Blog d'un jeune écrivain... en direct depuis les tréfonds de la praxis. Ma vie matérialiste, ma cigarette électronique, du marxisme-léninisme et tous mes malheurs d'auteur publié.
Parodie :
Ô fou qui crois que je ne suis pas l’AMIBE !
L’amibe naquit en décembre 1983, de l’union d’une ex freak et d’un fils d’immigrés névrosé.
Les parents de l’amibe se distinguèrent (et se distinguent encore) par une imagination débordante (mais non assouvie, sinon en fictionnant sur leurs petits amibes), un noble sens du tragique (genre Sophocle c’est de la gnognotte à côté) et par un repli total sur leur foyer (donc, sur leurs petits amibes).
Bref, les parents de l’amibe avaient tout pour être de grands artistes, ce qu’ils ne devinrent pas.
Ce « déni » causa le désespoir de leurs petits, qui assistèrent longtemps à leurs mises en scène de pathos, de catharsis et de poésie dans la seule cellule familiale... laquelle refléta, bien entendu, les contradictions de l’époque (libéralisme libertaire, intériorisation de la lutte des classes, et j’en passe… de toute façon personne n’a envie de se farcir ça !)
Voilà peut-être pourquoi l’amibe décida d’être écrivain.
Il faut préciser que l’amibe avait toujours su raconter des histoires, et, a fortiori, les imaginer. A la bonne école familiale, il apprit à manier le tragicomique, la scénographie, l’esthétisme, l'esthétique, et la psychologisation abusive.
Considérant l’allure qu’avaient prise les choses pour ses parents (dingos), l’amibe préféra s’éviter un tel destin, et assouvit ses pulsions romanesques.
Il « écrivit du roman ».
Cette courte présentation exécutée, observons la journée type de l’amibe.
JOURNEE TYPE
A sept heures, l’amibe se laisse réveiller par son Aniki, et déjeune à son côté. Ayant ce que l’on appelle familièrement la tête dans le cul, l’amibe ne réagit guère aux plaisanteries de sa moitié, puisqu’il est absorbé par la dégustation de sa gaufre Lidl trempée dans un café noir.
Eh oui ! Si l’amibe daigne quitter sa couche, c’est parce qu’il a faim, en premier lieu.
Si l’amibe n’est pas nourri dans les minutes suivant son lever, il adopte un comportement hostile, sinon agressif. Fort heureusement, le petit-déjeuner est souvent d’ores et déjà préparé par Aniki.
Si l’amibe daigne impérativement quitter sa couche, c’est parce qu’il doit aller travailler pour le capitalisme, en deuxième lieu.
Toute la matinée, l’amibe se consacre à son emploi salarié.
Dans les transports en commun, l’amibe lit des « livres sérieux » (genre, de la philo, de l’histoire).
A une heure de l’après-midi, l’amibe rejoint son domicile.
Le déjeuner de l’amibe consiste en un repas expéditif, puisqu’il doit ensuite reprendre le travail, et vite.
L’amibe se sustente de sandwichs, de restes de la veille, ou de nouilles asiatiques lyophilisées.
A partir de treize heures trente, l’amibe allume son ordinateur et entreprend son deuxième travail : écrire.
Parfois, l’amibe est démotivé par les relations houleuses qu’il entretient avec le monde fabuleux de l’édition parisienne.
Ou bien, manquant de sommeil, l’amibe manque aussi d’inspiration.
Mais jamais l’amibe ne se retrouve à sécher devant un écran blanc plus d’une heure à la suite.
Ordinairement, l’amibe est très heureux de se mettre à écrire.
L’amibe écrit.
Longtemps.
Et fume (du tabac).
Beaucoup.
L’amibe évite de répondre au téléphone, durant sa séance d’écriture (chose que son entourage a du mal à intégrer : particulièrement ses parents dingos et ses camarades).
L’amibe a besoin d’un silence quasi-total pour son activité rédactionnelle.
Pardonnez-nous de casser ainsi le mythe, mais l’amibe n’écrit pas en écoutant de la musique à fond. Nous ne savons quels écrivains ont répandu ce bruit (ou plutôt cette CACOPHONIE), mais fréquemment l’amibe rencontre des gens persuadés qu’il écoute du punk rock, devant son traitement de texte.
Fixons la réalité. Telle n’est pas la pratique de l’amibe.
L’amibe passe environ trois à six heures à écrire de la sorte.
Après quoi, l’amibe est tout content d’avoir bien bossé.
Pour récompenser l’effort, il va consulter ses mails (en général, des nouvelles assommantes émanant de son parti politique stal), puis joue un peu de la guitare (très très amateur, la guitare), voire, du ukulélé.
Puis, l’amibe se consacre aux tâches ménagères, ayant hérité de sa mère (dingo) une petite maniaquerie concernant la propreté de son logis.
Non, l’amibe n’est pas psychorigide – NOUS AVONS DES PREUVES PSYCHIATRIQUES A L’APPUI.
Après le ménage (pendant lequel il écoute, cette fois, de la musique à fond), l’amibe prépare le dîner.
L’amibe, dans la grande tradition du cru et du cuit due à Lévi-Strauss (ce grand philosophe qui inventa le blue-jean), aime à cuisiner des choses saines, naturelles, variées et équilibrées.
Nous répétons que l’amibe n’est pas psychorigide, et que nous avons des preuves.
A cet instant, Aniki rentre du travail, et notre charmant petit couple se restaure dans leur cuisine ornée d’un encadrement de l’album Sgt Pepper.
La soirée de l’amibe est exclusivement dévouée à Aniki.
Outre l’exploration de leur sexualité, l’amibe et Aniki pratiquent couramment les activités suivantes :
- matage de DVD,
- matage de film sur dailymotion,
- discussion pseudo existentielle,
- déconnage,
- promenade rousseauiste.
Puis, l’amibe rejoint sa couche avant minuit, sans quoi il souffrira, le lendemain, d’un manque de sommeil qui lui bousillera l’inspiration.
Activités extraprofessionnelles de l’amibe
En certaines journées, l’amibe recourt aux activités suivantes :
- visite de poteaux,
- déconnage avec les poteaux,
- promenade rousseauiste,
- soviets dissidents (entrevues particulières avec certains camarades triés sur le volet),
- soviets officiels (réunions communistes relous),
- visite de ses parents les dingos,
- fréquentation de Gibert Joseph,
- mise à jour de son blog,
- fréquentation d’intellectuels,
- fréquentation de H&M (l’amibe subissant le matraquage idéologique de l’apparat et devant se conformer aux us de son époque).
Les week-ends de l’amibe
Les fins de semaine de l’amibe sont partagées entre Aniki et l’écriture.
En vacances, même chose.
Conclusion
L’amibe mène une vie absolument plate et insipide.
L’amibe est écrivain.