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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 13:34

 

http://www.le-webmarketeur.com/wp-content/uploads/2012/01/3-suisses-chouchou.jpg?25a3a7

 

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Comment j'ai travaillé chez les putains de 3 suisses

 

 

 

 

Première partie : un premier pas dans la secte

 

 

 

 

 

 

C'était en 2006. J'étais jeune, j'étais naïf, j'étais pauvre. Je fus traumatisé.

C’est un peu mon Vietnam de salarié, que je vais vous raconter. Mon seul vrai trauma professionnel. Cela dura trois jours. Trois jours en enfer.



Tout frais émoulu de ma vingt-troisième année, je cherchais un emploi à temps partiel. N'importe quoi. En petits boulots, j'ai à peu près tout fait. Livreur, distributeur de journaux, manard, etc, etc. Bêtement, je me tournai vers l'intérim. Je me pointai avec mon petit CV dans une de ces succursales ô combien parasitaires que nous appellerons
Intérim SA.

Je me trouvai face à une jeune employée bien mise.

- Vous avez été télé-enquêteur ? Releva-t-elle dans mes dizaines d'emplois divers et variés.

En effet, j'avais fait des enquêtes par téléphone, entre autres aventures professionnelles exaltantes au cours de ma jeune existence.

L'employée bien mise me soumit aussitôt une offre d’emploi.

-Il s’agit d’un poste de conseiller clientèle, en réalité, vous réceptionnez des appels de clients pour un leader français de la VPC. Vous enregistrerez les commandes et…

Interloqué, je demandai ce que signifiait VPC : vente par correspondance. L’entreprise concernée : les 3 Suisses.

Je demandai si j’aurais à assurer une quelconque responsabilité de vente, ce à quoi je me refusai. La jeune employée d’Intérim SA me répondit par la négative. En gros, je serais le type que vous avez au bout du fil quand vous appelez pour commander la doudoune vert pomme référence 345BA230 et la cafetière Brandt 830HL173. Ce programme ne me dégoûta pas, mais je spécifiai que je désirais travailler à temps partiel, en journée et surtout pas le week-end. La jeune femme acquiesça, encore plus enthousiaste que moi. Elle me servit tout un baratin sur la possible reconduction de mon contrat intérimaire en  CDI , ce qui, à ses yeux, semblait être une sorte de manne céleste octroyée par un autorité managériale excessivement magnanime.

Candide, je m’attendais à être envoyé chez les 3 Suisses  dès le lendemain, afin de commencer mon boulot. Que nenni ! Au lieu de me faire signer un contrat de mission intérimaire, la jeune employée me fixa un entretien, non pas avec les 3 Suisses, mais avec Intérim SA. Ces derniers désiraient s’assurer de mes compétences grâce à un test.


Je revins quelques jours plus tard pour une simulation de situation professionnelle. Ce qui, concrètement, se déroula de la sorte : la jeune employée bien mise m’enferma dans un bureau aveugle, où je commençai à prendre peur (allais-je être assailli par une meute de voleurs, de violeurs, d’assassins ?). Le téléphone du bureau sonna et je décrochai, hébété.

- Voilà la mise en situation ! ricana la voix de la jeune employée au bout du fil. Je suis une cliente, vous voulez bien ? Bon, je veux commander une machine à laver. Laquelle vous me conseillez, M. Stoni ?

Toujours hébété, je récupérai la documentation qu’elle m’avait fournie avant de me foutre en quarantaine. J’y trouvai trois pages photocopiées, illisibles, au sujet de plusieurs machines à laver, assorties de leurs caractéristiques. Nous poursuivîmes notre simulation tandis que, tout en retenant un fou rire, je l’interrogeai sur son budget et sur la machine à laver dont elle rêvait. Ma conversation la convainquit, car, une fois qu’elle se fit l’heureuse acheteuse d’une Miele réf. 574FN298, elle me délivra de mon emprisonnement pour me refiler un test de personnalité.

Face à ces trente pages de QCM, je me demandai si je postulais pour faire agent des RG ou pour un simple emploi de conseiller clientèle (l’euphémisme pour désigner le type qui prend vos commandes).

Etant d’un naturel assez obstiné, cette mascarade ne m’avait pas encore découragé, et convoitant donc toujours ma mission intérimaire, je mentis copieusement pour feindre un profil commercial.

 

Question 23 : Vos occupations le week-end ? a) lecture b) ciné tout seul c) sorties festives avec mes nombreux amis

 

Je cochai c), ce qui était d’une fiction notoire, etc.

dès que j’en eus fini de me réinventer en mec inculte, extrêmement sociable et féru d'esprit de compétition, la jeune employée bien mise corrigea mon test de personnalité, pour ensuite m’annoncer (tandis que j’imitais un air agréablement surpris) que je correspondais pile poil au profil du poste (un mec inculte, extrêmement sociable et féru d'esprit de compétition, donc) – j’en avais de la chance, dites donc !

Là, je m’attendais une nouvelle fois à être expédié dès le lendemain chez les 3 Suisses pour enfin commencer mon travail. Que nenni, deuxième édition ! La jeune employée préféra me fixer un autre entretien, mais cette fois avec LE DIRECTEUR DU PLATEAU TELEPHONIQUE des 3 Suisses, s’il vous plaît. Je refoulai mon impatience et approuvai d’un son de gorge atrophié.


Le surlendemain, je me pointai au rendez-vous. Le directeur, un gus en costume, me fit visiter le plateau téléphonique avec un enthousiasme qui me porta à l’interrogation : était-il sous cocaïne ? Des quarante postes de travail, soit, un ordinateur, un téléphone et un casque équipé d’un micro, tous les mystères me furent livrés. Puis il me conduisit dans la grandiose salle de réunion, lui assis à l'extrémité d’une table prévue pour une trentaine d’intervenants, moi assis à l’autre bout, ce qui nous obligea à nous hurler les phrases que nous nous échangions. Ces phrases s’articulèrent d’abord sur des considérations indispensables sur la pluie et le beau temps (« il pleut pas mal depuis la semaine dernière, non ? »), moins initiées par moi que par lui, cela va de soi. Puis il en vint au fait et me mitrailla de questions sur ma personnalité (que je prétendis être celle d’un mec inculte, extrêmement sociable et féru d'esprit de compétition, vous l’aurez deviné) et sur mon parcours professionnel (soit, des petits jobs de merde). Bref, ce superbe baratin s’étendit sur une bonne heure, au terme de laquelle je ne savais toujours pas si j’étais sélectionné ou non pour cette mission d’intérim.

Il eut néanmoins la prévenance de me confier que c’était Intérim SA qui me communiquerait la fameuse information, dont la décision lui nécessitait un certain temps de réflexion, apparemment.

 

 

 

 

tchekhov

 

 

 

 

Je repartis donc chez moi quelque peu dubitatif.

A peine revenu dans mon deux pièces, mon portable sonna et la voix de la jeune employée bien mise me salua tout miel.

- Excellente nouvelle, M. Stoni : vous êtes pris chez les 3 Suisses!

- Euh, en intérim, c’est d’intérim dont on parle, hein ?

Car, vu l’euphorie amphétaminique dont cette fille faisait preuve, je me demandais si je n’avais pas été directement engagé via le providentiel-miraculaire-canonisable CDI !

-Pardon ? qu’elle expectora.

-Non rien… Alors, d’accord, c’est une bonne nouvelle, hum.

-Y’a juste un tout petit problème. Vous avez dit à M. Costume que vous n’étiez pas disponible le samedi. Et il faut être disponible le samedi. Vraiment. Sinon vous commencez mercredi.

Stupéfait, je me souvins lui avoir clairement dit que je ne désirais pas travailler pendant les week-end. Bon, j’acceptai quand même, en espérant pouvoir m’arranger avec l’employeur une fois sur place.

-Quand est-ce que je peux venir signer le contrat ?

-Oh mais vous viendrez la semaine prochaine, pour ça, on est pas pressés…

-Ben si, je ne commence pas une mission sans avoir signé un contrat. J’ai eu une mésaventure avec ça une fois, je ne veux pas que ça se reproduise.

-Mais puisque vous êtes pris !

-Si la mission est annulée au dernier moment, la loi oblige l’agence d’intérim à me rémunérer tout de même, mais pour ça je dois avoir signé le contrat…

-Bon, bon ! Venez cet après-midi !

Là-dessus, elle raccrocha, en boule, soupçonnant probablement en moi un sectateur cégétiste patenté. Je retournai la voir pour parapher mon contrat, lequel concernait uniquement ma période de formation, qui je l’appris avec consternation, allait durer trois jours ! Quelle science secrète allait-on m’inculquer, pour que cela requît deux longues journées et une non moins longue demi-journée ? Dix-huit heures ? Je me souvins avoir été formé aux sondages par téléphone en deux heures, et il ne me semblait pas que la prise de commande fût tellement plus compliquée.


Et ces trois jours, ce sont ceux dont j’ai parlé en introduction, car je n’étais pas destiné à aller au-delà.

 

 

Si quelque science secrète on tenta de m’inculquer pendant cette vingtaine d’heures, ce n’est point celle de la prise de commande, mais celle du lavage de cerveau et du bourrage de crâne.

 

 

 

 

 

Au terme de ces plusieurs entretiens vétilleux non rémunérés, j’arrivai un beau matin au plateau téléphonique.

Immédiatement, on m’enferma (une nouvelle fois) dans une salle de réunion, non plus seul, mais en compagnie de quatre personnes dans la même situation que moi.

Toutes attendaient le formateur, trépidantes d’impatience. Le formateur s’avéra être une formatrice, quinquagénaire en tailleur easy relax, qui se pointa avec une VHS, alluma la télévision, et nous imposa un visionnage. Elle nous annonça qu’il s’agissait d’un reportage sur les 3 Suisses, au cas où nous ne connaîtrions pas. Puis, la démoniaque VHS lancée, elle disparut.

 

 

 

 

Dans un silence respectueux, nous assistâmes à trente minutes de célébration ininterrompue à la gloire des 3 Suisses. Leur histoire incroyable : partant de rien du tout, quelques messagers avaient monté une petite boîte de vente par correspondance (le pathos misérabiliste) qui en quelques décennies, était devenue un véritable empire de la doudoune vert pomme et de la cafetière Brandt livrées par la poste (l’irrésistible ascension qui ferait passer Tony Montana pour un amateur). Les chiffes d’affaires pharaoniques nous furent débités sur fond de diagrammes abscons. Des reportages dévoilèrent des employés thuriféraires louant la qualité de leurs conditions de travail (« j’ai des RTT deux fois par semaine ! » ou « les 3 Suisses, c’est bien plus qu’une entreprise, c’est un esprit de famille »). Après quoi, le reportage s’intéressa aux produits, plus spécifiquement aux vêtements, ligne phare retravaillée par des designers de mode à lunettes (« cette année, nous avons misé sur les teintes automnales, car nous visons la jeune femme dynamique qui travaille, la Bridget Jones française, hi hi hi ! »). Pour finir, nous eûmes droit à la valorisation de l’outil téléphone, avec des images filmées au plateau téléphonique (que je ne reconnus pas), truffées de conseillers clientèle ravis (« nous sommes le premier contact avec le client, nous sommes la clé de voûte de les 3 Suisses !») et visiblement drogués (« les 3 Suisses, c’est cooool ! »).

Pendant cette infâme vidéo, je haussai les sourcils en refoulant des ricanements sidérés.

La vidéo arrivée à son soulageant terme, j’espérai pouvoir respirer un peu. Hélas, la formatrice se fit attendre, aussi mes camarades entamèrent-ils une discussion sur les
3 Suisses, et cela avec un amour passionné.

-C’est vraiment une opportunité pour nous ! Ils nous proposent un super poste.

Je précise que tous avaient été engagés en intérim pour le même emploi que moi, celui de conseiller clientèle, rémunéré au SMIC, bien entendu.

-Y’a des possibilités d’évolution géniales ! On peut peut-être arriver à être chef d’équipe ! Vous vous rendez compte ?

-Et puis ça se voit qu’y a une bonne ambiance, les patrons ont l’air super cool, chuis trop contente !

Dans mon coin, je me contentais de hocher la tête en me demandant si Intérim SA avait oublié de me fournir des pilules euphorisantes, type ectasy et consorts.

 


La formatrice revint au bout d’une autre longue demi-heure, et nous demanda notre feedback quant à la vidéo. Chacun notre tour. Mes camarades s’étendirent en superlatifs mélioratifs, et quand mon tour vint, je lâchai un mou : « Ouais, on a appris pas mal de trucs. » Là, la formatrice eut un regard circonspect et nota ma réponse sur l’une de ses secrètes fiches. J’entrepris de penser que nous étions repérés, ma sobriété et moi.

Ensuite, nous fûmes obligés de nous présenter. Mes camarades ne se contentèrent pas de livrer leur nom et leur âge : ils distillèrent également toutes les étapes de leur parcours professionnel, leurs motivations pour rejoindre les 3 Suisses(qui, apparemment, marquait un nouveau tournant dans leurs vies), puis leurs passions diverses et variées (animaux de compagnie, sports, mode, etc…). Je fus mortifié quand mon tour vint, ne sachant que dire au juste sinon mon prénom et mon patronyme. Puis je me tus. La formatrice attendait une potentielle suite, ses yeux grand ouverts dardés sur ma pomme. Cela dura, alors je rouvris la bouche pour accoucher d’un pitoyable :

-Pour l’instant j’ai surtout fait des petits boulots. Ben voilà quoi.

Que pouvais-je raconter d’autre ?

J’eus droit à cinq paires d’yeux interloqués, dont une paire davantage assassine qu’interloquée : celle de la formatrice.

Elle oublia son indignation pour introduire l’heure des questions. Eh oui, si nous avions des questions, c’était le moment ou jamais ! Je m’attendais à des choses très prosaïques, par exemple au sujet de la rémunération, des horaires. Manqué-je d’imagination ? Car mes camarades ne s’encombrèrent pas une seconde de ces sujets-là, leur préférant des préoccupations qui me laissèrent pantois.

-Sur la vidéo, on voit bien que les 3 Suisses veut cibler un public plus jeune. Franchement, vous avez encore beaucoup de travail à faire à ce niveau-là ! Non je dis ça parce que je suis assez fashion quoi, vous voyez, et c’est dommage parce que j’aimerais trop m’habiller chez vous, c’est quand même plus pratique, et puis, on aura droit à des réductions, non ?

Au sujet des réductions, tout le monde se réveilla dans des accès utopiques.

-Ah bah oui, on a droit à quoi comme réductions ?

-On peut en faire profiter nos amis ?

-Sur toutes les pages du catalogue ?

Eh bien, ils furent déçus, car ils n’avaient droit à rien ! La formatrice les endormit avec un baratin sur le fait que, si nous passions en salutaire-providentiel CDI, nous aurions droit à de misérables pourcentages de ristourne sur un produit chaque mois, ce qui eut toutefois l’efficacité de soulager toute la bande.


Après quoi, nous entamâmes la formation proprement dite.



Nous pénétrâmes dans une salle pourvue d’ordinateurs, et, innocent jeune homme que j’étais ! je pensais que nous allions nous mettre au boulot, apprendre les rudiments du logiciel, je ne sais trop quoi.
Que nenni, troisième édition ! La formatrice nous fit disposer les sièges en demi-cercle devant elle, qui trônait ainsi en vénérable déesse devant nos prunelles ébahies.

Tout la journée durant, jusqu’à six heures du soir, nous restâmes assis dans cette position. Et toute la journée durant, nous l’écoutâmes nous asséner la divine parole de l’entreprise.

D’abord, son discours se fit offensif.

-Avant de commencer, je tiens à vous dire que nous, on cherche des gens vraiment motivés. Si pour vous le poste de conseiller clientèle c’est uniquement un travail alimentaire, je vais être sincère : levez-vous et prenez la porte. Nous on veut des gens qui ont envie de se défoncer, qui vont au-delà d’un salaire pour manger. Si c’est ça que vous cherchez, vous prenez vos affaires et vous vous en allez. C’est bien clair ?

Je puis vous assurer qu’à ces mots, ma cervelle exécuta une sensationnelle pirouette sur elle-même. J’étais tellement scié que je dus me concentrer pour ne pas blêmir.



Nous étions des intérimaires.

L’une d’entre nous n’était même pas rémunérée à quelque niveau que ce soit par les 3 Suisses, mais par les ASSEDIC (principe du stage de « réinsertion » en entreprise, pain béni pour les patrons qui jouissent ainsi d’une main-d’œuvre totalement gratuite).

Nous étions payés au SMIC.

 

 

Et on osait exiger de notre part de ne pas considérer ce travail merdique comme un travail alimentaire. Précarité, salaire de misère, et par-dessus le marché, allégeance totale au patronat !

Mon envie de cracher à la gueule de notre formatrice prit une ampleur effarante.

Et j’hésitai à en effet me lever et me tirer, tant je me sentais insulté.

Pendant plusieurs secondes qui requirent toute mon énergie intellectuelle, je pesai le pour et le contre. Une chose était sûre : je quitterais cet enfer au plus vite. Mais où était mon réel avantage ? Me tirer dès la première matinée et me faire sucrer ma rémunération pour la période de formation ? Ou bien, prendre mon courage à bras le corps, finir la formation, respecter le contrat que j’avais signé et me faire payer en totalité ?



Je décidai donc de rester jusqu’au terme de ces trois jours.

 

 

http://www.topito.com/wp-content/uploads/2012/05/Chiens-suspicieux010.jpg

 

La formatrice nous distribua une documentation d’une centaine de pages sur la culture d’entreprise. La grand-guignolesque célébration de la VHS me parut bien inoffensive, dès lors. Car ce fut un soliloque interminable qui s’instaura, sur tous les bienfaits des 3 Suisses, qui visait à faire de cette société notre nouvelle religion. Avec sa Genèse : les trois quatre coursiers qui ont monté leur petite boîte, donc. Son Exode : la fièvre de l’accumulation capitaliste, les millions de clients, l’établissement à l’étranger. Ses Prophètes : les différents patrons bien sympathiques qui s’étaient succédés, et tous les changements révolutionnaires qu’ils introduisirent. Son Lévitique : l’institution divine sous toutes ses coutures et ses actions sociales et humanitaires de par le monde. Son Deutéronome : fort de son propre décalogue, les 3S (sourire, sympathie, spontanéité) auxquels nous devrions nous conformer corps et âmes, plus tous les codes sociaux à intégrer (la bise sur les deux joues quand on souhaite bonjour à un collègue, le tutoiement, le déjeuner pris en société…).

En ce qui concernait la bise sur les deux joues, cela me posa un gros problème. De fait, dès que je croisais quelqu’un dans les couloirs (quand nous étions relâchés des séances de lavage de cerveau pour aller aux toilettes, par exemple), je m’excusai en prétendant que je souffrais d’une grippe virale...

 

 

 

 

Stoni finira-t-il la démoniaque formation ? Rejoindra-t-il la secte des 3 Suisses ? En deviendra-t-il grand sachem ? Bernard et Bianca voleront-ils à son secours ?

 

 

La suite est ici !

 

 

 

 

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 13:45

 

 

femme.jpg

 

 

 

 

Au lycée, je dessinais des jolies nanas pour mes collègues.

Sans être un génie, j'avais un bon coup de crayon.

 

Mes potes me demandaient des meufs plus ou moins habillées, parfois ils m'apportaient des photos de magazine pour que je m'en inspire.

Je dessinais en cours, au fond de la classe. J'avais besoin d'un petit miroir de poche car je décelais uniquement les défauts dans le reflet. Pourquoi ? Je ne sais pas.

 

Mes dessins étaient populaires.

Plus tard, j'eus une phase samouraï et tout un gang ninja se dissémina, sur leurs feuilles de papier machine blanc, ici et là, dans les agendas de mes camarades. Je dessinais des rappeurs, enfin, tout ce qu'on me demandait et que j'étais capable de reproduire.

 

Les filles de la classe réclamaient aussi des dessins.

Jamais elles ne me demandèrent des samouraïs, ni des beaux gosses – et pourtant j'étais doué pour les beaux gosses...

Elles demandaient des pin-up, exactement comme les mecs. Moins vulgaires, mais les poses lascives en bikini ne les dérangeaient pas. Au contraire.

 

Je leur proposais, parfois, des beaux gosses – parce qu'au bout d'un moment, les bonnes femmes en bikini et les samouraïs, j'en avais ma claque.

Mais non. Elles voulaient des belles meufs. Je m'exécutai.

 

Je n'ai jamais compris pourquoi les mecs demandaient des femmes, et les femmes demandaient également des femmes.

La probabilité que je sois toujours tombé dans des classes totalement lesbiennes défie toute statistique...

 

Même à l'âge adulte, le phénomène se poursuit. Des nanas (plutôt hétéros à ma connaissance) de mon entourage me demandent de grands dessins de meufs pour les épingler au mur de leurs appartement.

 

 

 

 

 

Alors, le mystère demeure. Pourquoi ?

 


 

 

 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 13:39

 

 

 

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Une chose à savoir sur les Beatles :

ils aimaient se déguiser.

Ça tombe bien, moi aussi.

 

 

 

 

 

 

Les Beatles étaient quatre jeunes gens britanniques, ma foi fort sympathiques, issus de la classe ouvrière, qui firent de la musique pop de 1960 à 1970.

 

Ainsi, ils gagnèrent beaucoup d'argent.

 

L'époque voulut qu'ils se convertissent aux drogues plus ou moins dures, à l'hindouisme (pour George Harrison), au végétarisme (pour Paul McCartney) et à l'agit-prop politico-mondaine (pour John Lennon). Ringo Starr, lui, se convertit uniquement à être Ringo Starr, c'est-à-dire lui-même.

 

Ils se séparèrent.

Tous continuèrent à gagner beaucoup d'argent, tout du long de leur existence.

 

 

 

 

http://britishcars.files.wordpress.com/2012/03/rolls.jpg

John Lennon, sa progéniture et sa Roll's-Royce.

Une chose à savoir sur les Beatles :

ils étaient claqués de pognon.

Ça tombe mal, pas moi.

 

 

 

 

 

 

Paul McCartney poursuivit son existence pépère de végétarien fortuné, tandis que Ringo Starr persista à être Ringo Starr.

 

En 2011, Scorcese consacra un long-métrage documentaire à George Harrison intitulé Living in the material world – vivre dans le monde matériel. A la base Living in the material world était un album solo de George Harrison dédié entre autres aux philosophies orientales.

 

Ce film porte bien son nom, quand on sait qu'il retrace l'existence du Beatle. Car, malgré tout, Harrison vivait bel et bien dans le monde matériel. Malgré tout : malgré les drogues plus ou moins dures, malgré l'hindouisme, malgré la « coolitude » qu'il se plaisait à revendiquer. Vous comprenez, après les Beatles, George Harrison pratiqua la course automobile comme hobby de millionnaire. Pour investir son fric, il produisit des films de cinéma.

Il fallait bien qu'il s'occupe.

 

John Lennon, lui, s'adonna au militantisme de riche pour la paix et contre la guerre. Il écrivit une chanson Working class hero, soit, le héros de la classe ouvrière. Le héros de la classe ouvrière vécut dans un immeuble de luxe à Manhattan et plaça son fils en pension en Suisse (75 000 € l'année de scolarité).

 

Comme quoi, lui aussi vivait malgré tout dans le monde matériel.

 

 

 

Tels furent les Beatles, le groupe de musique occidental le plus célèbre du vingtième siècle.

 

 

 

 

 

 

 

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 13:31

 

http://images-00.delcampe-static.net/img_large/auction/000/092/612/009_001.jpgStyle genre.

 

 

 

 

Quand j’étais petit, mon père avait trouvé un très bon moyen de me calmer lorsque je foutais le boxon. Il me disait :

- Si tu continues, je vais t'envoyer en pension en Suisse !

J’avais quoi ? Trois, quatre, cinq ans.

Et j’y croyais.

Je n’avais pas compris qu’il était ironique. Il prononçait cette menace avec tout le sérieux de son autorité paternelle. Vu le ton lugubre, vociférant, qu’il empruntait, j’avais comme une légère tendance à redouter cette perspective.

Dans certains jours audacieux, je lui demandais :

- C’est comment, la pension en Suisse ?

Le regard sombre et légèrement détourné, il répondait :

- Vaut mieux pas que tu le saches.

Mon imagination prenait logiquement le relais – mon imagination a d’ailleurs toujours pris le relais, au point que j’en fasse mon métier.

 

De la Suisse, je ne savais pas grand-chose à l’époque. Excepté ce que j’avais vu dans les dessins animés – genre les enfants qui couraient parmi les alpages pour aller traire les vaches.

 

La pension en Suisse, je m’en construisis rapidement toute une représentation mentale. Une immense ferme pénitentiaire, envahie par des milliers de gamins renvoyés par leurs parents. Ces gosses, habillés de sordides bermudas en toile de jute, étaient pour ainsi dire abandonnés à eux-mêmes, sales, la culotte trouée, les pieds nus. La nourriture consistait en une sorte de gruau versé dans des auges autour desquelles les enfants se bagarraient pour puiser une simple bouchée. Le reste de la journée, ils étaient assignés à des tâches agricoles immondes. En petit citadin, je connaissais mal la vie à la campagne, plus mal encore la vie à la ferme, et me figurais qu’on cultivait toujours la terre comme on le faisait au Moyen-Âge. La pension en Suisse occupait les enfants à bêcher d’incommensurables jardins, à faucher des hectares de blé et à conduire des bovins récalcitrants dans des prairies boueuses, cela dans des conditions climatiques extrêmes.

 


 

children-farm.jpg

 

Ma pension en Suisse, c'était à peu près comme ça.

 

 

 

 

 

 

Je ne sais plus après quel forfait mon père s’exclama :

- La pension en Suisse, c’est pour demain !

Ce qui eut pour effet immédiat de me faire filer dans ma chambre. J’étais terrorisé. Puis je repris mes esprits en pensant : ok, la pension en Suisse, cette fois t'y couperas pas, mon sagouin. Maintenant, tu dois juste réfléchir à la meilleure façon de te faire la belle.

Je me promis de bien étudier les lieux une fois arrivé dans la ferme pénitentiaire. Il y aurait forcément une faille. Je dressai l’inventaire de tous les moyens d’évasion que je connaissais. La corde, les draps noués, le travestissement, etc.

 

Passés mes six ans, je perçus la dimension blagueuse de la pension en Suisse, jusqu’à ne plus lui accorder aucun crédit. N’empêche, je ne voyais toujours pas ce que c’était exactement, cette pension en Suisse. Je questionnais mes amis à l’école, personne n’avait jamais entendu parler d’une pension en Suisse.

Et puis, un jour, j’ai su. Ce qu’était réellement une pension en Suisse. Soit, une école de luxe pour les classes très supérieures.

Je fus muettement consterné.

C’est comme si toute ma petite enfance, mon père m’avait dit « si tu continues, je t'expédie sur la lune en Roll’s Royce ! » et que j’y avais cru. Autant trembler à l’idée de toucher un million d’euros… cela n’avait pas la moindre chance de se produire.

 

 

 

 

 

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Le truc le pire qui aurait pu m'arriver dans une vraie pension en Suisse

c'était de m'acoquiner avec les Strokes.

 

 

 

 

D’ailleurs, avec le recul de l’âge adulte, je trouve cette histoire de pension en Suisse assez cynique de la part de mon père, surtout quand on sait à quel point nous étions pauvres.

 

 

 

 

 

 



Toi aussi ton père t'a traumatisé avec la pension en Suisse ?

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 14:09

 

 

 

J’ai posté, en début de semaine, un témoignage accablant d’une consœur sur sa première expérience éditoriale.

Pour compenser un peu, aujourd’hui j’ai décidé de te raconter, ami lecteur, un truc positif lié au métier d’auteur. Mais pour trouver une anecdote heureuse, j’ai dû chercher longtemps, très longtemps, très très longtemps… non je déconne.

 

 

L’autre jour je me baladais tranquille dans la rue. Et pis, y’a un couple qui m’interpelle sous mon nom d’auteur. Et c’est marrant car je réagis normal, style genre c’est mon vrai blaze, et je regarde ce couple sans les remettre tout de suite. Puis je me répète le nom avec lequel ils m’ont appelé et je me dis : ok, c’est des lecteurs. Là, je me souviens très bien d’eux. Ils étaient venus me rencontrer lors d'un salon du livre.

Ils sont tous contents de tomber sur moi par hasard, ils viennent de lire mon dernier bouquin. Ils ont adoré, ils n’ont pas lâché le livre avant la fin, le truc de malade, quoi. Je souris bêtement en disant « ah, tant mieux, je suis content que ça vous ait intéressé, merci ». Dans ces moments-là, je ne sais jamais trop quoi dire. C’est con mais je me sens tout pataud et tout bizarre quand des lecteurs viennent me dire qu’ils ont surkiffé mes romans. De toute façon, qu’y a-t-il à répondre ? Rien. Tu les laisses parler, voilà tout.

Ce couple, c’est des gens bien. Je sais pas, des fois, y’a des gens qui vous tapent dans l’œil plus que d’autres. Eux, c’est leur cas. Des gens simples, polis – je crains assez les lecteurs qui te tutoient et te racontent leur dernier plan cul alors que, pour toi, au cas où ils auraient oublié et objectivement ils ont oublié, ce sont juste de parfaits inconnus – charmants, pas des bourges, juste des gens normaux, je sais pas trop comment les qualifier, des gens qui pourraient être mes voisins. Je suis heureux que mes romans séduisent ce genre de personnes. Ils ont l’enthousiasme un peu naïf des lecteurs qui ne savent rien du monde de l’édition, et je les envie. Ils me demandent pourquoi, depuis un certain temps, je ne fais plus de salon ni de signature. Je réponds que je travaille beaucoup sur un projet, je ne glisse pas la moindre allusion à la répulsion que m’inspire le milieu littéraire – quelle putain de victoire sur moi-même. Rester positif, ne pas déballer des trucs négatifs à des gens qui n’ont pas demandé à connaître l’envers du décor.

Ils me posent des tas de questions à propos du projet sur lequel je travaille, je réponds un peu, pas trop, je n’aime pas parler d’un texte dont je ne suis même pas certain qu’il sera un jour édité.

La femme me raconte alors :

- La semaine dernière j’étais dans le métro et je terminais votre roman. La personne à côté de moi lisait à la dérobée et se trémoussait sur son siège… Je voyais que le livre l’interpellait et je lui ai montré la couverture en disant : c’est un jeune auteur fantastique, vous devriez absolument le lire. Et mon voisin de siège a répondu qu’il vous connaissait très bien, car il était bibliothécaire, et qu’il trouvait vos livres abominables… Si vous saviez comme j’ai pris votre défense ! Jusqu’au terme du trajet, je me suis fait un malin plaisir à chanter vos louanges rien que pour l’ennuyer. Celui-là, il saura que vous avez un lectorat derrière vous, à l'avenir !

 

 

 

Voilà, maintenant je sais qu’il y a des gens, quelque part en France, qui vont argumenter des heures sur mes qualités d’écrivain, juste histoire de faire bien chier mes détracteurs.

 

 

Ben moi, ça m’a fait plaisir.

 

 

 

 

 

 

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 14:00

 

 

 

 

Chers camarades lecteurs, j’ai reçu ces derniers jours un témoignage édifiant.

Une auteur m’a fait parvenir le récit de l’édition de son premier recueil de nouvelles. Sa volonté de témoignage était simple. Elle désirait, comme moi, faire part de sa réalité de l’édition.

 

Cette histoire, hélas vraie, recoupe bien des articles de mon blog.

 

En voici le texte intégral. Mes remarques personnelles et mes renvois vers d'autres billets figurent dans une autre couleur.

 

 

 

 

Comment j'ai fini par être éditée...chez un VRAI éditeur!

 

 

 

Je suis ex-pigiste de presse, ayant publié des ouvrages "alimentaires" chez des éditeurs spécialisés. Il s'agissait, bien entendu, de commandes. Par ailleurs, j'écris pour mon plaisir depuis toujours et ai commencé à envoyer régulièrement des manuscrits de littérature générale dans ma jeunesse, en pure perte. Vous aurez compris que j'ai toujours eu le virus...

 

En 2007, je tombe dans le panneau d'un concours national de nouvelles d'un magazine féminin très réputé avec sujet imposé qui m'inspire à fond et j'ai la ferme intention de gagner le premier prix : une façon d'être enfin éditée chez un grand. Je travaille donc d'arrache-pied pendant plusieurs mois, nuit et jour, afin de fournir un truc chiadé : quatre nouvelles très abouties que je dépose moi-même au journal, pour éviter une éventuelle perte. Loin de gagner le concours, je reçois gracieusement, en tant que prix de consolation, le recueil publié... consternation à sa lecture... un pet de rat, une sous-merde!

 

 

 

A ce sujet, lire mon article sur la pertinence, la réalité et l’utilité des concours de nouvelles.

 

 

 

 

Je digère. Que faire avec mon petit chef d'œuvre ? Je ne me démonte pas : le peaufiner encore et l'envoyer aux éditeurs!

Entre 2008 et 2009, je le fais parvenir à presque 40 maisons et encaisse des réponses-bateau les unes sur les autres, comme tout le monde. Enfin, un grand éditeur parisien m'envoie un carton signé de ses graphes : " Madame, nous avons beaucoup aimé votre manuscrit "X" : alacrité, humour, noirceur, maitrise du sujet, tout y est... mais aussi parfois un peu trop d'ostentation, et vous savez, les nouvelles... Croyez, en tous cas, à toute notre considération ". Totalement néophyte, j'ai tenté d'entrer en contact avec la directrice littéraire auteure du billet, avant de battre en retraite : barrage. C'est ce qu'il ne fallait surtout pas faire!

 

 

 

Lire mon article sur la difficulté de l’édition des nouvelles. C’est ce que voulait signifier cette directrice littéraire à notre amie écrivaine, je pense. Je crois cependant que la prise de contact avec un éditeur qui vous envoie ce genre de petit mot reste une bonne idée. Parfois, cela n’aboutira pas, mais c’est bien d’essayer. Une courte lettre de remerciement sera probablement appréciée.

 

 

 

 

En 2009, n'y croyant plus, je décide de m'auto-éditer, tandis que mon mari, en déplacement en province, rencontre chez des amis une jeune femme qui lui apprend, au cours de la conversation, qu'elle a été éditée en 2008 chez un petit éditeur parisien, puis chez France Loisirs, soit au total : 40 000 exemplaires vendus! Mais l'écriture, ce n'est pas son truc, juste une expérience, pour le fun, elle est passée à autre chose, et décline même le nom de la maison. J'envoie le BAT papier de mon bouquin autoédité, sans aucune illusion, puis j'oublie. Entre temps, j'ai déjà vendu autour de moi la moitié des exemplaires reçus, soit 150. Les gens adorent, certains me repassent des commandes pour faire des cadeaux, je reçois des mails très positifs : comment, personne ne vous a éditée ? C'est impensable! Quel gâchis!

 

 

 

 

Lire mon article sur l’auto-édition, qui reste en effet la meilleure « solution » quand on décide d’abandonner (à court ou long termes) le parcours de l’édition à compte d’éditeur.

 

Sur France Loisirs, il faut bien comprendre leur fonctionnement. France Loisirs réédite des ouvrages publiés chez d’autres éditeurs. Il s’agit un peu du même fonctionnement qu’un éditeur de poche. Les ventes de France Loisirs peuvent en effet s’élever à des chiffres impressionnants, même si celui donné par cette auteur – 40 000 – me semble assez excessif. Ça reste possible, mais bon… Les auteurs ont toujours tendance à gonfler leurs chiffres de ventes…

 

 

 

Puis, fin 2009, contre toute attente, le téléphone sonne : « C'est vous qui avez écrit "X"? Oui, pourquoi ? Je suis éditeur et intéressé par la moitié de votre livre, soit les nouvelles 2 et 4 qui sont géniales. Acceptez-vous ces conditions ? » Tu parles si j'accepte, je suis prête à baisser mon froc, d'autant plus qu'il s'agit d'un petit éditeur, soit, mais avec une super réputation de sérieux. Je suis entre de bonnes mains, m'ont confirmé des auteurs de ma connaissance eux-mêmes confirmés... alors ?

 

 

 

Lire mon article  A l’aide un éditeur m’a rappelé.

 

 

 

 

Cette personne me donne rendez-vous deux semaines plus tard dans un bistrot en bas de ses bureaux. J'accepte tout et n'importe quoi, car c'est ça ou rien, autrement dit : pas d'à-valoir et du 6% : « Nous sommes une petite structure et vous n'êtes pas connue, vous comprenez, mais votre vie va totalement changer : journalistes, radios, télés, etc. Vous avez une bonne image, il va falloir vous investir à 100%, êtes-vous prête ? » Un peu mon n'veu que j'suis prête, même si je suis un peu sceptique... mais je n'ai rien à perdre, hein? Je crois en vous, insiste le gars, vous allez faire un tabac.. Et puis, me dit mon mari, la larme à l'œil, tu as enfin gravi la première marche... un tremplin pour la suite...

 

 

 

 

 

On voit bien là les contrats totalement abusifs dont nombre d’éditeurs profitent, prétextant le marché du livre en crise ou, comme dans ce cas, leur petite taille. Un petit éditeur DOIT vous fournir un à-valoir conséquent, sans quoi il ne s’agit pas d’un bon éditeur ! Je rappelle qu’un à-valoir normal s’élève à environ 1 500 € : ce n’est même pas le coût d’un salarié à temps plein ! Faut pas déconner !

A ce sujet, lire impérativement mes articles sur l’à-valoir et la négociation de l’à-valoir.

 

On notera le baratin bien formulé de l’éditeur sur la télé et la radio…

 

 

 

 

Nous nous revoyons au même endroit peu de temps après lui avoir retourné le BAT de sa version. J'ai droit à 10 exemplaires gratos. Arrivée chez moi, j'ouvre des pages au hasard, et je constate qu'il s'est permis de faire des modifications et même de me rajouter des fautes de français qui plombent le bouquin!!! Dégoûtée, je l'appelle dans la foulée pour les lui signaler, la réponse ne se fait pas attendre : "Ce n'est pas grave, nous rectifierons dès le premier retirage qui ne tardera pas!" Quant à la couv, elle est cliché et prête à confusion sur le genre (un livre de cul ou un polar ? pas du tout ..), alors que la quatrième de couverture est premier degré. J'ai honte.

 

 

 

 

Hélas ces pratiques sont courantes. Concernant la couverture, je donne quelques astuces pour garder un contrôle sur le processus dans l’article sur le contrat d’édition.

 

 

 

 

Le bouquin sort 6 mois plus tard. Aucune promo en amont, malgré mes demandes réitérées. La distribution est médiocre (malgré un distributeur soi-disant correct) : quelques centaines, alors que le tirage est de 2500 et aucun attaché de presse : l'attachée, ce sera moi. Deux ou trois semaines après la sortie, la maison commence seulement à faire parvenir des exemplaires de presse aux magazines nationaux : " Débordé, je n'ai pas eu le temps de m'en occuper avant ! " J'apprends par une journaliste de ma connaissance que c'est trop tard, mon bébé est déjà pour ainsi dire mort et prêt à être enterré, et je retrouve rapidement ces exemplaires soldés sur eBay! Rien ne se perd, dans le milieu...

 

 

 

L’impéritie éditoriale sur la presse est encore une fois très répandue, surtout depuis l’avènement d’internet. Les éditeurs se reposent sur des envois aux blogueurs, mais hélas, un blog ne remplace pas une critique dans un véritable média d’information. J’ai déjà abordé le sujet dans cet article.

Néanmoins, il faut rester conscient que certains livres bien chroniqués dans la presse se vendent mal, quand d’autres se vendent bien sans aucune critique mais seulement sur le bouche à oreille. De bonnes coupures n’ont toutefois jamais ralenti les ventes, nous sommes d’accord…

Le véritable intérêt de la presse est, pour l’auteur, de se constituer un petit dossier de presse potable qui lui sera fort utile le jour où il devra changer d’éditeur : ainsi pourra-t-il démontrer qu’il « compte » dans le marché de l’édition.

 

 

 

Mais je fais des pieds et des mains : je bosse comme une conne pour tenter de sauver le moribond, décroche seule une douzaine d'articles de presse dans des journaux de province et de banlieue, fais un max de salons et de dédicaces, y compris la Fnac et le salon de Paris. Parfois, je craque, je pleure, mais prends tout de même l'initiative de vendre en librairie, sur mon lieu de vacances, tous les soirs. Puis l'heure des comptes arrive, non sens retard : même pas 300 exemplaires, et que j'ai tous vendus moi-même !!! On m'envoie enfin mon chèque, Agessa déduite, je touche la misère de 143 euros (soit beaucoup moins qu'avec un de mes ouvrages alimentaires ou même celui autoédité).

 

 

 

Une cinglante illustration du baromètre Stoni des ventes de premier roman.

 

 

 

 

Mais ne vous inquiétez pas, me dit l'éditeur, je vais refourguer votre bouquin à France Loisirs et vous allez enfin toucher le pactole, soit 50 % des droits qui me seront versés. Voici la réponse de France Loisirs :" Nous sommes actuellement dans une politique d'augmentation des prix et celui de votre ouvrage "X" est trop bas pour apparaitre dans notre catalogue ". Ben oui mon bon monsieur, un livre constitué de deux nouvelles ne peut pas être bien épais!

 

 

 

Ou comment le baratin lénifiant de l’éditeur a été cruellement démonté…

 

 

 

 

Il est question depuis peu que mon livre soit pilonné, puisqu'il coûte trop cher à stocker.

 

Etre éditée ne m'a strictement servi à rien, pas même à pouvoir l'être à nouveau. J'ai perdu mes droits et le livre n'existe pas, pourtant, je ne suis pas tombée dans les arnaques : comptes d'auteur, éditeurs avec participation, éditeurs en ligne et faux éditeurs à compte d'éditeurs. J'ai été publiée chez un éditeur classique et me croyais donc en sécurité…

 

 

 

 

Cette histoire est difficile mais elle ne doit pas vous décourager si vous souhaitez réellement être édité.

Parfois, ça ne se passe pas trop mal !

Si je l’ai restituée sur mon blog, avec l’accord de sa protagoniste, c’est pour démystifier notre profession. Trop d’auteurs pas encore édités s’imaginent monts et merveilles sur l’édition. Or, l’édition est un univers marchand, où le livre est un produit, le lecteur un client, l’écrivain un salarié et l’éditeur un patron. Dans ce contexte, personne ne vous fera de cadeaux !

 

Quand on reçoit un appel d’un éditeur, ce n’est pas le début d’un conte de fée, c’est le début d’une expérience culturo-économique... Bien sûr, vous aurez tendance à le vivre en rêve éveillé, car c’est votre but ultime et quelque part, c’est normal. Mais tâchez de garder les pieds sur terre autant que faire se peut… Armez-vous de méfiance et soyez tatillons. N’acceptez pas n’importe quel contrat.

 

 

 

 

 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 14:22

 

 

http://img.izismile.com/img/img5/20120613/1000/kids_failing_hard_34.gif 

Ils nous font graver chier ces gosses ! Bien fait !

 

 

 

 

 

 

Quand j’étais un chiard, ben nous les chiards, on faisait pitié.

 

Avez-vous mon âge ? Rappelez-vous. Dans les années 80, les chiards, ils se la ramenaient pas, ni n’en menaient large. Nous portions des survêts informes en coton molletonné, des baskets sans marque. Dans mon cas particulier, mes vieux volaient les baskets chez Carrefour. Ils nous faisaient chausser des nouvelles pompes dans le magasin, abandonnaient les anciennes trouées, et puis c’était marre, on quittait le supermarché (le contexte familial explique, chez moi, beaucoup de choses, vous savez). Je me souviens de mes potes : eux aussi faisaient pitié. Des pauvres gamins qui jouaient en bas des immeubles, tous les mercredis, au foot et au ballon prisonnier, la morve au nez, le pantalon trop grand, les bretelles en vrille.

 

 

photo-classe-1988.jpg

Une photo de classe en 1988

Quand je vous disais qu'on était des pauv' perdus...

survêts en coton flashy, salopettes, dégaine à deux balles :

tout y est !

 

 

 

 

 

 

On était franchement pathétiques.

Gamins d’une petite banlieue comme une autre, trop maigres, trop grands, trop petits, parfois timides, parfois casse-cou, gamins qui regardaient le club Dorothée.

 

 

Et puis, vous savez comment va la vie : le temps passe.

J’ai grandi.

Et je vois les chiards d’aujourd’hui.

 

Le contraste me sidère. Et m’effraie.

Maintenant, les chiards, je les trouve plutôt bien fringués. A notre époque, c’est vrai, H&M, Zara et consorts, ça n’existait pas. Physiquement, ils sont beaucoup moins pathétiques. Tant mieux pour eux, quelque part.

Mais c’est pas tout à fait ça le problème.

Le problème, c’est que je les trouve insupportables.

 

Parce que nous, on était peut-être des pauvres chiards pathétiques, mais on était bien élevés.

Aujourd’hui, je ne sais franchement pas ce qui se passe. Ça part en cacahuètes.

 

Moi, les sanctions, les punitions, je n’en ai jamais vraiment eues. Mes parents – quand ils ne s’adonnaient pas au vol à l’étalage – prônaient une certaine éducation « à la Dolto ». Je peux compter sur les doigts d'une main le nombre de fois où j’ai reçu une claque.

Mais je les respectais, mes vieux, j’étais poli et je fermais ma gueule quand il fallait la fermer.

Aujourd’hui, les gosses passent leur temps à hurler. Je veux dire : ils passent réellement leur temps à hurler. Dans les transports en commun, dans la rue, chez leurs parents. Quand je suis chez des potes qui ont des chiards, limite si j’emporte pas les bouchons d’oreille. Les gosses sont toujours dans le salon et hurlent. Les parents encaissent. Ça me rend dingue. Au bout d’une heure ou deux, tout d’un coup, un des parents glisse « ça suffit Maxence, va jouer dans ta chambre ». Et mon cul c’est du poulet, qu’il pense, le Maxence, parce que sa chambre il y foutra pas les pieds de l’après-midi. Il demeure avec ses pokémons, dans le salon, à hurler. Puis il apporte tous les jouets électroniques bruyants que ses vieux ont eu la bonne idée de lui offrir. Non mais, je sais pas, réfléchissez juste cinq minutes, les gens. On offre pas un putain de pin-pon stridulant à son gamin. On offre des jouets en bois, des Lego, tout ce que vous voulez, mais pas une fausse guitare électrique qui fait brrrouuup et koumkoumkoumkoum.

 

Moi, si j’avais fait ça, mon père il m’aurait décalqué.

 

Quand mes parents recevaient des amis, soit avec ma sœur nous nous installions à côté – parce que la conversation nous intéressait – mais nous jouions alors discrètement, soit on restait dans notre chambre, soit on allait en bas de l’immeuble.

Dans l’hypothèse peu probable où nous aurions squatté avec les adultes en jouant de la fausse guitare électrique, mon père nous aurait traînés dans notre chambre après avoir poussé une bonne gueulante.

 

Et j’écris bien dans l’hypothèse peu probable, car nous avions compris depuis fort longtemps que notre daron, c’était la loi.

Quand il était au travail, nous obéissions aussi bien à notre mère – si nous avions déconné, dès le retour de notre père du travail, on aurait morflé.

 

 

Les chiards d’aujourd’hui n’ont visiblement pas le même statut. On leur accorde des passe-droits sonores.

 

Matériellement, ils sont bien mieux lotis que nous. Les poussettes sont plus grosses – et plus coûteuses. Les bébés sont remorqués dans des engins qui confinent, parfois, aux quatre roues motrices. Ils ont même leurs propres médecins. Nous, on était comme tout le monde : on était soignés par le médecin généraliste des familles. Les chiards de nos jours ont leur pédiatre. Ça rigole pas.

 

 

 

poussette-gti.jpg

 


 

Le statut privilégié qu’on leur accorde se répercute, hélas, dans leur comportement.

 

Partout, des chiards qui savent à peine marcher et qui répondent aux adultes. Putain mais qu’il ferme sa gueule, le petit con ! On m’a déjà obligé à parler avec un bébé au téléphone. 

Téléphone, bébé, pour moi, je sais pas, y'a un truc qui cloche : UN CHIARD DE SIX MOIS NE PARLE PAS BORDEL DE MERDE !

J’ai refusé et cela a provoqué un scandale. Stoni ne veut pas parler avec le bébé au téléphone. Je suis navré, mais les bébés ne m’intéressent pas. Pire encore : je déteste les bébés. Il n’y a rien de plus laid, de plus sale et de plus crapuleux qu’un bébé. Pourtant, il ne faut pas contrarier le bébé. Il faut écouter le petit gniard de cinq ans qui vient vous claironner, ravi : « la cigarette ça fait des cancers hé hé hé ! ». Il faut le remercier. Il faut écraser sa cigarette.

Je ne suis plus fumeur depuis un an, mais je vous jure, je me péterais volontiers une clope devant ce genre de chiard moralisateur rien que pour le titiller.

 

Lors du réveillon d’une fête immonde bien connue en occident – et célébrée exprès pour les enfants, ces affreux salauds arrogants qui nous font subir de tels calvaires – je me retrouvai dans un appartement de 90 m² occupés entre autres par trois enfants.

90 m², pour moi, c’est grand. J’ai grandi dans un deux pièces. Mes parents dormaient dans le salon.

Eh bien, malgré l’espace dont ils disposaient, sachez que ces gamins ont réussi à s’installer dans le salon et à générer un boucan infernal. Je n’en pouvais plus. Ils sautaient, hurlaient, bavaient, pleuraient. Lorsque j’allai m’isoler dans une chambre, je réalisai que leur bruit était tout aussi assourdissant dans cette pièce qu’une autre.

A un moment, j’ai pensé « qu’on me donne une carabine et je plombe le premier qui passe ». Non mais sans déconner, sur le coup, je le pensais vraiment.

 

 

Le plus idiot dans cette histoire, c’est que ces gamins dotés du droit de polluer notre environnement, n’ont même pas celui de regarder des films « un peu violents », n'ont pas non plus celui de manger un biscuit avant le goûter, n’auront pas celui de fumer du tabac, ni de fumer des joints, ni de sortir avant leurs dix-huit ans.

Toutes choses que j’avais le droit de faire, et que j’ai faites : ma foi, j'en suis pas mort, et surtout, j’aurais pas fait autant fait chier le monde, moi.



 

 



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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 13:55

 

 

 

Rappelle-toi, camarade lecteur : en un jour maudit d'août, je découvris, oscillant entre la consternation et la terreur, l'existence de l'infâme « psychanalyse historique » de Robespierre par Jean Artarit, publiée chez CNRS Editions.

 

Mieux vaut relire l'article en question pour saisir toute la subtilité de ma nouvelle pérégrination.

 

Cet affront honteux à Robespierre, Parrain De Mon Blog, ne pouvait en demeurer là.

 

Je pris la décision de le venger par le biais d'un humour, ma foi ! fort second degré qui ne fera de mal à personne.

 

Voici le courrier que j'ai envoyé en ce jour même aux CNRS Editions.

 

 

 

 

A l’attention de Madame Blandine GENTHON, Directrice éditoriale aux CNRS EDITIONS.

 

 

 

Le 25 septembre 2012

 

 

 

Madame,

 

Piqué d'un vif intérêt et d'une incommensurable curiosité, j’ai découvert que votre maison d’édition publiait des œuvres de « psychanalyse historique », classées dans votre collection Histoire moderne.

 

En effet, l’ouvrage intitulé « Robespierre », de Jean Artarit, paru en mai 2009, est présenté comme une analyse psychanalytique effectuée plus de deux cents ans après la mort de cet homme.

 

Je suis resté perclus par ce nouveau genre d’étude historique auquel j'ose appliquer la célèbre formule de Danton : de l’audace, de l’audace, de l’audace - pour demeurer dans le contexte historique prisé par monsieur Jean Artarit.

 

Voilà pourquoi, par la présente, je me propose de rédiger des ouvrages d’astrologie historique pour votre maison d’édition.

 

Etant un écrivain passionné par l’Histoire, réputé pour mon célèbre blog sur l’édition et la littérature, le livre de Jean Artarit m’a inspiré cette glorieuse idée d’astrologies historiques.

 

Comme lui, je n’ai aucune compétence en tant qu’historien mais je salue votre ouverture d’esprit, vous qui publiez de simples amateurs dans la collection « Histoire  moderne».

 

Je connais depuis ma tendre enfance les rudiments de l’astrologie et sais calculer, ainsi qu’interpréter, un thème astral. Ma mère, qui appartenait au mouvement sociologique dit « hippie », m’a enseigné en personne cette para-science – ainsi que les dangers liés aux drogues dures, mais je m'égare.

 

Le principe de ces ouvrages me semble évident : je dresserai le thème astral d’une grande figure de l’histoire et interpréterai sa vie selon le cruel verdict des astres.

 

D’un point de vue scientifique, cela n’a rien à envier à l’analyse post-mortem que monsieur Jean Artarit a pratiqué sur le cadavre de ce pauvre Robespierre.

 

Je suis convaincu que ces astrologies historiques s’inscriront à la perfection dans la nouvelle ligne éditoriale, plus aventureuse, que vous avez inaugurée avec le « Robespierre » de Monsieur Jean Artarit.

 

En revanche, je ne consentirai à réaliser ce travail qu’en échange d’un à-valoir conséquent (2 000 € minimum par essai – j'imagine que vos tirages ne dépassent pas les 2 000 exemplaires).

 

Une prompte réponse m’obligerait.

 

Dans cette attente,

 

Veuillez recevoir, Madame, mes sincères salutations.

 


 

Stoni

 

http://stoni1983.over-blog.com/

 

 

 



Quand j'aurai une réponse, je vous la poste sur-le-champ.





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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 14:38

 

 

 

tyrion-lannister-vs-mimie-mathy.jpg



Le choc que chacun attendait... Les deux nains les plus célèbres de la télévision française... Non, je ne parle pas de Mimie Mathy et de Passe-Partout, mais de Mimie Mathy et de Tyrion Lannister...



Depuis longtemps, ils fourbissaient leurs armes, chacun de leur côté, pour s'affronter aujourd'hui... Et l'arène qui les accueille s'avère être le blog de Stoni...



Leur coexistence pacifique ne pouvait se prolonger... Car leurs incarnations et leurs rôles sont, plus que tout au monde, antithétiques...



Le match peut commencer.





Challenger 1 : Mimie Mathy




http://www.closermag.fr/sites/default/files/imagecache/article-main/feedimport/image/Mimie-Mathy-enervee-par-Renaud-Marre-de-ces-gens-aigris.jpg



  Qui est Mimie Mathye ?



Pour les internautes étrangers à la France et à sa magnifique culture télévisuelle, Mimie Mathy est une actrice naine.

Mimie Mathy joue depuis fort longtemps dans une série intitulée Joséphine, ange gardien. Son rôle est celui d’un ange gardien, au sens littéral du terme. Dans chaque épisode, Mimie Mathy – alias Joséphine – se trouve un pauvre mortel vivant une situation difficile. Depuis les cieux, Mimie Mathy décide d’intervenir. Elle s’immisce alors dans la vie du mortel, et intervient, à coups de baguette magique, pour arranger son problème. Au terme de l’épisode, le mortel a surmonté sa phase difficile, et Mimie Mathy disparaît aussi bêtement qu’elle est apparue, ravie d’avoir exécuté sa mission.

 

 

 

Franchement, regardez pas la vidéo,

c'est trop relou

 

 

 

N’ayant pas la télévision, je découvris cette série en passant une soirée chez ma grand-mère. Je fus absolument abasourdi par la nullité de l’épisode. A côté, Julie Lescaut, Les Feux de l’Amour ou Navarro, c’est du Tarkovski, je vous assure.

Avec toute la cruauté dont elle peut parfois, et inopinément, faire preuve, ma grand-mère commenta :

 - J’aime bien cette série, parce que, Joséphine, elle me fait rire quand elle marche. Regarde. Elle sautille, elle se dandine comme une pauvrette. Elle est vraiment marrante.

De mon côté, le visionnage de deux épisodes ne me porta pas à sourire. Il nourrit, chez moi, une aversion totale pour ce personnage.

 

Pourquoi ? Dans les jours qui suivirent, j'analysai mon sentiment.



La raison de mon trouble est, en vérité, d'un altruisme total.

Mimie Mathy fait du mal aux nains.

J'irais même jusqu'à prétendre qu'elle leur cause un tort insupportable. Les honnêtes gens répliqueront que, au contraire, elle permet de leur donner une « bonne image » et une visibilité à la télévision à travers un personnage positif.

Je ne connais nulle personne atteinte de nanisme, mais je suis persuadé que la plupart des nains n'encaissent pas cette bonne femme.

Pour quelle raison ?

Eh bien, parce qu'elle n'est foutrement pas tirable.

Laissez-moi m'expliquer.

Ce que je trouve abject dans ce personnage, c'est que le rôle de Joséphine soit un rôle asexué. Les nains sont montrés à la télévision française, mais uniquement dans des incarnations dépourvues de sexualité. Joséphine est un ange, une sorte d'entité mystique, et tout le monde sait qu'un ange... ça ne baise pas.

Or, en réalité, les nains sont des gens comme vous et moi. Ils ont une sexualité comme la nôtre, ils font l'amour et ont des enfants. Le degré de réaction et d'obscurantisme de Joséphine, qui les ravale d'un claquement de doigt au rang d'esprits châtrés... tout ça parce qu'ils ne sont pas « beaux » aux sens conventionnel du terme... voilà qui est désespérant de bêtise.

Sans aller « jusqu'à » montrer Joséphine embrasser un nain (ou pire encore, une naine, voire, sacrilège, une personne de grande taille...), la série aurait pu faire d'elle une femme atteinte de nanisme, bien vivante, pas du tout un ange. Mais non ! Ça n'aurait pas été ! Les téléspectateurs auraient pu être choqués. Oui, une naine, même si elle n'a pas d'aventure amoureuse dans la série, on conçoit bien qu'elle a malgré tout une sexualité. Peut-être qu'elle se masturbe... Elle a des fantasmes, comme tout le monde, des excitations. Et ça, ça n'était pas possible ! A la télévision des braves gens de grande taille, un nain ne doit pas avoir de sexualité ! Alors, on fait quoi ? On fait Joséphine, ange gardien. Ou le programme le plus bête et le moins valorisant pour les nains au monde.

 



Fort heureusement, l'heure de la revanche naine devait sonner. Tyron Lannister arriva.





 

 

Challenger 2 : Tyrion Lannister



 

http://static.tvfanatic.com/images/gallery/tyrion-lannister-picture.jpg

 

 

 

Qui est Tyrion Lannister ?



Pour les internautes étrangers aux Etats-Unis et à leur magnifique culture HBOesque, Tyrion est un personnage de la série Game of Thrones évoluant dans un monde médiéval fantaisie. Rejeton d'une puissante lignée règnant sur un vaste royaume, Tyrion subit le dédain, la haine et la moquerie de sa famille qui sait lui rappeler son « infirmité ». Cela ne l'empêche pas de vivre à la façon qu'il l'entend. Parmi tous les protagonistes de la série, il devient rapidement un des favoris du spectateur, car Tyrion est malin, subtil, et surtout parfaitement normal (comparé à Joséphine). Tyrion boit, Tyrion pète, Tyrion se marre et Tyrion baise. Avec des femmes de grande taille. Ouais, sans déconner. Cet être savoureux est interprété par Peter Dinklage, un comédien formé au théâtre shakespearien, autrement plus doué que Mimie.



 

 

 

 

Tyrion est, à tous les niveaux, l'antithèse parfaite de Joséphine / Mimie Mathy. Il est nain, il ne s'en cache pas, beaucoup s'affairent à le moquer, mais jamais il ne devient, comme Mimie, une version guimauve du Leprauchaun, ni l'étendard d'une cause à défendre. Tyrion est un personnage traité à la même enseigne que les autres. Il gagne, parfois perd, s'en prend plein la gueule, accomplit des hauts faits. Son intrigue amoureuse avec Shae vaut celles des autres protagonistes – quand elle ne les surclasse pas.



Il n'est pas là pour susciter le rire moqueur, ni pour attendrir, ni pour divertir.



En ce sens, d'aucuns pourront affirmer que Willow, héros du film éponyme, est un précurseur de Tyrion.



 

 



Lui aussi le fruit d'un univers fantaisie, Willow est un nain, les personnes de grande taille autour de lui le remarquent (car dans Joséphine, personne ne remarque le fait que l'héroïne est une naine, et je vous jure ça fait chelou, y'a comme un gros non-dit ou une grosse incohérence). Willow a une femme et une progéniture. C'est un personnage très positif, avec ses qualités, ses défauts. Le film est destiné aux enfants, qui s'identifieront sans difficulté à ce jeune homme fort sympathique.

Or, Willow fait partie du peuple des nains. Avant de partir à l'aventure, il appartient à une ethnie où il n'est frappé d'aucune infirmité. Willow est un être normal pour ses congénères. Bien sûr, lorsqu'il quitte son village, il sera la proie des moqueries des grandes gens. Mais, de retour chez lui, il retrouve sa banalité.

 

Sa condition ne s'approche guère de celle des nains de la vie réelle. Celle de Tyrion, si. Il conserve donc sa place de champion du nanisme sans coup férir.







De ce match que chacun attendait, l'issue est donc certaine. Tyrion envoie Mimie dans les cordes dès le premier round et gagne par un K.O. étincelant.



 

 

 

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 14:13

 

 

http://www.topito.com/wp-content/uploads/2012/05/tumblr_m42mj2VdSw1rugtvpo1_250.gif

Panique pas : le blog de Stoni est là pour toi.

 

 

 

Cher et vénérable Stoni,

En ce jour, une question m’assaille. Je lis Claude Simon, écrivain au départ oublié qui a reçu le prix Nobel, qui disait que s’il y avait eu toute cette agitation médiatique autour de lui plutôt, ben, il n’aurait pas pu écrire ses chefs-d’œuvre tellement ça lui aurait coupé la chique… Je lis à peu près les mêmes exemples de pression sur ton blog*… Donc, pour quelqu’un d’angoissé comme moi, est-ce que cela vaut le coup d’essayer de se faire publier (si tant est que l’on ait des réponses positives), ou ne vaut-il pas mieux continuer à créer dans toute cette merveilleuse liberté que permet l’anonymat ? C’est la question que je me pose après avoir envoyé des manuscrits aux maisons d’éditions,  ce qui montre que j’ai de sérieux problèmes de synchronisation…

Tu me vois ton éternelle obligée,

Une charmante jeune femme.

 

 

 

* Notre amie lectrice doit faire référence à cet article, par exemple.

 

 

 

 

 

 

Comme toujours, notre ami Stoni en mode Saint-Bernard se pliera à l’exercice de la réponse au courrier des lecteurs. Cette réponse est d’autant plus prompte à venir, sachez-le mes chers amis, quand la question a été formulée en termes courtois, voire obséquieux, et tout mâtinés de respect. Elle sera encore plus diligente, ma réponse, si la question émane d’une charmante jeune personne (oui, je ne vous vois pas, mais mon imaginaire demeure).

 

Aussi répondons à cette jeune femme en l’occurrence charmante – comme quoi le hasard fait bien les choses – en deux temps.

 

 

 

 

Premier temps de réponse.

 

En effet, charmante jeune femme, ton manque de synchronisation m’atterre. Attends qu’on te propose un putain de contrat d’édition pour te poser de telles questions existentielles !

 

 

 

 

Deuxième temps de réponse.

 

Admettons que tu me poses cette question alors que tu te vois bel et bien proposer un contrat d’édition.

 

Évidemment, tout le monde se la pose, cette question. Avec, entre autres questions relous… Mon roman va-t-il rencontrer son public ? Vais-je arriver à draguer grâce à ce nouveau statut d’écrivain édité ? Dois-je changer le rouleau de PQ une fois qu’il est fini ?

(A la dernière, la réponse est oui. Je vous assure, quand le rouleau est fini et que la personne laisse en plan le pauvre cylindre de carton sur le distributeur, ben putain ça fait grave chier celui qui vient après. Les autres questions trouveront leur réponse dans un avenir proche.)

 

 

 

Est-il préférable de rester dans l’anonymat lorsqu’on est peu sûr de soi ?

 

 

Permets-moi d’être direct, jeune lectrice. Le problème, c’est que si tu étais si peu confiante, si peu sûre de toi, tu n’aurais pas envoyé tes petits manus par la poste, alors c’est un peu tard pour jouer les pucelles effarouchées.

 

 

En outre, l’exemple du prix Nobel est le mauvais exemple par excellence. Personne ne décroche un prix Nobel en début de carrière. D’ailleurs, tu as de grandes chances pour que ton premier roman édité ne décroche rien : ni lecteurs ou si peu, ni coupures de presse, ni que dalle (voir mon article sur les ventes de premier roman). Même lorsque l’on est édité par une maison correcte, voire par un grand éditeur, se faire connaître reste une mission fort difficile.

 

En revanche, ce premier roman édité va te foutre un sacré coup dans tes habitudes d’écriture, ça, c’est certain.

Pendant quelques mois, tu vas être totalement absorbée par ce roman et les choses à reprendre dessus, puis par le processus éditorial, et tes autres projets seront abandonnés du jour au lendemain.

Une fois ce processus éditorial terminé, quand le bouquin sera paru et tout et tout, eh bien il se peut que tu mettes un certain temps à recouvrer ta faconde littéraire – rassure-toi, rien de plus normal. Personnellement, pour ma première parution, j’ai mis six mois avant de pouvoir travailler sur autre chose. J’étais tout remué d’un point de vue écriture. L’expérience du premier roman est tellement prenante, il est très difficile de transiter vers un nouveau texte. D’autres auteurs mettent parfois un an ou deux avant de pouvoir entamer un autre manuscrit.

 

 

Quant aux critiques, je conseille bien évidemment de ne pas les lire dans la mesure du possible… Comme j’en parlais dans cet article, elles n’apportent pas grand-chose, y compris quand elles sont positives. On peut lire les premières pour s’amuser mais, à mon avis, mieux vaut les éviter par la suite. Scruter la moindre ligne pondue sur son roman, que ce soit dans les journaux ou sur les forums de lecteurs, devient rapidement un exercice fort glauque d’égocentrisme.

 

Quant aux lecteurs lors des signatures, en général ils viennent vous voir pour vous dire du bien de votre livre. Tous ceux qui m’ont contacté par internet le faisaient pour me confier des choses positives.

 

Méfiez-vous aussi des messages de confrères que vous pourrez recevoir, surtout s’ils sont dithyrambiques. Bon, c’est cool, ça fait plaisir, surtout quand ledit confrère est plus âgé et plus réputé, mais il faut savoir s’en foutre un peu. Moi, les adoubements, ça me fait relativement chier.

 

Voilà l’erreur que j’ai commise lors de mes tous premiers romans. Je me suis trop intéressé à ce qu’on écrivait / disait sur mes bouquins. Aujourd’hui, si c’était à refaire, je me protégerais davantage.

Bien sûr, il s’agit là de mon opinion personnelle. D’autres auteurs doivent probablement se régaler des critiques, c’est tout à fait leur droit.

Quant à moi, je considère tout cela comme de l’agitation mentale et de l’énergie perdue. L’important est de travailler, de fournir une œuvre – du moins quand on est inspiré ! L’important c’est la relation que l’on a avec son éditeur, puisque, si elle est confortable – ce qui est rare – le travail d’écrivain se déroule d’autant mieux. L’important, c’est de trouver un lectorat, donc de pouvoir poursuivre son cheminement littéraire, petit à petit. Ensuite, ce que les autres disent de vous… Il y en aura toujours qui aimeront et d’autres qui haïront. Vous n’y pourrez rien. Voyez un peu comme j’ai taillé ce pauvre Hemingway et son soleil de plomb. Pourtant, des millions de gens ont adoré ce bouquin. Ben pas moi. C’est ainsi.

 

 

Tout ce qui va se passer lors d'une première expérience d'édition va obligatoirement remuer un auteur, et quelque part, c’est une bonne chose. Il faut en passer par là.

Je ne crois pas que ces petites turbulences pourront vous couper la chique définitivement. Elles vous la couperont quelque temps, mais voilà une période qui pourra s’avérer salutaire par la suite.

Car, n'oubliez pas : il faut bien savoir se reposer de temps en temps…





 

 

 

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