Blog d'un jeune écrivain... en direct depuis les tréfonds de la praxis. Ma vie matérialiste, ma cigarette électronique, du marxisme-léninisme et tous mes malheurs d'auteur publié.
Chez Gibert Joseph, je m'adonne à mon passe-temps favori : fouiner dans le rayon histoire. Sur l'étagère Révolution, je repère un bouquin « CNRS Editions » sobrement intitulé Robespierre. Je tire le bouquin et lis vite fait la courte bio de l'auteur, Jean Artarit, que je ne connaissais pas. Déjà, ça me rassure pas des masses. Le mec est psychanalyste, pas historien. Je crains le pire et découvre la quatrième de couv, qui confirme mes suspicions :
Les contemporains de l’« Incorruptible » ont vite constaté sa dimension pathologique : froideur, penchant suicidaire, délire de grandeur et de persécution. Un profil de paranoïaque conduisant à des agissements typiques : la division pour mieux régner, l’atmosphère de suspicion et de délation imprimée par la peur, la désignation d’ennemis à éliminer physiquement, le contrôle des institutions, la rigidité comme conduite…
Comment cet infirme psychoaffectif est-il devenu un porte-drapeau idéologique ? Ses drames intimes sont-ils à l’origine de la Terreur ? Qui était, au fond, Maximilien Robespierre ? Une approche ambitieuse et novatrice pour comprendre les ressorts de la violence révolutionnaire.
La preuve par neuf sur ce lien.
Wallah. Ma première réaction est de reposer le livre en déclarant tout haut : « quelle honte ». Les gens autour de moi me lancent des sales coups d’œil, mais c'est ainsi, des fois je parle tout seul. Jean Artarit, l'auteur de ce magnifique livre, en déduirait probablement que je suis un " infirme psychoaffectif ". Ma foi, ça fait 28 ans que je vis avec ça et je tiens la route malgré tout.
Ok. Je vais pas écrire un truc contre ce gars, je m'en fous. Je veux dire, des anti-robespierristes, ça a toujours existé et ça existera toujours. En plus, un bouquin édité à l'origine chez La Table ronde, la maison d'édition d'extrême-droite amie avec le Front National, qu'est-ce tu veux que je perde du temps à le tailler ? Ça me préoccupe moins que le scandale Sexion d'Assaut.
Voilà l'homme responsable des pires maux endurés par
l'univers depuis 1794 : l'affaire Zahia, c'est lui, l'algue verte, c'est lui,
la couverture des JO par France Télévision, c'est lui. Salaud.
Or, y'a tout de même deux trucs qui me cassent les cacahuètes dans cette affaire.
1 / Depuis quand les ouvrages de « psychanalyse historique » sont classés au rayon histoire ? Le mec n'est pas historien. Il fait une psychanalyse deux cents après. Il a le droit, moi j'écris bien des romans après tout. Mais putain, faut pas tout mélanger, histoire et psychanalyse machin, c'est pas pareil, bordel de topinambour !
2 / Le CNRS, c'est pas un truc public, ça ? Oh, si mes impôts ont payé cette connerie de CNRS Editions, y'a de quoi se pendre ou virer anarchiste. Je vous jure. Oh, CNRS Editions, s'ils veulent, ils peuvent aussi éditer, après « la psychanalyse historique », des « astrologies historiques ». Genre, tu prends Robespierre, tu fais son thème astral et t'interprètes toute sa vie à partir de ça. En plus je sais faire les thèmes astraux, pour un bon à-valoir je leur ponds toute une série d'astrologies historiques, s'ils veulent. Tiens, je vais leur proposer, d'ailleurs.
Enfin. Je m'arrête là, j'aime pas être méchant.
Rejoins ton ami Stoni