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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 13:56

 

 

éditeur à-valoir

 

 

Mon cher camarade-lecteur, j’ai déjà abordé la question ô combien cruelle mais cruciale de la rémunération d’un écrivain dans l’article : « parlons fric ».

 

Aujourd’hui, je souhaite toutefois te donner davantage de précisions sur la négociation de ce dit à-valoir.

 

Si ce n’est pas déjà fait, je t'invite vivement à lire l’article « parlons fric » qui explique tout bien le principe d’un à-valoir.

 

Un à-valoir est donc une avance sur les ventes d’un roman versée dans le cadre de la signature d’un contrat d’édition.

 

Aussi, camarade écrivain, n’accepte jamais de signer un contrat d’édition sans à-valoir.

Hélas, cette pratique se répand, surtout chez les petits éditeurs pas sérieux. L’à-valoir est la condition sine qua non de la signature d’un contrat d’édition. Un éditeur qui ne te paie pas en avance n’est pas un éditeur sérieux, et chez lui, ton livre n’aura aucun avenir. Les promesses de rémunération en droits d’auteur (un an ou deux après la parution du livre) ne veulent rien dire. Si l’éditeur ne te paie pas dès la signature du contrat d’édition, crois-moi bien, il ne le fera JAMAIS.

 

JE RAPPELLE QUE L’A-VALOIR N’EST TRADITIONNELLEMENT PAS REMBOURSABLE ! Si l’éditeur annule la parution de ton roman après la signature du contrat (tragédie rare mais qui s’est déjà vue), tu garderas ton argent.

 

En outre, le chèque d’à-valoir est remis le jour même de la signature du contrat d’édition. N’accepte pas de signer un contrat sans que l’on te remette le chèque. Ou bien tu pourras toujours attendre pour l’obtenir : ce chèque deviendra la nouvelle arlésienne de ta vie.

 

C’est pourquoi je pense qu’il est bien mieux de rencontrer physiquement l’éditeur le jour de la signature du contrat. Quand l’auteur accepte de signer le contrat par correspondance, ça ralentit le processus, si je puis dire (envoi du contrat de l’éditeur à l’auteur – envoi du contrat signé de l’auteur à l’éditeur – envoi du chèque de l’éditeur à l’auteur - etc…).

 

 

 

Or, avant de signer le contrat et de recevoir ce chèque en mains propres, l’éditeur va te proposer un certain montant d’à-valoir – que tu accepteras, négocieras ou refuseras en fonction.

 

 

 

La négociation de l’à-valoir pour un premier roman

 

Dans ce cas, ta marge de manœuvre est réduite mais ce n’est pas une raison pour accepter n’importe quoi.

 

La mode est au faible à-valoir – crise économique oblige. Il faut cependant bien comprendre que le montant d’un à-valoir, faible ou fort, reste une somme dérisoire pour tout éditeur digne de ce nom. Or, quelle que soit la taille de sa maison, l’éditeur va toujours te faire croire qu’il n’a pas un rond, que les temps sont durs et que franchement, il a pas le choix le pauvre, il peut pas faire autrement que de te payer à coups de lance-pierre. Dans ce cas, il te fera miroiter d’autres avantages qui ne sont que mirages : versement des droits d’auteur après la parution du livre, avantages en nature (si si, je te jure, y’en a qui font ça !), futur à-valoir pour une prochaine sortie poche (oui bien sûr, on y croit tous). Ces derniers arguments sont des mensonges auxquels il ne faut pas céder.

 

L’à-valoir peut être versé en plusieurs fois. Par exemple, 300 € le jour de la signature du contrat, 500 € le jour de la parution en librairie. Je suis résolument contre cette pratique, courante chez les grands éditeurs. Un à-valoir en-dessous de 3 000 €, c’est versé en une seule fois. Putain quand on reste dans ce registre de sommes dérisoires, faut pas se foutre de la gueule du monde !

 

Voilà les différents niveaux d’à-valoir qu’on te proposera pour un premier roman.

 

A-valoir : nul. Zéro €. « T'en fais pas mon coco, je te paierai 100 000 € de droits d’auteur – ce sera un best-seller, fais-moi confiance – dès trois mois après la parution en librairie ! »

REFUSE TOUT NET ET VA VOIR AILLEURS.

 

A-valoir : inférieur à 500 €.

Du pur foutage de gueule. Refuse.

 

A-valoir : entre 500 et 1 000 € / entre 1 000 et 1 500 €.

C’est, hélas, la tranche la plus courante pour un premier roman. A mon avis, c’est très très très radin et, dans ce cas-là, même pour un premier roman, à ta place, je ferais comprendre à l’éditeur que je juge cette somme peu représentative de la qualité de mon travail.

 

En-dessous de 1 000 €, j’aurais tendance à carrément refuser le contrat d’édition. Ne serait-ce que pour tester l’éditeur… S’il se braque et reste sur son chiffre, il ne tient pas vraiment à t'éditer et tu as peut-être intérêt à aller voir ailleurs…

 

Entre 1 000 et 1 500 €, c’est encore une somme ridicule mais nous nous rapprochons du montant acceptable d’un à-valoir.

 

 

 

A partir de 1 500 € : somme tout à fait acceptable qui indique la présence d’un éditeur un tant soi peu sérieux. A accepter les yeux fermés (à condition, je le répète, qu’il soit versé en une seule fois !).

 

 

 

Plus l’éditeur te paie cher, plus il aura tendance à se bouger le cul pour bien vendre ton roman.

 

On est d’accord que, pour toi, 500 boules, 1 000 boules ou 1 500 boules, ça change pas grand-chose et nombre de jeunes auteurs ne pigent pas pourquoi il faut pinailler sur le pognon.

La raison est pourtant simple. Moi, si je suis éditeur et que je paie un petit jeune 500 boules pour son premier roman, franchement, si le bouquin est un échec, je m’en bats un peu les steaks : normal, le mec ne m’a pas coûté cher.

Attention, ça ne veut pas dire qu’avec un à-valoir de 1 500 boules, tu vas être traité comme un prince. Mais tu auras un peu plus de chances que l’éditeur fasse correctement son boulot.

 

 

Les arguments à utiliser pour négocier l’à-valoir d’un premier roman.

 

Je te dis de négocier, quand toi, jeune auteur égaré dans le monde de l’édition, tu es terrorisé à la seule idée d’adresser la parole à un éditeur. Tout marchandage s’annonce, dans ces conditions, sous de douloureux auspices ! Je te soumets donc de petits arguments chocs qui pourront faire mouche.

 

« J’ai entendu des primo-romanciers parler d’à-valoir nettement plus élevés, la norme serait plutôt de 1 500 €, je ne comprends pas bien le montant que vous me proposez. »

Ou l’argument choc que tu auras toujours sous la main ! Car, cet argument est vrai ! Sois sûr de toi quand tu le répéteras à l’éditeur.

 

« Vous me proposez une somme qui semble nettement en-dessous de la moyenne proposée aux primo-romanciers. Je suis à la recherche d’un partenaire sérieux, d’un collaborateur de confiance, et je vous avoue que je commence à douter. »

 

« Je suis à la recherche d’une maison d’édition solide, financièrement saine, et votre proposition me pousse à m’inquiéter… »

 

Je serai honnête avec toi : la négociation pour un premier roman sera très très délicate. Tu es un petit nouveau dans l’univers de l’édition, tout le monde ou presque se sent en droit te pisser dessus et de te conférer autant d’estime qu’à une vieille serpillière abandonnée dans un cagibi de cantine scolaire.

Toutefois, ça vaut le coup de tenter la négociation, ne serait-ce que pour voir la réaction de l’éditeur. Un type qui tient la route au mieux te donnera raison, au pire t'embobinera poliment. Un connard le prendra mal. Bon moyen de tester.

 

 

La négociation de l’à-valoir pour un deuxième roman

 

Tu as donc sorti un premier roman. Pas découragé pour deux sous, tu remets le couvert et ponds une deuxième grande œuvre littéraire.

 

Premier cas de figure : tu restes chez le même éditeur.

 

Pour une raison ou une autre, tu as décidé de rester chez le même éditeur. Tu lui soumets donc ton nouveau manuscrit. Fort heureusement, le mec est d’accord pour l’éditer.

Un bon conseil : parle tout de suite de l’à-valoir.

 

Évidemment, l’à-valoir pour un deuxième roman est supérieur au premier SAUF SI TON PREMIER ROMAN A ETE UN GROS BIDE. Et quand je parle de gros bide, c’est le super gros bide. L’éditeur a perdu des sous, ça a été la cata (autant dire, des ventes qui se situent en-dessous de 20 % du tirage initial).

 

Dès que l’éditeur te contacte pour te dire « magnifique ce deuxième roman, je veux l’éditer mon cher petit, oh oh ! », tu enchaînes aussitôt en annonçant que tu veux un plus gros à-valoir.

 

Par exemple, pour un premier à-valoir de 1 500 €, tu peux largement demander, pour le second, 2 000 € - 2 500 € (voire plus, si le livre s’est très bien vendu et qu’il y a eu des rééditions).

 

Normalement, l’éditeur devrait accepter. C’est une tradition, il n’y a aucune raison à ce qu’il te refuse une augmentation pour le deuxième roman.

Cependant, si tu ne la demandes pas toi-même, il ne te la proposera sûrement pas… Ben ouais, pas con le gus…

 

Si l’éditeur refuse cette augmentation, il y a de quoi s’inquiéter. N’hésite pas à lui dire directement que tu le prends très mal, à titres professionnel et personnel. Une discussion sérieuse s’impose…

 

Si ton premier roman a été un gros bide, il faut néanmoins garder en tête le fait que ce n’est pas ta faute, mais celle de l’éditeur : c’est son travail de vendre les bouquins, le tien se limite à les écrire, point barre !

D’ailleurs, dans ce cas de figure, il vaudrait peut-être mieux changer d’éditeur…

Si pour une raison X ou Y tu veux quand même rester chez lui, demande néanmoins l’augmentation de l’à-valoir. Comme je l’ai écrit plus haut, tu n’es pas responsable de l’échec commercial de ton premier roman. L’augmentation de l’à-valoir serait, au contraire, une bonne façon de te dédommager !

Hélas, l’éditeur aura alors toute la latitude de refuser cette augmentation – puisqu’il aura été financièrement perdant sur ton premier bouquin et qu’il prend donc « de gros risques » pour ce second. Argumente un peu, mais, exception mise à part, je crains que ce ne soit peine perdue…

 

Deuxième cas de figure : tu changes d’éditeur.

 

Là aussi, tu es tout à fait en droit de demander une augmentation d’à-valoir ! Pour cela, tu annonceras tout simplement à ton nouvel éditeur le montant de ton premier à-valoir et tes prétentions pour le second.

D’ailleurs, si chez ton premier éditeur tu as eu un faible à-valoir (moins de 1 500 €), c’est le moment idéal pour mentir et arrondir la somme… Aucune honte à ça, c’est de bonne guerre et ça fait partie de la règle du jeu !

 

 

Les arguments pour négocier ton deuxième à-valoir.

 

L’argument principal est tellement évident que je ne devrais même pas avoir à l’écrire ici : « l’augmentation de l’à-valoir pour un deuxième roman est une tradition éditoriale ».

C’est tout, point à la ligne, on n’en parle plus.

 

Or, la plupart des éditeurs sont des crétins radins mégalos et ils apprécieront de t'entendre les supplier une minute ou deux.

« Le premier s’est pas trop mal vendu, je veux donc être payé davantage. »

« Le premier s’est bien vendu, je veux donc… »

« Le premier s’est très bien vendu, je veux donc… »

Etc. Etc.

 

Cela en sachant qu’un éditeur considère qu’un roman s’est pas trop mal écoulé à partir de 30 % d’exemplaires vendus par rapport au tirage initial... Lui, il ne te dira jamais que c’est une bonne, ou une honnête vente, mais il le pensera, crois-moi.

 

 

Donc : deuxième à-valoir, augmentation ! Il n’y a pas à tortiller du cul pendant six mille ans là-dessus.

 

 

 

Avant de terminer, un petit conseil personnel.

 

L’à-valoir est considéré comme un revenu et il doit être, à ce titre, inscrit dans ta déclaration de revenus, donc déclaré au fisc.

 

Si tu ne le fais pas, avec un peu de malchance, les impôts te débusqueront en se basant sur les déclarations URSSAF de ton éditeur. Les joies des rappels d’impôts, avec indemnités de retard et autres pénalités s’offriront alors à toi. Je connais des gens qui en ont fait l’expérience  : mieux vaut éviter la chose.

 

Te voilà prévenu.

 

 

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:22

 

 



Vers dix-huit ans, des potes et moi nous étions mis en tête que nous pourrions pécho en fréquentant des pubs pour étudiants. Ne me demande pas pourquoi, j'en sais foutrement rien. Peut-être pensions-nous que les étudiant(e)s couchaient plus facilement, enfin, qu'ils étaient plus libérés. Nous qui n'avions jamais mis les pieds à la fac, ces jeunes-là nous intriguaient. Ils avaient des choses que nous n'avions pas. Leur train de vie nous fascinait un peu. A la fois, nous les méprisions, de la hauteur de notre stupide morgue pseudo-prolétarienne. C'étaient « des gouerhs fils à papa ». D'ailleurs, nous les appelions avec un brin de méchanceté « les faqueux » (de fac – faqueux, faqueuse).

Comme nous ne connaissions rien de l' univers estudiantin, nous nous demandâmes comment atteindre ces étranges jeunes gens. Nous avions repéré des pubs remplis d'étudiants et nous pensions qu'en nous pointant là avec nos gros sabots, nous en aurions pécho quelques spécimens.

Autant te dire que ce projet était voué à l'échec le plus flagrant au monde.

Nous avions établi une sorte d'échelle de valeurs sexuelle. Pécho un étudiant en faculté ? Un point. Pécho un étudiant en faculté catholique ? Deux points. Pécho un étudiant en classe prépa ? Trois points. Pécho un étudiant en école de commerce / d'ingénieur ? Quatre points. Etc.

Aucun de nous n'a même jamais atteint le premier point, à ma connaissance.





Bref, nous allâmes dans ces pubs. Comme nous n'avions pas un rond, nous récupérions des chopes vides, afin de faire croire que nous consommions comme tout le monde. Nous étions là, avec nos verres vides, à regarder, à fumer, à évaluer et à collectionner des râteaux extraordinaires.

Les soirées étaient longues.

 


Et puis, nous avons sagement envisagé de nous replier vers d'autres tactiques politico-sexuo-mondaines.



 



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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 13:47

 

 

 

 

En ce moment, la vidéo d’une émission télé circule sur le ouaib. Sommairement intitulée « jeunes cons de droite », il s’agit d’un plateau où Jean-Luc Mélenchon répond aux questions d’un jeune public, dont des « jeunes cons de droite ». Je l’ai vite fait regardée ce week-end.

 

 

 

 

Cette nuit, j’ai rêvé que, à la place de Mélenchon, j’étais confronté à l’un de ces « jeunes cons de droite ». Je n’aime pas l’idée de récupérer le rôle de Mélenchon, mais mon inconscient a des ambitions d’ordre mégalo-politique, il faut croire. Quitte à faire des rêves politiques, j’avais préféré celui avec Thomas Hollande... Fort heureusement, dans mon rêve de cette nuit je ne faisais que débattre avec ce « jeune con de droite ». Mes fantasmes porno-politiques se limitent aux sociaux-démocrates, aux trotskards et aux écologistes. Au fond, je dois être un mec assez « gauche plurielle ». Quoiqu’il y ait toujours une dimension belliqueuse dans mes visions porno-gauchistes. Je ne rentrerai pas dans les détails. Enfin.

 

Dans mon rêve, donc, le jeune con de droite entamait la discussion exactement comme dans la vidéo de l’émission. J’étais très calme de bout en bout. C’était étrange car je formulais très vite mes réponses, cela dans un français correct. En réalité, lorsque je débats avec quelqu’un, je perds assez vite patience et je ne me montre pas aussi efficace qu’à l’écrit – loin de là.

Le jeune lançait ainsi les hostilités :

- Stoni, que pensez-vous de cette immense majorité de Français qui profitent du système des allocations sociales ?

- Quelles allocations sociales ?

- Le chômage, par exemple. Une majorité des bénéficiaires de l’allocation chômage ne veut pas travailler en vérité et vous le savez bien.

- Ecoutez, avec 10 % de chômage, il est parfois très difficile de seulement travailler tout court. Dans ce contexte, vouloir travailler ou pas, c’est encore une autre question.

- Vous jouez avec les mots.

- Non, je remonte à la racine de votre assertion. Les faits avant les interprétations.

- Il y a trop de chômeurs qui refusent les offres de travail qu’on leur propose, voilà ce qui entretient le taux de chômage !

Là une jeune fille intervint, comme dans la vidéo :

- Mais quand on est surdiplômé, je suis désolée, on ne peut pas accepter n’importe quel travail de merde !

Je répondis aussitôt :

- Mademoiselle, je suis ouvrier et smicard, vos propos sont tout à fait blessants car je suppose qu’un travail de merde c’est un travail comme le mien.

- Mais non, je…

Le « jeune con de droite » revint à la charge :

- Stoni, expliquez-moi pourquoi aux Etats-Unis, où il n’y a aucune aide sociale, les gens travaillent plus et sont plus heureux que chez nous ?

- Ce que vous dites est faux.

- Ah bon ? Vous allez me dire qu’en France on est plus heureux qu’aux Etats-Unis ?

- Non, le problème n’est pas le bonheur. Je ne m’amuserai pas à quantifier l’inquantifiable… Le problème c’est qu’il existe des aides sociales aux Etats-Unis. Vous recourez à des lieux communs. Vous ne savez guère de quoi vous parlez, je le crains.

- Ah oui vraiment ? Des aides sociales aux Etats-Unis ? Citez-les moi ?

- Par exemple les food stamps, le Medicare, il existe également des allocations chômage. Je ne dis pas que la protection sociale aux Etats-Unis est efficace, je dis qu’il existe un Etat providence, aussi faible et précaire soit-il. Vos propos sont ineptes. Cela ne vous empêche pas, toutefois, de rester sur votre position qui, j'imagine, est libérale.

Le « jeune con de droite » n’était pas content. Je souris.

- Vous savez, je suis heureux de parler avec un libéral. C’est très rare, en France. Je préfère les gens comme vous aux militants de droite pseudo-gaullistes. Vous, vous êtes la droite telle qu’elle est vraiment. Vous ne mentez pas, vous allez droit au but, vous ne déguisez pas les intérêts de votre classe. Vous avez le courage de réclamer le véritable projet de votre classe sociale. Comme j’ai le courage de réclamer le véritable projet de la mienne, qui n’est pas la démocratie, la liberté, l’égalitarisme ou je ne sais quoi encore. Je réclame le communisme, via une dictature du prolétariat. Vous voyez, vous et moi, on se bat idéologiquement à armes égales. Comme vous devez être déçu par la droite française ! Et surtout par le peuple de droite français !

- Je ne suis pas toujours sur la même ligne, mais…

- Cette droite et ce peuple de droite qui autorisent encore que les enseignants du privé soient rémunérés par l’Etat ! Quelle honte, pour des vrais libéraux ! Toutes ces structures éducatives promptes à gratter les fonds publics, tout comme ces sales fainéants de pauvres le font avec les allocations chômage… L’esprit d’initiative et de libre entreprise de votre mouvement devrait s’insurger devant ce scandaleux assistanat. Moi aussi ça me fait mal que les pauvres financent vos écoles. Et ça me fait mal que les pauvres soient taxés afin que l’Etat verse des allocations familiales à vos foyers bien dotés. Oui, moi aussi, je pense qu’il y a des gens qui profitent du système. Vos parents ont-ils refusé de toucher l’allocation familiale ? Je le souhaite pour vous. Ce serait un poids bien lourd à porter.

 

 

Je me suis réveillé.

 

Il y a quelques jours, j’avais rêvé que j’étais rémunéré pour regarder des films X en avant-première, en tant que cobaye. Les responsables me donnaient des fiches où je devais noter mes impressions. Ces gens venaient régulièrement vérifier que je ne m’endormais pas. Les films étaient tous d’excellente facture. A la fin, le chef venait me féliciter en personne pour mes appréciations très bien rédigées. Je lui répondais : « oh mais vous savez c’est normal, le sexe c’est toute ma vie, donc je m’implique à fond dans ce travail. »

 

 

Si je pouvais revenir à ce genre de rêves agréables et intellectuellement récréatifs, ce serait très plaisant. Mais bon, avec la chance que j'ai en général.

 





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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 12:44

 

 



 

 

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Le cannabis touche donc toutes les classes sociales

un problème insoluble ?

 

 

 

 

Je n'ai jamais aimé le cannabis, ce même pendant mon adolescence. De par chez moi, l'herbe était très difficile à dénicher. Seule la résine (de pitoyable qualité, bien évidemment) circulait. Je dois signaler qu'à cette époque, j'étais loin d'être communiste. Ayant été élevé par des sortes de hippies prolétariens bizarres, je n'étais pas très politisé. Disons que j'étais bien plus familiarisé à l'underground freak qu'à la lutte des classes.



Donc, je n'aimais pas le cannabis. C'était très cher, je préférais dépenser le peu de fric que j'avais dans des vinyles. Et puis, le cannabis, ça ne me faisait rien. Quand, un peu plus tard, j'ai rencontré des petits-bourgeois très fiers de faire « tourner un joint » que je refusai immanquablement, face à leur étonnement méprisant, je répondais : « moi, si j'ai envie de partir, j'écoute de la musique ». C'était vrai. Écouter mes disques me transportait à des années lumière, pendant des nuits entières, seul ou pas. Je veillais jusqu'au lever du jour, le casque du baladeur sur les oreilles. J'adorais me passer The lamb lies down on Broadway à l'aube.

Aucune substance n'aurait pu égaler ce que j'éprouvais lors de cet instant pur, vierge, fragile, presque effrayant de perfection, lumineux.



Le sexe, aussi, me semblait autrement plus attirant et enrichissant que les joints...



Je n'aimais pas l'alcool pour les mêmes raisons. D'abord, dans ma famille, personne ne buvait. Mon père n'y touchait pas, ma mère non plus. Je ne raffolais pas du goût de la bière, et pourquoi me saouler ? J'avais mes disques. Je ne comprenais pas les motivations de mes camarades, lorsqu'ils se bourraient la gueule. Tous, ils devenaient laids, les filles vomissaient, les mecs étaient brutaux avec elles, ils baisaient n'importe comment et avec n'importe qui. C'était ça, s'amuser ? Putain, je préférais mille fois aller à Paris aux soirées Respect du mercredi soir (entrée gratuite sans délit de faciès). Je ne comprends toujours pas les gens qui boivent. Une fois, je me suis saoulé, histoire de voir ce que ça faisait. J'avais dix-huit ans. Je ne me souviens de pas grand-chose. A un moment, j'ai mis la VHS d'un documentaire des Beatles, j'ai regardé en insultant John Lennon (wtf ? ), puis je me suis pissé dessus tandis que je me rendais, à quatre pattes, aux chiottes. Le lendemain, j'ai piteusement lavé mon jean dans un lavabo et je me suis dit que plus jamais je ne recommencerai. Je n'ai donc plus jamais recommencé.



Mais le cannabis avait quelque chose de différent. L'alcool me dégoûtait en tant que tel. Le cannabis me rebutait pour quelque chose de supérieur, de culturel, que je ne comprenais pas bien. Le cannabis me glaçait.

Et puis, je suis devenu communiste, et puis, j'ai enfin compris.



Le cannabis est une formidable initiation au système capitaliste, et un non moins formidable moyen de conversion des masses.

Le propre du capitalisme contemporain est de bousiller la conscience de classe des travailleurs, donc la marche de la lutte des classes, en imposant un dressage idéologique quasi universel. Ce dressage s'adresse tant aux bourgeois, petits-bourgeois, qu'aux couches moyennes, et j'en passe. Le joint fait partie de ce programme.

Le joint. Totem. Tabou.

Le joint est une petite marchandise de luxe. Luxe de bas étage, certes, mais luxe tout de même. En quoi est-il luxueux ? Le cannabis est une marchandise rare du fait de son approvisionnement illégal. Il est également fétichisé par toutes les auras culturelles dont on l'a couronné. Le joint ouvre l'esprit. Le joint transporte. Le joint transcende. Le joint représente un courant. Le joint transgresse.

Comme le système est bien fait, le joint est une marchandise de luxe qui reste abordable. Chacun peut se la payer. Si tu es pauvre, tu auras toi aussi ta petite marchandise de luxe transgressive ! Tu appartiens désormais à la caste supérieure des fumeurs de joint. Tu niques le système (tel le chef d'entreprise qui cherche à niquer le droit du travail – même combat).

 

 

 

 

Voilà toute la puissance de l'hégémonie du signifiant. Tu ne possèdes pas le référent (le véritable mode de vie bourgeois) ? Ah, mais ce n'est pas grave, tu détiens au moins le signifiant, le symbole, c'est-à-dire ton pauvre joint roulé à la sauvette ! C'est déjà ça !



Bon, camarade lecteur, à ce stade, le but du jeu n'est pas de lancer un Scud sur les fumeurs de joints. Avec un tel matraquage idéologique, on ne peut guère leur reprocher d'avoir cédé à ce pitoyable petit luxe bourgeois. De même qu'on ne reprochera pas à Pasolini d'avoir abusé des coupés sport. De même qu'on ne reprochera pas à Marx d'avoir engrossé sa bonne... Je pense qu'il n'y a guère d'intérêt à taxer les fumeurs de joints de social-traîtres. Le cannabis en tant que tel ne me pose aucun problème, c'est la façon dont il est produit et consommé qui me gêne. D'ailleurs, je suis personnellement pour la légalisation (et la nationalisation et la gratuité) de toutes les drogues.

Néanmoins...



Camarade-lecteur ! Si toi-même tu fumes des joints, ne te fouette pas en signe de repentance ! Pense à ceux qui ont d'autres vices capitalistes : les coupés sport, les émissions de télé-réalité, les fringues The Kooples ! Mais tâche de rester conscient du non-dit du joint et répands la bonne parole prolétarienne autour de toi !







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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:06

 


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Quand j'étais adolescent, j'ai cru, le temps de furtives années, que les arts étaient émancipateurs. Que, via la musique et l'écriture, je me réaliserais pleinement, j'accéderais à un idéal de vie, je serais heureux et je croyais aussi que chacun gagnerait à suivre cette voie.

Cela m'a passé. Aujourd'hui je sais bien que les arts ne seront jamais émancipateurs. Que la seule émancipation envisageable et réalisable reste la collectivisation des moyens de production.

J'ai choisi mon camp.



Quand j'étais adolescent, j'étais un peu poète. Disons que, techniquement, je pouvais en effet l'être. Mes parents ne me surveillaient pas. J'avais passé un pacte tacite avec eux : je leur foutais la paix, ils me foutaient la paix. J'avais le droit de fumer, de sortir, de prendre le train et de partir où j'en avais envie, tant que je ne leur attirais pas des ennuis. Ils avaient compris que je n'avais plus besoin d'eux et que je m'ennuyais à l'école. Ils ne m'en voulaient pas. Nous avons assez bien cohabité.

Je traînais, donc, un peu partout. Je n'avais pas d'argent. Voilà la première chose dont je me souviens, quand je pense à mon adolescence : je n'avais pas un rond. Aujourd'hui, comme j'ai un salaire – même minime – ça me paraît dingue. Mes potes et moi, nous n'avions rien. On se débrouillait quand même. Comment ? Je ne sais plus.



En traînant, j'ai découvert les musiques électroniques qui, en 1995, s'apprêtaient à emporter la France dans la société complexe de l'underground. Je me suis jeté là-dedans avec toute la naïveté des enfants mal finis. Comme j'avais beaucoup écouté de rap et de funk, j'ai penché pour la house et je suis devenu DJ.

Concrètement, être DJ, c'est avoir des disques vinyles. La plupart des morceaux sortaient uniquement sur vinyle. Parce que c'était ça, l'underground. Le circuit de distribution était limité. Seuls les titres qui se vendaient très bien avaient droit à un pressage disque compact. Et là, selon la règle du jeu, les fans criaient à la trahison... Un disque coûtait entre trente et soixante francs. C'était moins cher qu'un CD.

J'étais extrêmement difficile. Les disquaires spécialisés aimaient beaucoup me voir sélectionner mes disques.

J'arrivais dans la boutique, je fouillais dans les bacs. Je choisissais les disques en fonction du label, du musicien si je le connaissais, ou à la pochette. Avec une vingtaine de vinyles, j'allais assiéger la platine d'écoute et c'était parti. Je posais l'aiguille au début de la première piste, j'écoutais dix secondes, je posais l'aiguille au milieu de la suivante, j'écoutais encore dix secondes. La plupart du temps, cela suffisait : je rangeais le disque dans sa pochette et le mettais sur la pile que je rendrais au disquaire. On me demandait souvent « comment je faisais pour éliminer si vite le disque ». Je n'en savais rien, je m'en rendais compte tout de suite, voilà, c'est tout. Beaucoup de disques commençaient pas trop mal... Mais, c'était chiant, ça n'évoluait pas. Ou bien il y avait « quelque chose qui gâchait tout ». Quand je repartais du disquaire en ayant acheté un disque, je m'estimais heureux.

Ensuite, j'ai découvert la boutique d'un disquaire sympa comme tout, où il y avait des cabines d'écoute. En gros, deux sortes de placard où tu pouvais t'enfermer tranquillou pour écouter les vinyles. Moi, je me suis dit que c'était très pratique pour voler les vinyles, surtout avec ma sacoche DJ. Je prenais soin de venir avec déjà des disques dans ma sacoche, au cas où... Les vinyles ne bénéficiaient d'aucun système antivol. Pour faire bonne figure, j'achetais un disque de temps en temps. Combien ai-je coûté à ce pauvre disquaire ? Il était si gentil qu'il me faisait régulièrement des réductions... Quel infâme salaud cruel j'étais.



Mes potes ont découvert cette musique à travers mes disques. Ils venaient chez moi, je leur faisais écouter tel morceau, tel EP, ils n'avaient jamais entendu ça ailleurs, et ça leur plaisait. C'était une belle musique, je l'écoute toujours, pas assez souvent.



J'étais DJ pour les potes, je mixais.

Et puis, j'ai arrêté quand je suis parti à l'étranger. Les vinyles, ça n'est pas pratique. Ils demandent un entretien fou. A partir de 2001 ou 2002, la musique a décliné, je ne trouvais plus rien d'intéressant.

Et j'ai oublié.



Quand j'entends un (vrai) DJ mixer, aujourd'hui, je retrouve mes vieux réflexes. Les mauvais enchaînements m'accrochent l'oreille. Hélas, personne d'autre ne les remarque... Merde, et moi qui me faisais chier à chiader des enchaînements imperceptibles. Je peste contre la sélection des disques. Vulgaire, ennuyeuse, répétitive, mal travaillée, etc, etc, etc.



Et là, je regrette un peu d'avoir si vite oublié.

Car j'avais des putains de bons disques, quand même.





 

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 16:27

 

 

 

les-boches.jpg

 

BOCHE - Populaire et péjoratif : Allemand. Nous sommes sautés les premiers dans la tranchée des boches (Pourrat). Lexis Larousse 2009



Synonymes : fritz, chleuhs, doryphores, fridolins, frisés, vert-de-gris...



Hier un camarade chinois m'a demandé, tout à fait naïvement, ce que signifiait le mot « boche ».

Je me suis assombri, le regard brouillé, la gorge nouée. Ô, camarade lecteur ! Je venais de mesurer la grandeur de la tâche qui m'incombait : cet ami chinois m'avait élu moi, pour lui révéler la plus importante des composantes de l'Âme française. Oui, ce fond patriotique qui fait que toi, moi, vous, nous, sommes Français : l'anti-germanisme primaire.

Je n'ai pas toujours été patriote – loin s'en faut ! – et pour être honnête je ne sais même pas si je le suis aujourd'hui. Mais, prononcez le mot « boche », et s'éveillent en moi les premières notes de la Marseillaise, resplendit en mon for intérieur le pavillon tricolore : quel Français ne se sent pas chauvin quand on parle des Allemands ?



Je répétai à mon ami chinois tout ce que j'ai entendu, depuis ma naissance, dans ma famille française. Les Boches, ils nous ont envahis trois fois. Les Boches, ça leur plaît la France, il faut croire. Les Boches, déjà sous la Révolution française, on les appelait les mangeurs de choucroute. Les Boches, ben, on aimerait bien savoir ce qu'on leur a fait, pour qu'ils nous aient envahis si souvent. Les Boches, bon, on s'en méfie, quoi. Les Boches, c'est les Boches. Quand on entend un truc sur les Boches, c'est normal pour nous Français de glisser une mauvaise blague ou deux sur la Seconde Guerre Mondiale. Les Boches, ça choquait mon grand-père qu'ils aient droit à avoir une armée. Les Boches, elles s'épilent pas les jambes ni les aisselles. Les Boches, ils sont tous gros et pas beaux. Les Boches, ils mangent des saucisses et ils font du naturisme sur nos plages. Les Boches, à la fois on les aime bien, car ils font de bonnes bagnoles et on adore acheter leurs produits d'outillage, mais, qu'est-ce que vous voulez ! Les Boches, ils auraient mieux fait de ne pas nous chercher.



Mon ami chinois a conclu :

Oui, c'est un peu comme nous avec les Japonais, quoi.

J'ai souri. Lui aussi. Nous nous étions compris.




Bonus :

 

 

 



 

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Published by stoni - dans Définitions
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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 17:54

 

 

 


france-culture-dans-ton-cul-copie-1.jpg



Vous savez quoi ? En ce moment, quand j'écris « nous les auteurs », j'ai l'impression de mentir. C'est te dire, lecteur, à quel point je me sens à l'aise dans cette putain de profession.



Enfin, je dois malgré tout l'écrire. Donc, pour nous les auteurs, France Culture est une sorte de mythe. Non, pardonnez-moi, ce n'est pas une sorte de mythe : c'est un mythe. Un passage sur la radio publique culturelle te coiffe des lauriers que tout écrivain se doit de convoiter : l'auteur france-culé.





Le mythe.



Entre auteurs, on aborde le france-culage avec respect, dans des murmures graves et sentencieux. Le france-culage, ça n'est pas de la rigolade... Tout ceux qui ont été france-culés s'en vantent, et ceux qui ne le sont pas encore en bavent d'envie. Le france-culage sera bien entendu signalé sur le facebook de l'auteur, avec un lien vers le podcast de l'émission. Histoire que tes groupies hystériques puissent se masturber en écoutant ta prestation.

Quand, en tant que jeune auteur, tu considères toute l'aura que les auteurs accordent au france-culage, tu t'imagines des choses. Que c'est une expérience hors du commun, magique, que, après avoir été france-culé pour la première fois, tu passeras de l'autre côté. Un dépucelage, quoi. Tu auras même la prétention de croire que le france-culage aura un certain impact sur ta notoriété et tes ventes.



Qu'en est-il dans la vie réelle, mes amis ?

Comme d'habitude, Stoni est là pour te dire toute la vérité vraie sur un passage à France Culture.



La réalité



Un beau matin, mon éditeur m'appelle pour me claironner, en hurlant dans son téléphone, que je passe à France Culture. Ouais, putain, génial mon pote. Non sans déconner, moi je croyais que c'était bien. Au début.

Ton éditeur, exsangue, pantèle.

- Oh mon dieu Stoni, tu vas passer sur France Culture tel jour, n'est-ce pas magnifique, l'attaché de presse est tellement formidable, tu...

- Ah bon je croyais que tu l'aimais pas cet attaché de presse ?

- Mais non, je lui ai baisé les pieds, tu te rends compte, France Culture ? Bon alors tu dois venir demain à Radio France à 14h30.

Si d'aventure tu n'es pas disponible demain à 14h30 ? Eh bien, non, tu seras disponible demain à 14h30. Sans quoi ton éditeur te menacera de mort par lapidation parce que « France Culture oh mon Dieu mais c'est magnifique ».

- Euh bon mais c'est quoi l'émission à laquelle je vais participer ?

Question idiote, réponse idiote :

- Je sais pas.

Non, je te jure, le mec il a vraiment dit « je sais pas ». Je suis scié.

- Mais j'ai besoin de savoir c'est quoi l'émission. Que j'écoute au moins une fois avant, je connais pas France Culture, moi.

- On s'en fout. L'important c'est que tu sois à France Culture.

- Mais je veux écouter l'é...

- On s'en fout j'ai dit ! Appelle l'attaché de presse, il te dira, lui. Donc, demain à 14h30 studio n° 97.

Tu essaies d'appeler l'attaché de presse qui évidemment ne répond pas (il a peur de moi depuis la première fois que je l'ai vu, soi-disant j'ai été menaçant, je vous jure que ce n'était pas mon intention).



Bref.



Le lendemain tu te la ramènes donc à 14h30 aux studios. Déjà pour y aller, tu prends une pure ligne de RER pourrave, bien relou à repérer sur la carte, c'est super pratique.

Après t'être déshydraté une heure dans le RER, tu débarques devant le bâtiment pour le moins immonde de la Maison de la Radio. Une sorte de disque spatial que tu attribues naïvement à la France pompidolienne, soit à la pire époque architecturale qui fût au monde. Plus tard, tu apprendras que la vérité est ailleurs, soit dans le pire encore : la chose daterait de De Gaulle.

A l'intérieur, vu la gueule des locaux, tu as du mal à croire que ça date de De Gaulle. T'imagines plutôt un truc qui remonterait aux années cinquante. L'ORTF, quoi. T'es à peu près sûr qu'il y a de l'amiante dans les murs. Là, tu te mets en mode foulard noué autour du visage (ce qui bien entendu t'attire les regards médisants des rares employés croisés). La Maison de la Radio est bâtie comme l'enfer de Dante (tout s'explique) : par niveaux circulaires. Tu tournoies donc à la recherche du studio 97. Eh oui, 97 : y'en a un paquet, de studios, et tu tournoies longtemps de la sorte.



 

maison-de-la-radio.jpg

Le dixième cercle de l'enfer





Il n'y a pas de fontaine d'eau à l'horizon et, après ton périple dans le RER, tu commences un peu à avoir soif. Ben tant pis pour ta gueule.

Enfin, tu déniches le studio 97. A l'intérieur, personne. Un début en fanfare dites donc. Tu as le temps d'explorer le lieu, néanmoins. Le studio est immense, avec plein de bordel partout qui sert à rien : des chaises et des tables empilés. Une table non empilée a été laissée dans un tout petit coin avec des micros. Enfin, l'aquarium des ingénieurs du son.

Tu attends. Tu attends.

Tu te demandes si tu es dans le bon studio.

Tu ressors, croises un rare employé.

- Euh bonjour, je suis Stoni je dois participer à une émission dont je connais pas le nom parce que je terrorise mon attaché de presse, néanmoins savez-vous si je suis dans le bon studio là, parce que là, y'a personne comme qui dirait ?

Le mec te répond :

- Chais pas, moi.

Et pis il se barre.

Oulà ça commence bien tout ça, moi je vous le dis.



Tu retournes à l'accueil, demandes à l'hôtesse si tu t'es pas loupé. La meuf regarde sur sa liste.

- Mais si, vous êtes bien attendu au 97.

T'y retournes fissa et attends encore trente minutes. Il est désormais 15h20. Chanmé.



Bon, là je dois vous faire une confidence : je sais pas ce que j'ai avec les journalistes, mais alors, manque de pot, je tombe toujours sur des cons. Je n'en ai pas rencontré des dizaines non plus, mais ceux qui ont croisé mon chemin faisaient fort. Malpolis, arrogants, méprisants, négligés, etc. Je ne souhaite pas généraliser et garde l'audace prométhéenne d'imaginer, parfois, des journalistes charmants, accueillants, professionnels, courtois.

Pour te résumer en deux lignes le profil type du journaliste : disons que s'il a lu ton bouquin, tu peux déjà t'estimer heureux.

Putain le journaliste qui a pas lu ton livre, quelle plaie. Il te pose des questions complètement débiles et te fait grave perdre ton temps. Un peu comme si un journaliste interviewait Victor Hugo pour les Misérables et lui demandait « Bon alors, la bande-dessinée, vous avez commencé quand ? Quoi ? Ah bon ? - il ne s'excuse surtout pas de s'être trompé - Enfin, le roman, vous avez commencé quand ? Les Misérables, pourquoi ce livre sur la plus basse caste indienne ? Quoi ? Ah merde, oui, c'est les intouchables... Enfin quand même, ça se passe en Inde, pourquoi ? Quoi ? A Paris ? Alors pourquoi Paris ? » etc, etc, etc.



Le journaliste de France Culture ne déroge pas à la règle. Lorsqu'il arrive avec une heure de retard, il te salue du bout des lèvres et te fait comprendre qu'il est en retard, qu'il a pas que ça à foutre et que, limite, tu le déranges avec cette émission, putain quoi, il préférerait pouvoir rentrer chez lui.

Tu n'as toujours pas droit à un verre d'eau (je ne parle même pas d'un caoua, ce serait franchement du luxe).

Tu lui poses des questions qui le font grave chier. Quand tu avoues ne pas connaître son émission (et donc que tu aimerais bien qu'il te la présente, histoire que tu saisisses ce que tu fous là au juste), le mec le prend personnellement et tire une gueule de dessous de pied. A force d'insister, tu arrives à lui soutirer les informations essentielles : l'émission est une émission littéraire (une victoire, mon attaché de presse étant capable de m'avoir fait inviter à un truc, je sais pas, sur le jardinage par exemple), elle passe à 23h30 mais attention elle est aussi disponible sur le net en podcast.

Là tu te dis : 23h30. Ok, personne ne va écouter ce machin.

Et t'es blasé.



Horaire nocturne ou pas, il te faut néanmoins enregistrer cette magnifique émission pour laquelle le journaliste présente un degré de motivation wallah ma parole ça fait peur. L'ingénieur du son se la radine. Tu lui dis bonjour. Le journaliste te fait les gros yeux du genre « mais pourquoi adressez-vous la parole à ce prolétaire qui je ne saurais voir ? ».

Oulah.

Je suis pas une célébrité mais sortez-moi de là quand même.

L'ingénieur du son se fend d'un grand sourire reconnaissant. Au moins un de content, c'est déjà ça.



Lorsque j'enregistre une émission de radio, je suis généralement incontrôlable, aussi je te passe les détails de mon intervention, qui, cela dit, aura eu le mérite de réveiller les mecs qui s'endorment à 23h30 sur la route, l'autoradio branché sur France Culture. Ce jour-là, combien de vies ai-je sauvées ?

Enfin, je suis désolé, mais quand on me pose des questions cons, je fournis des réponses cons. Le mec a lu le bouquin (ou l'un de ses assistants-stagiaires payés à coups de lance-pierre l'a fait pour lui), les questions restent toutefois débiles. Un peu comme si on demandait à Victor Hugo pour les Misérables : « Alors, Jean Valjean, quel nom étrange ! Où avez-vous trouvé un nom pareil ? » ou « Cosette, c'est un élément autobiographique ? ».

Je te jure, dès qu'on me demande « ceci, cela, c'est autobiographique ? », j'éprouve l'envie morbide de catapulter le type par la fenêtre la plus proche. Il n'y a PAS de question plus débile que « c'est autobiographique ? ». Camarade lecteur, si tu es journaliste, ou si tu veux devenir journaliste, promets-moi de ne JAMAIS demander à un auteur « c'est autobiographique ? ». Ok ? Merci.



Le journaliste n'est pas très content que tu aies répondu connement à ses questions connes (à la fois, que puis-je faire d'autre, au moins suis-je resté poli) et te congédie sans merci ni merde ni au revoir, à la France Culture quoi.



Le soir tu écoutes l'émission, qui a été montée. Les coupes te font passer pour un débile de premier rang - tu passes du coq à l'âne – voire pour quelqu'un de dangereux - tu ricanes bêtement alors que la question porte sur la nécrophilie - bref, super le montage, cool, cimer mon pote.

Oscillant entre le désespoir et le désir de mort, tu t'aventures à chercher le taux d'audience de France Culture, de nuit ou de jour, peu importe. Tu parles de casser la baraque : même OUI FM est plus écoutée en région parisienne. Niveau national, c'est presque pire : les grandes stars France Musique et Virgin Radio éclatent la pauvre radio culturelle dans un gang-bang honteux.

Putain ça te fait une belle jambe tout ça.



Ton éditeur met un lien vers le « podcast » sur son facebook, avant de te passer un mail où il te dit laconiquement :



Pas génial l'émission. Une prochaine fois peut-être.



Ni merci, ni merde, ni au revoir, lui aussi il se le joue à la France Culture, ce con.

Toi, tu ne postes rien sur ton facebook, d'ailleurs tu préfères oublier au plus vite cette expérience traumatisante et tu prends soin de maudire tous les confrères qui t'ont saoulé avec le mythe du france-culage.



Personne ne te parle de l'émission, puisque personne ne l'a écoutée. Ça fera bien sur ton CV, et encore. Voilà, tu n'as pas de lauriers, tu n'as rien gagné, tu ne vendras pas plus de livres.

Tu t'es tout simplement bien fait france-culer.







 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 14:30

 

 

 

 

 

Le vendredi 4 mai dernier, j’ai posté un article « La pub honteuse de Croustibat qui fait du chantage à l’emploi ». Comme le titre l’indique ma foi très bien, je déplorais l’apparition en première page de Yahoo France, le matin même, d’une publicité au slogan à mon avis douteux :

 

IMAGINEZ…

 

Que 100 emplois soient créés si une boîte de plus était achetée par foyer…

 

VOTEZ CROUSTIBAT

 

 

croustibat.jpg

 

 

J’ai aussitôt été choqué par ce message. La marque de poissons panés proposait au consommateur rien de moins qu’un chantage à l’emploi. Si vous achetez deux boîtes de nos poissons, vous ferez créer de nouveaux emplois et contribuerez ainsi à réduire le chômage. Syllogisme malséant qui déplace la responsabilité économique : le consommateur devient directeur des ressources humaines de Findus.

Évidemment, là n’était pas censé être le premier niveau de lecture de cette publicité.

A deux jours du deuxième tour de l’élection présidentielle, la campagne jouait de ce contexte en maniant une rhétorique citoyenne et politicienne. « Votez Croustibat ». Le consommateur serait, en achetant des poissons panés, électeur-citoyen : l’acte d’achat sanctionnerait un « vote » favorable à la création de nouveaux emplois.

 

Je ne suis pas naïf et je sais bien que l’art subtil de la publicité ne peut guère s’accorder avec la moindre notion d'éthique. Le publicitaire est là pour faire vendre. Pas question de morale là-dedans.

Il n’empêche que je ne me suis pas gêné pour exprimer, sur mon blog, mon avis sur la question. Selon moi, cette publicité est choquante et totalement déplacée en période de crise économique. Elle utilise les craintes des acheteurs et argumente en se basant sur un climat social délétère. Le publicitaire sait très bien que les travailleurs s’inquiètent, vivent ou redoutent le chômage. Son propos revient à tirer sur la corde sensible, et à faire vendre grâce à un drame économique, financier, qui touche hélas des millions de travailleurs. Le chômage est une plaie immonde.

 

Le mélange des genres, des rôles, des cadres de référence, m’a également dérangé. Consommateur – citoyen, achat – vote, profits – redistribution… Oui, profits, car Croustibat appartient au groupe suédois Findus, détenu par le fonds d’investissement britannique Lion Capital, qui n’est pas, à ma connaissance, une SCOP ou une association caritative. Findus vend des surgelés pour réaliser des profits. C’est bien normal, en régime capitaliste, et je ne vois rien à y redire. En revanche, il est franchement malhonnête de faire croire que l’argent dégagé par les ventes de poissons panés sera uniquement affecté à l’embauche. Le chiffre d'affaires dégagé est, dans ces conditions, et n'importe quel économiste sérieux m'approuvera, majoritairement destiné à arroser les actionnaires !

 

 

findus te fait croire

Ce que la publicité veut faire croire

 

 

 

 

 

 

 

findus-realite.jpgLa triste réalité !

 

 

 

 

Mon article est diffusé et partagé sur Facebook. Les réactions des internautes ne se font pas attendre. Aucun lecteur ne poste un commentaire qui contredit mon interprétation de la publicité. Au contraire, nombreux sont ceux qui s’indignent et qui utilisent eux aussi, très vite, les mots « honte », « chantage à l’emploi », « ignoble », etc.

Exemples...

 

« Ils ne savent plus quoi inventer ! comme disait ma grand-mère. Ce qui serait bien, c'est qu'ils n'inventent plus, finalement. »

 

« C'est une honte, les entreprise sont vraiment prés à tout les chantage possible. »

 

« A bas Croustibat ! »

 

« En parlant de trucs gerbant... »

 

« Les entreprise sont vraiment prés à tout les chantage possible, dans l'avenir sa va promettre.... (sans même parler des gens exploité et sous payer au vu de la pénibilité des tache que doivent subir leur employé dans ce type d'entreprise, une honte !!!) »

 

 

findus-scandale-reactions-1.jpg

 

findus-scandale-reactions-2.jpg

 

 

Dans la matinée du dimanche 6 mai, la directrice marketing et innovation de Findus France, Caroline Nobilé, intervient sur mon profil facebook pour protester contre mon interprétation de la publicité. 

 

 

Bonjour, je serais ravie d'échanger avec vous sur cette campagne de publicité. Notre message n'a rien à voir avec du chantage. Nous employons à Bologne-sur-mer 200 personnes. Nous avons calculé que si chaque foyer français achetait 1 boîte de plus, alors nous pourrions créer 100 emplois supplémentaires. C'est le contraire de ce que vous affirmez dans votre commentaire. Contrairement à d'autres marques de poisson pané qui ne fabriquent pas leurs produits en France, nous mettons en avant notre fierté de produire à Boulogne-sur-mer !  

 

 

 

 

 

Étrangement, en même temps, la publicité disparaît de la première page de Yahoo France…

 

A la lecture de ce message, je reste interloqué. Madame Nobilé n’a rien compris à mon article. « Nous pourrions créer 100 emplois supplémentaires. C’est le contraire de ce que vous affirmez dans votre article. » Je n’ai pas écrit que Croustibat mentait sur la possible création de 100 emplois supplémentaires, j’ai écrit que c’était du chantage. Cela n’a strictement rien à voir. Comme cette dame serait « ravie d’échanger sur cette publicité » avec moi, je réponds poliment, rappelle mon point de vue et en effet accepte de poursuivre un échange.

 

    •  

      Bonjour Madame Caroline Nobilé, je suis également enchanté à l'idée d'échanger avec vous sur cette campagne de publicité. Votre argumentaire ne me semble pas très convainquant : "imaginez que cent emplois soient créés si une boîte de plus était achetée par foyer..". Le slogan est clair : vous placez le consommateur comme décisionnaire de votre politique de RH. Donc, si le consommateur n'achète pas une boîte de plus par foyer, il n'y aura pas cent emplois de créés, le consommateur contribue donc à entretenir le chômage en France. Si ce n'est pas du chantage, je ne sais pas ce que c'est ! Vous avez sciemment mélangé un langage politique et un langage de publicité : le consommateur est citoyen en achetant, l'entreprise est pouvoir public puisqu'on "vote pour elle" en achetant ses produits. Joli programme. Les réactions sur ma page facebook et ailleurs prouvent bien que votre message, s'il n'est pas moralement limite, est au mieux maladroit et fort peu séant en période de crise économique. Vous vendez des poissons panés ou vous êtes au ministère de l'économie et de l'emploi ?

 

caroline-nobile2-copie-1.jpg

 

Les internautes soutiennent ma réponse en bloc.

 

En outre, j’invite même Findus à exprimer leur position sur mon blog :

 

Cela dit l'espace commentaire de mon blog est bien entendu ouvert à Findus s'il souhaite partager sa position sur cette publicité. Je ne tiens pas à censurer qui que ce soit.

 

Hélas, je n’ai eu aucun retour à ce jour de Caroline Nobilé ou de Findus sur mon blog. Ce n’est pas faute d’avoir proposé !

 

 

 

 

Rebondissement mercredi 9 mai. Sur sa page officielle Facebook, Findus France poste un petit commentaire sur le « scandale chantage Croustibat ».

 

Merci pour vos réactions. Nous regrettons que nos propos aient été mal interprétés par certains. Findus s’engage aujourd’hui pour maintenir l’emploi à Boulogne-sur-Mer. Si la consommation de nos produits Croustibat augmente, c’est autant d’emplois supplémentaires qui peuvent être créés dans notre usine. Les consommateurs qui choisissent Croustibat savent donc qu’ils favorisent des emplois en France. Pas question, donc, de chantage ou de publicité mensongère dans cette campagne de communication.

 

 

croustibat-findus.jpg

 

 

Encore une fois, je suis étonné par cette histoire de publicité mensongère. A ma connaissance, personne n'a accusé Findus ou Croustibat de faire de la publicité mensongère – surtout pas moi en tout cas. Le message de Findus manipule la vérité et me paraît être une forme de chantage, voilà tout.

 


Néanmoins, le groupe ne présente aucune excuse ni ne reconnais que son message était maladroit, ce qui choque mes lecteurs. 

 

Je remarque tout de même que Findus s'est vu obligé de reprendre le terme « chantage »... petite victoire.



Cette intervention officielle de Findus incite les internautes à interpeller directement la marque et surtout à entretenir les réactions d'indignation sur Facebook.

 

 

findus-scandale-propage1.jpg

 

 

findus-scandale-propage2.jpg



De mon côté, je décide de retourner à Findus France tout l'intérêt qu'il m'a porté : à mon tour, je me penche sur l'entreprise.



Je découvre dans un premier temps que l'usine de Boulogne-sur-Mer, dont Findus se vante avec fierté, était il y a très peu de temps encore sur le point d'être délocalisée... Les patrons « humanistes, responsables et citoyens » ont toutefois réussi à sauvegarder l'implantation française : en échange, les employés ont dû – je cite - « renoncer à un tiers de leur RTT et de leur temps de pause », à la suite d'une longue bataille entre syndicats et direction. Je vous laisse imaginer les conditions de travail dans cette usine...

Je ne reprendrai pas le terme « chantage », puisque Findus le réfute depuis le début, mais le groupe serait-il un habitué des échanges de bons procédés ?



Je conclurai cet article avec une anecdote croustillante. Findus n'avait de cesse de se défendre de publicité mensongère, quand personne ne l'en avait encore accusé. Était-ce une manifestation prémonitoire ? Car, tandis que je continuais mes recherches sur la toile, un article m'apprit que « 40 % de la production de Boulogne-sur-Mer est destinée au marché scandinave ».

 


Ah bon ? Et moi qui croyais que la survie de cette usine dépendait uniquement du bon vouloir des consommateurs français !







 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 13:20

 

Cette nuit, j'ai encore fait un rêve politique.

 

Cette fois, j'ai fait un rêve porno-érotique de Thomas Hollande, conséquence manifeste de ma surexposition aux médias depuis dimanche (et pourtant je n'ai pas la télé).

 

 

thomas-hollande-facebook-telephone.jpg

La fameuse séquence dite du "téléphone" diffusée

aux infos était truquée. En vérité, c'est moi qui ai

appelé Thomas Hollande. D'où son émotion. Pécho !

 

 

N'empêche, comme j'avais fait un rêve porno-érotique de Thomas Hollande, je me suis dit que, faute de partager ses idées politiques, je pourrais peut-être bien le pécho dans la réalité et j'ai voulu le demander comme ami sur facebook.

 

Donc je fais la démarche.


 

thomas-hollande-facebook-copie-1.jpg

 

 

Et voilà le résultat.

 

thomas-hollande-facebook-sature-copie-1.jpg

 

Dégoûté.

 

Combien sommes-nous à avoir fait un rêve porno-érotique de Thomas Hollande ? Mille ? Deux mille ? Cent mille ? Mais je vous pose la question : que devient la jeunesse de France ?? Ô, toi pauvre génération dévoyée !

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 17:43

 

DERNIERE MISE A JOUR

 

 


  20H00 GTM : L'érection de gauche a remporté la grande érection présidentielle. Le pouvoir de la tarte aux fraises !

 

13H00 GTM : LE CANDIDAT A L'ERECTION DE LA GAUCHE, MONSIEUR HOLLANDE,  A MANGE UNE TARTE A LA FRAISE. Il s'était promis de déguster ce mets si les premiers chiffes communiqués étaient bons... Donc... Il semblerait que les Français soient en train de choisir l'érection de  gauche... En outre la fraise n'est-elle pas un produit virilisant ? Ha ha .. Vous voyez ce que je veux dire...

 

13H08 GTM : LE CANDIDAT A L'ERECTION DE LA DROITE, MONSIEUR SARKOZY, A REGARDE THE VOICE HIER SOIR A LE TELE. Il semblerait que cette émission atténue les les capacités viriles chez les spectateurs mâles... Oh oh... Vous voyez ce que je veux dire...

 

 

motardtoutnu.jpg

 

Selon les premiers sondages effectués, via le fil RSS de The Guardian, je vous tiendrai informés sur cette page, tout au long de la journée de dimanche, des résultats exclusifs de la grande érection présidentielle.

 

L'érection présidentielle est organisée tous les cinq ans et s'adresse aux électeurs français afin de choisir : qui bande dur et qui bande mou ?

 

Cette année, nous devons trancher entre la droite et la gauche.

 

La droite sera-t-elle dure ou molle ? Quant à la gauche ?

 

Qui remportera la grande érection présidentielle  ????

 

erection.jpg

Ou, au contraire, qui la perdra avec une érection pitoyable, toute mollassonne que ça ferait presque pitié ?

 

erection_molle.jpg

 

 

Le suspens est, évidemment, intenable.

 

D'ores et déjà, j'ai un oeil sur les premiers votes d'Amérique du Nord et du Sud... le vent soufflerait plutôt sur la pine dorsale, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Du côté des estimations sorties des urnes, les tendances sont trop floues pour être déjà retranscrites ici.

 

 

 

Je vous tiendrai au courant !

 

 

 

 

 

 

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