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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 11:41

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pôle Emploi a vu le jour en l'annus horribilis de 2008. Il s'agit d'un organisme public français destiné à gérer le surplus démographique des chômeurs. Ses parents, l'ANPE et les ASSEDIC, inspirèrent de magnifiques œuvres musicales à nos troubadours contemporains.

 

 

 

 

Le jeune Pôle Emploi envoya ses illustres parents à la retraite tout en parvenant à les surpasser dans l'exercice de l'ignominie qui est, dois-je le rappeler, sa vocation première.

 

Quand tu es au chômage, tu vas donc t'inscrire à Pôle Emploi pour deux raisons. Primo, essayer de toucher les allocations chômage (pour lesquelles tous les travailleurs du privé cotisent, sans exception). Secundo, pour essayer de trouver un autre job.

Or, si tu as eu le malheur de travailler à temps partiel, tu pourras toujours aller te faire foutre pour l'allocation, car il faut justifier d'un certain quota d'heures et tout et tout. Ce qui exclut de facto tous les travailleurs précaires qui font des heures ici et là. Le système est bien fait.

Quant à l'objectif de trouver un autre boulot grâce au Pôle Emploi, cela tient un peu du vœu pieux adressé à Lourdes. Toutes les chances ne sont clairement pas de ton côté.

 

 

 

Voilà la version officielle.

 

 

 

 

 

Pôle Emploi : même Krishna ça lui faisait trop peur.

 

En réalité, après avoir mené des recherches archéologiques poussées, j'ai découvert que Pôle Emploi avait été prophétisé comme la punition karmique suprême dans la tradition hindouiste.

 

Le karma, c'est un peu la somme de toutes les actions que tu as faites pendant ta vie terrestre et qui va déterminer ta prochaine réincarnation.

Si tu as fait que des trucs bien, tu vas renaître dans une caste élevée.

Si tu as fait des trucs pas génial, tu vas renaître dans une basse caste, ou pire encore, sans caste du tout.

Si t'as chié dans la colle grave, tu vas renaître en animal ou en insecte.

 

L'étude du Mahabharata, un texte fondateur de la mythologie hindoue, évoque le Pôle Emploi comme la punition karmique suprême. Il se situe en-dessous de la réincarnation en animal ou en insecte. Voyez cet extrait que je retranscris non sans fébrilité.

 

Troisième section du Bhagavad-Gītā, ou dialogue entre Krishna le mec qui a tout compris et Arjuna le mec qui apprend.

 

- Mon cher petit Arjuna, je t'ai tout à l'heure parlé de la réincarnation pourrave en fourmi ou en mouton, tu te souviens ?

- Oui Krishna, cela m'a horrifié comme tu peux t'en douter.

- Ha ha mon petit, il y a pire encore !

- Fichtre !

- Vois-tu, si pendant ta vie terrestre tu fais plus que chier dans la colle, c'est-à-dire si tu chies dans le ventilo, eh bien tu te réincarneras en un Français chômeur du 21ème siècle et tu devrais t'inscrire au... au... que Rama me protège !... au Pôle Emploi.

- Au Pôle Emploi ?

- Ne prononce pas ce nom, malheureux ! Le Pôle Emploi constitue la punition karmique suprême. Pire encore que de se réincarner en amibe ou en Kev Adams.

- De quoi s'agit-il ?

- Je ne puis te le dire. Kali, la déesse de la mort, recourt fréquemment à cette menace du Pôle Emploi, donc tu vois mon petit Arjuna, c'est franchement pas rigolo, et si c'est pas rigolo, ben c'est pas marrant.

 

 

 

Les autorités françaises nous ont dissimulé cet extrait depuis 2008. Je prends de gros risques en le publiant ici intégralement, mais que voulez-vous, étant membre du dernier parti communiste de France, je suis accoutumé à ce genre d'aventure.

 

 

Intéressons-nous à la déesse Kali dont parle le vénérable Krishna. Dans un livre d'Alain Daniélou, nous trouvons la description suivante.

 

« Elle porte souvent un pagne formé de bras coupés, tient une tête décapitée dans une main, une épée, le pouvoir de la destruction, dans l'autre. La forme Bhadrakali possède plusieurs paires de bras, représentant les points cardinaux. L'un de ses bras porte alors un curieux emblème qui, selon la tradition, est assimilé au mystérieux Pôle Emploi cité dans le Bhagavad-Gita. »

 

 

 

pole emploi punition karmique

Les Hindous, ils disaient pas que des conneries.

 

 

Ceux qui, parmi mes lecteurs, n'ont jamais expérimenté la punition karmique suprême du Pôle Emploi frétillent de peur, mais aussi de curiosité morbide : en quoi consiste exactement cette expérience ?

 

Dans une autre vie, j'ai dû chier dans le ventilo, car j'ai moi-même expérimenté la punition karmique du Pôle Emploi. Je vous raconte tout ça.

 

 

 

 

 

 

 

Pôle Emploi : le jour où j'ai pensé à avaler ma langue.

 

 

Voici quelques années, je fus condamné, pour payer les erreurs de mes anciennes incarnations, à m'inscrire au Pôle Emploi car j'étais au chômage.

 

Déjà, quand t'es au chômage, c'est franchement pas la joie. Tu n'as plus de boulot, donc tu n'as plus de pognon. Ça craint.

Tu vas au Pôle Emploi : c'est la chose à faire, dans ce cas-là.

 

Moi, le jour où j'étais allé m'inscrire au Pôle Emploi, y'avait eu une alerte à la bombe et du coup, j'avais dû passer deux heures dehors, avec tous les autres chômeurs et les employés du Pôle Emploi, histoire que les flics vérifient s'il y avait de la TNT sous un bureau ou pas. Ça commençait bien.

Une fois que les flics eurent neutralisé le secteur, nous pûmes réinvestir le bunker en béton.

Je pris un ticket et j'attendis. J'attendis. J'attendis.

Deux heures plus tard, je fus appelé dans le bureau d'un conseiller Pôle Emploi.

Les conseillers Pôle Emploi sont, j'en suis certain, des gens fort sympathiques à la base, et tout et tout, mais je n'ai toujours pas compris à quoi ils servaient exactement – mis à part à te fliquer et à te menacer de radiation. Ma conseillère jeta un coup d'oeil à mon CV et m'annonça tout de suite que j'aurais du mal à retrouver du boulot. Ben dites donc, c'était encourageant, tout ça. Elle m'expliqua que, si je désirais toucher l'allocation à laquelle j'avais cotisé pendant des années, je devrais affronter des épreuves karmiques immondes telles que la journée de bourrage de mou, officiellement dénommée journée de motivation ou un bidule dans le genre.

En outre, cette dame fort souriante me fit comprendre que, si je refusais les offres d'emploi que l'on me soumettait, je serais radié à vie et expédié au bagne avec tatoué sur le front "GROS FLEMMARD DE CHOMEUR". Que de joie et de réjouissances en perspective, mes amis.

 

Je fus donc obligé de m'inscrire à la journée de bourrage de mou.

Nous nous retrouvâmes à dix ou quinze chômeurs, enfermés dans une salle, face à un tableau blanc, exactement comme à l'école, pourvus de nos C.V. et de toute notre bonne volonté. Un gus surgit alors, en costard cravate.

- Bonjour, je suis un animateur employé par une boîte privée de ressources humaines, mais je suis payé par vos impôts car Pôle Emploi finance le business privé de l'accompagnement à l'emploi qui fait des tas de bénéfices privés. Ha ha ha. Le sytème est bien fait, n'est-ce pas. Aujourd'hui, je vais donc vous donner de la motivation pour retourner à l'emploi.

Une jeune femme fit remarquer qu'elle était étrangère et qu'elle ne comprenait pas un traître mot de ce gentil monsieur animateur. L'animateur lui répondit que, tant pis pour elle, elle devrait rester assise ici à rien comprendre, sans quoi elle serait radiée à vie et envoyée au bagne et tout et tout, pas marrant quoi. La jeune femme accusa le coup et resta donc assise toute la journée durant, les yeux grand ouverts, stoïque. Je l'admirai sincèrement.

Mais d'un côté, je l'enviais, car elle au moins, échappa au galimatias déblatéré par ce charmant animateur.

Le problème, c'est que ce type nous « coachait » et nous parlait comme si nous avions été des cadres. Ses solutions de retour à l'emploi n'étaient pas idiotes, mais inappropriées. Nous étions tous des pauvres smicards, petits employés, ouvriers, personnel de ménage, serveurs, manutentionnaires, et lui nous sortait des trucs du genre « désormais avec le TGV, il est possible d'aller travailler à Lyon, ou à Marseille, soyez mobiles ! ». Je levai la main et fis observer que, étant ouvrier donc plus ou moins payé autour du SMIC, il serait dommage de passer les trois-quarts de mon salaire dans des billets TGV, mais bon, je sais pas, quoi. Le gugusse me rétorqua aussitôt « mais voyez grand, jeune homme, voyez grand ! Vous ne serez pas toujours payé au SMIC au cours de votre vie ! Bien sûr, si vous partez avec de tels a priori ! »

Euuuuh.

Là, j'ai choisi de ne plus rien dire, de toute façon ça ne servait à rien.

Nous eûmes droit aux « exercices de mise en confiance en soi », ce qui signifiait répéter comme un abruti les yeux fermés « je suis un bon candidat et je serai choisi pour ce poste ». Cela pendant vingt minutes, en boucle, tous en choeur. Genre en lavage de cerveau, y'a pas mieux.

Par la suite, durant une heure, l'animateur nous démontra en long, en large et surtout en travers que les candidats qui échouaient systématiquement aux entretiens d'embauche le cherchaient bien. Vu toutes les méthodes de communication qu'il allait nous apprendre, si nous rations les entretiens, ce serait qu'on est vraiment des gros nazes qui avons pas confiance en nous.

A ce stade, j'hésitais entre l'auto-trépanation et l'auto-strangulation.

Les méthodes de communication furent bien entendu d'une banalité incomparable. Tenir un stylo pour ne pas trembler, dire bonjour en souriant, remercier, serrer la main, ce genre de conneries. Soit il nous prenait pour des idiots, soit c'était lui qui l'était.

A ce stade, je pensais que je pourrais tout aussi bien avaler ma langue afin d'abréger ces souffrances.

 

Nous dûmes réécrire notre C.V. en « améliorant » nos expériences. Au lieu d'écrire « personnel d'entretien », le chômeur détaillait toutes les compétences dont il devait faire preuve dans son emploi. Ce qui donnait un truc du style :

 

Technicien de surface. Evaluation du territoire d'opération. Préparation de l'outillage. Mélange des substances et prise de risque. Neutralisation sanitaire.

 

Tout ça pour dire : je suis un mec qui lavait les sols d'une école primaire. Oh, putain, sans déconner, on aurait dit la description d'une mission de l'armée de terre.

Idéal pour faire éclater de rire les employeurs qui reçoivent ton C.V. Histoire d'être sûr qu'ils te rappellent jamais, quoi.

 

 

Enfin, ce cerbère de l'enfer nous délivra de cette horrible journée et nous retournâmes au monde réel, traumatisés, faibles, hagards, tremblants, agrippés les uns aux autres.

 

 

Le lendemain, ma conseillère Pôle Emploi m'appela et me dit que je n'avais pas cotisé assez d'heures pour avoir les allocations chômage. Je restai sur le cul.

Vous voulez dire que je me suis tapé la journée de machin chose motivation... pour rien ?

Euh... oui.

Je passai le reste de la semaine prostré.

 

 

 

 

 

Voilà, vous savez tout sur le zizi. Désormais, vous savez également à quoi s'en tiennent vos vies antérieures si vous êtes vous aussi passés par cette atrocité.

 

 

Fort heureusement, je retrouvai rapidement un emploi.

Comme quoi, si j'avais chié dans le ventilo dans une autre vie, j'avais dû chier dans des quantités somme toute assez modérées.

 

 

 



 

 

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Published by stoni - dans Définitions
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commentaires

annonces emploi algérie 26/11/2012 17:45


Articles très intéréssant ! Je trouve que votre Blog très outils pour les candidats et recruteurs Merci ! 

recherche d un stage au maroc 19/11/2012 18:50





Super et intéressant ces articles



Les site d emploi 19/11/2012 18:43


article intéressante!

alouette 13/07/2012 17:29


J'ai évoqué cette jeune fille qui se sentait mal, Stoni; elle avait quoi ? 17 ou 18 ans, belle comme un printemps ... Je pense à elle, ce qu'elle peut espérer devant cette folle d'assistante qui
ne comprendra jamais rien, ces crétins qui lui font "améliorer" son CV comme tu le décris fort bien...comme si les gamins étaient stupides.


 


Bon, j'attends l'article sur les 2 belges. Qui sait, un jour un responsable normalement cortiqué pourrait lire tes témoignages et se gratter la tempe en pensant : "Mince, on a dérapé non ?"


 


;)


 

stoni 13/07/2012 09:17


faudra que j'écrive un article sur les deux belges un jour, trop un truc de malade. en plus j'avais tout noté tellement je me rendais compte que c'était un truc de malade. faut que je retrouve
tout ça.


leur méthode à eux, c'était le management paternaliste qui suscitait le consentement total chez les smicards qu'ils embauchaient... en intérim. trois jours de formation bourrage de mou lavage de
cerveau pour de l'intérim. putain.


quelle saloperie, le chômage de masse. pour avoir évolué quelques années dans une économie du plein emploi, jamais les employeurs ne se permettent ce genre de trucs quand il ya  du taf.
comme tu le dis dans ton témoignage, c'est dur pour les gens comme toi qui ont connu une époque où, comme disaient mes parents, "il suffisait de claquer des doigts pour trouver un job". imagine :
pour ceux de ma génération, nous n'avons rien connu d'autre... putain de saloperie !


 


 

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