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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 15:22

 

 



Vers dix-huit ans, des potes et moi nous étions mis en tête que nous pourrions pécho en fréquentant des pubs pour étudiants. Ne me demande pas pourquoi, j'en sais foutrement rien. Peut-être pensions-nous que les étudiant(e)s couchaient plus facilement, enfin, qu'ils étaient plus libérés. Nous qui n'avions jamais mis les pieds à la fac, ces jeunes-là nous intriguaient. Ils avaient des choses que nous n'avions pas. Leur train de vie nous fascinait un peu. A la fois, nous les méprisions, de la hauteur de notre stupide morgue pseudo-prolétarienne. C'étaient « des gouerhs fils à papa ». D'ailleurs, nous les appelions avec un brin de méchanceté « les faqueux » (de fac – faqueux, faqueuse).

Comme nous ne connaissions rien de l' univers estudiantin, nous nous demandâmes comment atteindre ces étranges jeunes gens. Nous avions repéré des pubs remplis d'étudiants et nous pensions qu'en nous pointant là avec nos gros sabots, nous en aurions pécho quelques spécimens.

Autant te dire que ce projet était voué à l'échec le plus flagrant au monde.

Nous avions établi une sorte d'échelle de valeurs sexuelle. Pécho un étudiant en faculté ? Un point. Pécho un étudiant en faculté catholique ? Deux points. Pécho un étudiant en classe prépa ? Trois points. Pécho un étudiant en école de commerce / d'ingénieur ? Quatre points. Etc.

Aucun de nous n'a même jamais atteint le premier point, à ma connaissance.





Bref, nous allâmes dans ces pubs. Comme nous n'avions pas un rond, nous récupérions des chopes vides, afin de faire croire que nous consommions comme tout le monde. Nous étions là, avec nos verres vides, à regarder, à fumer, à évaluer et à collectionner des râteaux extraordinaires.

Les soirées étaient longues.

 


Et puis, nous avons sagement envisagé de nous replier vers d'autres tactiques politico-sexuo-mondaines.



 



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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 10:06

 


sunshine-people.JPG

 



Quand j'étais adolescent, j'ai cru, le temps de furtives années, que les arts étaient émancipateurs. Que, via la musique et l'écriture, je me réaliserais pleinement, j'accéderais à un idéal de vie, je serais heureux et je croyais aussi que chacun gagnerait à suivre cette voie.

Cela m'a passé. Aujourd'hui je sais bien que les arts ne seront jamais émancipateurs. Que la seule émancipation envisageable et réalisable reste la collectivisation des moyens de production.

J'ai choisi mon camp.



Quand j'étais adolescent, j'étais un peu poète. Disons que, techniquement, je pouvais en effet l'être. Mes parents ne me surveillaient pas. J'avais passé un pacte tacite avec eux : je leur foutais la paix, ils me foutaient la paix. J'avais le droit de fumer, de sortir, de prendre le train et de partir où j'en avais envie, tant que je ne leur attirais pas des ennuis. Ils avaient compris que je n'avais plus besoin d'eux et que je m'ennuyais à l'école. Ils ne m'en voulaient pas. Nous avons assez bien cohabité.

Je traînais, donc, un peu partout. Je n'avais pas d'argent. Voilà la première chose dont je me souviens, quand je pense à mon adolescence : je n'avais pas un rond. Aujourd'hui, comme j'ai un salaire – même minime – ça me paraît dingue. Mes potes et moi, nous n'avions rien. On se débrouillait quand même. Comment ? Je ne sais plus.



En traînant, j'ai découvert les musiques électroniques qui, en 1995, s'apprêtaient à emporter la France dans la société complexe de l'underground. Je me suis jeté là-dedans avec toute la naïveté des enfants mal finis. Comme j'avais beaucoup écouté de rap et de funk, j'ai penché pour la house et je suis devenu DJ.

Concrètement, être DJ, c'est avoir des disques vinyles. La plupart des morceaux sortaient uniquement sur vinyle. Parce que c'était ça, l'underground. Le circuit de distribution était limité. Seuls les titres qui se vendaient très bien avaient droit à un pressage disque compact. Et là, selon la règle du jeu, les fans criaient à la trahison... Un disque coûtait entre trente et soixante francs. C'était moins cher qu'un CD.

J'étais extrêmement difficile. Les disquaires spécialisés aimaient beaucoup me voir sélectionner mes disques.

J'arrivais dans la boutique, je fouillais dans les bacs. Je choisissais les disques en fonction du label, du musicien si je le connaissais, ou à la pochette. Avec une vingtaine de vinyles, j'allais assiéger la platine d'écoute et c'était parti. Je posais l'aiguille au début de la première piste, j'écoutais dix secondes, je posais l'aiguille au milieu de la suivante, j'écoutais encore dix secondes. La plupart du temps, cela suffisait : je rangeais le disque dans sa pochette et le mettais sur la pile que je rendrais au disquaire. On me demandait souvent « comment je faisais pour éliminer si vite le disque ». Je n'en savais rien, je m'en rendais compte tout de suite, voilà, c'est tout. Beaucoup de disques commençaient pas trop mal... Mais, c'était chiant, ça n'évoluait pas. Ou bien il y avait « quelque chose qui gâchait tout ». Quand je repartais du disquaire en ayant acheté un disque, je m'estimais heureux.

Ensuite, j'ai découvert la boutique d'un disquaire sympa comme tout, où il y avait des cabines d'écoute. En gros, deux sortes de placard où tu pouvais t'enfermer tranquillou pour écouter les vinyles. Moi, je me suis dit que c'était très pratique pour voler les vinyles, surtout avec ma sacoche DJ. Je prenais soin de venir avec déjà des disques dans ma sacoche, au cas où... Les vinyles ne bénéficiaient d'aucun système antivol. Pour faire bonne figure, j'achetais un disque de temps en temps. Combien ai-je coûté à ce pauvre disquaire ? Il était si gentil qu'il me faisait régulièrement des réductions... Quel infâme salaud cruel j'étais.



Mes potes ont découvert cette musique à travers mes disques. Ils venaient chez moi, je leur faisais écouter tel morceau, tel EP, ils n'avaient jamais entendu ça ailleurs, et ça leur plaisait. C'était une belle musique, je l'écoute toujours, pas assez souvent.



J'étais DJ pour les potes, je mixais.

Et puis, j'ai arrêté quand je suis parti à l'étranger. Les vinyles, ça n'est pas pratique. Ils demandent un entretien fou. A partir de 2001 ou 2002, la musique a décliné, je ne trouvais plus rien d'intéressant.

Et j'ai oublié.



Quand j'entends un (vrai) DJ mixer, aujourd'hui, je retrouve mes vieux réflexes. Les mauvais enchaînements m'accrochent l'oreille. Hélas, personne d'autre ne les remarque... Merde, et moi qui me faisais chier à chiader des enchaînements imperceptibles. Je peste contre la sélection des disques. Vulgaire, ennuyeuse, répétitive, mal travaillée, etc, etc, etc.



Et là, je regrette un peu d'avoir si vite oublié.

Car j'avais des putains de bons disques, quand même.





 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 13:20

 

Cette nuit, j'ai encore fait un rêve politique.

 

Cette fois, j'ai fait un rêve porno-érotique de Thomas Hollande, conséquence manifeste de ma surexposition aux médias depuis dimanche (et pourtant je n'ai pas la télé).

 

 

thomas-hollande-facebook-telephone.jpg

La fameuse séquence dite du "téléphone" diffusée

aux infos était truquée. En vérité, c'est moi qui ai

appelé Thomas Hollande. D'où son émotion. Pécho !

 

 

N'empêche, comme j'avais fait un rêve porno-érotique de Thomas Hollande, je me suis dit que, faute de partager ses idées politiques, je pourrais peut-être bien le pécho dans la réalité et j'ai voulu le demander comme ami sur facebook.

 

Donc je fais la démarche.


 

thomas-hollande-facebook-copie-1.jpg

 

 

Et voilà le résultat.

 

thomas-hollande-facebook-sature-copie-1.jpg

 

Dégoûté.

 

Combien sommes-nous à avoir fait un rêve porno-érotique de Thomas Hollande ? Mille ? Deux mille ? Cent mille ? Mais je vous pose la question : que devient la jeunesse de France ?? Ô, toi pauvre génération dévoyée !

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 17:43

 

DERNIERE MISE A JOUR

 

 


  20H00 GTM : L'érection de gauche a remporté la grande érection présidentielle. Le pouvoir de la tarte aux fraises !

 

13H00 GTM : LE CANDIDAT A L'ERECTION DE LA GAUCHE, MONSIEUR HOLLANDE,  A MANGE UNE TARTE A LA FRAISE. Il s'était promis de déguster ce mets si les premiers chiffes communiqués étaient bons... Donc... Il semblerait que les Français soient en train de choisir l'érection de  gauche... En outre la fraise n'est-elle pas un produit virilisant ? Ha ha .. Vous voyez ce que je veux dire...

 

13H08 GTM : LE CANDIDAT A L'ERECTION DE LA DROITE, MONSIEUR SARKOZY, A REGARDE THE VOICE HIER SOIR A LE TELE. Il semblerait que cette émission atténue les les capacités viriles chez les spectateurs mâles... Oh oh... Vous voyez ce que je veux dire...

 

 

motardtoutnu.jpg

 

Selon les premiers sondages effectués, via le fil RSS de The Guardian, je vous tiendrai informés sur cette page, tout au long de la journée de dimanche, des résultats exclusifs de la grande érection présidentielle.

 

L'érection présidentielle est organisée tous les cinq ans et s'adresse aux électeurs français afin de choisir : qui bande dur et qui bande mou ?

 

Cette année, nous devons trancher entre la droite et la gauche.

 

La droite sera-t-elle dure ou molle ? Quant à la gauche ?

 

Qui remportera la grande érection présidentielle  ????

 

erection.jpg

Ou, au contraire, qui la perdra avec une érection pitoyable, toute mollassonne que ça ferait presque pitié ?

 

erection_molle.jpg

 

 

Le suspens est, évidemment, intenable.

 

D'ores et déjà, j'ai un oeil sur les premiers votes d'Amérique du Nord et du Sud... le vent soufflerait plutôt sur la pine dorsale, si vous voyez ce que je veux dire.

 

Du côté des estimations sorties des urnes, les tendances sont trop floues pour être déjà retranscrites ici.

 

 

 

Je vous tiendrai au courant !

 

 

 

 

 

 

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 12:01

 

 

 

proust-tout-nu.jpg

 

 

Depuis mon adolescence, j'ai bien changé.

J'ai perdu un talent inné pour la manipulation et le mensonge. Quand j'étais ado, je pouvais faire avaler n'importe quoi à presque n'importe qui. Je me souviens avoir involontairement fait croire à mes potes que j'avais de la famille dans le grand banditisme et le trafic de drogues, filiation qui me promettait, au décès de mes aïeux, un héritage de plusieurs millions de francs. J'ai écrit involontairement car, quand je racontais cette histoire, je le faisais en pratiquant l'humour à froid. J'empruntais un ton sérieux, mais évidemment, je déconnais. Pour mes potes, je ne déconnais pas. Un jour, comme nous discutions du métier que nous voulions choisir – c'était le moment de choisir l'orientation du bac, je pense – mes potes me dirent : « oui mais toi, t'as pas besoin d'apprendre un métier puisque tu auras bientôt l'héritage de tes oncles mafieux ». Ils ne rigolaient pas. J'oscillai alors entre la stupéfaction et l'horreur, tel le scientifique ayant accidentellement opéré une mutation monstrueuse à partir de gènes d'un ornithorynque et d'un lama.

 

 

ornithorynque-lama.jpg

 

Cet exemple demeure marginal. Mes talents de menteur et de manipulateur agissaient surtout sur les adultes. J'ai rendu des profs à moitié névrosés à force de les balader, en cours, de débats futiles en controverses stériles. Je savais m'y prendre pour qu'ils n'abandonnent pas la discussion. Malgré tout, je savais aussi me rendre particulièrement attachant – quand je le désirais. J'étais très doué pour la drague et la séduction en général.

J'aimerais toujours savoir faire.

Je ne sais pas quand j'ai perdu ces capacités. Aujourd'hui, je suis balourd, pataud, ou trop niais ou trop agressif. Bref, je suis une catastrophe en société et en politico-mondain. Lorsque je mens, je suis mal à l'aise, gêné, embarrassé. Je peux le faire, et même plutôt bien, mais dans ces cas-là, l'exercice me demande une concentration intense. Avant, je mentais comme je respirais.

A quinze ans, je me suis fait choper à la Fnac en train de faucher des CD. Vingt minutes plus tard, le responsable de la sécurité me raccompagnait dehors en s'excusant presque de m'avoir intercepté. Je leur avais servi une grande tirade vibrante sur mon statut de jeune désœuvré, assortie d'une critique politique et sociale assez subtile pour ne pas agacer. J'ai su manœuvrer pour susciter la sympathie et la pitié.

Je plains les autres zigues qui n'avaient pas l'esprit assez matois pour ce genre de caresses.

 

Nous en venons donc au fait : comment obtenir une note qui déchire à l'oral de français. Si tu es en bac techno ou pro, ce sera plus facile.

 

J'ai eu 18/20 à l'oral de français, section STT – de nos jours STG.

Si l'Education Nationale n'a pas changé les règles du jeu, et si mes souvenirs sont bons, la note de l'oral se décompose comme suit : 10 points sur ta connaissance du texte tiré au sort et 10 points sur l'entretien à l'oral.

 

Pour la connaissance du texte tiré au sort, là, tu n'as pas le choix, tu dois connaître tes petits topos par cœur. J'étais en bac techno, nous devions en avoir une dizaine, ce n'était pas énorme. Fais un effort là-dessus, apprends tout par cœur, voilà déjà 10 points d'assurés.

Ensuite, les 10 points de la discussion avec l'examinateur. Ce sont toujours les 10 points qui effraient le plus. Mais, rassure-toi jeune lecteur ! Au contraire, ce sont les plus faciles à glaner.

 

La seule condition pour taper au moins quatre ou cinq points lors de l'entretien, c'est d'avoir lu Du côté de chez Swann de Proust, ou si t'es vraiment flemmard, Un amour de Swann du même auteur (c'est la deuxième partie de Du côté de chez Swann).

Lis donc ce bouquin avant d'aller à l'oral. Au pire des cas, mate le film.

Que t'aies aimé ou pas, on s'en bat les couilles.

 

Le jour de l'oral, fais un effort de présentation.

La mode dans mon lycée et mon milieu social, à l'époque, était le survêt de marque de racaillou pathétique. Le jour de l'oral, j'ai enfilé un survêt Sergio Tacchini (« la marque préférée de Joey Starr » et ouais j'avais des références qui tuent) de couleur sombre, bien coupé, pas le machin informe où tu nages dedans. J'avais ouvert un peu le col, mis une chemise blanche dessous et noué une cravate.

 

 

 

joey-starr-racaillou.jpg

Des modèles solides pour

construire sa personnalité

 

 

 

Bon, j'avoue, à l'origine, je m'étais fringué comme ça pour faire marrer mes potes. Ce qui avait fonctionné. N'empêche, j'étais classe avec ma cravate et l'examinateur s'y est montré sensible.

 

Je ne sais pas trop comment les jeunes s'habillent aujourd'hui, mais le coup de la cravate ça marche bien à condition de ne pas l'accoupler à un costume (sinon ça fait trop).

 

Une fois devant l'examinateur, ne te la pète surtout pas et reste assez toi-même. Dans mon cas, j'avais l'élocution à peu près aussi claire et agréable à entendre que celle dudit Joey Starr précédemment cité. Devant l'examinateur, j'ai forcé pour parler plus distinctement mais sans me déguiser non plus. L'examinateur doit comprendre que tu es un jeune désœuvré à tendance racaillou pathétique (c'est important pour la suite) qui fait des efforts quand même.

Fais ton petit topo sur le texte tiré au sort d'une voix pas trop monocorde, genre ça t'intéresse un minimum.

 

Une fois ton petit topo terminé, l'examinateur va entamer une conversation avec toi sur le texte. Il va te poser une des questions suivantes : Ce texte vous a plu ? Qu'est-ce que vous en avez retenu ? Qu'en avez-vous pensé ?

Nous sommes arrivés à l'instant critique super important. Tu dois prendre une tronche faussement embarrassée, accoucher d'un petit sourire amusé et répondre : « POUR ETRE HONNETE J'AI PAS TROP AIME. » Nous jouons sur l'effet de surprise. Le prof s'attend en effet à ce que tu répondes, comme 99 % des candidats : Bof chais pas trop (les flemmards) Oh j'ai adoré ! (les fayots) Ben j'en pense rien en fait (les mollusques).

De toute façon, vu les textes qu'on lit pour le bac de français, t'as de grandes chances de ne pas avoir aimé. Baudelaire : chiant. Maupassant : chiant. Flaubert : chiant. Hugo : chiant. Moi j'étais tombé sur Bel Ami (« l'apothéose de Duroy »), franchement j'ai pas eu à me forcer pour dire que « j'avais pas trop aimé ».

L'examinateur est intrigué. Il va te demander pourquoi tu n'as pas aimé. S'ouvre enfin devant toi le boulevard proustien que, en bon manipulateur, tu attendais depuis le début de l'oral.

 

Dans la suite de la conversation que tu auras avec l'examinateur, reste humble, discret, n'en fais pas des tonnes. Souriant, mais un peu timide. Ce n'était pas du tout ma vraie personnalité mais, en sortant l'atout Proust, je jouais gros et serré. Je devais faire profil bas.

Donc le prof intrigué te demande : Mais mon garçon peut-on savoir pourquoi vous n'avez pas aimé ce roman de Maupassant si intéressant, si passionnant, si tellement adapté aux préoccupations d'un jeune branleur de seize ans que je ne comprends absolument pas votre réaction ? Non, je déconne, il dira pas que t'es un jeune branleur de seize ans. Enfin il te demandera pourquoi t'as point kiffé le texte.

 

Là, tu as deux options.

 

Option 1 : le texte tiré au sort est plutôt optimiste sur la nature humaine et la vie globalement. Tu répondras : PARCE QUE CETTE ANNEE J'AI LU UN LIVRE ETRANGE ECRIT PAR PROUST ET CA ECLIPSE TOUTES MES AUTRES LECTURES.

 

Option 2 : le texte tiré au sort est plutôt pessimiste sur la nature humaine et la vie globalement. Tu répondras : PARCE QUE CETTE ANNEE J'AI LU UN LIVRE DE PROUST ET DEPUIS J'AI UNE GRANDE ADMIRATION POUR LA NATURE HUMAINE.

 

Alors là, laisse-moi te dire, l'examinateur est scié. Notre pauvre racaillou à deux francs cinquante (ou aujourd'hui à deux euros cinquante) a lu un Proust. Allons bon.

Le prof perturbé reprend ta liste de textes étudiés, cherche Proust et ne le voit pas !

- Mais vous l'avez lu pour le lycée ? (voix égarée, abasourdie)

- Euh non, je l'ai lu pour moi. Je l'ai trouvé dans les affaires de mon père/soeur/mère/frère, le titre m'a donné envie de le lire et depuis ça a changé ma vie.

- Ah bon (total déstabilisé, le gus), mais comment ça ça a changé votre vie ?

- Je n'ai jamais rien lu d'aussi beau. Je ne suis pas forcément un grand lecteur, mais ce livre m'a fait comprendre qu'il faut parfois s'arrêter, observer la vie, profiter des beaux jours, ressentir, écouter, savourer des petites choses... Avant je prenais jamais le temps de rien, maintenant je vais dans un parc, parfois, je reste seul, je regarde, je sais que le temps va, si vite, qu'il passe, voilà, vous savez... je pense que ça sert à ça la littérature.

Là, tu t'arrêtes de parler, l'air presque désolé. La putain de phrase choc de conclusion.

 

Amis lecteurs, si vous ressortez ce petit paragraphe tel quel, vous avez au moins un 15/20 d'assuré.

 

L'examinateur répliquera probablement, les yeux en soucoupes :

- Ma foi, c'est très bien d'avoir lu Proust à votre âge.

- Oh non je n'ai lu que Du côté de chez Swann, il me reste encore les autres tomes de la Recherche à lire.

Humble, je te dis. Toujours humble.

Mon examinateur avait répondu :

- Oui, enfin, avoir lu le premier tome, c'est déjà pas mal...

 

Dans mon cas, nous avions partagé une grande conversation sur Du côté de chez Swann. L'examinateur était franchement, sincèrement, profondément, enchanté de discuter du bouquin avec moi. Nous avions ensuite bifurqué sur d'autres de mes lectures, nous plaisantions, j'avais établi un putain de rapport complice qui tue.

Car il faut te mettre à la place de ce prof. Depuis un jour ou deux, de huit heures à six heures du soir, il voit défiler des espèces de gougnafiers boutonneux incapables d'aligner deux mots. Le prof est content de pouvoir enfin avoir une discussion intelligente avec un être civilisé. Alors oui, il en partagera aussi avec les deux trois éternels fayots du lycée. Mais toi, tu as fait mieux. Toi, tu l'as surpris. Toi, tu es le pauvre racaillou qui s'est transformé en somptueux cygne proustien. Et qu'est-ce que cela t'a coûté ? Une cravate et une édition poche de Proust.

 

 

 

 

  cravatedu côté de chez swann

 

 

 

Avec ça, si t'as pas une bonne note, c'est que t'as vraiment chié dans la colle et que tu mérites même pas de lire mon blog, tiens.

 

 

 

 

 

 

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 13:30

 

Sans être un grand thuriféraire du Marquis de Sade, je te paye la séance ciné du week-end (et même que t'as pas besoin de sortir de chez toi et que c'est gratos).

 

Marquis a été réalisé en 1989 par Henri Xhonneux et Roland Topor, l'équipe qui créa Téléchat.

 

Franchement à voir.

 

La première vidéo ici, et le lien vers les autres en-dessous.

 

 

 

 

 

Et le film à voir.

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 13:26

 

 

sens-interdit-epistemologique.jpg

 

 

Cette nuit j’ai rêvé à Carla Bruni. Ouais je sais, ça craint.

Depuis une semaine ou deux, j’accumule les rêves politiques. J’en ai marre. Dimanche soir, je n’ai pas suivi la soirée électorale, j’ai écouté de la musique au casque pendant qu’Aniki ne décollait pas de BFM TV. Je sature. Je m’interdis de lire les journaux ou de trop traîner sur les sites de politique.

 

Malgré tout, cette nuit, j’ai rêvé à Carla Bruni.

J’étais au travail, dans les bureaux, avec mon patron et quelques collègues. Mon patron nous présentait Carla Bruni qui venait d’être embauchée. Nous les employés, nous étions plutôt surpris qu’elle tafe là. La boîte casse pas trois pattes à un canard. Ce qui est chelou c’est : primo qu’elle bossait – deuzio qu’elle occupait un emploi de bureau absolument bateau.

Enfin, elle était là, quoi.

L’ambiance étant informelle, mes collègues lui posaient les questions que la plupart des gens lui poseraient, je pense. A savoir, comment était Sarkozy dans l’intimité, comment allait leur chiard. Des trucs comme ça.

Moi aussi, je posais une question. Simplement, directement. Sans hostilité, juste avec curiosité. Je lui demandai :

- Dis, ça fait quoi d’être bourge ?

Là, contrairement à ce qui se serait passé dans la réalité, mes collègues et mon patron hochèrent la tête, ravis par la question, pas du tout embarrassés ni rien. Carla Bruni aussi le prenait bien. Sauf qu’elle n’avait pas tout compris.

- Eh bien vous savez je suis née dans une famille fortunée, mais j’ai fait mon propre chemin par la suite.

- Euh non, je voulais dire, pour vous les bourges, être bourge, c’est normal ? Ou vous vous rendez compte, justement, que c’est pas normal ? Je ne parle pas de jugement de valeur, ni de jugement moral. Je parle plutôt d’appartenance. Vous avez le sentiment de faire partie d’une vaste classe sociale, celle des bourges, une classe que vous pensez nombreuse ? Ou bien vous réalisez que vous faites partie d’une minorité et que presque personne ne vit comme vous ? C’est toujours un truc qui m’a fait bloquer. Vous savez que vous êtes bourges ou pas, en gros ? Ou bien vous trouvez ça normal, genre, ouais bon j’ai un peu plus de fric, mais y’a plein d’autres gugusses qui sont aussi dans mon cas ?

 

C’est vrai, je me pose souvent la question. Je me la suis toujours posée.

Au collège, on commençait à évaluer les différences de richesse. Et, dans notre microcosme prolétarien du bas peuple, les bourges c’étaient les élèves dont les deux parents étaient profs, ceux dont les parents touchaient 20 000 F par mois… Quelle pathétique échelle de valeur, n’est-ce pas ? Dans ce paradigme de basse extraction, la question me tenaillait déjà : ça fait quoi d’être un bourge ? Nous étions durs avec nos camarades « 20 000 F par mois ». On les traitait de « gros bourges ». Et moi, je les harcelais en leur demandant : « mais ça arrive à tes parents de te dire, écoute on est des bourges chez nous, c’est comme ça, on est différents des autres ? Ou bien, vous vous en rendez pas compte, vous croyez que vous êtes normaux ? ».

Plus tard, j’ai rencontré des vrais bourges – essentiellement par le biais de mon activité d’écrivain. Des gens dont les parents sont répertoriés dans le Who’s who. D’autres qui n’ont pas besoin de travailler, qui se consacrent à l’écriture, vivant de rentes et d’héritages. Je n’ai jamais pu en discuter avec eux car ils ne s’assument pas comme « bourges ». Le sujet est tabou. L’édition est un univers de gauchistes. Si d'aventure je leur demandais « ça fait quoi d’être bourge ? », je déclenchais des esclandres et n’obtenais certainement pas de réponse. Plus rarement, j’ai pu parler avec de vrais bourges qui s’assumaient. Je n’ai pas posé la question, parce qu’ils m’avaient dit clairement, de leur propre initiative, qu’ils se savaient être chanceux. Néanmoins, ils n'étaient pas des bourges du niveau de Carla Bruni, alors sa réponse m’intéressait foutrement, dans mon rêve.

 

Or, au moment où Carla Bruni s’apprêtait à répondre, un interdit épistémologique s’imposa, issu de mon inconscient de classe : je me réveillai. Mon inconscient est une sorte de stal psychorigide chiant. Il veille au grain. Ce salaud a décelé, dans ma question, dans ma curiosité, ma part d’envie, de nostalgie régressive pour le statut parasitaire bourgeois. Nous avons tous une nostalgie régressive pour le statut parasitaire bourgeois - du moins, tous les gens qui ont été élevés dans une société de classes. Pourquoi ? Parce que le bébé du capitalisme, quand bien même il s’agit d’un bébé de prolétaires, est converti dès ses premiers jours au paradis de la consommation totale : le bébé tète mais ne fait rien. Et je rappelle que consommer sans produire, c’est l'essence même du projet bourgeois (même que j’explique tout bien ici).

Oui, dans cette question adressée à Carla Bruni, sourdaient la jalousie et la convoitise. C’est plus fort que moi. C’est culturel. Et mon inconscient de classe stal psychorigide est intervenu : réveille-toi, car tu ne dois pas connaître la réponse, ton seul champ de connaissance doit être l’obéissance au projet de ta classe sociale, soit l’avènement d’une dictature du prolétariat.

 

 

 

Evidemment, camarade-lecteur, tu vas rétorquer que je ne suis pas près d’assister à l’avènement d’une dictature du prolétariat et que mon inconscient stal fait un peu chier sa mère.

 

Mais c’est comme ça

 

 

 

 

 

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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 12:35

 

 



Selon les premiers sondages effectués, via le fil RSS de The Guardian, le candidat que je soutiens se trouve en très mauvaise position (c'est-à-dire à quatre pattes sans lubrifiant – non je déconne). Comme dirait François Villon : car quoy aucun de la faulx ne se loue, la fin en est telle qu'on s'en déloue.



Cher camarade-lecteur, comme tu es assidu et que tu me voues une sorte de culte néo-marxo-léniniste, tu sais que j'ai choisi de soutenir publiquement, malgré tous les risques encourus, la candidature de Chat-Bite pour cette grande élection présidentielle.



Hélas ! Pour l'instant, seuls 0,02 % des électeurs ont voté Chat-Bite (sources : votes d'Amérique du Nord et du Brésil).



D'une, cette nouvelle remet gravement en question l'impact de mes articles. Vous me lisez ou quoi, putain de bordel de merde ? Je dis de voter Chat-Bite, vous votez Chat-Bite, un point c'est tout ! Sinon c'est au goulag direct !



 

alexandre-soljenitsyne-M11314.jpg

Je te préviens, au goulag, y'a que des gens super chiants.

 

 

 

 

 

De deux, il appert que vous n'avez pas pris connaissance du programme de Chat-Bite – sans quoi, il serait déjà à 28 % dans les estimations sortie des urnes.



Me voici donc obligé de rappeler les mesures phares de Chat-Bite.

 



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Chat-Bite est un politicien si subversif, si dérangeant, si perturbateur, si peu exposé à la compromission, qu'il lui est, pour l'instant, impossible de se montrer à visage découvert.



Chat-Bite propose la légalisation, la nationalisation et la distribution gratuite de toutes les drogues. Le seul moyen d'en « finir avec les dealers », n'en déplaise avec à Monsieur Gatignon.



Chat-Bite instaurera, dès son élection, la loi révolutionnaire de « les lundis, c'est cuni ». En vertu de cette loi, tous les lundis, les français(es) détenteurs d'un vagin seront en droit d'exiger un cuni de la part du ou des français(es) de leur choix. Des études scientifiques prestigieuses ont démontré l'influence positive du cuni sur l'économie nationale. Ainsi, les employés ayant bénéficié d'un cuni la veille de leur journée de travail voient leur productivité augmenter de 5 % (ce qui n'est pas rien, vous en conviendrez!). Quant aux personnes qui ont effectué un cuni la veille de leur journée de travail, elles auraient tendance à beaucoup moins aller aux toilettes (fréquentation des WC en baisse de 15 %) : ce fait reste une énigme pour la communauté scientifique, néanmoins, une personne qui va moins aux toilettes travaille davantage, nous sommes d'accord.



La question du cuni a toujours été sous-estimée par les politiciens de droite comme de gauche. Quand on dit gâterie, à quoi pense-t-on ? A la fellation, pas au cuni. Preuve de la phallocratie inacceptable de notre société.

La loi « les lundis, c'est cuni » réparera cette grave injustice tout en améliorant notre économie.



Une autre mesure importante de Chat-Bite sera de, dès le jour de son élection, hisser Stoni (donc moi, quoi) au ministère de la culture. En tant que ministre de la culture, je nationaliserai les principales maisons d'édition et déporterai tous les éditeurs au goulag, hum enfin pardon, je les transférerai dans des fermes de rééducation sises près d'Aurillac.

Chaque pays a sa Sibérie.



Evidemment, Chat-Bite propose l'instauration immédiate du socialisme « réellement existant ». Mais avons-nous besoin de le préciser ??



Si Chat-Bite est élu, une immense partie de chat-bite sera organisée le 18 octobre 2012 sur la place de la Bastille. Pourquoi le 18 octobre 2012 ? Ben, en fait, avec Chat-Bite on regardait le calendrier et on s'est dit qu'il y avait rien de prévu, ce jour-là. C'est vrai, les 18 octobre, y'a jamais rien à faire. Alors on s'est dit, une partie géante de chat-bite, ça ferait sortir les gens de chez eux, quoi.

 

 

 

En outre, en cas de victoire, Chat-Bite et moi nous vous montrons nos bites en direct au journal télévisé. Je puis vous assurer qu'il s'agit de magnifiques spécimens et, du gland jusqu'au scrotum, vous pourrez les admirer sans aucune censure.

 


 

Avec toutes ces mesures plus alléchantes les unes que les autres, je ne vois vraiment pas pourquoi Chat-Bite ne passerait pas au deuxième tour.



Donc votez Chat-Bite, bordel de topinambour !





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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 13:40

 

 

 

Cette semaine, j’ai fait un cauchemar.

Je retournais au lycée, mais, comme d’habitude dans ce genre de rêve, j’avais mon âge actuel.

 

Je fais souvent le cauchemar du lycée. A croire que l’école m’a traumatisé – j’en suis sorti le plus vite possible. Par miracle, j’ai même passé un bac. Jamais je ne me suis autant ennuyé qu’en cours. Jamais je n’ai aussi mal dormi que durant ma scolarité. Toute mon adolescence, j’ai carburé avec des nuits de trois à six heures de sommeil. Aujourd’hui, je m’interroge sincèrement sur mes capacités physiques de l’époque – mes parents me dopaient-ils en secret ou quoi ?

Dans ces cauchemars, l’ambiance hostile du lycée est restituée avec une exactitude tout bonnement sadique. Les couloirs qui puent le vieux lino défraîchi. Les salles de classe peintes en pastel délavé. Les bureaux, les chaises, les trente élèves devant moi – j’étais toujours au fond. Le prof. J’ai eu d’excellents profs lorsque je suis arrivé en bac techno. Hélas, ce ne sont jamais eux qui hantent mon sommeil. Mais des profs gris, rébarbatifs, agressifs – voire carrément névrosés pour certains… Donc, la salle de classe, le prof, et moi, au fond, avec mes potes.

Voilà bien le seul élément du cauchemar que j’apprécie : mes potes. Je n’ai jamais retrouvé la solidarité clandestine, irréfragable, exclusive, qui nous liait lorsque j’étais au lycée. Nous étions seuls contre le reste du monde (c’est-à-dire l’Education Nationale). Ce jeune mec boutonneux, mal fringué, un peu con mais sympa, avec qui tu rigoles lors des abîmes du cours de français en classe de première, bref, ton poteau : en plus d’être ton reflet absolu (car toi aussi tu étais boutonneux, mal fringué, un peu con mais sympa à cet âge-là), ce mec-là, jamais tu ne dénicheras son équivalent dans le monde du travail. Ce mec que tu aimes, au fond, ce mec qui se marre quand tu pètes et qui imite super bien le bruit de la Porsche (si possible en plein de cours de droit) : profite s’en à fond. Tes compagnons de la vie adulte s’avèreront beaucoup moins divertissants.

 

Fi de digressions.

 

Je disais donc que j’ai fait un cauchemar où je retournais au lycée.

Dans ce cauchemar, Jean-Luc Mélenchon était mon prof de français.

 

C’est là que j’ai réalisé que Mélenchon avait grave une tronche de prof de français.

 

La classe n’était pas encore entrée en cours. Nous formions un troupeau avachi dans le couloir, devant la porte de la salle. J’étais avec un de mes meilleurs potes. Nous attendions le prof, qui finalement arriva. Mélenchon en prof de français, quoi. Là, Mélenchon s’arrête devant mon meilleur pote et lui offre une grande poignée de mains. Je les regarde faire, effaré. Puis Mélenchon s’éloigne pour nous ouvrir la porte. Je me tourne vers mon pote :

- Toi aussi ? Non pas toi ? NON PAS TOI QUAND MEME ?

Eh oui, car j’avais déduit de cette franche poignée de mains que mon meilleur pote s’était mis à militer pour le Front de Gauche. Chose d’autant plus étonnante – et cul-trouante – que mon meilleur pote n’est pas du tout politisé.

- AH NON MAIS PAS TOI ! TU VAS PAS T'Y METTRE AUSSI ?

- Mais nan, t'inquiète. C’est juste que mes parents ont pris rendez-vous avec lui, ils l’ont trop tué sur ses méthodes éducatives et là il essaie de se rattraper.

- Ah ! fis-je, rassuré.

Nous entrâmes en classe.

Mélenchon entamait en discourant jusqu’à plus soif sur Victor Hugo. Je discutais avec mes potes au fond de la salle. Évidemment, j’eus droit au classique :

- Je peux savoir ce que vous avez de si intéressant à raconter, Stoni ? Votre petite vie personnelle ? Et si toute la classe en profitait ?

- Non mais monsieur, en fait, c’est juste que je le trouve chiant votre cours. Sauf votre respect, hein.

- Mais comment osez-vous !

- Mais Victor Hugo il nous fait chier, quoi ! Faut le dire : IL NOUS FAIT GRAVE CHIER !!!

Là, nous nous lancions dans une interminable dispute à propos de Victor Hugo. Je soutenais que Quatrevingt-treize justifiait amplement, à lui seul, une déportation au goulag. Mélenchon prétendait le contraire.

Des scènes telles que celles-ci, j’en ai vécu des dizaines, et des dizaines, et des dizaines. Durant ma scolarité, j’incarnais l’archétype du petit con insolent. Du coup, je répondais à tout va aux profs, instaurais de grands débats stériles, et, en bon manipulateur, parvenais sans difficulté à entraîner l’enseignant dans mon délire. Mes camarades m’encourageaient grandement à susciter de telles coupures dans le cours – qui pouvaient bien atteindre quinze ou vingt minutes les jours où j’étais en forme – puisque, on s’en doute, le plus grand bordel régnait tandis que je faisais diversion.

Dans le rêve, le débat était pénible, vain, harassant, énervant.

 

 

ELEVE-INSULTE-PROFESSEUR.jpgNon, il ne s'agit pas d'un grossier photomontage

 

 

Et puis je me suis réveillé.

Avec l’impression de ne pas avoir dormi, ou presque.

 

La nuit suivante, j’ai fait un autre rêve politique.

J’étais dans un café avec Philippe Poutou. Il était aussi sympa qu’à la télévision. J’apprécie chez lui son côté « rien à en foutre bordel » au sujet des médias, car je suis moi-même assez « rien à en branler putain » au sujet de la littérature. On rigolait et tout. Philippe Poutou me proposa de rejoindre le NPA. Je renâclai. Il argumenta.

- Mais tu veux pas rester au Parti communiste, franchement, c’est la honte mon gars.

Le pire, c’est que j’y ai pensé, ces derniers jours… Un fantasme, une fantaisie, rien de bien sérieux, mais j’y ai pensé…

- Stoni, faut pas déconner, viens au NPA quoi.

- Ouais, mais, euh…

Je n’osai pas le dire. Le gars est trotskyste. Et moi, ma vraie patrie, c’est l’URSS. Imaginez un peu le truc, je veux dire. Le mec qui, dans une réunion politique du NPA, s’emporte un peu, fait de l’humour communiste (« allez, au goulag direct ! »), et puis balance qu’il irait bien reconstruire le Mur de Berlin un de ces quatre. Oh ça craint ma parole. Ils vont me taper, au NPA.

 

Néanmoins, je me suis réveillé dans de meilleures dispositions que la veille.

 

Bon, ce rêve-là n'était pas désagréable, mais j’aimerais rêver à autre chose qu’aux présidentielles.

Tu vois le truc ? Toutes les nuits je rêve d’un candidat ? Putain, il reste neuf jours jusqu’au premier tour, avec ça j’ai le temps de me les faire tous !

La mort !

 

 

 

 

 

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 14:01

   

 

Article rédigé en 2009. Je vous le ressers non sans vergogne.

 

 

 


Un soir de la semaine, dans le tramway. Je reviens de chez un ami, ou d’une réunion politique. Je ne sais plus.

 

Dans la tramway, les néons se sont éclairés. Il fait nuit. Les gens fatigués dodelinent de la tête. Deux adolescents m’intéressent. Ils ont l’œil hébété, sans s’échanger un regard lorsqu’ils parlent tout bas. On dirait qu’ils viennent d’être frappés de stupeur par quelque chose de la vie – quelque chose qui fait mal. Comme tous les beaux enfants, ils sont maladroits. Leurs bras qui ont poussé plus vite que le reste, longs et malingres, reposent sur leurs genoux osseux.

Je tâche d’écouter leurs mots marmonnés. Et une horde de jeunes – ceux-là plus vieux, dix-huit à vingt ans – déboule dans la rame.

 

La horde de jeunes est une classe, en vérité. Il y a le professeur, autour duquel se concentre une grappe volubile. Tous sortent d’un spectacle.

 

C’est une classe d’art. J’ai eu un ami qui avait fait les arts appliqués. Ça y ressemble beaucoup, toutes ces filles en pantalons bouffants, et tous ces garçons à casquettes gavroche.

Ils ont l’air sérieux, pour des artistes. Leurs appréciations sur le spectacle qu’ils viennent de voir sont sentencieuses, et débordent d’admiration. Je me dis qu’ils sont bien jeunes, pour déjà prêter allégeance.

Ils trimballent leurs carnets à dessin, les cahiers zap book au design défiant toute concurrence. Un couple hétérosexuel s’adonne à une salade de langues qui choque le vieux de vingt-cinq ans que je suis. Il faut dire que leur professeur est assise pile à côté, et je trouve ça assez contre-nature. Allez savoir, ma morale et moi… qu’on aille donc se faire foutre.

 

Et parmi ces élèves, je repère le phénomène socioculturel propre à toute classe d’art : le mec avec son carton à dessin.

 

J’en ai connu, et vu, des dizaines pareilles que lui. Ça remonte à dix ans. Les choses n’ont pas changé. Ça effraie, mais ça rassure aussi.

 

Le mec avec son carton à dessin dispose d’une cour. L’amour courtois a été inventé au 12ième siècle : le mec avec son carton à dessin perpétue donc une tradition quasi-millénaire. La cour est composée de sept filles. Le seigneur et sa cour ont investi deux lots de banquettes qui se font face. La topographie de la cour dénonce la hiérarchie imposée (tacitement) par le mec avec son carton à dessin.

Sur son lot de banquettes, les filles qui sont réputées les plus jolies. En vérité, les plus disposées au compromis idéologique. Sur le deuxième lot de banquettes, de l’autre côté du passage, les filles qui sont réputées moins jolies. En vérité, les plus farouches, celles qui ont les yeux fuyants, intelligents, la petite mine des humbles et des pauvres. Leurs parents gagnaient moins d’argent, elles ne sont pas douées en compromis idéologique.

Qu’importe. Le mec avec son carton à dessin sait se montrer magnanime.

Il n’est pas spécialement beau, mais toutes en bavent pour lui. Il baratine d’une voix claire, épurée de toute accentuation. Il ne jure pas et articule bien. Il évite le verlan. Ça fait beauf.

Le mec avec son carton à dessin est, comme on le devine, muni de son accessoire identitaire.

 

Le carton à dessin est installé sur ses genoux. Il l’utilise, comme support.

Il crayonne le portrait d’une de ses favorites. Elle se prête au rôle de modèle avec une grande application.

 - Ne bouge pas, ordonne-t-il d’une voix douce.

Elle glousse mais obéit.

Toutes scrutent le devenir du portrait. Sauf le modèle, qui attend, sage et docile.

 

Pourquoi ne le dessinent-elles pas, elles ?

On ne dessine pas le mec avec son carton à dessin. Pas quand on est une fille (ni quand on est un cave sans talent).

Le mec avec son carton à dessin tire les ficelles. C’est lui qui crée. Les filles sont ses muses. (Si vous saviez comme je déteste ce concept : la muse.)

 

Le mec avec son carton à dessin détient le pouvoir. Les filles sont ornementales – preuve en est qu’elles sont muses, sources d’inspiration passives – et servent avant tout à asseoir sa domination.

 

Les pauvresses du deuxième lot de banquettes me font pitié. Elles convoitent le pouvoir d’esquisser le portrait, ou bien le fait d’être le modèle. J’en entends une petite au visage de fouine susurrer :

 - Qu’est-ce qu’il dessine bien, Hugo.

Hugo, ça c’est un prénom de mec avec son carton à dessin. Prédestiné, le gonze.

Je voudrais me pencher vers toi, petite au visage de fouine, et te dire à quel point ton Hugo ne mérite pas ton murmure. Ne prête pas allégeance. Pas à lui. Je t’en supplie.

 

Le mec avec son carton à dessin se concentre, mais affecte la désinvolture. S’appliquer, c’est bourgeois, vous comprenez. Ou trop ouvriériste. Il faut bien s’appliquer, quand on bosse pour décrocher un salaire. Alors lui !

Il fait mine de se prêter à ce petit jeu d’art sans trop y croire. Comme ça. Un tour de magie pour amuser les filles. Dire qu’elles doivent se croire libérées.

 - Oh quelle tête il me fait ? s’interroge le modèle.

Elle triomphe, le mec avec son carton à dessin l’a élue elle.

 - C’est magnifique, assurent ses copines.

J’attends celle qui dira :

 - Putain, la tronche qu’il t’a flanquée ma pauvre !

Ce serait marrant.

J’attends en vain.

 - C’est juste une esquisse, tempère le mec avec son carton à dessin (grand seigneur).

Même parmi les pauvresses, aucune n’a la frimousse amusée par la pauvreté de cette scène. Je guette celle qui dénoncerait :

 - Si après ce numéro il arrive pas à te baiser, ma parole, il se sera vraiment cassé le cul pour rien !

 

Car tel est toujours l’objectif inavoué du mec avec son carton à dessin. La domination de classe. Domination sur la femme, domination sur le puceau à lunettes du fond de la classe, voilà, les choses fonctionnent ainsi. N’oubliez jamais que l’amour, c’est la logique objective des rapports de classe entre les sexes.

 

Il faudrait une audacieuse qui lui volerait le carton à dessin et proclamerait :

 - Allez, moi  je te dessine!

Celle-là serait une révolutionnaire.

 

 

 

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