Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Blog d'un jeune écrivain... en direct depuis les tréfonds de la praxis. Ma vie matérialiste, ma cigarette électronique, du marxisme-léninisme et tous mes malheurs d'auteur publié.

Publicité

De la nocivité de Facebook en milieu professionnel

 


 

 

 

J'ai un profil Facebook, à des fins professionnelles.

En tant qu'écrivain, Facebook me sert à communiquer avec mes lecteurs. Ceux-ci peuvent m'envoyer des messages, me poser des questions. De mon côté, je les tiens au courant de mon actualité, nouvelles parutions, dédicaces, salons, etc.

 

Enfin, ça, c'est la vision idyllique.

 

Je t'explique la réalité, camarade lecteur.

 

Si tu n'as jamais utilisé Facebook, ben c'est un peu dur de t'expliquer ce que c'est. Une fois j'ai essayé de le faire avec mes parents, ça a donné ça :

 

« Alors en fait j'ai un profil... Avec ma photo et tout... Enfin c'est pas obligatoire la photo... Et pis j'ai des amis. En fait c'est des gens qui m'ont envoyé une demande de contact... Oui une demande de contact... Est-ce que je les connais ? Pour la moitié, non, enfin pas physiquement... Facebook c'est comme un annuaire. Admettons que tu veuilles entrer en contact avec Oussama Ben Laden et lui envoyer un message, parce que, genre, t'es fan de lui (NDA : à cette époque Oussama était encore parmi nous). Alors tu vas dans le formulaire de recherche Facebook, tu tapes Oussama Ben Laden et tu vois s'il est inscrit dans Facebook. S'il l'est, tu lui envoies une demande d'amitié, et s'il accepte, tu pourras voir toute son actualité...

Sur Facebook chacun a un « mur », comme un vrai mur où tu colles des affiches : des infos, des billets d'humeur, des invitations, etc. Et t'as un mur général où tu vois toutes les affiches de tes amis en même temps...

A quoi ça sert en définitive, tu demandes, papa ? Euh...

Ben pour les gens comme moi, ça sert à informer mes lecteurs, ils sont contents d'avoir de mes nouvelles ou de connaître mes prochaines dédicaces. Ils peuvent aussi m'écrire et je partage avec eux, tu vois.

Pour les gens normaux, ça sert à garder le contact avec ses amis...

Ouais, bon, ok, ça sert pas à grand-chose... »

 

Fut un temps, dans mes « amis » Facebook, j'avais non seulement des lecteurs et de parfaits inconnus que je ne sais pas trop si c'est des lecteurs ou pas, mais aussi les mecs avec qui je bosse. C'est-à-dire : mes éditeurs, leurs maquettistes, leurs correcteurs, leurs attachés de presse, etc.

Et le truc sur Facebook, c'est que tu vois qui est connecté ou pas. T'as un petit coin où t'as les photos de tous tes « amis » en ligne.

Un jour où tu attends désespérément l'avis de ton éditeur sur ton dernier manuscrit, tu te connectes et tu vois que lui aussi est connecté. Là tu penses « ah ouais au lieu de faire du Facebook connard, tu ferais mieux de lire mon putain de manuscrit pour me donner ta réponse ! ». Tu te reconnectes trois heures plus tard. Il est toujours en ligne ! « Mais putain de fils de pute, tu ferais mieux de bosser qu'est-ce que tu fous putain ? ». Tu vas voir son profil. C'est écrit : MONSIEUR EDITEUR A GAGNE TROIS CHEVAUX A FARMVILLE. Oui parce que FARMVILLE c'est un jeu sur Facebook, une simulation de la vie à la ferme, où t'élèves des animaux, et quand tu gagnes des trucs visiblement ça le fout sur ton profil et tout le monde peut le voir. D'une, tu penses que c'est la honte pour ton éditeur, bordel. De deux, tu penses que, par répercussion, c'est la honte pour toi. Comment il te fout la honte ton éditeur, c'est ton patron, faut qu'il ait l'air sérieux un minimum quoi. De trois, tu penses pour la centième fois « mais il a que ça à foutre de jouer à des enculés de jeux débiles alors qu'il doit lire mon manuscrit depuis deux mois ? ».

Du coup, ça crée des tensions, comme qui dirait.

Même chose avec le correcteur. Il est en retard pour les correc sur ton roman, tu le sais très bien, et là tu le vois connecté sur Facebook.

Etc. Etc.

 

Pire encore. Ton roman vient de paraître. Et qu'est-ce que tu vois sur le mur de ton éditeur ? Quinze mille liens vers les critiques d'un AUTRE ROMAN D'UN AUTRE AUTEUR paru il y a six mois. Ok, merci, ça fait plaisir. Et il a même pas annoncé la sortie du tien, de roman, en plus.

 

Et pis après tu vois sur le mur de la nouvelle assistante éditoriale « j'aime Benjamin Biolay ». Putain tu pourras plus jamais la regarder en face sans glousser bêtement, dorénavant. Il y a des choses qu'on ne veut pas savoir sur les gens avec qui on travaille (du genre qu'ils aiment Benjamin Biolay).

Le must : la meuf écrit « Je trouve que Benjamin Biolay est trop sexy !! Je t'm BENJAMIN !! ». Là c'est grillé.

 

 

Voilà pourquoi j'ai viré de mes contacts tous les éléments de mon environnement professionnel.

 

Restent les lecteurs.

Au début, sur mon mur, les gens pouvaient déposer des messages. Comme un vrai mur qui m'appartiendrait, où moi je poserais des affiches (« je suis en dédicace tel jour à tel endroit »), mais où les gens pourraient aussi poser les leurs (« Stoni je vous aime »).

Du coup je me retrouve avec, sur mon mur, « CHRISTINE B. A OFFERT UN COEUR A STONI. EST-CE QUE STONI ACCEPTE CE COEUR ? ».

Je te jure. Avec la photo du cœur et tout. Genre c'était un cadeau, apparemment.

 

La honte.

 

Ce truc juste à côté de ma photo d'auteur où j'ai l'air trop mystérieux et trop sérieux et tout (non je déconne, mais quand même ça la fout mal).

 

Je supprime aussitôt ledit cœur.

 

Vingt minutes plus tard, je reçois un message de Christine B. : « Pourquoi avez-vous refusé mon cœur ? J'ai toujours lu tous vos livres et voilà comment vous me remerciez ! ».

Je lui réponds très poliment que, en gros, mon mur est dévoué à mon actualité d'auteur et c'est tout. « Salaud j'achèterai plus jamais tes livres ! ». Remarque le passage du vouvoiement au tutoiement.

 

Ce genre de conneries m'est arrivé une ou deux fois et j'ai appris qu'il existait une option « empêcher mes amis de publier sur mon mur ». Ouf...

 

Il reste quand même de légers inconvénients. De temps en temps, tu reçois un message super chelou du style : « JE SAIS OU TU HABITES. JE CONNAIS TON NUMERO DE TELEPHONE. JE TE FAIS L'AMOUR A TRAVERS TES ROMANS. NOUS SOMMES FAITS L'UN POUR L'AUTRE. APPELLE-MOI AU 06... ». Là tu fais « ignorer cette personne »...

Ou : « je vous désire depuis que j'ai lu la scène de sexe p. 255 de tel roman, car je suis convaincu que vous parlez de vous dans cette scène, je viendrai vous rencontrer lors de votre prochaine dédicace, je porterai un foulard bleu. ». Enfin, moins marrant : « Je vais te buter sale petit con, pistonné, merde de chien en boîte, t'as sucé qui pour réussir teupu ? ».

 

Mais bon. Y'a des tas de lecteurs sympas qui se contentent de suivre ton actualité, aussi.

 

 

 

 

C'était tout ce que j'avais à dire au sujet de Facebook. Vous voilà prévenus.

 

 

 

Une question ?
Envie de partager ? (ton argent, ton corps... non je déconne)
Retrouve Stoni sur Facebook

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
J
<br /> <br /> Tant que tu n'as pas sucé de polonais ;)<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je n'aime aucune ethnie, stoni, excepté la mienne. Picard et breton ne sont français ceci dit, dans mon essprit. Je suis RACISTE !<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> <br /> et oui évidemment j'ai sucé pour réussir ! quelle question<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
S
<br /> <br /> Bah tant que tu t'inscris pas au Parti Communiste, t'as pas de souci à te faire !<br /> <br /> <br /> Bon sinon une chose me taraude : en quoi le fait d'avoir un ami polonais c'est la honte ? Les Polonais sont des personnes ma foi fort sympathiques.<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
J
<br /> <br /> Mais sinon, tu as sucé pour réussir ? :D<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Tu as un frère, un père d'origine non française, tu es sur facebook... les indices commencent à fleurir ! Je te trouverai, hin hin hin !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Sinon j'ai bientôt fini mon livre, d'ici une semaine se sera fini et je passerai au manifeste. C'est un ami à moi qui m'a un peu libéré su sentiment que la politique était une science floue, trop<br /> difficile à comprendre pour les "nuls."<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Lui aussi est coco d'ailleurs, toi aussi, tu m'as un peu donné la motivation mais je ne te cacherai pas que c'est surtout avec lui, que j'ai eu ce nouvel appétit qu'il a su déclencher en moi (au<br /> fil de longues conversation étalées sur trois ans, presque toujours accompagnées de joints en lisant le canard enchaîné... ce que peu de bédaveurs font pendant qu'ils fument).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Moi, je l'ai initié à certains poètes en contrepartie, et au joint d'ailleurs, à l'origine. M'enfin, je ne sais pas pourquoi je te raconte ça, mais tu sais que mon désir d'avancer en politique,<br /> bien que modestement, vient d'un pote polonais (la honte).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> A plus !<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
C
<br /> <br /> eh oui, 3979 amis sur Facebook. Et pas un copain...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> allez, tiens, pour te remonter le moral :<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://www.deezer.com/fr/#music/result/all/variations%20goldberg%20piano<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> (ouais, bon, j'aurais p'têt mieux fait de mettre "le petit quinquin", mais c'est juste pour te prouver que Bach n'a pas eu besoin de facebook, lui)<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre