de M. Night Shyamalan).

 

 

 

 

Le règne de Napoléon III l'obligea à s'exiler sur l'Ile de Jersey. C'est là qu'il découvrit un rocher qu'il prit pour une divinité. Il baptisa ce charmant caillou du nom de « la bouche d'ombre » et s'intronisa, en toute modestie, le messie d'une nouvelle religion.

 

Quand il mourut, il y eut beaucoup de monde à son enterrement.

 

Voili voilou.

 

 

Le roman : Quatrevingt-treize

 

Ce roman interminable nous fait suivre le destin de trois personnages débiles à souhait. Un noble, un ancien curé devenu révolutionnaire et le neveu du noble qui est aussi devenu révolutionnaire.

 

Les dialogues sont très chiants.

 

Au début, il y a un passage de cinquante pages sur un canon détaché à bord d'un navire qui tue plein de marins. Le champ lexical utilisé est celui des animaux car ce canon est une véritable bête sauvage incontrôlable, ou plutôt un taureau qui a vu rouge.

C'est très chiant aussi ce passage.

 

Enfin bon, passons à l'histoire.

 

Le noble doit être jugé pour avoir soulevé une armée contre-révolutionnaire en Vendée.

 

Mais il sauve deux enfants dans un château en flammes en utilisant une trappe secrète (oui comme dans James Bond).

 

Ce qui fait que le lecteur se dit « oh là là, il est gentil quand même ce noble, ce serait salaud de le tuer ».

 

Le but du roman est de démontrer que la Terreur est allée trop loin et que les révolutionnaires se transformaient en sortes de monstres psychorigides dénués de sentiments.

 

Ben oui la Terreur c'était pas marrant !

 

Un passage confronte Danton, Robespierre et Marat. Évidemment Marat est un gros porc sale et puant se nourrissant du sang que ses écrits font verser. Danton est un mec plutôt sympa, bon vivant, qui se distingue par son pragmatisme (là le lecteur comprend que s'il n'avait pas été exécuté, la Terreur serait allée moins loin). Robespierre est un animal à sang froid, mais je crois que dans la version non censurée Victor Hugo avait tout déballé : il avait révélé que Robespierre était en réalité un cyborg T1000 envoyé du futur par les machines (programme Skynet) afin de déclencher l'anarchie en France. Voilà qui faisait de Victor Hugo le précurseur du cinéma de James Cameron. Hélas cette version fut censurée par ces salauds de communistes qui prirent le pouvoir du monde intellectuel dès 1917.

 

 

robespierre_T1000.jpg

 

Une illustration tirée de la version non censurée de Quatrevingt-treize

 

 

 

 

Donc voilà en gros ce que raconte ce roman.

 

Ah oui, à la fin, y'en a un qui se fait guillotiner. Je sais plus lequel, entre le noble-James-Bond et les deux révolutionnaires-cruels.

 

Même cette scène est nulle, c'est vous dire.

 

 

 

 

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 10:42

 

 

Un lecteur du blog m’a alerté sur la parution d’un article du Monde rapportant un sondage effectué auprès de plus de mille auteurs au sujet de leurs… relations avec les éditeurs.

Que constaté-je, camarade lecteur ? Eh bien, que tout ce que j’écris sur le blog à ce propos semble être l’expérience quotidienne de maints autres écrivains.

Pauvres de nous !

Les résultats du sondage sont édifiants.

Je te restitue l’intégralité de cet article. Les résultats complets du sondage sont là.

 ecrivain-chimpanze.jpg

 

Les relations entre auteurs et éditeurs se tendent encore un peu plus

Le Monde | 12.03.12 | 14h05

Et si la corde finissait par casser ? La dégradation des relations entre éditeurs et auteurs fait partie des sempiternels sujets de l'édition française. Rendus publics, lundi 12 mars, à quatre jours du Salon du livre de Paris, qui se tiendra à la porte de Versailles jusqu'au 19 mars, les résultats du 4e baromètre des relations entre auteurs et éditeurs, réalisé par la Société civile des auteurs média (SCAM) auprès de 1 145 écrivains, sont pourtant riches d'enseignements.

Certes, 61 % des auteurs interrogés se déclarent satisfaits des relations avec leurs éditeurs. Mais ce chiffre, de prime abord satisfaisant, traduit en fait un recul de 10 % du taux de satisfaction des écrivains, alors qu'entre 2010 et 2011 les éditeurs avaient gagné deux points de confiance.

En 2012, 31 % des écrivains se disent même insatisfaits, contre 22 % l'an passé. Et quelque 8 % des écrivains estiment que leurs relations sont devenues conflictuelles. Ces résultats témoignent d'"une certaine crispation", note la SCAM, avec un art consommé de la litote.

Pour la première fois, la SCAM a réalisé ce sondage en partenariat avec la Société des gens de lettres (SGDL). Elle a enregistré un bond de près de 50 % du nombre de réponses, qui sont passées de 600 à près de 1 200.

 

MAUVAISE PROMOTION DU LIVRE

 

La SCAM souligne que les écrivains interrogés représentent tous les secteurs de l'édition. Le degré de satisfaction est traditionnellement plus élevé chez les auteurs de livres universitaires, professionnels ou scolaires, voire chez les auteurs d'essais. Pour les écrivains de fiction et de non-fiction, les auteurs de jeunesse et de BD, le degré de défiance à l'égard de leurs éditeurs est donc encore plus élevé.

 

Dans le détail, les auteurs se disent satisfaits à 57 % (- 4 points par rapport à 2011) dans leur collaboration avec les éditeurs sur le travail de création. Ils le sont à 55 % (- 1 point) sur les contrats qu'ils se voient proposer. Mais ils sont 66 % à se dire mécontents du travail de promotion et de communication fait par l'éditeur sur le livre publié, et 63 % insatisfaits à propos de l'exploitation commerciale.

 

(chez Stoni, on en parle un peu dans l’article sur les Editions Rue Fromentin)

 

Du côté des rémunérations, on observe quelques tendances lourdes avec une baisse des contrats comprenant des à-valoir qui se double d'un recul de leur montant. Au total, 40 % des à-valoir sont compris dans une fourchette située entre 1 500 et 3 000 euros, 30 % au-dessus, contre 37 % en 2010, et 30 % au-dessous. La proportion de faibles à-valoir est en augmentation. Par ailleurs, pour 60 % des écrivains interrogés, les droits d'auteur sont inférieurs à 10 % du chiffre d'affaires que générera l'oeuvre.

 

(chez Stoni, j’en ai parlé dans l’article sur le flouze)

 

La crispation des auteurs atteint son point culminant sur la question de la reddition des comptes (lorsque l'éditeur lui fait part du nombre d'exemplaires vendus), encore très opaque. La moitié des auteurs déclare ne pas en recevoir du tout. Les autres la jugent peu claire et incomplète. Les auteurs se plaignent d'être peu ou pas du tout mis au courant des projets de traduction, d'adaptation, voire de mise au pilon de leurs ouvrages.

 

(chez Stoni, j’ai déjà abordé ce véritable scandale, qui ouvre la voie à tous les détournements de fonds possibles et imaginables, dans l’article sur la distribution)

 

Enfin, sur l'édition numérique, la majorité des contrats ne comporte pas de clause numérique (63 %) et les éditeurs ne font signer d'avenants sur les contrats précédents que dans 18 % des cas. Surtout, les éditeurs continuent de proposer un partage des droits équivalent à celui de l'édition imprimée, alors que la rémunération pour l'exploitation numérique est en moyenne inférieure de 15 %. A ce stade, les revenus numériques demeurent dérisoires.

Les auteurs mécontents de leur sort pourront méditer les propos d'Arnaud Nourry, PDG d'Hachette Livre, interrogé le 8 mars, au cours de l'assemblée générale du groupe Lagardère : "La marge sur le ebook est bonne, même si elle est réalisée sur un chiffre d'affaires plus faible. L'ebook a des effets vertueux."

 

Alain Beuve-Méry

 

Article paru dans l'édition du 13.03.12

 

 

 

 

 

A lire à ce sujet, chez Stoni :

 

Ton livre sur une table à la Fnac, ou ta mère en slip à Waikiki

 

J’écris des romans, je suis un caca

 

La faillite des Editions Michalon

 

 

 

 

 

 

 

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 12:22

 

 

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J'ai eu de la chance, jusqu'à présent. Je n'ai jamais eu de critiques négatives dans de grands médias. Il faut dire que, dans les grands journaux, à la radio, voire même à la télé, la critique négative se fait rare. On parle davantage des livres qu'on a aimés. La mauvaise appréciation est souvent réservée aux auteurs célèbres dont le roman est très attendu.

Lorsque les « jeunes auteurs » sont chroniqués dans les grands médias, ils ont de fortes chances de n'être pas trop mal traités.

 

Il n'empêche que j'en ai eues, des critiques négatives. Sur des médias moins importants. Ou même par oral, de la part d'un lecteur, lors d'un salon ou d'une conférence.

 

Pour moi, la critique négative n'est pas la critique mi-figue mi-raisin qui relève tant le positif que le négatif – le style est soigné, travaillé, mais il y a ci, il y a ça.

La critique négative est uniquement négative.

En gros, tu t'en prends plein la gueule du début à la fin. Pas de répit.

 

On me demande, parfois, ce que ça fait, d'avoir des critiques négatives.

Je réponds que ce n'est pas très agréable.

En vérité, j'ai un ressenti autrement plus véhément.

 

J'ai dû attendre pour en obtenir des gratinées.

Et quand elles sont arrivées... elles sont arrivées.

 

Peu importe d'où elles viennent, elles font mal. Y compris de la part d'un obscur blogueur, totalement inconnu, qui vous envoie le lien vers sa chronique histoire que vous puissiez savoir ce qu'il pense de votre bouquin (et, après tout, il a bien le droit de le faire).

Il y aussi celles dont on prend connaissance grâce à un fan, qui vous les envoie avec la promesse d'abattre leurs rédacteurs...

Les fans devraient comprendre que l'on s'en passerait bien, de leurs manifestations de loyauté...

 

Que dit la critique négative ?

Elle dit que tu as écrit (ou peint / réalisé / enregistré / joué, etc.) un joli tas de merde. Ni plus ni moins. Avec des arguments. Sur cinq ou cent lignes.

On se demande comment un livre aussi débile a pu être édité... Quand on pense au prix que ça a dû coûter en papier chez l'imprimeur... Une véritable arnaque... ça ne vaut même pas deux euros chez Maxilivre... L'histoire n'a aucune consistance... Les dialogues ne sont pas crédibles... D'un ennui mortel... Terminer ce roman m'a demandé un effort olympique... Rien à voir avec le dernier opus de Truc, qui, lui, a révolutionné la littérature (je te raconte pas l'effet que ça te fait si d'aventure tu peux pas encadrer le Truc en question). Du sous Bidule (Bidule étant un auteur connu), du sous Machin...

 

Comme tu t'en doutes, la première fois, ça fait bizarre.

 

Mais il y a pire.

La critique négative ad hominem.

En gros, elle vise non seulement ton œuvre, mais aussi ta personne.

Cet idiot congénital a dû être pistonné pour trouver un éditeur... Un inculte incapable d'utiliser un registre de langue convenable... Promotion canapé ?... Racoleur, vulgaire, voilà un pseudo écrivain tout juste bon à jeter aux chiottes... On se demande où il a pu apprendre à écrire, si toutefois il a appris un jour... Poseur... Déviant sexuel... Je l'ai entendu l'autre jour sur telle radio, c'est un vrai connard, j'espère qu'il se fera vite écraser par un camion... Il se la joue... Il ne travaille pas assez ses romans, sans quoi il en écrirait de meilleurs...

 

Comment tu te sens, après ça ?

Ben...

Au choix : comme une limace aplatie par un trente-huit tonnes sur le bord de l'autoroute (puisqu'on parlait de camion), ou criblé de balles par une rafale d'AK-47 (mais y'en a pas qu'une, d'AK, y'en a quinze – au bas mot).

 

Là, tu t'énerves. Et t'as envie de répondre.

Qu'est-ce t'en sais si je travaille ou pas mes romans, connard ?

Et tu peux rester en dehors de ma vie privée et de mes relations intimes avec les camions, bordel de merde ?

Sauf que ça ne servirait à rien.

 

Moi aussi, j'ai dit la même chose après avoir vu un film que je n'avais pas aimé.

 

Mais là, c'est écrit, noir sur blanc, ça te concerne, tu le lis et ça n'est pas près de disparaître.

 

Voilà. Tu es écrivain.

Même si tu n'es pas encore mondialement connu et que tes ventes restent tout simplement « satisfaisantes », tu es devenu une personne publique.

Il faut faire avec.

Il n'y a pas à répondre à ce genre de propos.

 

Des gens me détestent. Me méprisent. Tiennent des discours relativement inquiétants au sujet de ce qu'ils croient que je suis : sur ma vie privée, ma sexualité, ma famille, etc.

J'ai découvert que des gugusses scrutaient la moindre de mes paroles, sur le net, dans les médias, ou même ailleurs, pour les décortiquer et me critiquer, pour analyser ma « position d'artiste » et bien entendu, au final, me discréditer. De grandes discussions sur des forums m'étaient consacrées... Plus ou moins haineuses... Il y a en qui guettent « le prochain livre » uniquement pour le jeter en pâture.

 

 

C'est comme ça.

Je n'y peux rien.

 

Alors, j'ai décidé de ne plus lire les critiques. Bonnes ou mauvaises.

Ce n'est pas facile. Des fois, je craque.

Mais, le reste du temps, je me sens mieux.

Au bout d'un moment, scruter et dévorer ce que des inconnus disent de toi, ça n'est pas très sain...

 

Je ne suis pas le seul à avoir pris cette décision.

C'est mieux comme ça, je crois.

 

 

 

 

 

 

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 13:22

 

 

 

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J'ai reçu des messages, ces dernières semaines, de lecteurs du blog qui me « reprochaient » gentiment d'être un peu (beaucoup) démoralisant lorsque je parle d'écriture et surtout d'édition. Ces lecteurs voudraient bien être édités à leur tour.

 

D'abord, je vous glisse un lien vers un article qui – c'est rare chez moi, j'en conviens – aborde l'édition sous un angle positif.

 

 

Aujourd'hui je vais vous parler d'écriture, car l'écriture, voilà quelque chose qui peut épanouir, rendre heureux. Elle est aussi une source de bien d'efforts et de déceptions : mais quel travail ne l'est pas ?

 

 

Mon article « comment commencer un roman » est très-très-très lu par les gentils et vénérables visiteurs de ce blog. La plupart d'entre eux débarquent là-dessus depuis google. Avec pour requêtes : « je veux commencer un roman », « par où commencer un roman », etc. Et ils tombent donc sur ce texte mi-poétique mi-flemmard, qui ne dit pas grand-chose et ne répond guère à leurs questions, sinon pour affirmer : ouais c'est pas facile de commencer un roman.

 

Je m'apprête donc à répondre plus sérieusement à cette grande question : « comment commencer un roman ??? C'est vrai quoi putain ! »

 

On m'a déjà posé la colle. Des lecteurs, principalement, lorsque je suis en dédicace ou en rencontre.

Ma réponse a toujours été évasive. De toute façon, je crois qu'il existe autant de réponses qu'il n'y a d'auteurs.

 

Une chose est sûre : je galère grave ma putain de race quand je commence un roman.

 

 

Un roman, c'est une alchimie bien complexe qui m'échappe complètement. Une sorte d'accident de laboratoire. Je me retrouve avec un monstre-de-Frankenstein-bébé-éprouvette dont je n'ai pas forcément voulu, alors il faut faire avec. Je suis toutefois drôlement content qu'il soit vivant.

 

Une deuxième chose est sûre. Le roman, au début du processus d'écriture ou à son terme, n'est jamais celui que j'imaginais en écrivant les premières lignes.

 

Un roman, ça vient, ça part.

 

Je ne fais rien de très particulier pour commencer un roman.

A la base, j'ai quelques idées. Une idée générale du genre d'histoire que je veux raconter. Des scènes. Des personnages. Souvent, ceux-là changeront en cours de route... De physique, de mentalité, de caractère, de passé.

Ces idées m'habitent depuis un moment. J'ai déjà des idées pour un prochain roman lorsque j'en termine un... Il y a des idées qui se sont développées pendant des années, sans que je les ai touchées, préférant alors me consacrer à une autre histoire. Et puis, il y a des romans qui se sont présentés comme ça, d'une manière impromptue, du jour au lendemain. Bam je me réveille, un beau matin, avec une vague allure romanesque.

 

Ces idées, je ne sais qu'en faire.

Je les laisse mûrir, ou pas. Je les étudie avant de m'endormir.

Je me dis qu'elles sont plutôt bonnes. Ou plutôt mauvaises.

J'ai des romans, dans la tête, que je n'écrirai sûrement jamais. Trop complaisants, trop vains, trop autobiographiques...

 

Je n'ai pas de conseils particuliers à donner pour commencer un roman.

Il faut juste essayer de se faire plaisir.

Ce que j'aime, quand j'écris, c'est inventer un petit univers. Je crois que ce devrait être la seule motivation sérieuse de l'auteur qui se met à écrire : se faire plaisir. Bien sûr il y a des histoires qui sont douloureuses à raconter, et plaisir n'est peut-être pas, dans ce cas, le mot le plus adéquat. On les raconte pourtant, ces histoires, parce que leur rédaction nous soulage, nous fait du bien. Il y a bien un peu de positif là-dedans.

 

Hélas le petit univers est parfois long à se constituer. Je continue à (essayer d') écrire pour atteindre ce plaisir-là. Les premiers temps de rédaction sont, chez moi, rarement jouissifs. Je cherche un peu tout à la fois : les lieux, l'action, la narration, les mots, les personnages...

 

Ce n'est pas très valorisant ni très glorieux.

 

Je travaille seul. C'est bien pénible. Je refuse toute lecture jusqu'à la fin de mon premier jet.

 

Le premier fichier Word que je crée, pour le nouveau roman, ne sera pas celui avec lequel je le terminerai... Je modifie mon histoire à mi-chemin, je change tout. Je réécris tout... Je me retrouve avec des machin.doc, machin1.doc, machin2.doc, machin3.doc...

 

Certains romans avortent. On les commence, on ne les finira jamais... Ou alors sous une forme bien différente.

 

Il y en a qui écrivent un bouquin en quelques semaines. Je les appelle des éjaculateurs précoces. Je les envie ! Moi, je suis long à la détente. Je mets des mois et des mois à pondre un truc à peu près viable... Surtout depuis que je suis édité...

 

Quand je parle de mon « nouveau roman », je suis très circonspect. Je n'en parle qu'à mon mec. Et je choisis mes termes : « mon nouveau projet », « le texte sur lequel je travaille en ce moment », « le petit texte que je fais ».

Je n'ose pas dire « roman » tant qu'il n'est pas terminé.

Superstition. Manque de confiance en moi.

 

En vérité, cette phase laborieuse du début du roman ne prendra fin qu'avec le premier jet. Là, je pourrai enfin le qualifier de roman. Avant de passer encore au minimum six mois à réécrire et peaufiner la chose...

 

 

 

 

 

A lire aussi : mon article Quand on finit un roman, peut-on et doit-on en être satisfait ?

 

 

 

 

 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 13:03

 

 

smartphone_communiste.jpg

 

 

Récemment, je me suis modernisé. J'ai changé mon vieux téléphone à clapet contre un smartphone. Tu sais, ces téléphones portables sans touches...

Ouais au début ça m'a choqué qu'il y ait pas de touches. Faut limite tapoter l'écran avec ton ongle - ton gros doigt boudiné, il est pas assez précis. Chiant, quoi. D'ailleurs, j'en voulais pas, un smartphone, pour cette raison-là.

Mais mon ancien téléphone à clapet a rendu l'âme et on m'a donné le smartphone. Bon, ça aurait été con de refuser quand même.

 

J'ai goûté les semaines d'adaptation nécessaires pour maîtriser la pratique du téléphone sans touches, puis les divers appels (notamment au 112...) passés depuis la poche de mon pantalon parce que j'avais mal compris le verrouillage du... euh non pas le verrouillage du clavier... mais le verrouillage de l'écran.

 

Ha ha.

 

Bon, maintenant, ça va, j'ai dompté la chose.

A peu près.

 

Mais je découvre une autre déconvenue du smartphone : la taille de l'écran.

Le mien mesure exactement 6,5 cm de long pour 4 cm de large. Ça change de mon pauvre Nokia à clapet où je devais me tuer les yeux pour déchiffrer un SMS. Alors, oui, tu tap(ot)es tes SMS et les lis avec une aisance crâne.

Mais, le truc que t'as pas prévu, c'est que tout le monde peut les lire aussi, pour peu que ledit tout le monde se trouve à proximité et dans un bon angle de vue.

 

Ainsi se crée un drame.

Une première donnée : l'écran géant des smartphones.

Une deuxième donnée : l'humour communiste.

 

Eh oui.

Etant communiste, je pratique l'humour communiste. C'est spécial. Seul le communiste le cultive, et, par extension, son entourage proche (bien qu'il ne soit pas communiste). En gros, l'humour communiste est un humour noir à prendre au troisième degré qui repose sur les poncifs de l'anticommunisme.

Mes potes l'ont apprivoisé, à force de me côtoyer (les pauvres).

 

Alors l'autre jour j'étais dans les transports en commun – dans un bus plus précisément. Mon téléphone vibre. J'ai reçu un message.

 

Un pote :

 

Lagence imobiliere a refusé mon dosié pour lapart. Lé fis 2 put !

 

Moi :

 

T1kiet on se vengera 1 jour, nou le prolétaria exploité.

 

Lui :

 

Put1 je s8 véner grav jariv pas a me calmé tro envi 2 lé tapé.

 

Moi :

 

Kan je seré o pouvoir je v mOQP deu tu vera. DICTATUR DU PROLS !

 

Lui :

 

Aret je v jouir.

 

Moi :

 

Jlé fou tous o goulag lé agen imobilié ! TOUS !

 

Lui :

 

Oh oui !!!! Mdr ! O goulag !

 

Moi :

 

C pour sa k je s8 comunist, c just pour le goulag, tu croyé koi, k cété par altruism ?

 

(Je me marre tout seul.)

 

Lui :

 

Oué ta bi1 réson fo savoir fer du tri parfoi !

 

Moi :

 

100 % dakor !

 

 

 

Je range mon téléphone. La femme à côté de moi se lève en me foudroyant du regard.

Elle est à moitié terrorisée, à moitié scandalisée.

J'ai envie de dire : « mais non madame c'était de l'humour communiste ».

Mais je me rends compte que ça ne ferait qu'empirer les choses.

 

 

Maintenant, je fais attention quand j'envoie des SMS d'humour communiste dans les transports en commun.

 

Mais je suis content d'apprendre à maîtriser mon environnement moderne du début du XXIème siècle, tant technologiquement que socialement parlant.

 

 

 

 

 

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