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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 11:49

AIDEZ-MOI :

 

ANALYSEZ MON REVE !

 

 

Seront acceptées les analyses :

 

Freudiennes

Lacaniennes

Marxistes-léninistes (dialectiques ou hyperréalistes radicales)

Autres

 

 

 

L’autre nuit j’ai rêvé que :

 

 

J’accompagnais à leur hôtel les membres du groupe The Hives.

 

Je dois préciser que je connais seulement ce groupe par réputation, je vois très bien quelle est leur image, quel genre de musique ils font, mais je ne les ai jamais écoutés et n’ai pas spécialement envie de le faire.

Dans ce rêve, je ne sais pas d’où ils sortent, en gros.

 

Bref, je les accompagne à leur hôtel. Nous sommes dans une ville indéfinie. Plutôt grande. Il fait relativement chaud mais gris. Les musiciens viennent pour donner un concert. Je les connais très bien. Nous sommes familiers et nous nous faisons confiance.

Nous discutons de choses et d’autres.

 

Là ça devient chelou car l’espace-temps convulse.

En effet, je dis au chanteur (je ne connais pas son apparence dans la réalité, mais là il était plutôt pas mal, bien mon style quoi, bien que je n’éprouve aucune attraction sexuelle particulière) :

 - C’est faire la première partie de David Bowie qui vous a lancés.

Sauf que, pour tout le monde, eux comme moi, ils avaient fait la première partie de David Bowie époque Ziggy Stardust. Ce qui nous propulserait, logiquement, en 1972 et des bananes. Mais non, nous étions bel et bien en 2010. Et David Bowie est jeune et tout et fait encore Ziggy Stardust. Bon, pourquoi pas après tout.

 

Nous arrivons à l’hôtel. Qui ressemble davantage à un motel, avec une chambre spacieuse mais très simple (comme dans tous les motels américains). On s’installe, on fume des clopes, on s’assoit au bord du lit, on discute.

Je ne sais toujours pas pourquoi au juste je traîne avec ces mecs…

Le chanteur m’apprend que la première partie de David Bowie s’est en fait très mal passée pour eux. Il me relate qu’ils ont été sifflés, hués, le public ne les a pas du tout appréciés. Ils ont essayé de jouer mais les moqueries et quolibets ont écourté leur prestation.

 

Et là, je m’énerve grave.

Franchement grave de chez grave.

Je me lève, je fais les cent pas et donne des coups de pied dans tous les meubles qui ont le malheur de croiser mon chemin. Enragé, j’éructe :

- Pourquoi les gens sont comme ça avec nous les artistes ?

 Et disant cela je pense à mon travail d’écrivain.

- Pourquoi est-ce que personne ne nous respecte ? C’est dégueulasse comment on se fait traiter ! J’arrive pas à croire qu’on vous a empêché de terminer votre concert ! Ca me tue ! Quelle bande de salauds ! J’en peux plus de cet irrespect ! Tout ça me met hors de moi !

 En fait je passe un bon quart d’heure à m’énerver sur le sort de nous les artistes personne ne nous respecte.

Les musiciens restent très calmes et ne portent guère attention à ma colère pour le moins véhémente.

Ils tâchent de me raisonner :

- Ce n’est pas grave… C’est comme ça… On a l’habitude… T'énerve pas Stoni…

Mais je ne me calme pas, je ronge ma haine dans mon coin.

 

 

La chose étonnante est qu’en ce moment je ne me sens pas en manque de reconnaissance dans mon métier. C’est plutôt le contraire, même. Je suis très content de mon travail, ai eu d’excellentes occasions récemment en publicité – critique – promotion. Je suis très motivé pour mon nouveau roman que j’écris, ma foi, avec grand plaisir.

 

Alors ?

 

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 13:27

 


J'avais déjà exprimé ce que je pensais du joyeux luron Rimbo dans une courte définition.

 

Seulement, Aragon l'a fait avant et mieux que moi, et c'est plutôt rigolo.

 

Pour mes lecteurs amateurs de Rimbo, je précise que l'ouvrage dont est tiré cet extrait n'est pas tout à fait sérieux. Rigolo, quoi.

 

 

« Le jeune homme à cette heure lit d'une façon toute crépusculaire. Mais qu'aime-t-il donc ? Rimbaud. Voilà qui, à première vue, semble intéressant et encourageable. L'atmosphère, après un nombre respectable d'années, est devenue favorable à l'insupportable voyou, que disait ce génial Rémy de Goncourt. Maintenant tout est clair dans l'aventure rimbaldienne, pas un sale petit bourgeois qui renifle encore sa morve dans les jupons de Madame sa mère qui ne se mette à aimer les peintures idiotes et ne s'écrie : « Trois jeunes filles nues, ce titre devant moi dresse, ma parole, des épouvantes ». Pas un ignoble petit rentier, pas un fils d'officier, pas une graine de rond de cuir, pas un de ces imbéciles heureux à qui on vient d'offrir une motocyclette pour le jour de l'an, pas une fausse couche élevée dans du papier de soie, pour qui Rimbaud ne soit un autre soi-même. Tout ce qui attend un héritage parle de disparaître un jour. J'ai déjà dit que j'y reviendrai. Pour l'instant ce que j'étudie dans ce phénomène est la grande commodité antipoétique du rimbaldisme contemporain. Car l'anti-poésie n'est plus une chimère dialectique. Elle a pris corps, dans un temps sportif, elle est devenue système, elle a même au besoin des fondements métaphysiques. Le succès de Rimbaud, puisque telle est la saloperie des faits qu'il peut être question du succès de Rimbaud, est en grande partie dû à la curieuse moralité qu'on prête à sa vie. Car ils ont si bien arrangé les choses, que la vie de Rimbaud de nos jours est prise à témoin contre la poésie même. Cette absurdité a cours. Ainsi, chaperonnés par Rimbaud, nos jeunes industriels, nos magistrats en herbe passent superbement condamnation sur tout ce qui les emmerde d'une façon congénitale. Enfin plus n'est besoin de lire tous ces vers. L'ignorance est de mise. Les livres peuvent dormir dans la poussière, ça n'est pas fait pour ces mains soignées. A la rigueur, on va au théâtre, avec les femmes. Mais lire. Des poèmes. Nous avons dépassé ce stade, songez donc. Hugo, Nerval, Cros, Nouveau, on ne va pas nous faire marcher avec ces refrains d'autrefois. Je me suis même laissé dire par un ancien ami que j'avais le goût du bibelot, avec ma façon de m'intéresser à tous les petits romantiques. Il paraît que j'ai de la condescendance pour les poètes mineurs. Et pourtant par là on entend Pétrus Borel, ce colosse. »

 

 

Traité du style (1928), pages 58 à 60, L'imaginaire, Gallimard, 1980.

 

 

 

En quatrième de couverture de cette édition, vous pourrez lire une bonne petite présentation de Jean Ristat, un peu plus en verve à l'époque que ces derniers temps dans les grises colonnes des Lettres françaises.

 


 

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31 octobre 2010 7 31 /10 /octobre /2010 13:16

 

 

Pour répondre (un peu) aux questions de Clopine...

 

 

 

Commençons par le commencement.

Au douzième siècle, en Occident, toute une classe sociale inventa un monde merveilleux : celui du sentiment.

En même temps, naquit le roman, via le récit chevaleresque.

 

Le chevalier aime la gente dame. Mais la gente dame est promise au seigneur. L'amour courtois se fonde sur cette base triangulaire : seigneur, chevalier, dame. Entre les trois, se tissent les ramifications de l'amour. L'amour impossible.

 

Pourquoi ? Parce qu'il fallait occuper deux surplus démographiques de l'époque : le chevalier et la dame.

Le chevalier est le fils cadet. Il n'héritera pas du domaine seigneurial. Autrefois, le vassal était utile à son suzerain, dans la défense du territoire – le fief. Désormais, le territoire est pacifié (fixation des barbares comme serfs). Quelle est, maintenant, sa place dans les rapports de production ? Aucune.

La gente dame, elle, ne sert pas à grand-chose, une fois l'alliance faite entre les deux familles (regroupement des terres). Elle donnera une succession à son époux. Le problème, c'est qu'elle s'emmerde. Et le chevalier aussi.

 

Historiquement, la société féodale doit gérer deux surplus démographiques : le fils cadet et la dame. L'un et l'autre trouveront leur emploi à travers la chevalerie et l'amour courtois.

Pourquoi faut-il les occuper ? Les surplus démographiques sont une menace pour l'ordre établi. Tout sujet qui ne trouve pas sa place dans une société est susceptible de fomenter une révolution.

C'est aussi simple, idiot, cruel et utilitariste que cela.

 

Dans ce schéma dual (à la réunion impossible, car les choses sont bien faites), les conduites politiques de virilité et de féminité vont se consolider.

Le fils cadet s'occupe au maniement des armes, à la joute et lors des croisades. Le mâle doit être fort, courageux et preux. Il trouve sa catharsis dans la noble cause : le lien de vassalité et la protection du territoire où gît le Christ.

La dame se consacre à la coquetterie, à la broderie (où elle relate les exploits du fils cadet, au passage – les choses sont vraiment bien faites, je vous le disais). Douce et soumise, son corps va devenir le terreau du sentiment : le beau, le sensuel, l'amour.

 

De là, naît le roman.

Le chevalier s'éprend de la gente dame, mais l'amour reste platonique parce qu'il doit le rester. La gente dame est en effet propriété du seigneur. Le psychodrame amoureux prend forme : je t'aimerai sans jamais te posséder. Renoncement, résignation, noblesse du sacrifice. Un code épistémologique admirable se met en place.

Son rôle ? Maintenir l'ordre établi. Et, accessoirement, justifier la position d'une classe sociale, par la beauté du sentiment. Oui, nous la noblesse nous exploitons, mais voyez la beauté de nos productions intersubjectives (le roman, le fol amour, la croisade) : vous nous le pardonnerez bien.

 

Le roman enseigne à la gente dame et au chevalier leurs positions sociales et la façon dont ils doivent les appréhender.

Le roman d'amour qui se termine mal est surtout là pour dire : ne franchissez pas les limites fixées par votre rôle dans notre société. Prenez-en de la graine, les enfants. Le drame a été écrit pour vous démontrer les dangers d'une potentielle désobéissance.

 

L'explosion artistique de la Renaissance jouera exactement le même rôle. L'artiste sera au service du seigneur pour justifier une position qui, au gré du développement des rapports de production, devient de moins en moins justifiable. La noblesse n'est pas encore décadente, mais elle en prend le chemin. Toute une classe sociale construit le socle de son ascension : la bourgeoisie. Avec ses revendications propres (qui atteindront leur apogée dans la pensée des Lumières), fondamentalement hostiles à la noblesse.

Le mécénat ne part pas d'un excès de générosité soudaine. Le mécénat, c'est acheter le beau au service d'une classe. L'art, qui jusque là avait été religieux ou artisanal, ne s'émancipe pas. L'art se met au service de la domination nobiliaire. Par le mécénat, la noblesse dit : oui je ne sers à rien, mais voyez ce que je vous offre. Le beau. Les dépenses somptuaires. Tentative désespérée d'une fin de règne.

 

Le roman, ou l'art en général, ne servent pas à rien.

L'écrivain, l'artiste, sont au contraire d'une importance primordiale.

Le roman est une opération politique à la portée incommensurable. Il fixe le destin du surplus démographique et lui fournit du rêve par l'aventure romanesque.

Le roman initiatique deviendra manuel de survie. Le roman d'amour, dérivatif au besoin de révolution.

Avec l'arrivée de la crise, condition intrinsèque du capitalisme, l'auteur et l'artiste apprendront à la dépeindre pour mieux la banaliser. D'où l'apparition de la littérature policière, typique de l'état de crise (crise personnelle – roman de tueur en série – ou sociale – roman de cambriolage, de meurtre vénal, etc.).

 

Prenons l'exemple de Proust.

Surplus démographique en puissance (Proust ne travaille pas, il écrit). Le roman d'introspection révolutionne la littérature, mais certainement pas les rapports de production. Tout au contraire. Son rôle est conservateur : le repli sur le moi sert avant tout à ne pas voir, et à ne pas devoir dire, le problème : l'exploitation de l'homme par l'homme et l'existence de la lutte des classes. Exploitation beaucoup plus frappante, abjecte et violente, lors de sa belle époque qu'aujourd'hui.

Mais Proust ne la dira pas. Il se confronte à l'interdit épistémologique de sa classe sociale, la bourgeoisie. Il n'a pas le droit de dire la lutte des classes, et encore moins l'exploitation de l'homme par l'homme. Il n'a pas le droit de dire la sphère de la production (grosso merdo, le travail). Proust est un être acculé, comme la plupart des artistes de sa condition. Du coup, Proust recourt à Freud et accomplit un magistral tour de passe-passe : l'introspection. Magnifiée par le beau, bien entendu. Puisque le beau sert à justifier, depuis le commencement.

Proust est un homme en état de crise. Il la dépeint – très bellement – et la sublime par l'écriture. Il rend sa propre crise acceptable et désamorce ainsi toute velléité révolutionnaire. De même qu'il anticipe parfaitement la crise de sa société et de son mode de production (le capitalisme concurrentiel libéral), qu'il ne verra pas sombrer : vieilles familles déclinantes, nobles et bourgeois décadents, sordides bordels pour riches, rancœur, sénilité, spectres de morts, jalonnent les derniers tomes de son œuvre.

 

Voilà la manière dont j'analyse le roman – hyperréaliste radicale.

Je n'invite personne à réfléchir de la sorte.

Il s'agit simplement d'un constat à froid.

Je suis un grand amateur de Proust. Je l'ai découvert au lycée (sans qu'il ne soit au programme, j'étais en section technique). Il reste un de mes auteurs préférés.

Bien que j'aie conscience de « la genèse concrète », si je puis dire, de son œuvre, cela ne m'empêche pas de prendre du plaisir à le lire.

Savoir d'où vient le roman, et quel est son objectif, ne m'empêche pas non plus d'écrire.

Je suis le produit culturel de mon époque.

Jamais je ne songerai à condamner, à blâmer, à cracher sur la littérature. J'en tire une immense satisfaction (culturelle... acquise et non pas innée), et je n'ai jamais déprécié toute la joie que l'on peut éprouver en sa compagnie.

Je crois que le roman est une bouée de survie mentale dans un mode de production donné.

Il me faut distinguer : faits et culture. Infrastructure et superstructure. Et accepter les relations dialectiques qui les unissent...

 

 

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 11:04

ALERTE ! OYEZ !

 

CITOYENS,

TRAVAILLEURS,

CAMARADES,

LECTEURS,

 

FAITES LE PLEIN D’ESSENCE !

 

 

 

 

Par solidarité envers les travailleurs des raffineries de pétrole, je vous en conjure camarades faites le plein !

 

 

 station-service-essence-carburant

 

Voilà de bons citoyens ! Ils font le plein !!!

 

 

 

Immobilisons le pays, voilà qui facilitera l’organisation d’une révolution marxiste-stoniste qui me mettra au pouvoir !

 

Et tu le sais, camarade-lecteur : ma dictature du prolétariat est la seule solution pour sauver la France (et le monde, d’ailleurs) !!!

 

 

 

 

 

 

 

Bon, mis à part ça je réponds au courrier des lecteurs.

 

 

Message privé reçu hier à 23h52 ( ???).

 

 

Cher Tonton Stoni,

 

On est trois lycéens en seconde générale à MONTPELLIER, membres du MJCF, et on aime lire ton blog.

 

Par la présente on t'invite officiellement à venir manifester avec nous à partir de DEMAIN !

 

Si t'acceptes on veut t'installer sur un char fait exprès pour toi.

 

Tu pourras garder ton sac en papier sur la tête.

 

S’IL TE PLAIT VIENS !

 

Numéro de portable où nous joindre : censuré.

 

 

 

 

 

Ma réponse.

 

 

Les enfants,

 

Votre sollicitation, que dis-je, votre invitation, me passe du baume au cœur et m’aide à accepter cette inexorable réalité : je fais, désormais, partie de vos aînés par mon âge qui, fatalement, va croissant.

 

Malheureusement je me vois dans l’obligation de décliner votre invitation, résidant fort loin de votre belle cité méridionale.

 

Je vous demande néanmoins de ne pas provoquer inutilement les forces de police.

 

Si vous pratiquez le taekwondo, munissez-vous de vos protections sportives (coque, plastron, jambières, casque) SOUS VOS VETEMENTS (le casque sera dissimulé sous un bonnet, un sac en papier ou une chapka) au cas où les forces de police vous chercheraient au corps à corps.

 

Croyez-moi bien,

 

Votre Fraternel Camarade,

 

Tonton Stoni.

 

 

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 10:09

 

 

Il y a quelques semaines, dans les commentaires d'un article (je me souviens plus lequel, pardonnez-moi), nous avions parlé de l'Attrape-cœurs de J.D. Salinger (un mec qu'on a jamais trop su qui il était ni ce qu'il faisait).

 

Hier j'ai maté cet épisode de South Park, et je le partage sur mon blog vu le haut niveau conceptuel du propos.

 

 

 

 

 

 

 

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 16:32

 


 

Une cyclotourisme par semaine : comptez deux à trois heures. Plus une heure d'échauffements, élongations, jogging au bord de la rivière. Deux heures de taekwondo.

Et malgré ça, comme le bon connard que je suis, je continue de cloper.

Cinquante pages lues le jour, cinquante autres le soir. De deux livres différents.

Rédaction de notes. En ce moment, sur Mao.

Quatre heures de boulot le matin (vélo). Rentrer à pied, la plupart du temps. Marre du bus. Il fait encore doux.

Sur le chemin, arrêt chez McDo, à la boulangerie, à la boucherie. Acheter le journal.

Le ménage, aussi. Un peu en semaine. Plus le week-end.

Je fais la cuisine cinq jours par semaine minimum. Un soir par semaine, on s'offre le luxe impensable d'aller au petit asiatique du coin. Le pied.

Un après-midi par semaine réservé aux potos. Ou bien à ma chaîne hi-fi.

Un autre bon gros après-midi pour appeler mon éditeur, entretenir les relations publiques (je vous remercie pour votre critique dans votre journal/site/radio, Croyez-moi, Votre Bien Dévoué... etc). Rendez-vous politico-mondains. Prendre le train. Aller-retour. Paris Gare de Lyon. J'en connais les environs comme ma poche, désormais. Rituel : acheter l'Humanité Dimanche pour le trajet retour. En vue de rigoler et de faire les mots croisés.

Guitare. Une fois par semaine. Des fois davantage, quand ça me prend. Sauf que là, j'ai cassé la corde de mi grave, et j'ai la flemme d'aller en acheter une autre. Je dois aussi acheter un nouveau jeu de cordes pour mon ukulélé. Flemme bis. J'aime pas les magasins de musique.

Aller mater le derby Saint-Etienne-Lyon chez mon frère. Loisirs. Cool.

Stresser tout seul dans son coin. De temps en temps, ça doit me faire du bien, je suppose.

Se poser des questions existentielles sur le texte ABSOLUMENT ININTERESSSANT que je suis en train de pondre. 800 pages en trois mois (et c'est pas fini). Génial. Mais qu'est-ce que je vais faire de ça, vous avez une idée, vous ? J'entends déjà les dizaines de réécritures qui arrivent avec leurs putains de grosses Nike Air Max à trois kilomètres...

Arroser les plantes, putain. Elles sont en train de crever.

Monter des nouvelles étagères. Des pyramides de livres s'érigent mystérieusement aux quatre coins de l'appartement. L'autre jour, j'ai trouvé un bouquin derrière le frigo. Pas compris.

Nettoyer les disques vinyles. Ca fait un an que je dois le faire...

Choper un rhume. Etre fatigué. Non, j'ai pas le temps pour ça, moi. Tu déconnes ?

Le soir, ça va mieux. Exclusivité Aniki. Mater Masterchef et de se demander pourquoi, mais pourquoi, Philippe s'est fait éliminer hier ? Non parce que Romain je l'aime bien, mais quand même, faut pas abuser.

Vouloir fumer sa dernière petite clope avant d'aller se coucher et se rendre compte qu'on a liquidé la cartouche. Courir au bureau de tabac à dix heures du soir. Je kiffe trop...

Trente pompes tous les jours. Le pire, c'est que je les enchaîne les doigts dans le nez. Pour me la péter, le week-end, j'en fais cinquante. Ben ouais. Aniki est là.

Appeler les rares camarades avec qui je m'entends bien. Bizarrement, plus aucun d'entre nous ne milite. Enfin si, y'en a un qui le fait toujours, mais parce qu'il a changé de section. Se mettre d'accord sur les manifs, celles où on va, celles où on va pas. Points de ralliement. Potins de la vie au Parti. « T'as vu Machin, il est rentré au Bureau de section ? Quel connard... Ça m'étonne pas... »

 

C'est la rentrée, quoi.

En octobre, ça va se tasser. Mais si.

 

Une bonne nouvelle : je ne me force plus à écrire minimum deux pages par jour.

Y'a du progrès.

 

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 16:35

 

 

En ce moment, je visite des appartements.

Un couple d'amis souhaite en acheter un. Ils ont eu un bébé. Pendant toute sa première année, le bébé a dormi dans leur chambre. Maintenant, ils voudraient une chambre pour l'enfant. Et leur propre logement.

Ils m'ont montré leur simulation de prêt. Un truc de malade. Trente ans de remboursement. Je ne m'attarde pas sur le coût de l'emprunt – à mourir sur place. Parce que le toit sous lequel dort une famille est le bien le plus élémentaire, le plus indispensable, le plus naturel, quand tu vois les chiffres sur le papier, tu te prends la lutte des classes en pleine gueule.

Comme tout le monde ou presque, ils n'ont pas beaucoup d'argent. Ils en ont même très peu.

La jeune femme me propose de visiter les appartements avec elle.

- Il a pas le temps pour le faire (mon ami hoche la tête), il travaille de nuit... Et j'ai besoin d'un mec pour voir les choses techniques. Moi, je vois pas tout ça.

J'accepte.

 

 

Me voilà flanqué d'une épouse et d'un bébé, du moins aux yeux des agents immobiliers qui nous font visiter.

Elle et moi, on précise que je ne suis qu'un ami, que le compagnon est au boulot. Aussitôt, l'agent nous interroge sur le compagnon. Que fait-il dans la vie. Parce que, elle, elle est en CDD à mi-temps. L'agent n'aime pas ça. Il ne m'aime pas non plus, quand il nous voit poireauter en bas de l'immeuble. On a pas l'air franchement friqués, elle et moi.

Jusqu'à présent, on en a visité une bonne dizaine. Des appartements. Et des agents immobiliers, aussi. Ces mecs me fascinent. Je me demande s'ils agissent de la sorte avec tout le monde. Avec nous, ils sont tout simplement imbuvables.

- Et qu'est-ce qu'il fait, le monsieur ?

Avec un sale regard jeté sur ma pomme.

Au bout d'un moment, on a arrêté de préciser que je n'étais qu'un ami. Ça a commencé à nous faire marrer.

- Il est écrivain, le monsieur.

- Oh vraiment ?

- Eh oui.

- Et ça rapporte ?

- Oh, ça rapporte assez pour demander un emprunt sur trente ans.

- Vous êtes de quel pays, tous les deux ?

- Nous sommes Français.

- Oui, bien sûr, mais je voulais dire l'origine...

- Nous sommes Français.

Plusieurs fois, l'agent nous a plantés avant même de commencer la visite, tandis que nous lui serrions la main devant la porte de l'immeuble.

- Désolé, mais l'appartement est vendu.

- Vraiment ?

- Oui.

- Pourquoi vous n'avez pas appelé ? Vous aviez notre numéro de portable.

- Je viens juste de conclure la vente. Ecoutez, je me suis déplacé jusque là pour vous le dire, vous n'allez pas vous plaindre, non ?

Non, on ne se plaint pas.

On rigole.

Lorsque l'agent accepte de bien vouloir nous faire pénétrer l'appartement, c'est, neuf fois sur dix, un voyage au bout de l'enfer. Tout est à refaire.

- Sur l'annonce, c'était écrit quelques travaux. Je suis désolé, mais il faut refaire les sols, les murs, les plafonds, la salle de bains, l'électricité...

- Il est peut-être ouvrier du bâtiment, le monsieur ?

- Ben ouais, en fait. Je suis ouvrier du bâtiment.

- Alors il pourra s'en charger. La dame sera ravie de refaire la décoration.

- Le problème c'est pas tant que je m'en charge ou pas, c'est le prix.

- Il y a beaucoup de cachet, monsieur.

Nous reluquons une salle de bains immonde investie par des relents d'égouts.

- Du cachet ?

- Admirez la cheminée.

- A vrai dire, on s'en fout un peu, de la cheminée.

- Mais la chambre de l'enfant ? C'est une chambre de rêve.

L'agent jette un coup d'œil au bébé dans la poussette, aperçoit qu'il est drôlement noir pour être le mien, et commence à se poser de sérieuses questions.

- Ils sont mariés depuis longtemps ?

- Ils sont pas mariés, à vrai dire.

- Vous avez bien vu la chambre de rêve ? Madame, regardez la chambre de rêve.

Madame regarde bien. Mais je lui ai montré la fissure au plafond, les fenêtres simple vitrage et l'installation électrique datant de la seconde guerre mondiale.

On poursuit nos visites.

Des machins impensables, mal agencés, dégueulasses, un peu moins chers que le reste, mais toujours trop chers. Ou des trucs potables, mais à des prix luxueux. Ma pote désespère.

Moi ce qui me désespère, c'est l'éternelle petite phrase assassine de l'agent :

- Vous savez, comme on a eu beaucoup de visites, il faudra vous décider ce soir.

La première fois, tout à fait spontanément, j'ai éclaté de rire.

- Ne riez pas, monsieur. Je suis sérieux. Je suis certain qu'à la fin de la journée, j'aurai deux offres de prix.

- Non mais, ce soir ? Se décider ce soir ? Vous plaisantez ?

- Non.

- Ouais, ma femme et moi on va foutre cent mille euros comme ça, direct, sur la table. On va pas se poser de questions. Non non, on va pas réfléchir. On se décide dans la soirée. Promis.

- Je dis ça pour vous aider.

- Ben voyons.

Celui-là nous a foutus vite fait bien fait à la porte.

Et puis, tous ont redit la même chose.

- Comme vous le voyez (trois couples visitent l'appartement en même temps que nous), il y a de la concurrence. Il faudra vite vous prononcer.

- Ouais ouais.

- J'ai encore trois autre visites dans la matinée.

- Mais j'espère bien que vous avez d'autres visites. Vous faites votre métier. Sinon, ça m'aurait salement inquiété pour vos petites affaires.

- Qu'est-ce qu'il fait dans la vie, le monsieur ? Il est peut-être dans l'immobilier ?

- Non, il travaille, lui.

Là-dessus, l'agent a fermé sa gueule.

 

 

 

- Ils ont eu l'accord de leur banque ?

- Qu'est-ce qu'ils font, dans la vie, monsieur et madame ?

- Ils ont quel âge, sans indiscrétion ?

- Ils vont emprunter sur combien d'années ?

- Ils ont un apport ?

- Ils ont combien d'apport ?

- Ils sont « primo-accédant », je suppose ?

- Le bébé est-il bruyant ?

- Ils n'ont pas peur de déranger les voisins ?

Des fois, je m'attends à ce qu'ils demandent :

- Ils ne sentent pas mauvais, au moins ?

 

Bien sûr, comme pour tout, la solution est politique et infrastructurale.

Révolution marxiste-léniniste. Dictature du prolétariat. Nationalisation des agences immobilières dans une structure d'état unique.

 

 

 

Et on parle plus, bordel de merde.

 

 

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 16:50

 


 

L'URSS vient d'être reformée.

Le Fonds Soviétique pour la Paix favorise intensément la concorde planétaire.

 

Je reste scotché devant les informations et les journaux. L'URSS...

Et la vie quotidienne reprend son cours.

La rentrée.

 

Quoique, non.

Pas de rentrée, pour Aniki et moi. Pas non plus de vie quotidienne.

Mon éditeur m'appelle :

- J'ai un ami américain qui tient une colonie d'écrivains à Big Sur (Californie, Etats-Unis). Ils cherchent quelqu'un pour l'hiver...

- J'ai pas les moyens.

- A vrai dire, tu serais logé gratuitement, car ils ont besoin d'un gars qui ferait tous les travaux de maintenance. J'ai tout de suite pensé à toi, et en plus tu es auteur, vraiment, ce serait formidable..

- Mais pour le visa ?

- Je ne t'ai pas encore dit ? Fort de ta petite réputation littéraire, tu es éligible au visa O. Bien entendu, cela ne te coûte RIEN.

 

 

Je présente ma démission à mon employeur.

- Comme c'est dommage ! Tu vas nous manquer ! Comme tu as fait du bon travail, je te donne une prime de 300 €.

 

Nous emménageons à Big Sur. Où il fait toujours chaud et beau.

Nous logeons dans un bungalow en bois. Aniki et moi assurons la maintenance de la colonie. J'adhère au CPUSA.

Les communistes américains s'avèrent être exactement sur la même ligne politique que moi. Nous militons et faisons des réunions enrichissantes. Solidarité de classe, amitié.

 

J'adhère également au Black Panther Party (qui s'est refondé). Curieusement, les autorités de l'immigration américaine n'y voient aucun inconvénient.

 

Toujours à Big Sur, j'écris un putain de bon livre.

 

Ringo Starr se promène dans les environs et tombe en panne aux alentours de la colonie. Je le dépanne et répare sa Jaguar. En fait, je peux même faire un tour avec. Il est vachement sympa. On l'invite à bouffer. Je lui demande pourquoi il a appuyé sur le bouton du sous-marin, dans Yellow Submarine. On se fout gentiment de la gueule de Paul (McCartney). On devient trop potes.

 

Le fondateur de la colonie (Philip Roth) est tellement content de mon boulot qu'il fait prolonger mon visa. Nous restons plusieurs années.

En 2012, la France remporte l'Euro, et en 2014, la Coupe du monde de football.

 

Mes romans sont traduits en anglais et publiés par Philip Roth chez Penguin Books.

Je reverse pas mal de mes droits d'auteur au CPUSA et au Fonds Soviétique pour la Paix.

 

Un jour, Ringo se la ramène avec Paul.

Je plaisante avec Paul, on devient aussi trop potes. Je lui pardonne plein de trucs. En fait, c'est un mec super sympa. Si je vous jure.

 

Paul et Ringo me placent dans leurs testaments.

Le jour où ils claquent, je cède des millions au CPUSA et au Fonds Soviétique pour la Paix.

Grâce à ce don, le CPUSA entame une campagne de malade et remporte les élections présidentielles en 2022.

Le pied.

 

Fatigué, et désireux de retrouver ma patrie, je rentre en France.

Entre temps, grâce à la refondation de l'URSS, le Parti est revenu à de solides bases marxistes-léninistes. Je reste à distance, préférant fonder une colonie d'écrivains en Ardèche.

 

 

Bon.

Evidemment, le seul truc qui risque de se produire dans ce bordel, c'est qu'à Big Sur, il fera toujours chaud et beau.

 

 

 

 

 

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 13:51

 

 

 

 

 

Oui c'est une mauvaise nouvelle que je revienne dans moins d'une semaine, si vous étiez un peu solidaires et compatissants, ô mes chers lecteurs, vous me souhaiteriez au moins deux semaines de vacances.

Ben non. Quatre jours à tout casser.

 

Et encore, je me demande si je vais tenir les quatre jours en rase campagne SANS MON TRAITEMENT DE TEXTE.

Vous allez me dire, emmène ton ordinateur portable.

Ouais. Sauf que je suis censé me prendre des vacances.

Il reste toujours le bon vieux carnet et le bon vieux crayon, lesquels, je n'en doute pas, devraient me dégoûter de toute tentative d'écriture pendant la durée de mon expatriation.

Enfin, malgré tout, avant de me carapater, j'imprime le texte sur lequel je travaille en ce moment, histoire de relire, de corriger, bref, de bosser...

 

Le dernier article que j'ai posté était franchement flemmard dans son genre. Mais, croyez-le ou pas, j'ai trouvé moyen d'être accaparé par ma grande carrière littéraire pendant tout le mois d'août (quand j'écris grande carrière, je suis ironique, je vous rassure). Dès mon retour, je tâcherai de vous livrer des textes autrement plus aboutis. Si vous avez des idées à me soumettre, je les étudierais volontiers. Sinon je prévois un article sur les « fans » - ben ouais j'en ai quelques uns, en tant qu'auteur – et je voulais également pondre un truc sur mes aventures rocambolesques à l'ANPE – avant qu'elle ne changeât de nom et devint un pôle.

 

Il y a six mois, quand j'ai organisé mes quatre jours de vacances (le grand luxe), j'étais franchement motivé. Style genre : ouais je vais à la campagne, renouer avec la nature et faire des promenades rousseauistes. D'ailleurs je voulais emmener les Rêveries du promeneur solitaire et les Confessions. J'imaginais des plans idylliques : le sentier, la prairie, moi sans jean slim, sans clope, les fleurs, le vélo, vieille France quoi.

Aujourd'hui je commence à baliser sérieux : putain je vais me faire chier. Enfin, au pire des cas, j'aurai les Confessions pour faire passer le temps. Le sentier ? Donnez-moi une putain de route goudronnée avec des nids de poule, bordel de tapioca. La prairie ? Des immeubles. Le jean slim ? Finalement, on s'y fait. Sans clope ? Vous plaisantez, là. Les fleurs ? Je préfère les trois coquelicots moribonds qui sont en train de crever à l'angle de ma rue. Le vélo ? J'en fait toute l'année. C'est mon boulot. La vieille France ? Euh.

 

Non mais je suis sûr que je vais passer un bon moment. Pas vrai ?

 

Ah oui, tout ça pour vous dire aussi que demain je remets la modération des commentaires.

 

 

 

 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 18:08

 


 

Tout matérialiste, hyperréaliste radical, marxiste-léniniste, rationaliste ET amateur des Beatles se retrouve un jour confronté à la problématique inhérente à leur évolution artistique :

 

 

 

comment expliquer qu'ils aient commencé à faire de la musique « vraiment intéressante » (bonjour l'euphémisme) à partir du moment où ils ont aussi commencé à se camer ?

 

 

 

 

J'attends vos réponses.

 

Pendant un moment, ça m'a fait douter, et ont vacillé toutes les constructions mentalo-dialectiques sur lequel repose mon équilibre psycho-narcissique.

 

Vous comprenez, quoi.

 

 

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