Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 11:15

 

 

Ce week-end, je me suis vautré avec Aniki devant les 24 heures du Mans et le Tour de Suisse.

Seul moment où j’ai éprouvé un sursaut d’énergie : quand j’ai appris que mon super pote Contador allait participer au Tour de France.

Genre chanmé.

Bref, j’ai rien branlé pendant trois jours. J’ai honte.

 

 

 

 

Mon éditeur m’a dit l’autre jour :

- J’ai parfois l’impression que je t'énerve et qu’à tes yeux je ne suis qu’un méchant bourge parisien.

Sans déconner mec.

 

 

 

 

Force est de constater que mes amis me téléphonent beaucoup plus souvent quand ils ne vont pas bien. Je passe des heures à les réconforter et tout. Et puis pendant trois semaines j’ai pas de nouvelles.

Salauds.

 

 

 

 

Mon patron est un mec vachement sympa qui me donne souvent des jours de congé gratuits (il me dit de rester chez moi, mais je suis rémunéré et je ne pose pas de jour de congé). Je ne sais pas si je lui ai déjà dit que je le trouvais sympa. Je devrais.

N’empêche je me demande si c’est légal, tout ça.

 

 

 

 

Des fois mes parents sont vraiment chelous.

Quand même.

Vraiment.

Je vous jure.

 

 

 

 

La barbe d’Aniki sent naturellement la sève de sapin.

Son haleine le pain chaud.

Son corps le sirop d’érable.

Et après il se plaint que je passe mon temps à le coller.

C’est pas ma faute, merde à la fin.

 

 

 

 

C’est marrant que les Marx Brothers aient pas eu besoin de changer de nom.

A la fois les Marx Brothers c’est marrant donc bon.

 

 

 

 

Je regardais les Tudors et à un moment y’a une jeune demoiselle de la cour qui taille une pipe au roi.

En vérité ça aurait été difficilement possible. La fellation était taboue à l’époque, considérée comme extrêmement sale et très marginalisée. A la cour, elle se pratiquait, à la limite, avec des gens de rang inférieur (laquais, serviteurs, domestiques, petit peuple, etc.).

Un peu racoleur cette série tout de même.

 

 

 

 

Repost 0
25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 13:29

 


 

 

 

Je suis toujours parti du principe qu'il y avait une place bien déterminée pour chaque chose existant en ce bas monde. Les conversations 3615 MYLIFE ? Avec les poteaux. Le boulot ? Au boulot. Le sexe ? A la maison. Donc, quand on mélange, ça froisse mon obsession de l'ordre tout à fait psychorigide.

 

Je suis, en réalité, un être extrêmement prude. Eh oui ! Beaucoup peinent à le croire, mais c'est vrai ! Je ne parlerais jamais de ma vie sexuelle au premier venu (pour ce qu'il y a à en dire, en plus...). En revanche, ça ne me gêne pas de parler de la vie sexuelle en général – c'est d'ailleurs pourquoi j'écris des romans. Mais, parler de moi et de mon corps, ah non, jamais de la vie.

 

De même, je suis très gêné quand des gens qui ne devraient pas me parler de sexe m'en parlent. Des potes ? Aucun souci. Normal. C'est des potes. Si on peut plus parler de cul entre potes, de quoi on parlerait je vous le demande.

Mais des gens autres ? Ah non. Et, encore pire : des gens du boulot. BEURK !

 

Pour moi, le monde du travail est une sphère qui, à la base, est déjà entachée par le péché originel économique : l'exploitation. Quand je me rends au travail, je suis plus ou moins conscient (ça dépend des jours) que je vends ma force de travail, donc mon corps (force physique et / ou intellectuelle). Je sais pas ce que vous en pensez, mais à mon avis, dès le début, y'a anguille sous roche. Le monde du travail (en régime capitaliste) n'est pas un milieu très sain.

Donc, je me protège. Il y a un monde du travail et un monde de la vie privée. Je considère que je n'ai pas à mélanger les deux. Bien sûr, il y a des choses dont on peut parler au travail, par effort de sociabilité : sa passion pour les échecs ou le bowling, ce genre de trucs, quoi. Consensuel. Au travail, je ne parle pas politique (surtout qu'il n'y a pas de syndicat), ni sexe, ni littérature, ni rien. Le truc intéressant, ce serait de cerner où se situe exactement la frontière. Par exemple, au travail, je pourrais tout à fait aborder – pour discuter à la pause clope – le sujet de la dernière ville où j'ai passé mes vacances, etc. En revanche, je serais incapable de dire « je kiffe trop Andreï Roublev de Tarkovski ». Là je considère qu'on franchit la ligne rouge.

Ma situation est, toutefois, bien spécifique : je ne partage pratiquement aucun point commun sociologique, générationnel et culturel avec mes collègues. Ça n'arrange pas les choses.

 

Enfin, bref, tu auras compris, ami lecteur, que je ne parle pas cul au boulot.

 

Et depuis « l'affaire DSK », ben tout le monde parle cul au boulot.

Pas moi. Jamais.

Mais ça me gêne.

Si je vous jure.

En fait, ce ne sont pas les mots, ou les images, ou les faits qui me dérangent. Simplement, je ne veux pas entendre ce genre de choses sortir de la bouche des autres salariés. Oui, vous les autres salariés ! Hé, les gars, vous êtes des collègues. Vous êtes pas censés prononcer le mot « fellation » ou « sodomie ». D'une, c'est mon domaine à moi, le domaine de ma vie privée et de ma littérature ! De deux, pas là, pas au travail. Franchement... C'est pas propre, c'est dérangeant. Vous avez pas une tronche à prononcer « sodomie ». Je ne veux pas vous voir prononcer le mot « sodomie ». Ni fellation ni cunnilingus ni branlette espagnole, putain c'est vraiment dégueu !

 

Et puis, ce dont je souffre davantage encore, c'est la façon dont vous en parlez. Genre, ça vous fait baver d'envie. Condamnations graveleuses. Commentaires stupéfaits gorgés de dizaines de détails fantasmés. Florilège. « Ah y'en a qui se gênent pas et qui fourrent tout ce qui bouge ! » « Ces hommes politiques en vérité ils se tapent des centaines de putes de luxe ! » « A ce qu'il paraît ils vont tous dans des clubs échangistes pour VIP ! » « C'est comme les footballeurs, ils organisent des fêtes où des centaines de prostituées sont invitées ! »... (oui au passage j'avais déjà vachement accusé le truc au moment de l'affaire Ribéry machin truc). Mais comment vous les gens vous pouvez sortir des trucs pareils ? Genre, vous avez trop une vie de merde et vous cultivez une sorte d'amalgame entre l'admiration et le désir de lynchage à l'égard de DSK – ou de Ribéry. Il y a une sorte d'indignation où l'on sent bien un fond de désir refoulé. Ce qui est marrant, c'est que les femmes aussi parlent comme ça. Non mais sans déconner, je trouve ça terrible pour vous, les gens ! Vous voulez vous taper des putes ou fourrer des trous dans des partouzes ? Ben faites-le ! Qu'est-ce qui vous en empêche ? Y'a des putes à tous les prix et des clubs échangistes pour tous les milieux, non ?

Putain c'est glauque comment vous envisagez la sexualité ! Genre t'as la corde au cou depuis que t'as épousé bobonne, mais le truc de DSK d'un coup ça te fait monter la température en deux temps trois mouvements. T'as ta petite vie de merde de salarié anonyme sans aucune sublimation sensuelle, et si t'as envie d'immoler Ribéry sur l'autel des bonnes mœurs, c'est surtout parce que, en vérité, t'aimerais bien pouvoir faire comme lui. Oh mais allez-y faites comme eux ! Vous retenez pas, surtout. Et foutez-moi la paix au taf.

 

 

Je ne fais pas allusion aux gens qui trouvent le truc scandaleux, ou qui soutiennent DSK, ou l'inverse, ou je ne sais pas, mais juste à cette fascination mortifère pour « le monde interdit de la luxure des riches avec des tas de partouzes et du sexe à profusion ».

Ayez les fantasmes que vous voulez, les gens.

Mais pas au travail. S'il vous plaît.

 

 

Repost 0
4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 10:36

 


 

 

Fumeur de longue date dans sa courte existence (douze ans de clope sur vingt-sept années vécues), Stoni te dévoile ses premiers pas dans le monde moins difficile de la cigarette électronique. Suite du journal de sevrage.

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, cela fait une semaine que j'ai arrêté de fumer.

 

Dans mon précédent article, je te racontais mon adoption de la cigarette électronique. Ce que j'y décrivais s'applique aux tout premiers jours de vapotage (c'est le terme pour désigner l'emploi de la cigarette électronique !). Car à partir de ce week-end les choses ont changé.

 

Lorsque j'ai fini ma première e-clope jetable Cigaltern, je ne me suis pas rendu compte que le goût et le dosage en nicotine, en fin de vie de la clope, s'étaient drôlement amoindris.

Du coup j'enchaîne sur une nouvelle et putain je me prends un sacré coup en pleine gueule ! C'est fort, c'est bon, c'est puissant ! Comme une vraie clope !

 

De toute façon, j'ai de moins en moins besoin d'une vraie clope. J'y pense à des moments réflexes : je pense au geste, au pouce qui appuie sur la pierre du briquet, au claquement de ce dernier, à la flamme... Et puis, en quelques secondes, le souvenir s'efface.

Je viens de saisir ma e-clope et de tirer dessus.

 

Désormais je suis « dépendant » de la e-clope et j'en suis très content ! Elle me fournit mon ratio de nicotine et autant de plaisir qu'une Gauloise. Bien sûr le plaisir est différent, et on apprend très vite à aimer le goût au caramel (alors qu'au début je le trouvais infect). Il faut apprendre à fumer différemment. C'est tout.

 

La e-clope a bien des avantages.

 

Sa fumée ne sent pas – sinon un très vague parfum de caramel.

Finies les cendres puantes et les cendriers à vider et les corbeilles qui schlinguent et les mégots écrabouillés.

Aniki apprécie beaucoup que je ne sente plus le tabac. Personnellement je ne m'en rends pas compte évidemment.

 

Le plus appréciable : le sentiment de liberté. Avant, j'étais toujours en train de compter mes cigarettes : combien j'en avais fumées, combien je m'autorisais à en fumer encore dans la journée, etc. Et putain, avec le recul, c'était stressant. Désormais, je ne compte plus. La e-clope n'a pas de début ni de fin. Je crois que ça encourage à fumer un peu moins. Quand tu allumes une vraie clope, tu es censé la finir – et tu la finis vu le prix que ça coûte. Avec la e-clope, il m'arrive souvent de la prendre pour ne tirer que trois ou quatre lattes, puis de la reposer.

A l'inverse, si je veux tirer dessus toute l'après-midi tandis que je travaille, eh bien je peux le faire. Je dois simplement faire attention à la surdose de nicotine : cela dit le corps n'est pas idiot et tu n'as plus envie de fumer quand tu as eu ta dose. Il faut savoir que la nicotine consommée avec une e-clope est vraiment inférieure à celle d'une vraie clope. En outre, dans le cas d'une e-clope rechargeable et non pas jetable, on peut acheter des recharges de liquide en baissant petit à petit le taux de nicotine, jusqu'à éventuellement s'en délivrer un jour. Pour l'instant je n'y songe même pas...

 

Question « effets secondaires », je constate toujours la gorge sèche mais je bois en conséquence. Je ne trouve pas ça très gênant.

 

La fatigue que j'ai ressentie dans les premiers jours d'arrêt de la clope m'a duré quatre ou cinq jours. Je pense que, dans mon cas, c'est comme si j'arrêtais d'un coup le café alors que j'en aurais bu une dizaine par jour.

Au réveil, le matin, j'avais le nez très encombré, et j'avais tendance à saigner. Je ne sais pas si c'est dû à un rhume, à l'arrêt de la clope, à la e-clope. Mais ce matin ça allait beaucoup mieux.

 

Je suis vraiment pressé de recevoir ma e-clope rechargeable. J'ai pris du liquide goût tabac avec un haut dosage en nicotine. J'espère d'ailleurs qu'il ne va pas être trop fort (16 mg) car celui de ma e-clope est de 10 mg...

 

Beaucoup de gens sont étonnés de voir avec quelle rapidité j'ai cessé de fumer. J'étais connu pour être un pro-tabac à la limite du fanatisme (et chacun savait aussi que la cigarette était la base de toute ma structure narcissique). On me demande souvent si « on est sûr que la e-clope n'est pas dangereuse ». Je réponds que non, on n'est pas sûr à cent pour-cent, mais qu'une chose me paraît certaine : je préfère fumer de la vapeur d'eau plutôt que du tabac, si je dois penser à ma santé...

 

 

 

Pour l'instant, l'opération sevrage est plutôt une réussite.

 

Je suis fier de moi car je ne pensais pas que ce serait « aussi facile ».

 

 

Au bout d'une semaine d'arrêt complet de vraie clope, je recommande vivement à tous ceux qui veulent lâcher d'investir dans une e-clope jetable.

 

 

 

 

 

 

 

Lire la suite :

 

un bilan sept mois plus tard !

 

 


Repost 0
29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 18:08

 


 

 

 

Ce n'est pas parce que l'on est un jeune communiste qu'on doit absolument rester un petit con focalisé sur sa personne et obsédé par le travail. Non ! Stoni te prouve qu'un jeune bolchévique peut aussi se porter volontaire pour tester les progrès technologiques.

Et pour un progrès, en voilà un rouge : la cigarette électronique nous vient des camarades de la Chine Populaire !

 

Fumeur de longue date dans sa courte existence (douze ans de clope sur vingt-sept années vécues), Stoni te dévoile ses premiers pas dans le monde difficile de la cigarette électronique.

 

 

 

 

 

CECI EST LE PREMIER ARTICLE QUE JE REDIGE SANS FUMER DE VRAIE CIGARETTE !!!

A l'ordinaire je me grille toujours une p'tite clope quand j'écris pour mon blog !

 

 

 

Pourquoi voulais-je arrêter de fumer ?

 

Ami lecteur, si tu es un familier de mon blog, tu dois connaître mon amour invétéré pour mes cigarettes adorées nommées Gauloises rouges. J'en parle souvent, et tu auras d'ailleurs compris que fumer est une condition indispensable à la pratique de l'écriture chez moi (et je rappelle qu'écrire c'est mon métier, hélas, voilà pourquoi je suis si pauvre).

 

Je n'ai jamais voulu arrêter de fumer de moi-même. En fait, je ne fume pas beaucoup. Genre dix à quinze clopes par jour. J'ai vu pire.

 

Sauf que.

Bientôt je vais devoir subir une intervention chirurgicale bénigne, néanmoins indispensable (Hé oui je me fais circoncire. Non je déconne). Le chirurgien a été péremptoire : « pas de cigarettes dans les trente jours avant l'intervention ».

Wallah putain de sa race comment je suis dans la merde !

Aussitôt je me mis à genoux devant cet individu en blouse blanche, gémissant : « mais c'est vraiment obligé ???? je peux pas continuer à fumer quand même ??? ». L'homme se montra incorruptible (c'est une image, je ne m'étais pas mis à genoux pour lui proposer autre chose, je vous vois arriver sale petits pervers pleins d'imagination). « Non c'est zéro cigarette un point c'est tout sinon vous allez mal cicatriser, ça va être une horreur et vous aurez des balafres immondes c'est comme vous voulez jeune homme ! »

 

AAAAH PAUVRE DE MOI !

 

Bref, je devais arrêter de fumer (au moins dans les trente jours qui précédent et dans la semaine qui suit l'opération).

 

Là-dessus, un pote évoque la cigarette électronique devant mes yeux ébahis. Certaines, jetables, seraient en vente dans notre bonne ville pour la modique somme de 10 €. Ho ho ho !

J'appelle illico presto mon chirurgien et larmoie : « est-ce que j'ai droit à la cigarette électronique dites ???? ». L'homme se montra plus coulant ; « mais oui bien sûr, il s'agit d'une vulgaire vapeur d'eau inoffensive, fichez-moi la paix maintenant, quel sale toxico vous faites ! ».

 

Tu l'auras compris, ami lecteur : il me fallait tester LA CIGARETTE ELECTRONIQUE.

 

L'opération se déroulerait en juillet, mais comme je suis excessivement preux et audacieux, j'amorçai le test au plus tôt.

 

 

 

UNE PREMIERE ETAPE : ESSAYER

 

J'achète ma cigarette électronique jetable de marque Cigaltern pour 10 € (si je mets le lien c'est pas pour faire de la pub c'est pour que vous puissiez visualiser la chose).

A ce moment là, j'ai encore un paquet de clopes entamé à portée de main.

 

Fébrile, je déballe la chose. Les gens me regardent bizarrement dans le bus. Bien entendu je ne fume pas dans le bus même si logiquement j'en ai le droit.

Bon j'explique de quoi il s'agit quand même.

La cigarette électronique, c'est un machin un peu lourd, de la taille d'un stylo, qui, lorsque tu tires dessus, se met automatiquement en marche. Un liquide à l'intérieur est transformé en fumée, que tu aspires. Cette fumée est en fait de la vapeur. Elle n'a pas d'odeur. Ça ne fait pas de cendres, évidemment. C'est censé avoir le goût du tabac. Et ça contient de la nicotine. En effet dans la vraie cigarette c'est pas la nicotine qui donne le cancer c'est le reste (et principalement la combustion – t'as vu comment je m'y connais maintenant, abusé). Donc grâce à la nicotine la cigarette électronique t'aide à lâcher la vraie clope.

 

J'attends de rentrer chez moi pour tester la chose.

Un espoir m'étreint : pourvu que ça soit comme une vraie clope, pourvu que ça soit comme une vraie clope, pourvu que...

Je conçois alors un monde idyllique où je pourrais fumer autant que je le voudrais, sans me préoccuper de ma santé ni de mon compte en banque, toute la journée durant, sans empester l'air ambiant, sans puer le tabac froid, tout en jouissant DU GOUT VOLUPTUEUX ET INCOMPARABLEMENT AGREABLE D'UNE CLOPE.

 

Je tire sur la chose... Le bout s'illumine, en fait c'est une diode, ça fait drôlement marrer mon frère qui est là...

 

Mais ça a pas le goût d'une vraie clope. Mais alors pas du tout.

Je tousse et m'exclame : « putain c'est affreux ! ».

 

Et ça l'est bel et bien, affreux.

 

J'ai trouvé une bonne comparaison pour te restituer la chose. Quand tu es enrhumé et que tu fumes (parce que tu es accro), tu n'as pratiquement pas le goût du tabac. Tu sens beaucoup plus la fumée qui picote le fond de ta gorge. C'est super frustrant parce que tu fumes uniquement pour ta dose de nicotine.

Ben là c'est exactement pareil. T'as un vague goût de caramel dégueu, mais pas celui du tabac ! Ça pique vachement la gorge, par rapport à une vraie clope (laquelle, dans sa chaleur, va plutôt s'enrouler amoureusement autour de ton œsophage charmé par son hâle vaporeux et sa générosité...). Justement, tu n'as pas la chaleur de la fumée d'une vraie cigarette. Ton palais, ta gorge et tes bronches restent froids. Et ça, ça manque cruellement...

 

N'empêche, j'abandonne pas. Toute l'après-midi, essuyant les quolibets de mon frère (une espèce de traître maoïsant qui est communiste quand ça l'arrange, pour vous fixer le personnage), je tâche de dompter la cigarette électronique.

 

Je me rends compte qu'en tirant de longues lattes (quatre ou cinq secondes), pas trop fort (sinon je tousse et prends envie de gerber...), j'ai un peu plus de confort.

 

Le soir, je n'ai toujours pas fumé de vraie clope.

 

L'avantage de la cigarette électronique est son côté gadget. Quand je vois Aniki le soir, je suis tout content et fier d'exhiber la chose. Pour plaire à Aniki (qui ne fume pas), je décide de ne pas toucher à une vraie cigarette jusqu'au lendemain.

C'est très dur, surtout après le repas.

 

Cela dit, il faut bien reconnaître une chose à la e-clope (je vais abréger ainsi « cigarette électronique ») : elle te donne ton ratio de nicotine. Pour ça, y'a pas à chier, ça marche.

Je n'ai pas besoin de fumer pour fumer absolument. D'ailleurs l'idée d'une vraie clope me dégoûte un peu car je sens que je serais en surdose de nicotine. Je ne suis pas dans l'état de panique totale où je plonge parfois quand je me rends compte que je n'ai plus de cigarettes.

Avec la e-clope, ce qui manque, c'est la fumée, la chaleur, le goût, le geste (la e-clope est beaucoup plus lourde et au début c'est pas facile à manier).

Ce qui est super chelou, c'est que tu n'as pas besoin de cendrier et au début t'es tout perdu, tu sais pas quoi faire de la e-clope entre deux lattes !

 

Fort de ce succès, je décide de me commander une vraie e-clope sur internet, pas une jetable comme j'ai en ce moment.

Je vous dis tout de suite : je suis pas prêt de l'avoir reçue car elle doit arriver la semaine prochaine.

 

A ce qu'il paraît, une e-clope pas jetable c'est beaucoup mieux qu'une jetable et j'attends avec impatience. J'espère que ça ressemblera plus à mes Gauloises !

Sur un forum (je passe mes journées dessus) de e-clope j'ai lu : « comparer une e-cig jetable à une e-cig tout court c'est comparer une 2CV à une Ferrari ».

 

 

Alors je me dis : ok j'ai essayé, j'ai commandé une vraie e-clope, donc en attendant je vais reprendre mes vraies clopes... Et j'en meurs d'envie.

 

Sauf que je me dis : voilà 24 heures passées sans clopes. C'est la première fois de ma vie que ça arrive. Avant, quand j'arrêtais, c'est que j'étais malade.

Ce serait peut-être bien d'essayer de continuer, non ?

 

Je me rachète une e-clope jetable pour affronter le prochain week-end (en effet une jetable doit te durer deux paquets environ, donc samedi ou dimanche elle devrait rendre l'âme).

 

Et lors de cette deuxième journée sans clope, j'affronte les béances du manque.

 

Je suis deux de tension. Je ne comprends rien à rien. Incapable de lire ou d'écrire. Je mets dix mille ans à intégrer un truc, à reconnaître un nom ou une notion.

Aujourd'hui encore (48 h de sevrage), je fais plein de fautes alors que j'écris cet article, lapsus, etc...

 

Les moments où je me pétais une bonne clope, d'habitude, sont les plus durs à passer. Le matin (ma préférée, la première), après les repas, en lisant mes mails...

 

Heureusement en ce moment je n'écris pas (de roman). De toute façon je crois que j'aurais été incapable de le faire sans clope.

 

Chose bizarre : la cigarette des autres ne me fait pas envie. J'identifie mieux l'odeur des clopes et me rends compte que ça ne sent pas très bon. Je repère les cigarettes aux mains des gens dans la rue, mais ça ne me donne pas envie d'en allumer une pour autant. Je me contente de tirer sur ma e-clope en pensant « allez, essaie de ressembler à mes Gauloises, juste une fois, donne-moi le même plaisir... » en vain.

 

Ce qui est hallucinant c'est que je me trimballe mon paquet de Gauloises sur moi depuis 48 heures et que je n'ai pas cédé... Je ne l'ai même pas touché... J'y pense, et voilà tout.

 

J'ai un gros coup de barre l'après-midi mais le soir en général je me réveille un peu. Je réalise à quel point la clope me permet de tenir dans mes journées endiablées (heureusement je ne me suis jamais mis au café, sinon je pense que ça aurait été la même addiction).

 

Désormais, je déplace ma dépendance de la clope sur la e-clope. Quand j'ai vraiment envie de fumer, je pense à la e-clope, avec un mélange d'amour-haine. Amour parce qu'elle me rend le geste et me donne la nicotine. Haine parce qu'elle ne sera jamais à la hauteur de mes Gauloises.

Un peu comme la nana qu'on lève par dépit après avoir été largué par une bombe... En l'occurrence, c'est moi qui ai largué la bombe, mais bon... Elle me faisait du mal et elle me coûtait cher (la salooooope) !

 

Ce matin j'avais très envie de fumer avant de prendre le bus et j'ai sorti ma e-clope pour tirer deux ou trois longues lattes. Ça m'a fait du bien.

 

Le matin quand je me réveille je pense à elle, et je suis fier de sentir mes poumons plus légers...

 

 

Un inconvénient de la e-clope : elle assèche les muqueuses un truc de malade. J'ai la gorge sèche depuis que j'ai commencé. Du coup, je bois davantage (de l'eau, hein !) et ça ne peut pas me faire du mal. Peut-être est-ce aussi dû à mon arrêt de la vraie clope ?

 

Donc voilà... Le but du jeu est de tenir avec ces jetables jusqu'à ce que je reçoive la e-clope qui se conserve...

 

 

 

La cigarette faisait partie intégrante de ma personne. Sur elle reposait toute ma structure narcissique (donc artistique). Je ne me sens pas pour autant comme une merde, mais je suis dans l'incapacité complète de me consacrer à n'importe quel acte créatif (sauf écrire pour ce blog visiblement). Je décide de m'accorder des vacances pendant quelques jours, sinon je vais craquer. Je lis doucement, à un tout petit rythme, je fais des choses qui me plaisent, et je mange beaucoup.

 

 

 

 

J'espère ne pas craquer...

 

Je vous tiens au courant.

 

 

 

 

  Lire la suite : comment j'ai appris à kiffer ma e-clope

 

Repost 0
25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 15:38

 


 

 

 

J'aime :

 

 

fils du peuple CHECK

 

 

Le communisme

 

La Révolution française

 

Lire des livres (sur le communisme et la Révolution française, donc, mais pas que)

 

Ecrire

 

Faire des rêves où je deviens un de mes personnages (trop rare hélas)

 

Prendre le train, et surtout le TGV (chauvinisme), et penser « putain les infrastructures d'Etat en France c'est la classe » (re-chauvinisme)

 

Manger des bons trucs simples

 

FUMER MES GAULOISES

 

Regarder un bon film pas trop long (je trouve que les films sont trop longs de nos jours et je ne tiens pas en place)

 

Prendre mon petit-déjeuner avec Aniki

 

Faire l'amour (évidemment)

 

Etablir une complicité avec un inconnu (aujourd'hui j'ai discuté dix minutes avec le propriétaire d'un chien que je trouvais trop cool – le chien, pas le maître – mais lors de la discussion j'ai constaté que le maître aussi était cool)

 

Rencontrer des lecteurs qui me disent qu'ils ont trop kiffé mon bouquin

 

Aider les gens (sadisme refoulé)

 

Ecouter ma musique en fumant une clope avant d'aller au boulot

 

Les soirées électorales à la télé

 

Regarder Glee (oui j'ai honte mais j'aime la musique et on ne fait plus de bonnes comédies musicales de nos jours)

 

Quand il fait chaud et beau

 

Les chiens

 

Les tortues

 

Les dinosaures

 

Mes parents les jours où ils saoulent pas

 

Traîner au lit avec Aniki après le petit-déjeuner en lisant le journal (week-end je t'aime)

 

La levrette

 

La série H (c'est trop marrant)

 

 

 

 

 

 

 

Je n'aime pas :

 

 

diabolo-classic-de-jonglerie.jpg

 

Etre invité à une émission de radio, lorsqu'on me pose une question incompréhensible ou débile, dire « euh ça va être monté ? », le journaliste répondant « non c'est du direct » et moi de lâcher un rire idiot

 

Entretenir des pulsions de mort à l'encontre de mon éditeur

 

Aller dans un salon du livre pourri où je me fais chier

 

Ne pas écrire, me retrouvant au terme du processus d'écriture d'un roman et étant abandonné à moi-même, bringuebalant, hagard, toute ma sensation d'inutilité sociale en geignant « putain je sers à rien quand j'écris pas » (et enchaînant sur un épisode de Glee)

 

Quand il fait froid et gris (le bouquet : et il pleut)

 

Proposer un manuscrit que je sais être pourri uniquement pour espérer racler un peu de fric

 

Etre malade (car je ne peux plus fumer)

 

Me rendre compte que je n'ai plus rien à lire (alors j'erre dans l'appartement en gémissant « mais j'ai plus rien à lireeeeuh » et Aniki de rétorquer «tu nous fais chier putain, pourquoi tu lis pas les Mémoires de Poulidor que j'ai achetés y'a pas longtemps »)

 

Me disputer avec Aniki (heureusement très rare)

 

Trop fumer dans la journée (j'ai honte)

 

Les gens qui traînent dans les transports en commun et qui créent des embouteillages, genre ça fait boulet putain

 

Les jeunes qui parlent fort dans les transports en commun (à l'approche de la trentaine je vire réac ma parole)

 

Prendre la voiture car je la supporte mal

 

Les mecs qui portent des pantalons bouffants et qui font du diabolo (si je dois un jour devenir un dictateur communiste sanguinaire, je crois que je ferai le premier pas vers ce statut en promulguant une loi qui interdira le port de pantalon bouffant associé à l'utilisation d'un diabolo – guettez ça les mecs, si ça se produit on est mal !)

 

Mes parents les jours où ils saoulent

 

Mépriser des gens (je trouve cela fatigant à la longue et je n'aime pas ce sentiment)

 

Quand les gens disent n'importe quoi sur des sujets auxquels je tiens (le communisme, la Révolution française, les dinosaures, voir plus haut, etc.)

 

Les gens qui s'y croient

 

Les gens qui se complaisent dans quelque chose de vain

 

Etre dans un salon du livre devant mes piles de bouquins, voir un badaud s'arrêter, me dévisager et me demander sérieusement « Où est l'auteur qui aurait écrit ces livres ? », alors que je porte un badge avec mon nom mais bon c'est pas grave, et quand je lui dis « ben c'est moi », entendre le mec répondre « non mais vous n'êtes pas sérieux » (ben si connard)

 

Etre dérangé dans mon travail hautement intellectuel d'écriture par ma propriétaire qui veut s'assurer que non je n'ai pas eu de dégâts des eaux récemment et qui me tient la jambe pendant une heure alors que je me tue à répéter « écoutez madame je suis désolé mais je suis en train de travailler et... »

 

Gad Elmaleh (j'en ai marre que les gens me saoulent avec lui). Putain les gens il est pas drôle ce mec faut arrêter

 

Qu'on me pose la question au boulot « qu'est-ce que tu as fait ce week-end » ? Réponse réelle : oh pas grand-chose. Réponse fantasmée : samedi je me suis levé à huit heures, j'ai déjeuné, je me suis lavé et nous sommes allés faire des courses. Bien sûr entre temps nous avons longuement fait l'amour au lit comme tous les matins où nous ne travaillons pas. A midi nous nous sommes fait des sandwichs. L'après-midi j'ai travaillé sur mon roman et j'ai lu. Nous avons refait l'amour. Le soir j'ai préparé des sushis. A vingt heures nous sommes allés louer un film. Dimanche, après avoir fait l'amour, j'ai fait le ménage et les vitres, car ça faisait longtemps que je ne les avais pas faites et c'était la honte, l'après-midi je... etc. Putain le week-end c'est la vie privée c'est une question qui ne se pose pas bordel de merde !

 

Passer la nuit sans Aniki (une infamie ineffable)

 

Les sketches de Coluche car je ne comprends pas ce qu'il dit

 

 

 

 

 


Repost 0
19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 11:18

 

 

 

Le blog de Stoni (ou, pour les intimes : le Blog Populaire du Camarade Stoni premier prétendant au Soviet Suprême) attire de plus en plus l’attention.

Et cela n’est-ce pas grâce à toi, camarade lecteur, qui te décarcasses afin que ma parole marxisante soit connue de par le monde ?

 

Bref, l’autre jour, j’ai reçu ma première proposition de service de presse.

 

Qu’est-ce qu’un service de presse, me demanderas-tu, ami lecteur ?

 

Un service de presse, couramment abrégé en SP, est un exemplaire gratuit d’un livre que son éditeur envoie à des critiques.

Avec l’arrivée des blogs, le service de presse s’est démocratisé et il n’est pas rare que de simples particuliers, qui tiennent un petit site de lecture, reçoivent eux aussi des bouquins gratos.

 

Alors voilà le message que j’ai reçu l’autre jour et, pour ne pas changer, « vous allez voir c’est goûteux ».

 

 

De: Editeur Concon editionsconcons@mail.fr

Objet: OverBlog : Vous avez reçu un message

À: stoni@mail.com

 

Bonjour,

 

Lisant régulièrement votre blog, je voulais savoir si vous seriez intéressé par un roman au format numérique qui pourrait me semble-t-il vous plaire. J’ai fondé une petite maison d’édition spécialisée dans le livre numérique et cherche à faire connaître notre troisième roman, « XXXX » de Machin Trucmuche. Résumé du roman blablablabla. Je peux vous envoyer l’intégralité du texte en PDF (186 pages) et, qui sait, vous en toucherez peut-être un mot à l’occasion, sur votre blog ou ailleurs, si le contenu vous plaît.

Cordialement,

 

Editeur Concon.

 

 

 

Alors là, autant te le dire camarade lecteur, j’hallucine.

 

Moi qui passe ma vie à vous rabâcher que JAMAIS UN AUTEUR NE DOIT SIGNER UN CONTRAT D’EDITION TOUT POURRI AVEC UN FAUX EDITEUR QUI NE PRODUIT PAS DE VRAIS LIVRES, voilà qu’un éditeur « spécialisé dans le livre numérique » (c’est une spécialité, ça ??? une voie de garage, plutôt, ouais) prétend « lire régulièrement mon blog » et me soumettre, pour critique, un de ses romans !

 

Sale petit menteur !

 

Voici donc ma réponse à ce nouveau trublion de l’immense univers des faux éditeurs qui se prennent pour de vrais éditeurs.

 

 

 

Salut poteau,

 

Si t'y vois pas d'inconvénient je vais te tutoyer, mon vieux.

 

Etant donné que je ne poste jamais de critiques de livres sur mon blog, je me demande si ton petit message ne vient pas d'un robot ou d'un truc comme ça.

 

Et ce qui m'étonne encore plus, c'est que tu viennes te présenter comme éditeur "format numérique" alors que je passe mon temps à saouler mes lecteurs pour qu'ils signent de vrais contrats d'édition (et pas du numérique).

 

Je doute que tu sois un de mes lecteurs réguliers...

 

Bon je suis désolé si je semble agressif, mais je suis prêt à parier que ta maison ne paye pas ses auteurs avec un à-valoir d'un montant honnête - je ne vois pas comment c'est possible pour toi de le faire, puisque tu n'édites pas sur papier, donc tu n'as pas de marché.

Eh bien moi je ne cautionne pas les éditeurs comme ça.

 

Tu peux poster de la pub dans les commentaires de mon blog, aucun souci.

Je ne prends pas de "service de presse" et n'en veux pas. J'ai un blog, ok, mais je ne suis pas critique.

 

Désolé, je veux pas t'en foutre plein la gueule, c'est pas personnel, j'ai rien contre toi, mais les mailings c'est bon ça saoule. Et je viens de m'attraper avec mon éditeur (un vrai bien chiant celui-là) alors t'encaisses le contrecoup, toutes mes excuses.

 

Fraternellement,

Crois-moi bien ton fidèle

 

Stoni

 

 

 

 

 

Fallait pas me chercher, merde à la fin.

 

 

 

 

 

Repost 0
28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 11:19

 

En général, je suis quelqu’un de plutôt calme. Très calme, même. Calme par excès. Ça attire la méfiance.

 

Si je suis si calme, c’est parce que, au fond, je suis une sorte de barbare débordant de pulsions de mort, et ce côté-là de ma personnalité, je dois le maîtriser.

Je sublime ma violence intrinsèque en faisant du sport et en écrivant des romans (on fait ce qu’on peut).

 

Mais, des fois, ça ressort. Ben ouais. Je suis, malgré tout, un être humain d’une banalité affligeante.

 

J’aime bien lire le journal, notamment les faits divers et les affaires criminelles. Tu vois de ces trucs, des fois. Des trucs de malade. Le mecs, ils ont pété un câble, et c’est tout.

Tu lis ça, bien tranquille chez toi, et tu te dis « moi ça ne m’arrivera jamais, je me contrôle, la différence entre ces gens et moi, c’est que je suis dans la réalité et eux ne le sont pas. »

Bien sûr, en tant qu’auteur, je peux imaginer ce que ressentent ces gens – c’est mon boulot, si besoin est. J’imagine très bien, d’ailleurs. Quand je lis le déroulement d’un meurtre, je vois le truc de A à Z, avec force détails, me figurant au frisson près ce que ressentent les acteurs, et c’est extrêmement désagréable, comme réflexe imaginatif… Surtout quand tu es dans la peau de la victime…

En impression générale, ça ressemble assez à un « flash », comme ceux qu’a le personnage  principal, le medium, dans le film Dead Zone. Tu vois la scène te sauter aux yeux et c’est atroce.

Mais bon, je fais de la mise en scène. Je me glisse dans la peau. Je deviens quelqu’un d’autre. Je ne me sens pas, moi, Stoni, acteur.

 

Ben hier, je me suis senti acteur.

Ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait, mais ça faisait longtemps que ça ne s’était pas reproduit.

On m’a rapporté quelque chose sur une personne que je ne connais pas directement. Une parole ridicule, stupide, outrageante envers moi. Mais ça m’a mis dans une colère NOIRE. Je ne sais pas, il n’y a nul autre terme que NOIRE pour la qualifier. J’étais furieux, hors de moi. J’ai ruminé contre ce type pendant toute ma matinée de boulot. Quand je suis sorti, je ruminais encore, et c’était pire : j’avais fini le taf, j’étais libre de mes mouvements – libre d’aller le voir et de le buter. Il me serait facile de trouver son adresse.

J’ai pas d’arme à feu. Seul petit problème pour mon projet.

Mais là, si j’en avais eu une, je me convainquais que je l’aurais fait. Ce type, il m’avait tellement vexé, que je ne le considérais plus comme un être humain : c’était un « truc » infâme à éliminer. L’éliminer, ouais. S’en débarrasser. Il ne s’agissait pas d’un meurtre. Mais d’un acte hygiénique. Il me fallait débarrasser la terre, ma terre, de la présence de cette pourriture, qui me paraissait alors contagieuse. Comme les monstres dans les films Aliens. Putain, t'as qu’une envie, les buter. C’est de la vraie merde.

Ben lui aussi, je le voyais bien en Alien. Je l’aurais éliminé sous les yeux de sa famille, de ses parents, de sa femme, de ses enfants, de son chien. Rien à foutre.

J’ai été véner toute la journée. J’ai appelé des potes pour me défouler. Même chose avec Aniki, le soir. Et puis je suis passé à autre chose.

 

C’était troublant, avec le recul, de se sentir si proche, si complice, avec les auteurs de crimes dont on parle dans les faits divers.

Mais on s’en remettra.

 

 

 

Repost 0
5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 13:24

 


 

Je commence l'année avec un remerciement à tous ceux qui lisent mon blog, ceux qui postent des commentaires sur mon blog, et ceux, autrement plus nombreux (et autrement plus timides ?), qui m'envoient des messages privés.

J'essaie de vous répondre, la plupart du temps, et quand j'oublie n'hésitez pas à me relancer.

 

Je reçois des messages très différents. Des encouragements, des critiques, des questions, des liens vers d'autres blogs, des insultes, des déclarations d'amour... ll y a de tout.

 

Je salue particulièrement Zelmut, Hubert, Oscar, Clopine Trouillefou, Lady K, Alain, Billy, Ludovic Mir, Trofimov, Thomas-Gumbo, Sabine, Véronique P., Petit Hérisson Bleu, Samir, Vladimir, Xena, Lénone, Stal du 43, Djilali, Roswell, Narcisse, etc... et tous les autres...

 

Mais tout succès comporte son revers poil au derrière !

 

Des messages ne font pas dans la dentelle, hélas.

 

Je crois que les plus désagréables, ce sont les messages (toujours privés) des moralisateurs.

Les insultes, les considérations sur l' anormalité de ma vie sexuelle, à la limite, je m'en bats les couilles.

Mais alors les moralisateurs, c'est quelque chose.

 

En général, il y a deux types de moralisateurs.

Le moralisateur littéraire. Il est tombé je ne sais comment sur mon blog, a lu mes articles de la catégorie « ma vie de caca écrivain » et souhaite m'apprendre à écrire. Ben ouais. Le type, il considère que j'écris comme un pied et surtout que je n'ai rien compris à ma carrière d'écrivain. Sans déconner une fois j'ai reçu un message d'un vrai auteur, un peu connu, qui était offensé par mes écrits. Non mais je vous jure, faut arrêter des fois.

Le moralisateur politique. Il est tombé je ne sais comment sur mon blog, a lu mes articles de la catégorie « ma vie politique » et souhaite me réenseigner le marxisme. Ben ouais. Le type, il considère que j'ai rien entravé au marxisme et surtout que je n'honore pas l'idéal communiste comme il se le doit.

 

Hier j'ai reçu ça, vous allez voir c'est goûteux.

 

 

 

Stoni,

 

Étant arrivé par hasard sur ton site, j'ai lu avec toute mon attention tes articles sur le marxisme et le léninisme.

 

Ils arrivent toujours « par hasard » sur votre blog, ces mecs-là. Mais ce qui est bizarre c'est qu'ils vous lisent avec « toute leur attention ».

 

Je crains que tu ne fasses une mauvaise interprétation de la philosophie de Marx.

 

Sans déconner. Déjà, Marx, il était pas philosophe, mais économiste. Mais enfin bon. Passe encore.

 

Détourner ses propos comme tu le fais conduit forcément à une imposture : en l'occurrence, ta vulgarisation politique n'est pas viable.

 

J'adore ce genre de phrase, je vous jure.

 

En lisant attentivement Alain Badiou, tu aurais blablablablabla...

 

Alain Badiou. En lisant attentivement Alain Badiou, je me serais foutu une belle carotte dans le cul, mec.

 

Je vois néanmoins que tu as lu Truc Bidule, ce grand philosophe marxiste, mais que tu galvaudes son principe de la dialectique de la production et de la consommation.

 

S'en suit un long paragraphe où le mec me réapprend la dialectique de la production et de la consommation, parce que je suis trop con pour avoir compris tout seul (à la fois, normal, je suis un ouvrier, donc je suis débile).

D'ailleurs, puisqu'on y vient :

 

Ton ouvriérisme caractérise une certaine forme de révisionnisme réactionnaire. Te serais-tu plu chez les Khmers Rouges ? Considère bien la question et ce qu'elle implique.

 

Ah ouais, à fond, je me serais trop plu chez les Khmers Rouges, mon salaud.

Ta question et ce qu'elle implique je la considère tellement que ça me troue le cul. Du cash.

Quand ils parlent comme ça, ces types, j'ai toujours un petit frisson en imaginant qu'ils puissent être trotskards.

 

J'ai néanmoins une proposition à te faire.

 

Wallah. J'ai peur.

 

Je participe à un café philo communiste, dans telle ville. Nous sommes une petit groupe de philosophes et d'enseignants (tous degrés confondus), mais nous sommes ouverts à tous les profils.

 

Wo putain. Une secte.

De philosophes. Manquaient plus qu'eux, tiens. Et en plus de ça, ils sont ouverts à tous les profils.

 

Pourquoi ne pas intégrer notre groupe de réflexion ? A plusieurs, nous progressons toujours plus vite.

 

Plus on est de fous, plus on rit. Si l'adage s'applique fort bien au sexe (j'ai toujours fantasmé sur le triolisme), je crains qu'il ne fasse tache en philosophie (ou en marxisme, ou tout ce que vous voulez).

 

 

Je suis certain que, en faisant connaissance, nous saurons enrichir nos visions du monde respectives.

 

Et là, la phrase trop chelou :

 

Évidemment je paierai tes consommations, si tu viens nous voir au café.

 

Putain c'est de la drague ou quoi ?

J'avais peur, tantôt. Maintenant, je suis terrorisé.

 

Le mec se faisait sympa, il redevient mesquin :

 

Car t'enfermer dans ta posture cynique, où l'on décèle fort bien un cuisant sentiment de supériorité, ne t'aidera pas.

 

Alors là je pousse un cri d'appel : ARRETEZ DE M'ANALYSER !

Non mais sérieux, je reçois au moins un ou deux message par mois où y'a des types qui me font ma psychanalyse. ARRETEZ ! CA SERT A RIEN ! MON CAS EST BIEN MOINS COMPLEXE QUE VOUS NE LE PENSEZ !

 

Je te donne mes coordonnées complètes.

 

En effet, il balance tout, le gars. Adresse, numéro de portable, de fixe. J'hallucine.

Il se croit au Macumba devant les vestiaires, moi à moitié bourré et vulnérable, lui aux aguets.

 

J'espère te rencontrer bientôt !

 

Ah ouais ? Ben c'est pas réciproque, mon poteau.

 

 

 

 

Donc voilà, je trouve ça plutôt rigolo comme message.

 

 

Ah oui.

J'ai corrigé les fautes de français, d'orthographe et de grammaire...

 

 

 

 

 

Repost 0
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:31

 

 


 

Ces jours-ci je me croyais à Stockholm et à Londres

Genre froid polaire au soleil lequel se couche à trois heures de l'après-midi

Puis six degrés avec une pluie fine et glacée

 

Aniki était malade et je me suis occupé de lui

Aniki je n'ai pas toujours été patient excuse-moi

Aniki tu sais je me prends tellement la tête

Pourquoi ?

Pour mon putain de nouveau rom...

Projet. Mon putain de nouveau projet

 

Aniki je t'ai fait la cuisine

Et des douceurs

Tisanes au miel citronnées

Soupes potages

Pâtes riz

Beignets de calamars

Mon pauvre amour

 

Bonnes nouvelles mauvaises nouvelles

Bonnes nouvelles dans ma vie professionnelle-artistique

Mauvaises nouvelles tu es malade mon pauvre amour

 

Je suis amoureux de mes personnages

Je suis plein d'amour

Je me sens bien

 

Samedi je suis allé faire les courses, seul

Tout était verglacé, enneigé et frigorifié

Avec une lumière typiquement québécoise, pleine, puissante, solaire

J'étais si heureux, dehors

Je veux aller vivre en Alaska

Mais tout compte fait je suis bien chez moi

 

C'est bientôt Noël

Dans les supermarchés tu as des dindes et des canapés

Moi ça me déprime

Pour les autres c'est les vacances d'hiver

 

Je travaille...

 

C'est fou ce que je suis content de pas fêter Noël putain

 

 

 

Repost 0
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 14:08

 


 

La vie est décomposée en plusieurs étapes.

Entre autres l'enfance, plus ou moins amalgamée à l'adolescence, et l'âge adulte.

 

 

Quand passe-t-on de l'un à l'autre ? De l'enfance-adolescence à l'âge adulte ?

Je dispose d'un test infaillible pour le savoir.

 

 

L'enfance-adolescence. Ces années où l'on rit pour pas grand-chose, où l'on se bouffe les crottes de nez en public, où l'on se branle toute la journée, où l'on mate à plus en pouvoir dans la rue (et même tu te retournes et tu te démanches la tête des fois), où l'on croise les pieds sur la table, où l'on se soucie pas toujours de la politesse et de la courtoisie, où l'on est persuadés que plus tard on sera pilote de chasse (ou rock-star, ou paléontologue, ou politicien propagandiste), où l'on conspue toute forme de sport qui ne ressemblerait pas à une partie de football improvisée.

L'enfance-adolescence et ses égarements vestimentaires. Les survêts Nike, les tee-shirts Com 8, puis les tee-shirts rock. Quand on a encore le temps de se tenir au courant des nouveautés rock indépendant et d'acheter (ou de voler) pas mal de CD. Moi, je faisais des dessins, des BD et j'ai même monté un groupe de punk-rock-tribal avec des potes (qui a tenu un mois). Notre truc, c'était d'incorporer des instruments brésiliens et marocains à la guitare électrique. Comme nous n'avions pas de guitare électrique, on se contentait de mon acoustique. Forcément, ça ne donnait pas du punk-rock, alors nous avons arrêté.

J'avais quinze paires de tennis, de toutes les couleurs. C'était le temps du lycée, puis de la vie active, pour d'autres la faculté. Nous vivotions, nous ne savions pas où aller.

Nous étions des gosses, quoi.

 

 

Puis, l'âge adulte s'installe.

Ces années où l'on compte les anniversaires qui nous séparent de la trentaine (« ouf encore trois ans »), où l'on se bouffe les crottes de nez uniquement en privé (et quand on est tout seul, parce que maintenant, on est maqué-marié-pacsé-parent), où l'on oublie de mater dans la rue, c'est même pas qu'on évite de le faire, non, c'est qu'on n'y pense plus, où l'on s'assied correctement à table (sinon t'as mal au dos), où l'on se montre poli et professionnel lorsqu'il le faut, où l'on se demande comment on a pu seulement imaginer qu'on serait un jour pilote de chasse (ou rock-star, ou paléontologue, ou politicien propagandiste), où l'on fait minimum une heure de sport par semaine... parce qu'il faut s'entretenir.

L'âge adulte et sa sagesse vestimentaire. Un jean slim, des Converse blanches ou noires, un pull simple, une veste bien coupée et c'est marre. Ton excentricité, c'est de porter une cravate... Question musique, c'est le décrochage complet. On ne connait aucun des groupes écoutés par notre petite sœur ou petit frère. Votre discothèque ne s'agrandit plus. Vous tournez avec vos vieux albums. Vous avez tendance à vous réfugier dans des valeurs sûres (« je vais m'acheter tous les disques des Beatles remasterisés »). On ne vole plus dans les magasins, on ne fume plus de pétard, on ne fait plus de commentaires désobligeants en croisant des agents de police – en fait on ne les remarque même plus, les agents de police.

Vous avez un métier ou essayez d'en chercher un. Vos amis font des enfants.

 

 

Bien sûr, les choses se font petit à petit, sournoisement...

Comment déceler le parfait achèvement de la métamorphose ?

Je détiens la réponse.

 

 

Mon père adorait le film Les Tontons Flingueurs.

Pour lui, c'était très Vieille France et cela lui permettait d'intégrer sa « métèquité » (sic) à son pays d'adoption.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Les Tontons Flingueurs c'est un film français en noir et blanc avec plein d'acteurs qui sont morts, une comédie sur des pseudo gangsters, où les jeunes gens dansent le twist.

C'est vachement Vieille France, en effet.

Vous pouvez voir un extrait ici.

 

 

Dès qu'il passait à la télé, mon père le regardait. Et il était pété de rire. Tout le long.

Moi des fois je traînais dans les parages et je l'entendais se fendre la poire. Du coup, je me vautrais dans le canapé, en espérant me marrer aussi.

Ben non. Ca me faisait pas rire.

Pire encore : je ne voyais pas ce qu'il y avait de drôle.

J'essayais vraiment. Je me concentrais sur les dialogues. Mais non. Je ne comprenais pas l'humour de ce film.

C'était comme si vous m'aviez passé un documentaire animalier en prétendant qu'il s'agissait de Mary à Tout Prix.

Mon père me répétait les répliques cultes, quand je ne riais pas.

- Oui et alors ?

- Ben c'est drôle ! «  J'dis pas que Louis était toujours très social,non, il avait l'esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité. » C'est drôle !

- Ah bon ?

- Mais oui ! Il a l'esprit de droite, parce que quand tu parles augmentation, il sort son flingue, mais il a apporté la sécurité.

Je restai pantois. Je ne voyais qu'un film ringard, un polar même pas palpitant, une curiosité de l'époque, en quelque sorte.

- Ouais, je comprends le sens de la phrase, mais je trouve pas ça drôle.

- T'es trop jeune, concluait mon père.

 

 

A maintes reprises, je tentai de revoir ce film.

Toujours aucun rire.

Juste la consternation.

 

 

Puis, cette année, je l'ai regardé.

Et là.

Plié en quatre. Tout du long.

Pire encore. J'en redemandais. J'allais jusqu'à visionner Le Cave se rebiffe (c'est vous dire).

 

 

Je crois donc que le jour où vous rigolez devant Les Tontons Flingueurs, c'est que vous êtes passé de l'autre côté, définitivement.

 

 

Je suis désolé.

Mais c'est comme ça.

 

 

 

 

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de stoni
  • Le blog de stoni
  • : Blog d'un jeune écrivain... en direct depuis les tréfonds de la praxis. Ma vie matérialiste, ma cigarette électronique, du marxisme-léninisme et tous mes malheurs d'auteur publié.
  • Contact

Aide des auteurs

  LE MEILLEUR DES ARTICLES SUR L'EDITION ET L'ECRITURE...

 

Commencer un roman : au secours !

 

Mon roman est-il publiable ?

 

Mes romans n'intéressent personne !

 

Y'a-t-il un âge minimum pour être édité ?

 

Trop vieux pour être édité ?

 

 

Préparer son manuscrit / la lecture des manus

 

Améliorer son manuscrit

 

 

Comment avoir un bon style

 

Les méthodes et ateliers d'écritures

 

Par qui se faire relire avant d'envoyer le manuscrit ?

 

Mon avis sur les coachs et conseillers littéraires

 

L'importance d'un bon niveau de langue

 

Protéger son manuscrit

 

A qui envoyer son manuscrit (la ligne éditoriale)

 

Faut-il rappeler les éditeurs ?

 

Comprendre l'édition : 1

 

Comprendre l'édition : 2 (le comité de lecture)

 

Premiers contacts avec l'édition

 

Arnaques : édition numériquel'Harmattan Léo Scheer et les Nouveaux Auteurs

 

Des noms de bons éditeurs ?

 

Le contrat d'édition

 

Comment repérer un mauvais éditeur avant de signer

 

L'importance de la distribution / diffusion


Combien gagne un écrivain ?

 

Négocier son à-valoir

 


Négocier les corrections demandées par l'éditeur

 

 

La dure réalité du monde de l'édition

 

Faire éditer des nouvelles

 

La promotion du roman : critiques et publicité

 

Je suis à la Fnac, et alors ?


Je suis passé sur France Culture, et alors ?


Les critiques négatives, que faire ?

 

 

 

 

Et bien sûr tous les articles sur ma vie d'écrivain au jour le jour.


 

 

 

POUR M'ECRIRE C'EST ICI SVP

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Contacter le Stoni 1983

Flux RSS

http://stoni1983.over-blog.com/rss