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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 11:39

 

 

 

 

 

Par un jour malheureux, innocent et candide jeune homme que j'étais, un roman infâme me tomba dans les mains, et je le lus : Le soleil se lève aussi, d'Ernest Hemingway.

 

J'émets le vœu sincère que ce livre ne sera jamais imposé en lecture suivie au collège ou au lycée. Quant aux étourdis qui souhaiteraient le lire sur un malentendu, gardez-vous de cette épreuve. En effet, ce bouquin fait partie des plus chiants que j'ai dû lire dans ma vie.

 

 

 

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Et vous savez, quand je commence un livre, en général je le finis, même s'il est chiant. Oui, je suis maso. A la fois, si je ne me forçais pas à venir à bout de ces affreux bouquins, je ne serais en mesure de rédiger mes fiches de lecture ô combien salutaires (par exemple Alexis Zorba ou Quatrevingt-treize).

 

 

Aujourd'hui, c'est un soleil de plomb qui se lève chez Hemingway.

 

 

 

 

 

 

Ce roman se déroule dans les années vingt. Il conte les pérégrinations alcoolisées d'une bande d'Américains qui vivent en Europe et qui ne travaillent pas. J'en déduis donc qu'ils sont plein de pognon. Forcément, vous allez me dire, puisque ce sont des Américains.

 

Ces oisifs Américains évoluent d'abord en France dans un contexte fortement alcoolisé, comme l'eût dit Christophe Hondelatte dans Faites entrer l'accusé. J'imagine que, s'ils travaillaient, ils auraient moins le temps de boire, et peut-être le but de ce roman est de nous démontrer les dangers d'appartenir à la bourgeoisie. En cela, c'est assez réussi. Mais fallait-il donc le faire au travers d'une histoire aussi chiante ?

Voyez un peu.

 

Le héros se nomme Jake Barnes. Vétéran de la première guerre mondiale, ce pauvre homme a été émasculé par l'explosion d'un obus sur le champ de bataille. Depuis, il est donc impuissant. Pour oublier, il boit.

Et oui. Tout le monde boit.

 

Autour de Jake Barnes gravite toute une flopée d'Américains qui n'ont aucun intérêt. Ces gens ne cessent de boire et, parfois, commettent l'adultère. Ce qui évidemment crée des tensions très fortes car nous sommes en compagnie d'Américains et l'adultère c'est très mal pour des puritains, vous comprenez. Pour oublier l'adultère, ils boivent.

 

Parmi ces Américains puritains adultères, se trouve une donzelle dénommée Brett. En véritable « femme fatale » puritaine américaine, Brett canalise les ardeurs de tous les mâles alentour. C'est crédible, n'est-ce pas. Dans la vie, vous en croisez tous les jours des femmes suffisamment irrésistibles pour que tous les hommes, mariés ou pas, tombent amoureux d'elles. Mais Brett prend cela comme argent comptant car, dans un contexte fortement alcoolisé, elle ne réfléchit pas bien et, c'est une femme, donc c'est une conne. Normal, quoi. Pour oublier qu'elle est conne, elle boit.

 

Ladite Brett inspirant un fol amour à tous les mâles qui croisent son chemin, le pauvre Jake Barnes se toque d'elle à son tour. Mais rappelez-vous, un obus l'a émasculé. C'est con ce qui lui arrive. Brett semble elle aussi attirée par cet homme. Dans un contexte fortement alcoolisé, si le roman était plus réaliste, ils auraient dû niquer malgré tout. Parce qu'il lui reste des doigts et une langue, au Jake Barnes. Mais non. Ils sont cons, ces Ricains. Ils y pensent même pas. Le cuni, ils connaissent pas, ni le touche-pipi. Du coup, nous avons droit à des dialogues insipides qui ressemblent à peu près à ça :

 

 

 

- Oh, Brett. Brett. Je... Oh.

Je te veux, souhaitait-il dire. Elle lui accorda un regard interdit.

- Jake. Je sais... As-tu une autre bouteille de whiskey ?

Jake lui servit un verre. Elle ne disait plus rien. Comme il aurait aimé la prendre. Puis, tout bas, elle avoua :

- Je t'aime. Enfin. Je le crois.

Il détourna le visage et quitta la pièce.

 

 

 

Et voilà, c'est comme ça pendant tout le long. Putain mais qu'il l'allonge par terre, qu'il lui lèche la minette et qu'on en parle plus, bordel de merde !

 

Par la suite, comme il ne se passe rien, l'auteur a dû se demander par quel miracle insuffler de l'action à ce contexte fortement alcoolisé. Aussi fait-il partir ses personnages en Espagne. Avec quel argent ? Nous n'en savons rien. Un autre homme couche avec Brett, puisque tous les hommes la désirent. Eh oui, ça se passe comme ça chez McDonald's.

 

En Espagne, les personnages persistent à boire et assistent à des corridas. Les passionnés de tauromachie trouveront enfin un maigre intérêt à ces interminables pages de description du toréador (ton-cul-n'est-pas-en-or) et des grosses vaches transpercées par les flèches phalliques que Jake Barnes ne peut point envoyer à Brett. Quelle putain de symbolique. Flatteur pour Brett d'être assimilée à un bovin, cela dit.

 

Or, pour prolonger la symbolique, notre amie Brett tombe amoureuse d'un toréador, qu'on ne voit jamais parler ni rien faire mis à part la corrida. Forcément, il n'est pas Américain, donc il n'a aucune importance. D'ailleurs, la plupart des Espagnols et des Français présents dans le livre n'ont aucune ligne de dialogue, ni la moindre importance. Leur seul rôle se limite à servir les Américains. Belle mentalité.

Ledit toréador n'a pas un cul en or, mais il tombe lui aussi amoureux de Brett vu qu'elle est irrésistible et tout et tout. Leur idylle semble passionnée selon le peu qu'on en sait.

 

 

 

 

 

 

Brett largue le toréador. A vrai dire elle largue un peu tout le monde car, dans un contexte fortement alcoolisé, la constance reste une valeur rare. En outre elle ne pouvait pas rester avec le toréador, qui est Espagnol donc insignifiant. Elle est une Américaine blanche, elle va pas se maquer avec un étranger, faut pas déconner. D'ailleurs à un moment elle se tape un juif et c'est pareil, elle ne l'aime pas car bon, c'est un juif, elle une WASP blanche, faut pas déconner non plus.

 

Et puis... voilà.

C'est fini.

 

Je veux dire, quel intérêt a cette histoire ? Constituer un document historique sur les bourgeois Américains chiants puritains xénophobes des années vingt ? Peut-être. Mais dans ce cas, même Gatsby le magnifique me semble moins chiant (à la différence près que le contexte est légèrement moins alcoolisé chez Gatsby et que les héros ne sont pas xénophobes mais tout simplement prolétarophobes - ce qui souvent revient au même, je vous l'accorde).

 

 

Non, vraiment, je vois pas. C'est un des livres les plus chiants que j'ai dû lire (avec Gatsby).

 

Si toutefois vous êtes passionnés par les contextes fortement alcoolisés et par la corrida, bon, vous pouvez toujours essayer de le lire.

 

Dans le cas contraire, je vous le déconseille au plus haut point.

 

 

 

 

 

 

 

Retrouve ton ami Stoni

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 14:01

 

http://image.toutlecine.com/photos/f/e/s/festin-nu-1991-02-g.jpg

juste un conseil : quand tu te prends

la tête sur des questions existentielles,

mets des chaussettes, sinon tu peux vite attraper froid

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce matin même, à l'aube, une lectrice m'écrivait :

 

 


Ô divin et génialissime Stoni,

Quand tu écris un livre, est-il possible d’en être satisfait ? Beaucoup disent qu’on doit sentir quand un livre est fini, qu’on doit savoir qu’on a fait le maximum. Or, moi, j’ai souvent tendance à me dire « c’est nul ». Car il n’est pas à la hauteur de ce que j’espérais, de ce que j’imaginais avant d’entreprendre le projet. Qu’en penses-tu ?

Signé : ton éternelle admiratrice.

 

 

 

 

Ce que j’en pense, chers camarades lecteurs ?

J’en pense que, si vous voulez être écrivains, vous avez intérêt à vous habituer à ce genre de questionnement existentiel.

 

 

 

Suis-je satisfait quand j’ai fini d’écrire un livre ?

Je crois que, comme pour la plupart des sujets traités sur mon blog, il y a autant de réponses différentes à cette question qu’il n’y a d’écrivains.

 

Mais je crois surtout que la réponse dépend beaucoup du statut de l’écrivain. A savoir, s’il a déjà été édité ou s’il n’a pas encore été édité.

 

 

 

 

Quand j’étais un auteur jeune et naïf, pas encore édité, je ne crois pas que j’aie jamais été totalement satisfait d’un manuscrit. A cette époque, j’avais très peu de lecteurs. Je n’en avais même qu’un, ou presque : mon mec. J'ai pris la décision de tenter l’édition et j’ai demandé à deux ou trois autres personnes de me lire, mais ce cercle resta tout à fait restreint.

J’étais assez satisfait du roman dans la mesure où il avait intéressé, jusqu’à sa dernière page, ce petit lectorat. Pour moi, j’avais à peu près rempli ma mission.

Ensuite, je ne me rendais pas compte si mes textes avaient de la valeur, ou une certaine qualité. Je n’en savais rien, tout simplement ! J’étais très humble.

 

 

Sauf orgueil démesuré (dans ce cas, je vous envie assez), un auteur non édité qui veut être édité a beaucoup de mal à être satisfait de son roman. Pour la plupart des gens qui écrivent, l’objectif reste la publication. Tant qu’il n’a pas été atteint, on ne sait quoi penser de son travail.

 

 

Quand tu es édité, les choses changent. Tu as reçu une certaine caution de qualité. Tu as donc un peu plus tendance à penser que ta prose vaut quelque chose – en l’occurrence, qu’elle vaut le montant de ton à-valoir. Cela ne m’a pas non plus conduit à être automatiquement très satisfait de mes manuscrits, mais ça aide assez.

Passé ce cap de l’édition, tes préoccupations se modifient. La question n’est pas tant « d’être satisfait de son manuscrit ». Moi, je me demande plutôt si en l’état, le roman est « présentable à un éditeur ». Cette évolution est bon signe : elle signifie que j’ai bien pigé les règles de l’édition. Un manuscrit n’est pas édité parce qu’il est « bon » ou « talentueux », mais parce qu’il saura se conformer au marché qu’est l’édition – et cela s’applique même aux éditeurs « indépendants », underground, avant-gardistes et tout ce que vous voulez, l’avant-garde restant un marché comme un autre, certes restreint et élitiste, mais un marché tout de même !

 

Je bosse ainsi sur mes manuscrits jusqu’à ce que je les juge « présentables » à un éditeur.

Chez moi, ce processus est très long. Je l’ai déjà détaillé ailleurs mais je le rappelle brièvement. Premier jet, deuxième jet, troisième jet, quatrième jet, relecture, travail sur l’ossature, rééquilibrage de l’ossature, première réécriture, deuxième réécriture, troisième réécriture, corrections, première relecture, deuxième relecture, troisième relecture, corrections, première lecture à voix haute, deuxième lecture à voix haute, troisième lecture à voix haute..

Je caricature un peu, je n’ai pas compté au juste combien de jets, de réécritures, de relectures, je consacre à un manuscrit, mais je suis du genre acharné.

Je connais des auteurs qui écrivent un manuscrit en trois semaines et le présentent aussitôt à leurs éditeurs. D’autres y passent plusieurs années.

Comme quoi, y’a pas de règles.

 

 

J’ai quelques manuscrits, terminés, que je n’ai jamais soumis à un éditeur. Là, vraiment, je ne les sens pas du tout. Je n’en suis pas fier, je ne les apprécie pas tellement, en vérité je suis conscient que je les ai écrits dans de mauvaises conditions et qu’ils ne valent pas la peine que j’affronte, pour eux, le processus éditorial. Parce qu’éditer un bouquin, c’est long et, fréquemment, très pénible. Déjà, il y a la présentation aux éditeurs : je te raconte pas l’effet que ça te fait lorsque le manuscrit est systématiquement refusé. C’est comme vous, les auteurs pas édités, quand vous envoyez votre manuscrit et que vous n’avez aucune réponse… A chaque nouveau bouquin, nous devons nous aussi, auteurs édités, prendre sur nous et soumettre le texte ici et là. En cas de refus chez ton éditeur du moment, tu dois aller voir ailleurs, avec la super impression « mendions aux portes » qui va avec… J’exècre cette étape. Ensuite, il faut le retravailler car souvent l’éditeur veut changer ceci, cela, faut négocier, faut te battre pour imposer tes vues, te battre pour que l’éditeur le promeuve correctement. Bien sûr la préparation éditoriale, c’est sympa parfois, mais c’est aussi relou. En gros, c'est du boulot.

 

 

 

Une chose reste invariable, que l’on soit édité ou pas : le sentiment que notre travail n’a aucun intérêt et que c’est nul à chier.

Personne n’y coupe.

Chez moi, ça vient et ça passe. J’ai des jours avec, des jours sans. Par moment, j’ai confiance en ce que je fais, en moi, je me dis que la thématique est intéressante, je suis motivé, j’y crois. Puis, pour une bonne raison – une contrariété en rapport ou pas avec l’édition – ou par pur hasard, j’ai tout à coup honte du texte sur lequel je travaille, je trouve que c’est merdique, que ça n’a aucune originalité, et là, c’est un malstrom sans fin. Les idées noires, les questions insolubles, m’assaillent. Pourquoi écrire ? A quoi bon ? Quel sens a ce roman ? Que m’apporte-t-il ? Qu’apportera-t-il aux lecteurs ? Est-ce un bon projet ? Ne vais-je pas griller ma carrière avec ce roman ? Etc. Etc. Etc.

Tiens, l’autre jour par exemple. J’ai appris une mauvaise nouvelle qui n’avait rien à voir avec l’écriture ou l’édition, mais qui m’a terriblement découragé. Or, très vite mon désespoir s’est orienté vers mon travail, et voilà, j’étais parti pour la soirée entière à dévaloriser le roman sur lequel je bosse. Je n’y trouvais plus aucun sens, plus aucune saveur. Les personnages me semblaient grossiers, stéréotypés, dépourvus de toute épaisseur. J’étais en colère. J’ai commencé à penser à mes anciens romans, et au lieu de voir le verre à moitié plein, je le voyais à moitié vide. J’ai ressassé tous les ennuis que j’ai eus avec ces bouquins et ai soigneusement oublié tous les bons souvenirs, toutes les bonnes choses que j’ai vécues grâce à eux. Je déteste ce genre de soirée, mais il en faut, de temps en temps. C’est ainsi.

Et puis, le lendemain, ça allait un peu mieux.

 

Il y a des jours où le texte me semble cohérent, l’univers romanesque bien défini, l’ossature bien travaillée. D’autres où ce machin.doc me semble être un cafouillis indigeste de signes, de caractères et de ponctuation. Mais s’il reste mon amour et ma reconnaissance envers mes personnages, je continue à bosser jusqu’à ce qu’il soit présentable.

 

 

Ma réponse n'en est pas une, j'en suis désolé. Mais le doute, le dénigrement, la peur, sont des constantes chez un auteur et particulièrement lorsqu'il n'est pas encore édité. Ces sentiments restent par la suite, mais sous d'autres formes – où la vanité tient un rôle plus ou moins important...

 

Les jeunes auteurs qui souhaitent faire éditer un premier roman peuvent donc se questionner sur le bien-fondé de soumettre un manuscrit ou pas.

 

J'ai délivré mon expérience à ce propos. Mais, quelque part, c'est un faux problème. Je veux dire, qu'est-ce qui t'empêche de soumettre un manuscrit mais de continuer parallèlement à le travailler si cela te fait envie ? Tu abandonneras un jour ce texte si tu as assez d'idées pour en entamer un autre.

 

Ah ! Ne vous inquiétez pas. Les faux problèmes sont banals chez les artistes. Il faudra peut-être vous y accoutumer, voilà tout.

 

 

 

 

 

 

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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 13:21

 

 

caca stoni

 

 

 

 

J’aurai été communiste en dépit des communistes eux-mêmes.

Ces jours-ci, je ne les supporte plus. Lorsque je lis, par hasard, dans un magazine, un journal, sur internet, le nom de Marx, une détestable sensation d’agacement s’empare de moi. Ce qui est mal. Marx n’a rien à voir avec tout ça.

Ce sont certains communistes qui m’énervent.

Pourtant. Chez moi, j’évite du regard mes rayonnages d’ouvrages communistes. A la bibliothèque, je fuis les étagères qui s’y rapportent. Ce qui est mal. La théorie n’a rien à voir avec tout ça.

 

Je m’interroge.

Au-dessus de mon bureau, j’ai affiché, en bon pauvre connard socialisant de base, les portraits de Rousseau et Robespierre. Et, ces jours-ci, si le communisme me saoule, je dois avouer que Robespierre, tout au contraire, m’inspire une admiration qui confine à la dévotion. Je le regarde. On dirait qu’il me regarde. Il me dit : « tu n’es pas un bon camarade ». Je lui réponds : « toi non plus, tu n’étais pas un bon camarade, ils t'ont fait guillotiner ». Il ne réplique pas. Je l’ai vexé. Je soupire.

 

J’en ai marre. De ces communistes qu’hélas je côtoie, de ces communistes chiants qui ont le malheur, justement, d’être communistes. Je n’en peux plus d’entendre leurs grandes leçons de socialisme, de lutte de classes, de matérialisme dialectique, leurs incantations pseudo-révolutionnaires, alors que ces gens n’ont jamais foutu le pied dans une putain d’entreprise de toute leur vie. Je veux dire, seulement FOUTRE LE PIED. Sans déconner. Ok, je sais. Marx non plus n’a jamais travaillé en entreprise de sa vie, me rétorqueront les sages et les bien avisés. Ils auront raison. Mais Marx, il me saoule aussi. Qu’il aille niquer sa bonne.

 

Je ne connais pas un seul camarade qui travaille en entreprise à un poste de subalterne. Tu te rends compte ? Je n’en connais aucun.

Sauf moi. Ce stupide ouvrier qui se lève tous les matin à six ou sept heures pour aller bosser.

Et pendant ce temps, les « camarades » en question, ceux qui m’agacent, contemplent le monde, l’actualité, analysent, dissertent, et moi je travaille.

Quelle putain de répartition des tâches à la con. Mon être de classe les emmerde. Il y aura toujours une classe laborieuse, toujours une classe oiseuse – à défaut d’être véritablement oisive – et c’est donc ça le socialisme pour lequel je me suis encarté.

 

Au cours de nos rares réunions, ils profèrent leur mépris des travailleurs, des petites gens, des pauvres gens, de mes amis, de mes proches, de mon père, de ma mère, de mes grands-parents, de mes frères, de mes sœurs, ils s’en fichent, ce n’est pas vrai, la classe ouvrière ne les intéresse pas, ne les a jamais intéressé, leur cause c’est la leur, pas celle des autres, leur cause c’est l’arrogance, leur cause c’est, tout simplement, être supérieur, se distinguer – et que ce soit par la politique, l’art, l’argent, cela revient au même et cela me dégoûte.

 

Peut-être parce que moi-même je cherche à me distinguer par la littérature.

Peut-être parce qu’ils sont comme moi.

Mais moi je travaille. Moi, je suis de et dans ce monde, je vis de et dans ce monde, qu’ils appellent – c’est selon – le salariat, la classe ouvrière élargie, le monde du travail, et qu’ils n’ont jamais voulu pénétrer. Sauf que moi je suis un hybride et c’est peut-être pire encore. Une monstruosité. Mi-travailleur, mi-je-ne-sais-quoi. Mi-artiste à deux balles. Mi-connard.

 

Je me fatigue. Ils m’épuisent.

 

 

 

Tu es un mauvais camarade, me dit Robespierre.

Et moi je suis désolé.

 

 

 

 

 

 

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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 13:49

 

 

 

 

 

 

Nombreux sont ceux qui, parmi les lecteurs de mon blog, s’adonnent à l’écriture de nouvelles. Je leur ai déjà consacré un article sur l’édition de cette forme littéraire bien spécifique.

 

Récemment, une sémillante lectrice m’interpellait sur une autre thématique liée à la nouvelle : le concours.

 

Je n’ai jamais écrit de nouvelles et connais fort mal tout ce qui s’y rattache. Grâce à cette lectrice, je découvris un univers parfois effrayant, souvent consternant : le monde maléfique du concours de nouvelles pour écrivains non édités (ou « amateurs » comme aiment à le préciser ces dits concours).

 

 

Mais pourquoi diable fus-je effrayé, ou consterné, par cette découverte, me demanderas-tu, camarade lecteur ?

 

Comme d’habitude, je t'explique tout.

 

 

 

 

Qu’est-ce qu’un concours de nouvelles ?

 

Un concours de nouvelles est une compétition « littéraire » organisée par un magazine, une radio, un salon du livre, un site web, etc, pour faire parler de lui.

Le principe en est simple.

Un thème est donné. Disons : « la nature ». Puis des exigences : de une à quatre pages, tant de signes, un délai pour rendre sa copie. Les participants sont priés, en général, de ne « jamais avoir été édités ».

Un « jury » lira les nouvelles et les classera sur un podium. Le premier prix se verra refourguer, par exemple, un bouquin, le deuxième prix un stylo, le troisième je-ne-sais-quoi. Et tous les autres garderont le plaisir d’avoir participé – ou la cuisante humiliation de ne pas avoir été choisis…

 

Moi, personnellement, ce baratin, ça me fait penser aux rédactions à l’école. T'as un sujet, deux heures de composition et puis t'es noté. Y’a le premier de la classe, puis ceux qui viennent après.

 

Bon. Je reconnais ne pas avoir une estime très romantique de la littérature, ou du moins, je reconnais être très pragmatique à son égard. Mais quand même. De là à considérer la chose comme une rédac à l’école…

Rien que le principe me semble bizarre.

 

Le concours de nouvelle garde toutefois un intérêt à mes yeux : ça peut donner des idées aux gens qui pratiquent l’écriture en hobby. Voilà, tu as un sujet, et ceux qui aiment bien rédiger de petites histoires seront tout contents de participer.  Dans cette perspective, je n’ai rien contre le concours de nouvelles. Hélas, bien souvent, le concours de nouvelles se donne d’autres ambitions.

 

 

http://perlbal.hi-pi.com/blog-images/201226/gd/1215407689/Culturisme-Podium-des-championnats-de-France-avec-Guy-Salassa-Jacques-Champagne-et-Aneau.jpg

Ces mecs-là auraient gagné le concours

de nouvelles de livresetmuscles.org

 

 

 

 

 

 

 

Les concours de nouvelles m’aideront-ils à faire éditer mon premier roman  ?

 

Je te le dis du cash : la réponse est NON. Je me demande qui vous a mis cette idée dans la tête, je le lis souvent, beaucoup de lecteurs m’envoient des messages avec cette question. Désolé de vous décevoir, mais franchement, faut arrêter cinq minutes avec cette légende.

 

Un concours de nouvelles organisé par un magazine (Télérama, Le Chasseur français), un salon du livre (Rencontres littéraires de Besançon), un site web (fousdelivres.net), quand bien même tu en gagnerais le premier prix, ne t'aidera pas à être édité.

 

L’exception reste peut-être le milieu de la SF - Fantasy (que je connais mal), qui me semble-t-il compte des revues d’assez bonne qualité qui doivent être lues par les éditeurs de ce genre. De même pour les revues littéraires un peu prestigieuses (LMDA et consorts) : bon, ça te fera toujours plaisir d’avoir été sélectionné dans leur concours. Je doute néanmoins qu’une nouvelle éditée dans une revue aussi prestigieuse soit-elle te facilite réellement l’obtention d’un contrat d’édition pour un manuscrit de roman. Oui, si tu as gagné ce genre de concours, tu pourras le signaler dans la lettre d’accompagnement de ton manuscrit, ça peut toujours inciter l’éditeur à accorder plus d’attention à ton bouquin. Mais ce sera le manuscrit qui déterminera tout, rien d’autre, absolument rien d’autre, et c’est la règle numéro un à apprendre quand on souhaite se faire éditer.

 

Concernant les concours de nouvelles obscurs, organisés par des sites webs ou de petits salons de province, franchement, aucun intérêt pour un éditeur…

 

Si tu as gagné un concours de nouvelles dans le cadre des Rencontres littéraires de Bensançon, ou un autre concours lancé par le site web fousdelecture.org, inutile de le mentionner dans tes lettres d’accompagnement. Tout le monde s’en fout comme de l’an quarante.

Après si t'y tiens vraiment, fais-le, c’est comme tu veux.

 

 

 

 

Les concours de nouvelles organisés dans le cadre d’un salon du livre : Stoni a vu de l’intérieur et te dit toute la vérité

 

 

Dans ma magnifique carrière d’écrivain, j’eus l’occasion d’être invité sur plusieurs évènements type salons du livre / festivals littéraires – petits, moyens, gros – qui organisaient, à chaque fois, des concours de nouvelles.

 

Et j’ai vu comment se déroulait la chose. J’eus alors une pensée émue pour tous les pauvres hères qui avaient participé à cette mascarade en se fendant d’une nouvelle écrite exprès pour l'occasion.

 

Le jury était composé d’écrivains invités sur ledit salon.

Or, les écrivains sont des feignasses. Si tu ne le savais pas encore, maintenant tu es définitivement au courant. La plupart d’entre eux n’avaient pas lu la moitié des textes envoyés par le public. Le prix était attribué à la ouanagaine à une nouvelle, comme ça, un peu par hasard, celle que tout le monde avait lue en vérité, la première sur la pile…

 

 

A ce stade, tu comprendras que le concours de nouvelles, c’est bien pour les gens qui aiment s’entraîner à écrire comme hobby, c’est sympa et gratifiant quand tu le gagnes dans le cadre d’une revue un peu classe, mais ça n’a aucun intérêt dans une démarche d’édition.

 

Mais il y a encore pire.

 

 

 

Les concours de nouvelles payants : et puis quoi encore ?

 

 

 

NE PAYEZ PAS POUR PARTICIPER A UN CONCOURS DE NOUVELLES ! Après tout ce que j’ai expliqué, tu comprendras que ça n’a strictement aucun intérêt ! Sans déconner, y’a des gens qui passent des centaines d’euros dans ces conneries chaque année !

 

Après c’est comme tu veux. Si ton hobby c’est les concours de nouvelles, que t'es à fond là-dedans et que tu kiffes trop, vas-y, fais-toi plaisir. Moi j’ai bien dépensé 300 boules pour un vélo, après tout.

Mais ne dépense pas de fric en vue de « participer aux concours de nouvelles pour être repéré par un éditeur » : ça n’arrivera pas. Enfin, tu seras peut-être repéré par un éditeur pourri, mais pas par un éditeur sérieux.

 

On m’a aussi signalé de petites manœuvres frauduleuses autour des concours de nouvelles. Voici l’extrait d’un mail à ce sujet :

 

« J'ai participé au prix du jeune écrivain francophone qui s'adresse aux 18-26 ans seulement. Il se vante d'avoir sorti de nombreuses jeunes pousses qui sont depuis devenues des écrivains reconnus par la profession, et proposent dans tous les cas d'envoyer une fiche de lecture personnalisée de ta nouvelle. Le concours est normalement anonyme, mais à peine un mois après avoir participé, je reçois un coup de téléphone. On m'annonce que ma nouvelle a été repérée, car de qualité, qu'ils ne peuvent se prononcer pour l'instant sur les lauréats, mais qu'ils m'invitent à participer à un atelier d'écriture qui aura lieu en compagnie de prix Renaudot, Mallarmé, Goncourt, etc... Mon copain me presse de participer, me disant que cela me fera du "réseau". Mais le prix est trop élevé pour ma bourse d'étudiante 150 à 200 euros je crois. Qui plus est, je sens une tentative de me soutirer de l'argent, je refuse donc (poliment). Plus de nouvelles d'eux, et là, je viens de voir que lors du classement définitif, je ne fais même pas partie des demi-finalistes ! »

Etrange pour une nouvelle « repérée, de qualité »…

 

A l’image de cette charmante jeune lectrice, méfie-toi constamment de ce genre de démarches abusives.

 

Pour se faire éditer, la seule chose qui doit te coûter de l’argent, ce sont les photocopies et les envois du manuscrit ! Je le dis une bonne fois pour toutes !

 

 

 

 

 

 

 

 

D’autres questions ?

 

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(le seul, le vrai, l'unique)



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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 10:23

 

 



http://www.amsterdamer.fr/Files/15250/Img/04/chaine_antivol_velo_art_4etoiles_350.jpg

Tous les chemins mènent au bondage,

y compris les pistes cyclables.

 

 

 

 

Faites péter les hautbois, sortez les trompettes : j'ai un nouveau vélo. Et un putain de vélo, s'il vous plaît. Le vélo. Enfin, un vélo d'occasion à trois cents boules, cadre alu fourche carbone, rien de bien sensationnel en vérité, mais pour moi, ce cadeau me comble à l'égal de toutes les plus délicates richesses profondément enfouies au sein des plus extravagants labyrinthes. Avantage : je suis un mec à qui il en faut peu pour être heureux.



Ce nouveau vélo, cela faisait longtemps que je le convoitais. Je ne connaissais pas encore sa marque, ni son allure, mais tels deux amants égarés, notre attraction opérait déjà à distance – venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend. (Rimbo il aurait été content que je le compare à un vélo, ha ha). Avec la toute la douloureuse fébrilité du célibat cycliste, je consacrai de longues heures à le traquer sur les sites de petites annonces. Et puis, un jour, je le débusquai. Tel le renard chassé de son terrier, il m'apparut, mince, léger, vif comme le faune, flamboyant en diable. Je fus ébloui.



Et j'abandonnai lâchement mon vieux clou du début des années 90, tout acier, qui pesait quinze kilos.

Me voici battant mes records de vitesse, atteignant les quarante kilomètre heure sans même forcer. Je baptisai cette étincelante monture La Fusée. (L'ancien vélo s'appelait La Grosse Saucisse. Il portait bien son nom. N'y voyez rien de sexuel.)



Hier, j'ai fait ma première sortie en ville avec La Fusée. Comme j'avais une course à faire, j'enchaînai La Fusée à un parc à vélo. Une inquiétude toute amoureuse s'éveilla en moi. Je ne voulais pas m'en éloigner. Si quelque brute me le volait... Et, avec passion et tendresse, je glissai la chaîne de mon antivol entre les tubes de son cadre, puis l'introduisis délicatement entre les rayons de sa roue avant. Je serrai juste assez pour qu'il fût fermement maintenu, mais pris soin de ne pas l'étranger non plus. Avec autant d'attention, autant de douceur, j'enchaînai la roue arrière. Lorsque je fermai les cadenas, je fus réellement ému.



Puis je contemplai le résultat, ma Fusée amarrée, sage, bien protégée, en goûtant la satisfaction particulière de la possessivité.



Et j'ai alors enfin compris, cerné, le plaisir que doit procurer le bondage à ses adeptes.

 

 

 

 

 

 

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 14:04

 

 


 

Nombreux sont les auteurs en quête d'éditeur qui me contactent pour me raconter leurs soucis et glaner un petit conseil par-ci par-là. Ils ont alors obtenu une réponse « positive » d'un éditeur et souhaitent avoir mon avis. Une cruelle majorité est, hélas, tombée sur un éditeur pourri. Statistiquement, tu as beaucoup plus de « chances » de tomber sur un éditeur pourri que sur un éditeur qui tient la route, car en ce bas monde il y a beaucoup plus de pourris que de corrects. D'où ce dossier.


 

Pourri est à comprendre dans les deux sens du terme. Certains éditeurs pourris sont des pourris car ils sont malhonnêtes. D'autres sont qualifiés de pourris car ils s'avèrent tout simplement incompétents. Dans les deux cas, le fruit est avarié et il ne faut point le manger.


 


 

J'abordais rapidement les éditeurs pourris dans l'article A l'aide ! Un éditeur m'a rappelé. Les messages que j'ai reçus m'ont prouvé que je n'avais pas assez développé le sujet. Réparation est faite aujourd'hui.

 

 

 

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Qui est l'éditeur pourri ?


 

La définition est simple : l'éditeur pourri est un type qui prétend être éditeur sans en avoir la véritable étoffe.


 

L'éditeur pourri est à la tête d'une petite structure mal distribuée et mal diffusée. Seulement, comme tu n'y connais rien en édition, pauvre jeune auteur, tu ne t'en rends pas compte, toi, qu'elle est mal distribuée et mal diffusée.


 

A l'origine, tu as trouvé les coordonnées de l'éditeur pourri sur internet, un peu par hasard, et tu lui as envoyé ton manuscrit car tu veux être publié. L'éditeur pourri te contacte et te dit « oh mon dieu c'est magnifique, je vous signe sur-le-champ ».


 

Or, si jamais tu signes chez lui (trop vite et sans avoir bien relu mon article sur le contrat d'édition...), tu te rendras compte qu'il y a un souci. Un gros souci. L'éditeur pourri bâcle le boulot. L'éditeur pourri est incapable de fournir des réponses précises à des questions essentielles (date de parution, tirage, date du versement de l'à-valoir...). Bien entendu, l'éditeur pourri rechigne à te verser ton chèque d'à-valoir. Si toutefois il te propose un à-valoir, ce qui ne va pas de soi... Finalement, l'éditeur pourri commence à t'annoncer que la parution de ton bouquin est fortement compromise par le contexte économique ou je-ne-sais-quel autre balourd...

Bref, tu en viens à regretter ton geste. L'aventure éditoriale de ton premier roman, qui devait normalement débuter dans la joie et le trac inhérent aux initiations, tourne au cauchemar tout court.

C'est la catastrophe.

Tu réalises prestement que l'éditeur pourri est en vérité une structure plus ou moins fantôme, qui fabrique des bouquins mais qui se trouve incapable de les vendre. Parce qu'elle n'est pas présente en librairie, nationalement parlant. Il s'agit d'une petite boîte qui vivote et qui menace de déposer le bilan tôt ou tard.


 

Cette découverte sera douloureuse pour les auteurs qui auront signé un contrat avec un éditeur pourri. Et elle sera toujours très décevante pour ceux qui s'apprêtaient à le faire.

L'éditeur pourri a un seul objectif : acquérir les droits de ton roman pour t'en aliéner à jamais. C'est aussi le cas d'un éditeur pas pourri (le contrat d'édition encadrant cette cession de droits). Mais l'éditeur pas pourri t'en aliène pour faire quelque chose avec le bouquin : l'imprimer, le diffuser et le vendre – autant que faire se peut. L'éditeur pourri, lui, t'en aliène pour NE RIEN EN FAIRE. C'est là tout le drame des éditeurs pourris.


 

Je ne citerai pas de noms, mais les commentaires en bas sont ouverts pour ceux qui ont envie de le faire.


 

Pourquoi tant de haine ? Quelles sont les motivations de l'éditeur pourri ?


 

Comprendre le mécanisme d'un phénomène permet de mieux le reconnaître. Intéressons-nous aux racines du mal.


 

Laisse-moi te dresser le portrait de l'éditeur pourri type que nous surnommerons Pourrito (car écrire « éditeur pourri » à chaque fois c'est chiant).


 

Pourrito a toujours rêvé d'écrire, ou de travailler dans l'édition. Hélas, les contingences de la vie l'ont écarté de cet objectif. Jamais Pourrito n'a côtoyé l'intelligentsia parisienne. Ce rêve lui trotte néanmoins dans la tête.

Après une carrière professionnelle qui n'a aucun rapport (décorateur, barman, architecte, prof, etc.), Pourrito décide de se jeter à l'eau : suite à un licenciement – ou une démission pour les plus frappadingues – notre ami fonde sa maison d'édition.


 

Le premier problème, c'est que Pourrito, il n'y comprend rien, à l'édition. Et il s'y connait encore moins. Du coup, il emprunte des livres à la bibliothèque. Cent conseils pour se faire publier – Pourrito n'écrit pas, mais ce genre de bouquin lui permet de cerner comment marche l'industrie du livre – ou L'édition de A à Z. La Chambre de Commerce locale, Pôle Emploi, lui fournissent au passage une formation de deux jours sur les métiers du livre qui n'a aucun intérêt, mais Pourrito est tout content, désormais il se sent apte à lancer des écrivains.


 

Deuxième problème : Pourrito a pas un rond, ou Pourrito est radin.

Du coup, Pourrito va lancer une structure en auto-entrepreneur, vu que ça coûte que dalle, voire en entreprise individuelle.


 

La maison d'édition est créée. Pour imprimer ses livres, la première imprimerie du coin fera l'affaire. Mais comment les distribuer-diffuser ?

Pourrito ne veut pas se faire distribuer par un truc qui lui coûte cher, donc un truc bien. Il va plutôt se tourner vers un distributeur à deux francs dont le réseau se limite à quarante librairies en Loir-et-Cher, qui certes ne lui coûte pas un rond. Chanmé.

Faut que tu comprennes que le choix du distributeur-diffuseur, pour un éditeur, c'est essentiel. Le mec sérieux qui lance sa maison d'édition va prendre rendez-vous avec des gros distributeurs, c'est-à-dire, dans la plupart des cas, des filiales des géants du livre (Interforum, Volumen, Hachette Diffusion, Sodis, etc.). Il doit convaincre, avec un projet travaillé et tout et tout, ces mastodontes de le distribuer-diffuser. Parce que ces dits mastodontes lui permettront d'avoir accès à un putain de réseau national de librairies et donc de vendre à peu près correctement ses bouquins. Or, le mastodonte de la distribution ponctionne une part sur le prix de vente HT du bouquin, une part importante, et Pourrito, en bon radin, ça lui casse les bonbons de céder autant du prix de vente HT au distributeur.

Pourrito a tort. Sans bonne distribution, une maison d'édition n'existe pas.

Mais Pourrito s'en fout d'avoir une bonne maison d'édition, car Pourrito est avant tout un illuminé feignant qui s'est piqué d'une lubie : devenir éditeur – pour flatter son ego.

Pourrito fait les choses n'importe comment.

Avec sa petite structure d'auto-entrepreneur et son diffuseur à deux balles qui ne vaut rien, Pourrito est heureux, il ne demande pas davantage. Et là, il commence à signer des auteurs.

Mais, pour payer des auteurs, encore faut-il vendre un minimum de livres. En étant présent dans trente-deux librairies en Loir-et-Cher, la mission est ardue. Au fil des ans, Pourrito peine à joindre les deux bouts, Pourrito ne paie plus ses auteurs, Pourrito fait n'importe quoi.

En 2015, Pourrito déposera le bilan et se lancera, je sais pas, dans la vente de savonnettes sur les marchés estivaux. Ou dans la décoration intérieure.


 

Résumons : les éditeurs pourris sont des incompétents ambitieux, mal formés, sans expérience, qui font nawak et bousillent les romans des pauvres auteurs qui ont le malheur de leur faire confiance.


 


 

Tu es sûr que tu veux signer chez Pourrito ?


 

 

 

 

 

La parabole de la boulangerie.


 

D'aucuns me répondront : Stoni tu es trop dur, pour les tout jeunes éditeurs, il faut bien leur laisser le temps de se lancer ! Oui mais non.


 

Laissez-moi vous conter la parabole de la boulangerie.


 

Il était une fois un mec qui voulait devenir boulanger. A l'époque, le pain était entouré d'un grand prestige social et culturel. Notre aspirant boulanger se renseigna donc sur le prix d'un fournil et d'un local commercial pour recevoir la clientèle. En effet, une boulangerie est toujours composée de deux espaces : un petit espace avec une vitrine et une caisse enregistreuse pour la vente, puis l'atelier derrière pour la fabrication.

Mais notre ami boulanger se rendit compte que, les deux espaces, ça coûtait cher à la location. Il loua seulement l'atelier afin de réaliser des économies. Comment vendrait-il le pain ? Eh bien, il pensait que les clients entreraient dans l'atelier pour lui acheter une baguette et qu'il procèderait à la vente entre deux fournées. Quand son investissement fut réalisé, les clients ne se hâtèrent pas. On les comprend : un atelier, c'est plein de farine, c'est salissant, et le four, ça fait une chaleur de ouf. Le client lambda n'a pas envie d'affronter de tels supplices pour aller quérir une pauvre petite baguette de pain.

Le boulanger de notre histoire fabriqua du pain, certes, mais n'en vendit pas.


 

Dans notre affaire, le boulanger c'est l'éditeur pourri, l'atelier c'est sa micro-structure, le pain c'est ton bouquin et l'espace commercial qu'il n'a pas voulu financer c'est un bon distributeur.

Ni plus, ni moins.

Un éditeur mal distribué ne vend pas de livres. Techniquement, n'importe quelle imprimerie peut en fabriquer. Mais les refourguer, c'est une autre affaire.

La parabole de la boulangerie a pour seule intention de te faire saisir toute l'importance de la distribution dans l'édition.


 


 


 

Comment repérer les éditeurs pourris?


 

Il existe des moyens très simples de repérer les éditeurs pourris. Dès que l'on te propose un contrat d'édition, camarade auteur, je te conseille vivement de procéder à l'examen complet de l'éditeur en question. Je ne rappellerai jamais assez souvent que, en signant un contrat d'édition, on cède les droits sur son œuvre. Plus jamais tu ne pourras faire éditer cette œuvre ailleurs. C'est l'éditeur qui la possède désormais. Aussi on ne signe pas n'importe quoi n'importe comment. Avant, on se renseigne !

 

 

 

 

 

ONZE TUYAUX POUR REPERER UN POURRI


 

1 / Il ne te contacte pas par téléphone.


 

Après avoir lu ton manuscrit et l'avoir « retenu pour publication », Pourrito te passe un mail, ou pire encore, t'envoie un courrier postal !

Un éditeur sérieux te contactera toujours par téléphone. Une longue conversation s'en suivra, restituée dans mon article Au secours, je vais signer un contrat d'édition.


 

2 / Pourrito ne te parle pas de tirage, ni de date de sortie, et encore moins de fric.


 

Le tirage ? La parution ? Forcément il n'en parle pas, puisqu'il n'en a pas la moindre idée ! N'oublie pas que Pourrito est un incompétent notoire. Quant au fric, il préfère ne pas t'en causer, vu qu'il n'en a pas à te filer.

Un éditeur sérieux, au cours de votre première conversation téléphonique, t'indiquera le tirage, la date approximative de parution (ou l'année), le montant de l'à-valoir.


 

3 / Il ne te donne pas d'à-valoir ou un très faible à-valoir.


 

Un éditeur sérieux paie ses auteurs. Combien de fois devrai-je le répéter ?


 

4 / L'éditeur n'est pas répertorié sur societe.com (ou infogreffe).


 

Vérifie toujours la présence de l'éditeur dans le registre du commerce et des sociétés. Une maison d'édition est une entreprise. Si l'éditeur n'y figure pas, c'est qu'il s'agit probablement d'une auto-entreprise. Je rappelle que l'auto-entreprise, c'est la formule qu'on a inventée pour les actifs qui fabriquent des bijoux en hobby et qui voudraient bien les vendre sur internet... Je caricature, mais bon, une petite maison d'édition ce devrait plutôt être une SARL.


 

J'ai pris l'exemple sur ce lien d'un petit éditeur qui était entré en contact avec mon blog. Comme on pourra le lire, l'éditeur est une SARL, gage de sérieux. Dans ce cas précis, l'examen est ok.


 

5 / L'éditeur est répertorié sur societe.com ou infogreffe, mais son activité déclarée ne correspond pas à l'édition.


 

Sans déconner, une de mes lectrices avait découvert en cherchant le nom d'un petit éditeur sur ces sites qu'il était enregistré comme... débit de boisson ! Tu veux te faire éditer par un débit de boisson, toi ?


 

6 / L'éditeur pourri est distribué - diffusé par Bidule Diffusion (c'est-à-dire par personne).


 

Demande à l'éditeur qui le distribue et le diffuse puis renseigne-toi. S'il ne s'agit pas d'un gros distributeur, bon courage pour vendre tes bouquins...


 

Je reprends comme exemple le petit éditeur qui m'avait contacté. Sur son site web, on peut lire qu'il est diffusé par Volumen. C'est très bien !


 

7 / Tu vas à la Fnac ou à la grosse librairie de ton quartier, et tu ne trouves AUCUN bouquin de l'éditeur pourri.


 

Car l'éditeur est mal distribué. AVANT DE SIGNER CHEZ UN EDITEUR, ALLEZ TOUJOURS VERIFIER DANS UNE GROSSE LIBRAIRIE SI SES DERNIERES PARUTIONS SONT PRESENTES !


 

8 / Ton libraire ne connait pas l'éditeur pourri.


 

Avant de signer, demande toujours à un libraire ce qu'il en pense. Pour être honnête, j'ai beaucoup de mal avec les libraires. La plupart sont braques ou complètement cons (je ne demande qu'à être contredit...). Mais bon, là, c'est une question de vie ou de mort. Le libraire est censé savoir si un éditeur est bien ou mal distribué. Son avis est un élément à prendre en compte.


 

9 / L'éditeur pourri ne te propose pas de le rencontrer dans ses locaux.


 

Eh oui, il n'en a pas, de locaux...

Un éditeur sérieux te proposera tout de suite de vous rencontrer dans son bureau. D'ailleurs je conseille fortement d'aller le voir, mais pour ça, lire : Au secours ! Je vais signer un contrat d'édition...


 

10 / L'éditeur pourri ne te donne pas son numéro de fixe, ni de portable.


 

Un éditeur sérieux te donnera ses coordonnées complètes : fixe, portable, email.


 

11 / Le premier tirage est inférieur à 1000 exemplaires.


 

Ou une production artisanale... En-dessous de 1000 exemplaires, je déconseille très très très fortement de signer un contrat...


 

 

 

 

ATTENTION : la plupart des éditeurs numériques (qui éditent sur internet soi-disant à compte d'éditeur) sont à classer dans la catégorie Pourrito. Lire l'article que leur consacre le blogueur Ludovic Mir (et ça te fait un autre avis sur la question comme ça).

 

 

Nous voici au terme de ce dossier sur les éditeurs pourris. Ces infos devraient te permettre d'éviter de faire une grosse connerie au moment venu... N'hésite pas à me contacter via facebook, ou par ici, si t'as besoin de quoi que ce soit.

 

 

 

 

 

 

  Pour aller plus loin sur les éditeurs pourris, lire les courriels que j'ai échangés avec un monsieur qui s'est senti visé. ça creuse le sujet comme qui dirait.

 

 

A lire aussi : un éditeur pourri me propose un contrat, que faire ?


 

 

 

 

 

 

Une question ?
Envie de partager ? (ton argent, ton corps... non je déconne)

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 13:18

 
cannabis cool
 
Quand je vous disais que c'était rien que des capules, ces bébés.
 
 
 
J’ai des amis qui ont eu un bébé.
Désormais, leur monde entier gravite autour du bébé. On les comprend. Et je dois avouer qu’il est marrant, ce bébé. Pour une fois, je ne lui trouve pas une tête de Gorbatchev, et je ne ressens donc aucune sensation désagréable quand je le regarde.
En présence d’un bébé, je conserve toujours une distance pleine de respect.
Un bébé, ça ne rigole pas. Je pense que, si je ne le fais pas chier, il ne me chiera pas dessus. Donnant donnant.
Mes amis sont obnubilés par le bébé. Encore une fois, on les comprend. Cela dit, quand vous êtes extérieur au bébé (et que vous gardez prudemment vos distances), les séances de visionnage des vidéos du bébé, l’exposition des photos du bébé, l’exhibition du bébé en personne, puis la discussion sur le bébé, sont, à la longue, un peu emmerdantes.
Ce n’est pas bien grave.
Mes amis me demandent ce que j’en pense. Du bébé.
- Ma foi, il a pas une tronche de Gorbatchev, il est plutôt pas mal !
- Il est mignon, hein ?
- C’est bien ce que je dis.
- Regarde comme il est tout petit. T’as vu ses petits petons-petons, comme ils sont petits ?
Je jette un coup d’œil faussement curieux sur les petons-petons. Le bébé (un mois) intercepte ce regard et accouche d’un sourire ravi.
- Oh t’as vu il a fait risette !
- Il a fait quoi ? toussé-je, embarrassé.
- Risette ! T’es écrivain, tu sais pas ce que ça veut dire ?
Je regarde mon pote, que je connais depuis nos quinze ans. On a joué les lascars ensemble, insulté tous nos profs, fumé un peu d’herbe, déconné et parlé cul non-stop : maintenant, il prononce naturellement l’expression faire risette.
J’y crois pas.
- Si en fait, mais venant de ta bouche, ça faisait trahison.
Il se marre. Et reprend les petons-petons en photo pour la cinquantième fois de la journée.
- Chaque jour on prend les petons-petons en photo, comme ça on verra l’évolution dans le temps.
- Jusqu’à quand ?
- Oh, jusqu’à ce qu’on en ait marre.
- Du bébé ?
- Non ! De prendre les petons-petons.
- Oh, fais-je déçu.
- On en aura jamais marre de notre gros bout de chou peton-peton mimi !
Là-dessus, mon pote hisse le bébé à bout de bras devant moi, histoire que je n’en perde pas une miette visuelle.
- Fais gaffe, j’ai peur qu’il se mette à pisser, là.
- Mais non, et puis il a sa petite grenouillère trop mimi peton-peton !
Le bébé s’agite et accumule les sourires ébahis. Je le toise froidement. Qu’est-ce qu’il a à me draguer comme ça, celui-là ?
- Il t’aime trop Stoni ! Chérie ! Viens voir comme peton-peton il aime trop Stoni il lui fait plein des risettes !
- Ben tu peux le reposer, en plus je trouve qu’il pue.
- Mais non il pue pas !
Mon pote renifle le cul de la grenouillère.
- Ah si, t’as raison. Il a fait son popo le peton-peton chou ?
Néanmoins, il ne le change pas.
- Oh, il schlingue à fond, quand même. Tu lui fous pas une nouvelle couche ?
- J’ai pas envie, en fait.
Mon pote préfère se péter une clope tranquille. A la fenêtre – la cigarette ayant, sur un bébé, les conséquences du bombardement de Hiroshima Nagasaki, comme chacun le sait.
Je le rejoins pour ne pas rester seul dans le périmètre du bébé.
- On dirait que tu t’en méfies ! ricane mon pote.
- Du bébé ? Bien sûr que je m’en méfie. Y’a pas plus crapule qu’un bébé.
- Déconne pas ! Il est tout innocent, regarde-le !
- Innocent ? Mon cul, ouais ! Il marche à fond dans le système, il est déjà super social-démocrate. Je me méfie de lui comme d’un adulte !
- Oh, tu déconnes, pas vrai ?
- Tu crois que ton fils est protégé du politique par son bas âge. Alors que tu sais très bien qu’il est déjà intégré dans les rapports humains, et les rapports économiques. Et je vais te dire pourquoi le bébé universel est le pire des vendus : il est entré dans la dialectique de la consommation et de la production dès sa naissance. Et pour l’instant, il en est encore au stade le plus parasitaire. Le projet économique de la bourgeoisie, c’est le retour au statut de bébé. Consommer sans produire !
- C’est pas un vendu, peton-peton !
- Oh que si ! A fond ! Crois-moi !
- Mais c’est un fils d’ouvrier !
- Et alors ? Il consomme sans produire.
- Mais il a pas le choix, le pauvre !
- Parce que vous l’élevez comme on a élevé des enfants depuis l’instauration de la division de classes. Vous lui donnez le lait sans lui faire comprendre qu’il a fallu un acte de travail pour seulement acquérir ce lait. Pour avoir du lait, on travaille.
- C’est le lait de sa mère, réplique mon pote d’un ton vexé.
- Et alors ? Pour produire son lait, elle doit manger, et pour manger, vous devez travailler. T’es d’accord avec moi ? Et quand bien même vous ne travailleriez pas – vous seriez des bourgeois, par exemple – pour manger vous auriez besoin de la force de travail de la société. On n’achète pas de poireaux au supermarché sans le personnel de mise en rayon, sans les transporteurs de poireaux, les producteurs de poireaux, puis ceux d’engrais… etc.
- Tu voudrais qu’on le nourrisse… en lui faisant comprendre que ça vient du travail ? Mais c’est impossible !
- Pourquoi ? Il faudrait simplement établir un stimulus, une gestuelle, qui signifie ce lien de causalité. Mimer le travail. Ou le dire, s’il comprend ce qu’on dit.
- Mais il comprendrait pas ! Il est trop petit !
- Il comprend assez pour me faire des sourires tandis qu’il me connaît ni d’Eve ni d’Adam. Et t’inquiète pas, il le fait pas sans bonne raison. Il comprend qu’il doit pleurer pour obtenir le lait. Il comprend l’affection que vous lui portez. Et il y répond. Ce n’est pas un être amorphe. S’il répond, c’est parce qu’il y trouve un intérêt. L’intérêt surdétermine tout comportement humain.
Mon pote a un instant de silence, puis passe à la phase de révolte :
- Peton-peton il a rien demandé à personne, c’est dégueulasse que tu le juges comme ça !
- Cette petite crapule qui pense qu’à se goinfrer ? Putain, je suis gentil, encore ! Il marche à fond dans le système bourgeois !
Là-dessus, le bébé commence à se manifester. Il pousse des hoquets de révolte, lui aussi.
- T’entends tu lui as fait peur, avec tes conneries !
- Tu vois que c’est une crapule ! Il braille quand on remet en cause sa position parasitaire !
- N’empêche, je suis pas d’accord. Un bébé il a vraiment pas le choix, il peut qu’être un parasite.
- Ça plaît assez aux enfants pour qu’ils le restent jusqu’à leurs dix-huit ans – voire plus, s’ils peuvent se le permettre.
- Tu veux faire bosser les enfants ?
- Non, je voudrais qu’ils ne se complaisent pas dans leur paradis de consommation unique. L’enfance est la meilleure initiation, et conversion, qu’il soit au système capitaliste. L’enfance est le projet – régressif, comme tu le vois – de la bourgeoisie capitaliste. Tout ce que je veux, c’est qu’ils aient conscience de la dialectique de la consommation et de la production. Une société communiste saurait mettre en place ce genre d’initiation révolutionnaire : elle n’aurait pas le choix, de toute façon.
- Tu voudrais endoctriner les gamins !
- Pas plus qu’ils ne sont actuellement endoctrinés par le plaisir que, culturellement, on invente autour de la consommation du bébé. Le biberon, mais sans principe de réalité. Le biberon, sans que l’on dise la sphère de la production. C’est un endoctrinement, et nous y sommes tous passés. Nous sommes foncièrement des nostalgiques de notre enfance – rêve de parasitisme bourgeois. Nous sommes, nous des travailleurs et des fils de travailleurs, les meilleurs agents de propagande du capitalisme. Tu saisis la perfection paradoxale de la chose ?
- Ouais, je sais pas…
Dans son landau, le bébé remue ciel et terre en poussant des sons de désespoir.
- En fait tu dois avoir raison, tempère mon pote. Mais pourquoi l’endoctrinement que je fais à mon gamin passe comme une lettre à la poste ? Je veux dire : je le fais. J’aurais dû m’en rendre compte.
- C’est un endoctrinement non-dit. Tout le politique capitaliste – quand je dis politique je parle des relations entre les hommes – est non-dit. C’est le génie de l’intersubjectif.
- Peton-peton c’est une crapule, acquiesce mon pote.
- La pire !
- La pire. Ouais, à la fois, je m’en doutais. Il arrête pas de me réveiller la nuit, alors que je me lève à cinq heures du mat.
- Un vrai petit con arrogant bourgeois !
- Je te le fais pas dire !
Mon pote se décide à prendre le bébé dans ses bras, ce bébé qui me fusille d’un regard noir.
- Je vais changer la couche de peton-peton. Tu sais, je vais réfléchir à un moyen de traduire l’ordre du travail.
- Si tu fais ça, tu vas élever le premier bébé révolutionnaire de France.
- C’est vrai. J’ai de grands projets, pour lui.
 
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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 13:24

 

 



La semaine dernière, je m'épanouissais, corps et âme, à la campagne. Moult expériences, pléthore d'aventures, maintes initiations, foultitude de péripéties, traversèrent mon chemin. Sexuellement, je m'initiai aux joies du triolisme. Mais je ne vous raconterai rien, sales petits ingrats de lecteurs. Pourquoi, vous récriez-vous, au comble de la rage et de l'amertume, voire du désespoir ? Pourquoi ? Parce que SEULES DEUX PERSONNES m'ont souhaité de bonnes vacances tandis que j'avais annoncé mon départ. Je suis véner. Oh oui. Je suis véner. Vous êtes je sais pas combien à squatter ici gratos, mais pas un bonjour ni merde ! Donc, je ne lâcherai que dalle sur mes merveilleuses vacances.

Enfin, si, pour le triolisme, c'est un mensonge – hélas. Je voulais juste vous appâter.



Fi.



Je vais tout de même vous narrer une anecdote.

En vacances, je pratique le cyclisme. Comme le reste de l'année d'ailleurs, mais davantage encore en vacances.

Faisant ainsi du vélo sur une route de petite montagne sinueuse, j'assistai à un effroyable spectacle.

Trois mobylettes et un vélo me doublèrent.

Jusque là tout allait bien.

Le vélo était conduit par un homme torse poil. Bon. Pourquoi pas. Mais les trois mobylettes étaient, elles aussi, chacune conduite par un homme torse poil.

Ouais.

Je sais pas.

C'était bizarre, quand même. Je veux dire, torse poil sur une mob, c'est un peu dangereux si tu te pètes la gueule. La route était une côte assez raide, les mobylettes allaient pas vite, c'est vrai, mais ça craint, je trouve.

Or, ce n'était pas fini.



Le cycliste torse poil se tenait à l'épaule d'un des cyclomotoristes torse poil, afin d'être entraîné par le moteur de la mob.

Ouais.

Euh, non.

C'est juste super dangereux. Je veux dire, le cycliste, il glisse, n'importe quoi, il va dans les roues de la mob, tu vois le tableau.

 

 

 




 

mobylette.jpg

 

En gros, ça ressemblait à ça. T'as vu comment je dessine trop bien.



 

 

 

 

mobylette-2.jpg

 

Et y'avait encore les deux autres mobs qui suivaient derrière, côte à côte.







Derrière ces trois mobs et ce vélo, suivaient des automobilistes. Ben ouais. Vu que la route était sinueuse, les voitures pouvaient pas doubler ce curieux cortège, faute de visibilité.



Et voilà.

Trois mobylettes torse poil, un vélo torse poil qui s'accroche à une mobylette, puis derrière cinq bagnoles, le tout à 30 km heure vu que les mobs ça peut guère pousser plus loin sur une côte.



Et moi, sur mon vélo, qui vois passer cela, abasourdi.



Je me suis demandé. Pourquoi. Pourquoi sont-ils torse poil ? Il faisait chaud, mais sans plus.

Pourquoi le vélo s'accroche à cette mobylette ? Pourquoi le cycliste ne s'est-il pas assis à l'arrière d'une des mobs, en laissant son vélo, qui visiblement, ne servait à rien ?

Peut-être le but de la manœuvre était-il de conduire le cycliste en haut de la côte ? Ouais. Chelou, quand même. Mais, dans ce cas, pourquoi y aller à trois mobs ? Une seule aurait suffi à tracter le vélo.

Pourquoi ralentir toutes ces voitures ?

Et, je sais pas, mais, pourquoi torse poil ?



Que vont faire quatre mecs torse poil avec un vélo en haut d'une côte ?



Dans quel but ?



J'avoue.

La raison objective ou intersubjective  m'a échappé.



Et j'ai vu s'évanouir au gré d'un virage cette procession moderne, caravane de l'absurde, défilé de l'insensé.



Longtemps, cela m'a hanté.

 

 

 



 

 

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 12:33

 

 

J'ai quelques jours de vacances donc cette semaine pas de nouvel article sur le blog.

 

 

 

  http://25.media.tumblr.com/tumblr_m28o1fG5Vf1rpf3t6o1_500.jpg

   

 

Cherchez pas à l'agrandir, c'est pas moi sur la photo.

 

 

 

 

 

 

 

Je pars à la campagne faire du cyclisme et du triolisme hippie. Non pour le dernier je déconne, même si ça reste mon rêve collectiviste ultime.

 

 

http://www.top-blagues.com/img/images/mini-941-c2531a.jpg

 

 

 

 

J'ai plein d'idées de nouveaux billets dès mon retour. Si vous en avez à me soumettre, n'hésitez pas. Je recycle toutes les suggestions et les questions que l'on m'adresse ! Parfois je tarde un peu, volà tout.

 

 

D'ici là, replonge-toi dans le vortex des archives du blog de Stoni, fort d'un total de 267 articles !

 

 

 

 

 

 

Amusez-vous bien et bon courage si vous êtes toujours au taf.

 

 

 

 

 

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 14:16

 

 



Chez Gibert Joseph, je m'adonne à mon passe-temps favori : fouiner dans le rayon histoire. Sur l'étagère Révolution, je repère un bouquin « CNRS Editions » sobrement intitulé Robespierre. Je tire le bouquin et lis vite fait la courte bio de l'auteur, Jean Artarit, que je ne connaissais pas. Déjà, ça me rassure pas des masses. Le mec est psychanalyste, pas historien. Je crains le pire et découvre la quatrième de couv, qui confirme mes suspicions :



Les contemporains de l’« Incorruptible » ont vite constaté sa dimension pathologique : froideur, penchant suicidaire, délire de grandeur et de persécution. Un profil de paranoïaque conduisant à des agissements typiques : la division pour mieux régner, l’atmosphère de suspicion et de délation imprimée par la peur, la désignation d’ennemis à éliminer physiquement, le contrôle des institutions, la rigidité comme conduite…

Comment cet infirme psychoaffectif est-il devenu un porte-drapeau idéologique ? Ses drames intimes sont-ils à l’origine de la Terreur ? Qui était, au fond, Maximilien Robespierre ? Une approche ambitieuse et novatrice pour comprendre les ressorts de la violence révolutionnaire.



La preuve par neuf sur ce lien.

Wallah. Ma première réaction est de reposer le livre en déclarant tout haut : « quelle honte ». Les gens autour de moi me lancent des sales coups d’œil, mais c'est ainsi, des fois je parle tout seul. Jean Artarit, l'auteur de ce magnifique livre, en déduirait probablement que je suis un " infirme psychoaffectif ". Ma foi, ça fait 28 ans que je vis avec ça et je tiens la route malgré tout.

 

 

 

Ok. Je vais pas écrire un truc contre ce gars, je m'en fous. Je veux dire, des anti-robespierristes, ça a toujours existé et ça existera toujours. En plus, un bouquin édité à l'origine chez La Table ronde, la maison d'édition d'extrême-droite amie avec le Front National, qu'est-ce tu veux que je perde du temps à le tailler ? Ça me préoccupe moins que le scandale Sexion d'Assaut.

 

 

 

 

robespierre.jpg

 

Voilà l'homme responsable des pires maux endurés par

l'univers depuis 1794 :  l'affaire Zahia, c'est lui, l'algue verte, c'est lui,

la couverture des JO par France Télévision, c'est lui. Salaud.

 

 

 

Or, y'a tout de même deux trucs qui me cassent les cacahuètes dans cette affaire.



1 / Depuis quand les ouvrages de « psychanalyse historique » sont classés au rayon histoire ? Le mec n'est pas historien. Il fait une psychanalyse deux cents après. Il a le droit, moi j'écris bien des romans après tout. Mais putain, faut pas tout mélanger, histoire et psychanalyse machin, c'est pas pareil, bordel de topinambour !



2 / Le CNRS, c'est pas un truc public, ça ? Oh, si mes impôts ont payé cette connerie de CNRS Editions, y'a de quoi se pendre ou virer anarchiste. Je vous jure. Oh, CNRS Editions, s'ils veulent, ils peuvent aussi éditer, après « la psychanalyse historique », des « astrologies historiques ». Genre, tu prends Robespierre, tu fais son thème astral et t'interprètes toute sa vie à partir de ça. En plus je sais faire les thèmes astraux, pour un bon à-valoir je leur ponds toute une série d'astrologies historiques, s'ils veulent. Tiens, je vais leur proposer, d'ailleurs.







Enfin. Je m'arrête là, j'aime pas être méchant.





 



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