Blog d'un jeune écrivain... en direct depuis les tréfonds de la praxis. Ma vie matérialiste, ma cigarette électronique, du marxisme-léninisme et tous mes malheurs d'auteur publié.
CDI, Contrat à durée indéterminée.
Sigle juridique français qui signifie : sécurité provisoire de l’emploi.
J’ai signé un CDI début 2009, après des années de travail « précaire » (soit, en CDD – contrat à durée déterminée).
Tout le monde m’a bien fait comprendre que j’avais décroché la timbale, surtout en cette période de crise économique.
Mon ressenti subjectif donnait une autre version des faits :
« Ok, on estime que je suis compétent pour occuper cet emploi à long terme, ce qui est juste : ce contrat est donc parfaitement normal ».
Syllogisme équivalent à celui-là :
« Il est normal de travailler, et il n’est pas normal d’être au chômage, donc une embauche n’a rien d’une faveur accordée par une autorité managériale excessivement magnanime ».
Mes amis et mon entourage me répétèrent :
- Quelle chance pour toi ce CDI !
Je répondis :
- Ben écoute, si chuis bon pour le taf, je vais pas tailler une pipe à mes patrons non plus, pas vrai ?
Le chômage de masse a tendance à faire croire qu’un emploi à durée indéterminée, c’est la panacée du travailleur ! Une chance !
C’est un fait de constater que de trouver de l’emploi depuis 1973, ce n’est plus aussi facile qu’avant.
Elément historique que je n’irais certainement pas contredire.
Mais c’en est un autre de se leurrer, et que de croire que les patrons recruteurs sont des mecs vachement généreux et que de travailler à un salaire décent relève de l’exploit.
Je rappelle qu’il n’y a pas d’activité économique sans travailleurs.
Sans patrons, c’est imaginable, tout de même.
Un peu de dignité n’a jamais fait de mal aux courageux travailleurs qui viennent de trouver un emploi.