Blog d'un jeune écrivain... en direct depuis les tréfonds de la praxis. Ma vie matérialiste, ma cigarette électronique, du marxisme-léninisme et tous mes malheurs d'auteur publié.
Quand j'étais en CE1, j'ai voulu une Super Nintendo.
J'en ai parlé à mes vieux, qui au début n'étaient pas super chauds. A force de les saouler, ils ont fini par céder. A l'époque, une Super Nintendo, c'était tout un investissement. Je pense que la Super Nes coûtait 1 500 F, et les revenus de mes parents ne dépassaient pas 10 000 F. Je m'en rendais compte et j'étais d'autant plus heureux qu'ils aient accepté.
A l'école j'ai dit à des garçons de ma classe que j'allais avoir une Super Nintendo pour mon anniversaire.
Ils ont ricané : " Non t'en auras pas, t'es trop pauvre".
Eux, ils en avaient une, de Super Nintendo. Mais c'étaient de "petits bourges", enfin, des gosses dont les parents gagnaient au moins le double des miens. Ils m'ont blessé et j'ai rétorqué :
- Si j'en aurai une, mes parents me l'ont dit !
- Tes parents t'ont menti.
Le pire, ce n'était pas qu'ils gloussaient en se moquant de moi, mais qu'ils étaient certains de ce qu'ils disaient. Je n'ai pas flanché, je savais que mes parents ne mythonaient pas, quand ils me promettaient quelque chose, je l'avais toujours - sinon ils ne me l'auraient jamais promise.
J'ai eu ma Super Nintendo. Je suis allé le leur dire, aux "petits bourges". Vous savez ce qu'ils m'ont répondu ? Très sérieusement ? " De toute façon, t'auras pas beaucoup de jeux ". Ils n'étaient pas hargneux, ils étaient froids, observateurs, ils venaient d'énoncer un constat.
Cette histoire fut l'une de mes premières expérimentations de la haine de classe. Un dressage idéologique sans pareil, et je souhaiterais aujourd'hui remercier ces "petits bourges" pour m'avoir très vite fait comprendre comment les choses fonctionnaient.