Blog d'un jeune écrivain... en direct depuis les tréfonds de la praxis. Ma vie matérialiste, ma cigarette électronique, du marxisme-léninisme et tous mes malheurs d'auteur publié.
Le blog de Stoni, c’est « en direct depuis les tréfonds de la praxis », et parfois même, « en direct depuis le taf de Stoni ».
Eh ouais.
Ce matin, il n’y a rien à faire.
J’arrive à huit heures et demie, ponctuel, comme tout bon salarié modèle qui se respecte. Je vais aussitôt vers les casiers contenant les plis à distribuer : que dalle.
Wo putain.
En ce moment, ça arrive souvent. Problème : mon job, c’est de livrer les plis à distribuer.
Du coup, j’ai rien à faire.
Heureusement, j’ai accès à un ordinateur (où je suis censé enregistrer toutes mes livraisons, ainsi que leurs résultats, etc…). Et sur cet ordinateur, j’ai internet.
Cela dit, au bout de trente minutes, Internet t'en as plein le cul.
9h00 …
Les premières fois que ça m’est arrivé, de n’avoir rien à foutre, je l’ai signalé à mon supérieur, quand même.
Ben ouais. Bon salarié modèle.
Ce à quoi on m’a répondu :
- Trouvez à vous occuper, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, Stoni ! Mettez à jour la base de données !
Ok. Deuxième problème : la base de données, je te la mets à jour en dix minutes quarante-trois secondes.
Chez le commun des mortels, ça prend deux heures quarante-trois minutes. Pourquoi pas chez moi ??? POURQUOI ???? Quelle injustice !
9h23….
Alors là. J’aimerais être chez moi.
Je me ferais une tisane et je materais un film. Sous les couvertures. Le paradis.
Ou bien, je travaillerais la partition de I should have known better à la guitare.
Ce qui m’accaparerait pour un bon moment, étant donné que je suis plutôt lent à la guitare.
(Le plus dur c’est d’apprendre à faire deux choses différentes, à la fois, en même temps. Chanter ET plaquer les accords sur le manche. Plaquer les accords de la main gauche ET faire le rythme avec la droite. Pour moi, c’est horrible.)
9h45…
Si l’ordinateur du taf avait une webcam, je ferais du chatroulette.
Je sais pas. N’importe quoi pour m’occuper.
Mais l’ordinateur a pas de webcam.
10h17…
Je sors fumer une clope, puis deux. Sauf que les clopes, ça coûte cher et je ferais mieux de me calmer.
En plus il fait trop froid sa mère.
10h42…
Je vais écrire deux trois conneries dans les commentaires du blog de Pierre Assouline (c’est mon petit plaisir coupable). La moitié du temps, il me supprime mes commentaires, ce con. Je suis dégoûté. Enfin.
Voilà. Bon. C’est fait. Maintenant ?
11h00…
J’épuise en vingt minutes toutes mes parties gratuites du jeu en ligne Question pour un champion (où je suis nul, d’ailleurs).
Fait chier putain.
11h10…
Et tu vas voir que vingt minutes avant l’heure où je pars, il va y avoir soudain dix milles plis à distribuer, et je vais devoir liquider ça à vélo dans les rues enneigées en une demi-heure.
Je hais la putain de neige.
Je hais ce putain de capitalisme.
Je suis sûr qu’en URSS, quand t'avais pas de livraisons à faire, ils te trouvaient une occupation. Genre, faire des statistiques pour le prochain plan quinquennal.
Ou balayer dans les rues.
Ce serait utile que je balaie dans la rue, là, ça m’occuperait. Je ferais des petits tas de neige, au bord des trottoirs. Et puis, même, je pourrais aider les mômes à faire des bonhommes de neige. Comment ce serait trop idyllique et tout.
11h14…
Je vérifie désespérément toutes mes boîtes courriel, dans l’espoir utopique que quelqu’un ait pensé à moi, ce matin.
Mis à part les deux commentaires de Billy Lo sur mon blog, que dalle.
Pourquoi mon éditeur ne choisit-il pas cette matinée pour m’envoyer une LONGUE CORRESPONDANCE avec plein de trucs à lire ?
Entre temps, je vais régulièrement sur le site du journal Le Monde, où je commence à connaître par cœur des articles insipides dont je n’ai rien à foutre.
Celui sur l’épilation des femmes est magistral.
11h41…
Je viens de gagner à Question pour un champion… trop bien… J’ai touché une partie gratuite.