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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 14:38

 

 

 

tyrion-lannister-vs-mimie-mathy.jpg



Le choc que chacun attendait... Les deux nains les plus célèbres de la télévision française... Non, je ne parle pas de Mimie Mathy et de Passe-Partout, mais de Mimie Mathy et de Tyrion Lannister...



Depuis longtemps, ils fourbissaient leurs armes, chacun de leur côté, pour s'affronter aujourd'hui... Et l'arène qui les accueille s'avère être le blog de Stoni...



Leur coexistence pacifique ne pouvait se prolonger... Car leurs incarnations et leurs rôles sont, plus que tout au monde, antithétiques...



Le match peut commencer.





Challenger 1 : Mimie Mathy




http://www.closermag.fr/sites/default/files/imagecache/article-main/feedimport/image/Mimie-Mathy-enervee-par-Renaud-Marre-de-ces-gens-aigris.jpg



  Qui est Mimie Mathye ?



Pour les internautes étrangers à la France et à sa magnifique culture télévisuelle, Mimie Mathy est une actrice naine.

Mimie Mathy joue depuis fort longtemps dans une série intitulée Joséphine, ange gardien. Son rôle est celui d’un ange gardien, au sens littéral du terme. Dans chaque épisode, Mimie Mathy – alias Joséphine – se trouve un pauvre mortel vivant une situation difficile. Depuis les cieux, Mimie Mathy décide d’intervenir. Elle s’immisce alors dans la vie du mortel, et intervient, à coups de baguette magique, pour arranger son problème. Au terme de l’épisode, le mortel a surmonté sa phase difficile, et Mimie Mathy disparaît aussi bêtement qu’elle est apparue, ravie d’avoir exécuté sa mission.

 

 

 

Franchement, regardez pas la vidéo,

c'est trop relou

 

 

 

N’ayant pas la télévision, je découvris cette série en passant une soirée chez ma grand-mère. Je fus absolument abasourdi par la nullité de l’épisode. A côté, Julie Lescaut, Les Feux de l’Amour ou Navarro, c’est du Tarkovski, je vous assure.

Avec toute la cruauté dont elle peut parfois, et inopinément, faire preuve, ma grand-mère commenta :

 - J’aime bien cette série, parce que, Joséphine, elle me fait rire quand elle marche. Regarde. Elle sautille, elle se dandine comme une pauvrette. Elle est vraiment marrante.

De mon côté, le visionnage de deux épisodes ne me porta pas à sourire. Il nourrit, chez moi, une aversion totale pour ce personnage.

 

Pourquoi ? Dans les jours qui suivirent, j'analysai mon sentiment.



La raison de mon trouble est, en vérité, d'un altruisme total.

Mimie Mathy fait du mal aux nains.

J'irais même jusqu'à prétendre qu'elle leur cause un tort insupportable. Les honnêtes gens répliqueront que, au contraire, elle permet de leur donner une « bonne image » et une visibilité à la télévision à travers un personnage positif.

Je ne connais nulle personne atteinte de nanisme, mais je suis persuadé que la plupart des nains n'encaissent pas cette bonne femme.

Pour quelle raison ?

Eh bien, parce qu'elle n'est foutrement pas tirable.

Laissez-moi m'expliquer.

Ce que je trouve abject dans ce personnage, c'est que le rôle de Joséphine soit un rôle asexué. Les nains sont montrés à la télévision française, mais uniquement dans des incarnations dépourvues de sexualité. Joséphine est un ange, une sorte d'entité mystique, et tout le monde sait qu'un ange... ça ne baise pas.

Or, en réalité, les nains sont des gens comme vous et moi. Ils ont une sexualité comme la nôtre, ils font l'amour et ont des enfants. Le degré de réaction et d'obscurantisme de Joséphine, qui les ravale d'un claquement de doigt au rang d'esprits châtrés... tout ça parce qu'ils ne sont pas « beaux » aux sens conventionnel du terme... voilà qui est désespérant de bêtise.

Sans aller « jusqu'à » montrer Joséphine embrasser un nain (ou pire encore, une naine, voire, sacrilège, une personne de grande taille...), la série aurait pu faire d'elle une femme atteinte de nanisme, bien vivante, pas du tout un ange. Mais non ! Ça n'aurait pas été ! Les téléspectateurs auraient pu être choqués. Oui, une naine, même si elle n'a pas d'aventure amoureuse dans la série, on conçoit bien qu'elle a malgré tout une sexualité. Peut-être qu'elle se masturbe... Elle a des fantasmes, comme tout le monde, des excitations. Et ça, ça n'était pas possible ! A la télévision des braves gens de grande taille, un nain ne doit pas avoir de sexualité ! Alors, on fait quoi ? On fait Joséphine, ange gardien. Ou le programme le plus bête et le moins valorisant pour les nains au monde.

 



Fort heureusement, l'heure de la revanche naine devait sonner. Tyron Lannister arriva.





 

 

Challenger 2 : Tyrion Lannister



 

http://static.tvfanatic.com/images/gallery/tyrion-lannister-picture.jpg

 

 

 

Qui est Tyrion Lannister ?



Pour les internautes étrangers aux Etats-Unis et à leur magnifique culture HBOesque, Tyrion est un personnage de la série Game of Thrones évoluant dans un monde médiéval fantaisie. Rejeton d'une puissante lignée règnant sur un vaste royaume, Tyrion subit le dédain, la haine et la moquerie de sa famille qui sait lui rappeler son « infirmité ». Cela ne l'empêche pas de vivre à la façon qu'il l'entend. Parmi tous les protagonistes de la série, il devient rapidement un des favoris du spectateur, car Tyrion est malin, subtil, et surtout parfaitement normal (comparé à Joséphine). Tyrion boit, Tyrion pète, Tyrion se marre et Tyrion baise. Avec des femmes de grande taille. Ouais, sans déconner. Cet être savoureux est interprété par Peter Dinklage, un comédien formé au théâtre shakespearien, autrement plus doué que Mimie.



 

 

 

 

Tyrion est, à tous les niveaux, l'antithèse parfaite de Joséphine / Mimie Mathy. Il est nain, il ne s'en cache pas, beaucoup s'affairent à le moquer, mais jamais il ne devient, comme Mimie, une version guimauve du Leprauchaun, ni l'étendard d'une cause à défendre. Tyrion est un personnage traité à la même enseigne que les autres. Il gagne, parfois perd, s'en prend plein la gueule, accomplit des hauts faits. Son intrigue amoureuse avec Shae vaut celles des autres protagonistes – quand elle ne les surclasse pas.



Il n'est pas là pour susciter le rire moqueur, ni pour attendrir, ni pour divertir.



En ce sens, d'aucuns pourront affirmer que Willow, héros du film éponyme, est un précurseur de Tyrion.



 

 



Lui aussi le fruit d'un univers fantaisie, Willow est un nain, les personnes de grande taille autour de lui le remarquent (car dans Joséphine, personne ne remarque le fait que l'héroïne est une naine, et je vous jure ça fait chelou, y'a comme un gros non-dit ou une grosse incohérence). Willow a une femme et une progéniture. C'est un personnage très positif, avec ses qualités, ses défauts. Le film est destiné aux enfants, qui s'identifieront sans difficulté à ce jeune homme fort sympathique.

Or, Willow fait partie du peuple des nains. Avant de partir à l'aventure, il appartient à une ethnie où il n'est frappé d'aucune infirmité. Willow est un être normal pour ses congénères. Bien sûr, lorsqu'il quitte son village, il sera la proie des moqueries des grandes gens. Mais, de retour chez lui, il retrouve sa banalité.

 

Sa condition ne s'approche guère de celle des nains de la vie réelle. Celle de Tyrion, si. Il conserve donc sa place de champion du nanisme sans coup férir.







De ce match que chacun attendait, l'issue est donc certaine. Tyrion envoie Mimie dans les cordes dès le premier round et gagne par un K.O. étincelant.



 

 

 

 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 10:23

 

 



http://www.amsterdamer.fr/Files/15250/Img/04/chaine_antivol_velo_art_4etoiles_350.jpg

Tous les chemins mènent au bondage,

y compris les pistes cyclables.

 

 

 

 

Faites péter les hautbois, sortez les trompettes : j'ai un nouveau vélo. Et un putain de vélo, s'il vous plaît. Le vélo. Enfin, un vélo d'occasion à trois cents boules, cadre alu fourche carbone, rien de bien sensationnel en vérité, mais pour moi, ce cadeau me comble à l'égal de toutes les plus délicates richesses profondément enfouies au sein des plus extravagants labyrinthes. Avantage : je suis un mec à qui il en faut peu pour être heureux.



Ce nouveau vélo, cela faisait longtemps que je le convoitais. Je ne connaissais pas encore sa marque, ni son allure, mais tels deux amants égarés, notre attraction opérait déjà à distance – venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend. (Rimbo il aurait été content que je le compare à un vélo, ha ha). Avec la toute la douloureuse fébrilité du célibat cycliste, je consacrai de longues heures à le traquer sur les sites de petites annonces. Et puis, un jour, je le débusquai. Tel le renard chassé de son terrier, il m'apparut, mince, léger, vif comme le faune, flamboyant en diable. Je fus ébloui.



Et j'abandonnai lâchement mon vieux clou du début des années 90, tout acier, qui pesait quinze kilos.

Me voici battant mes records de vitesse, atteignant les quarante kilomètre heure sans même forcer. Je baptisai cette étincelante monture La Fusée. (L'ancien vélo s'appelait La Grosse Saucisse. Il portait bien son nom. N'y voyez rien de sexuel.)



Hier, j'ai fait ma première sortie en ville avec La Fusée. Comme j'avais une course à faire, j'enchaînai La Fusée à un parc à vélo. Une inquiétude toute amoureuse s'éveilla en moi. Je ne voulais pas m'en éloigner. Si quelque brute me le volait... Et, avec passion et tendresse, je glissai la chaîne de mon antivol entre les tubes de son cadre, puis l'introduisis délicatement entre les rayons de sa roue avant. Je serrai juste assez pour qu'il fût fermement maintenu, mais pris soin de ne pas l'étranger non plus. Avec autant d'attention, autant de douceur, j'enchaînai la roue arrière. Lorsque je fermai les cadenas, je fus réellement ému.



Puis je contemplai le résultat, ma Fusée amarrée, sage, bien protégée, en goûtant la satisfaction particulière de la possessivité.



Et j'ai alors enfin compris, cerné, le plaisir que doit procurer le bondage à ses adeptes.

 

 

 

 

 

 

 

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 13:18

 
cannabis cool
 
Quand je vous disais que c'était rien que des capules, ces bébés.
 
 
 
J’ai des amis qui ont eu un bébé.
Désormais, leur monde entier gravite autour du bébé. On les comprend. Et je dois avouer qu’il est marrant, ce bébé. Pour une fois, je ne lui trouve pas une tête de Gorbatchev, et je ne ressens donc aucune sensation désagréable quand je le regarde.
En présence d’un bébé, je conserve toujours une distance pleine de respect.
Un bébé, ça ne rigole pas. Je pense que, si je ne le fais pas chier, il ne me chiera pas dessus. Donnant donnant.
Mes amis sont obnubilés par le bébé. Encore une fois, on les comprend. Cela dit, quand vous êtes extérieur au bébé (et que vous gardez prudemment vos distances), les séances de visionnage des vidéos du bébé, l’exposition des photos du bébé, l’exhibition du bébé en personne, puis la discussion sur le bébé, sont, à la longue, un peu emmerdantes.
Ce n’est pas bien grave.
Mes amis me demandent ce que j’en pense. Du bébé.
- Ma foi, il a pas une tronche de Gorbatchev, il est plutôt pas mal !
- Il est mignon, hein ?
- C’est bien ce que je dis.
- Regarde comme il est tout petit. T’as vu ses petits petons-petons, comme ils sont petits ?
Je jette un coup d’œil faussement curieux sur les petons-petons. Le bébé (un mois) intercepte ce regard et accouche d’un sourire ravi.
- Oh t’as vu il a fait risette !
- Il a fait quoi ? toussé-je, embarrassé.
- Risette ! T’es écrivain, tu sais pas ce que ça veut dire ?
Je regarde mon pote, que je connais depuis nos quinze ans. On a joué les lascars ensemble, insulté tous nos profs, fumé un peu d’herbe, déconné et parlé cul non-stop : maintenant, il prononce naturellement l’expression faire risette.
J’y crois pas.
- Si en fait, mais venant de ta bouche, ça faisait trahison.
Il se marre. Et reprend les petons-petons en photo pour la cinquantième fois de la journée.
- Chaque jour on prend les petons-petons en photo, comme ça on verra l’évolution dans le temps.
- Jusqu’à quand ?
- Oh, jusqu’à ce qu’on en ait marre.
- Du bébé ?
- Non ! De prendre les petons-petons.
- Oh, fais-je déçu.
- On en aura jamais marre de notre gros bout de chou peton-peton mimi !
Là-dessus, mon pote hisse le bébé à bout de bras devant moi, histoire que je n’en perde pas une miette visuelle.
- Fais gaffe, j’ai peur qu’il se mette à pisser, là.
- Mais non, et puis il a sa petite grenouillère trop mimi peton-peton !
Le bébé s’agite et accumule les sourires ébahis. Je le toise froidement. Qu’est-ce qu’il a à me draguer comme ça, celui-là ?
- Il t’aime trop Stoni ! Chérie ! Viens voir comme peton-peton il aime trop Stoni il lui fait plein des risettes !
- Ben tu peux le reposer, en plus je trouve qu’il pue.
- Mais non il pue pas !
Mon pote renifle le cul de la grenouillère.
- Ah si, t’as raison. Il a fait son popo le peton-peton chou ?
Néanmoins, il ne le change pas.
- Oh, il schlingue à fond, quand même. Tu lui fous pas une nouvelle couche ?
- J’ai pas envie, en fait.
Mon pote préfère se péter une clope tranquille. A la fenêtre – la cigarette ayant, sur un bébé, les conséquences du bombardement de Hiroshima Nagasaki, comme chacun le sait.
Je le rejoins pour ne pas rester seul dans le périmètre du bébé.
- On dirait que tu t’en méfies ! ricane mon pote.
- Du bébé ? Bien sûr que je m’en méfie. Y’a pas plus crapule qu’un bébé.
- Déconne pas ! Il est tout innocent, regarde-le !
- Innocent ? Mon cul, ouais ! Il marche à fond dans le système, il est déjà super social-démocrate. Je me méfie de lui comme d’un adulte !
- Oh, tu déconnes, pas vrai ?
- Tu crois que ton fils est protégé du politique par son bas âge. Alors que tu sais très bien qu’il est déjà intégré dans les rapports humains, et les rapports économiques. Et je vais te dire pourquoi le bébé universel est le pire des vendus : il est entré dans la dialectique de la consommation et de la production dès sa naissance. Et pour l’instant, il en est encore au stade le plus parasitaire. Le projet économique de la bourgeoisie, c’est le retour au statut de bébé. Consommer sans produire !
- C’est pas un vendu, peton-peton !
- Oh que si ! A fond ! Crois-moi !
- Mais c’est un fils d’ouvrier !
- Et alors ? Il consomme sans produire.
- Mais il a pas le choix, le pauvre !
- Parce que vous l’élevez comme on a élevé des enfants depuis l’instauration de la division de classes. Vous lui donnez le lait sans lui faire comprendre qu’il a fallu un acte de travail pour seulement acquérir ce lait. Pour avoir du lait, on travaille.
- C’est le lait de sa mère, réplique mon pote d’un ton vexé.
- Et alors ? Pour produire son lait, elle doit manger, et pour manger, vous devez travailler. T’es d’accord avec moi ? Et quand bien même vous ne travailleriez pas – vous seriez des bourgeois, par exemple – pour manger vous auriez besoin de la force de travail de la société. On n’achète pas de poireaux au supermarché sans le personnel de mise en rayon, sans les transporteurs de poireaux, les producteurs de poireaux, puis ceux d’engrais… etc.
- Tu voudrais qu’on le nourrisse… en lui faisant comprendre que ça vient du travail ? Mais c’est impossible !
- Pourquoi ? Il faudrait simplement établir un stimulus, une gestuelle, qui signifie ce lien de causalité. Mimer le travail. Ou le dire, s’il comprend ce qu’on dit.
- Mais il comprendrait pas ! Il est trop petit !
- Il comprend assez pour me faire des sourires tandis qu’il me connaît ni d’Eve ni d’Adam. Et t’inquiète pas, il le fait pas sans bonne raison. Il comprend qu’il doit pleurer pour obtenir le lait. Il comprend l’affection que vous lui portez. Et il y répond. Ce n’est pas un être amorphe. S’il répond, c’est parce qu’il y trouve un intérêt. L’intérêt surdétermine tout comportement humain.
Mon pote a un instant de silence, puis passe à la phase de révolte :
- Peton-peton il a rien demandé à personne, c’est dégueulasse que tu le juges comme ça !
- Cette petite crapule qui pense qu’à se goinfrer ? Putain, je suis gentil, encore ! Il marche à fond dans le système bourgeois !
Là-dessus, le bébé commence à se manifester. Il pousse des hoquets de révolte, lui aussi.
- T’entends tu lui as fait peur, avec tes conneries !
- Tu vois que c’est une crapule ! Il braille quand on remet en cause sa position parasitaire !
- N’empêche, je suis pas d’accord. Un bébé il a vraiment pas le choix, il peut qu’être un parasite.
- Ça plaît assez aux enfants pour qu’ils le restent jusqu’à leurs dix-huit ans – voire plus, s’ils peuvent se le permettre.
- Tu veux faire bosser les enfants ?
- Non, je voudrais qu’ils ne se complaisent pas dans leur paradis de consommation unique. L’enfance est la meilleure initiation, et conversion, qu’il soit au système capitaliste. L’enfance est le projet – régressif, comme tu le vois – de la bourgeoisie capitaliste. Tout ce que je veux, c’est qu’ils aient conscience de la dialectique de la consommation et de la production. Une société communiste saurait mettre en place ce genre d’initiation révolutionnaire : elle n’aurait pas le choix, de toute façon.
- Tu voudrais endoctriner les gamins !
- Pas plus qu’ils ne sont actuellement endoctrinés par le plaisir que, culturellement, on invente autour de la consommation du bébé. Le biberon, mais sans principe de réalité. Le biberon, sans que l’on dise la sphère de la production. C’est un endoctrinement, et nous y sommes tous passés. Nous sommes foncièrement des nostalgiques de notre enfance – rêve de parasitisme bourgeois. Nous sommes, nous des travailleurs et des fils de travailleurs, les meilleurs agents de propagande du capitalisme. Tu saisis la perfection paradoxale de la chose ?
- Ouais, je sais pas…
Dans son landau, le bébé remue ciel et terre en poussant des sons de désespoir.
- En fait tu dois avoir raison, tempère mon pote. Mais pourquoi l’endoctrinement que je fais à mon gamin passe comme une lettre à la poste ? Je veux dire : je le fais. J’aurais dû m’en rendre compte.
- C’est un endoctrinement non-dit. Tout le politique capitaliste – quand je dis politique je parle des relations entre les hommes – est non-dit. C’est le génie de l’intersubjectif.
- Peton-peton c’est une crapule, acquiesce mon pote.
- La pire !
- La pire. Ouais, à la fois, je m’en doutais. Il arrête pas de me réveiller la nuit, alors que je me lève à cinq heures du mat.
- Un vrai petit con arrogant bourgeois !
- Je te le fais pas dire !
Mon pote se décide à prendre le bébé dans ses bras, ce bébé qui me fusille d’un regard noir.
- Je vais changer la couche de peton-peton. Tu sais, je vais réfléchir à un moyen de traduire l’ordre du travail.
- Si tu fais ça, tu vas élever le premier bébé révolutionnaire de France.
- C’est vrai. J’ai de grands projets, pour lui.
 
a-onesie-for-the-proletariat-1325196417.jpg 
 
 
 
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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 13:24

 

 



La semaine dernière, je m'épanouissais, corps et âme, à la campagne. Moult expériences, pléthore d'aventures, maintes initiations, foultitude de péripéties, traversèrent mon chemin. Sexuellement, je m'initiai aux joies du triolisme. Mais je ne vous raconterai rien, sales petits ingrats de lecteurs. Pourquoi, vous récriez-vous, au comble de la rage et de l'amertume, voire du désespoir ? Pourquoi ? Parce que SEULES DEUX PERSONNES m'ont souhaité de bonnes vacances tandis que j'avais annoncé mon départ. Je suis véner. Oh oui. Je suis véner. Vous êtes je sais pas combien à squatter ici gratos, mais pas un bonjour ni merde ! Donc, je ne lâcherai que dalle sur mes merveilleuses vacances.

Enfin, si, pour le triolisme, c'est un mensonge – hélas. Je voulais juste vous appâter.



Fi.



Je vais tout de même vous narrer une anecdote.

En vacances, je pratique le cyclisme. Comme le reste de l'année d'ailleurs, mais davantage encore en vacances.

Faisant ainsi du vélo sur une route de petite montagne sinueuse, j'assistai à un effroyable spectacle.

Trois mobylettes et un vélo me doublèrent.

Jusque là tout allait bien.

Le vélo était conduit par un homme torse poil. Bon. Pourquoi pas. Mais les trois mobylettes étaient, elles aussi, chacune conduite par un homme torse poil.

Ouais.

Je sais pas.

C'était bizarre, quand même. Je veux dire, torse poil sur une mob, c'est un peu dangereux si tu te pètes la gueule. La route était une côte assez raide, les mobylettes allaient pas vite, c'est vrai, mais ça craint, je trouve.

Or, ce n'était pas fini.



Le cycliste torse poil se tenait à l'épaule d'un des cyclomotoristes torse poil, afin d'être entraîné par le moteur de la mob.

Ouais.

Euh, non.

C'est juste super dangereux. Je veux dire, le cycliste, il glisse, n'importe quoi, il va dans les roues de la mob, tu vois le tableau.

 

 

 




 

mobylette.jpg

 

En gros, ça ressemblait à ça. T'as vu comment je dessine trop bien.



 

 

 

 

mobylette-2.jpg

 

Et y'avait encore les deux autres mobs qui suivaient derrière, côte à côte.







Derrière ces trois mobs et ce vélo, suivaient des automobilistes. Ben ouais. Vu que la route était sinueuse, les voitures pouvaient pas doubler ce curieux cortège, faute de visibilité.



Et voilà.

Trois mobylettes torse poil, un vélo torse poil qui s'accroche à une mobylette, puis derrière cinq bagnoles, le tout à 30 km heure vu que les mobs ça peut guère pousser plus loin sur une côte.



Et moi, sur mon vélo, qui vois passer cela, abasourdi.



Je me suis demandé. Pourquoi. Pourquoi sont-ils torse poil ? Il faisait chaud, mais sans plus.

Pourquoi le vélo s'accroche à cette mobylette ? Pourquoi le cycliste ne s'est-il pas assis à l'arrière d'une des mobs, en laissant son vélo, qui visiblement, ne servait à rien ?

Peut-être le but de la manœuvre était-il de conduire le cycliste en haut de la côte ? Ouais. Chelou, quand même. Mais, dans ce cas, pourquoi y aller à trois mobs ? Une seule aurait suffi à tracter le vélo.

Pourquoi ralentir toutes ces voitures ?

Et, je sais pas, mais, pourquoi torse poil ?



Que vont faire quatre mecs torse poil avec un vélo en haut d'une côte ?



Dans quel but ?



J'avoue.

La raison objective ou intersubjective  m'a échappé.



Et j'ai vu s'évanouir au gré d'un virage cette procession moderne, caravane de l'absurde, défilé de l'insensé.



Longtemps, cela m'a hanté.

 

 

 



 

 

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 12:33

 

 

J'ai quelques jours de vacances donc cette semaine pas de nouvel article sur le blog.

 

 

 

  http://25.media.tumblr.com/tumblr_m28o1fG5Vf1rpf3t6o1_500.jpg

   

 

Cherchez pas à l'agrandir, c'est pas moi sur la photo.

 

 

 

 

 

 

 

Je pars à la campagne faire du cyclisme et du triolisme hippie. Non pour le dernier je déconne, même si ça reste mon rêve collectiviste ultime.

 

 

http://www.top-blagues.com/img/images/mini-941-c2531a.jpg

 

 

 

 

J'ai plein d'idées de nouveaux billets dès mon retour. Si vous en avez à me soumettre, n'hésitez pas. Je recycle toutes les suggestions et les questions que l'on m'adresse ! Parfois je tarde un peu, volà tout.

 

 

D'ici là, replonge-toi dans le vortex des archives du blog de Stoni, fort d'un total de 267 articles !

 

 

 

 

 

 

Amusez-vous bien et bon courage si vous êtes toujours au taf.

 

 

 

 

 

 

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 14:16

 

 



Chez Gibert Joseph, je m'adonne à mon passe-temps favori : fouiner dans le rayon histoire. Sur l'étagère Révolution, je repère un bouquin « CNRS Editions » sobrement intitulé Robespierre. Je tire le bouquin et lis vite fait la courte bio de l'auteur, Jean Artarit, que je ne connaissais pas. Déjà, ça me rassure pas des masses. Le mec est psychanalyste, pas historien. Je crains le pire et découvre la quatrième de couv, qui confirme mes suspicions :



Les contemporains de l’« Incorruptible » ont vite constaté sa dimension pathologique : froideur, penchant suicidaire, délire de grandeur et de persécution. Un profil de paranoïaque conduisant à des agissements typiques : la division pour mieux régner, l’atmosphère de suspicion et de délation imprimée par la peur, la désignation d’ennemis à éliminer physiquement, le contrôle des institutions, la rigidité comme conduite…

Comment cet infirme psychoaffectif est-il devenu un porte-drapeau idéologique ? Ses drames intimes sont-ils à l’origine de la Terreur ? Qui était, au fond, Maximilien Robespierre ? Une approche ambitieuse et novatrice pour comprendre les ressorts de la violence révolutionnaire.



La preuve par neuf sur ce lien.

Wallah. Ma première réaction est de reposer le livre en déclarant tout haut : « quelle honte ». Les gens autour de moi me lancent des sales coups d’œil, mais c'est ainsi, des fois je parle tout seul. Jean Artarit, l'auteur de ce magnifique livre, en déduirait probablement que je suis un " infirme psychoaffectif ". Ma foi, ça fait 28 ans que je vis avec ça et je tiens la route malgré tout.

 

 

 

Ok. Je vais pas écrire un truc contre ce gars, je m'en fous. Je veux dire, des anti-robespierristes, ça a toujours existé et ça existera toujours. En plus, un bouquin édité à l'origine chez La Table ronde, la maison d'édition d'extrême-droite amie avec le Front National, qu'est-ce tu veux que je perde du temps à le tailler ? Ça me préoccupe moins que le scandale Sexion d'Assaut.

 

 

 

 

robespierre.jpg

 

Voilà l'homme responsable des pires maux endurés par

l'univers depuis 1794 :  l'affaire Zahia, c'est lui, l'algue verte, c'est lui,

la couverture des JO par France Télévision, c'est lui. Salaud.

 

 

 

Or, y'a tout de même deux trucs qui me cassent les cacahuètes dans cette affaire.



1 / Depuis quand les ouvrages de « psychanalyse historique » sont classés au rayon histoire ? Le mec n'est pas historien. Il fait une psychanalyse deux cents après. Il a le droit, moi j'écris bien des romans après tout. Mais putain, faut pas tout mélanger, histoire et psychanalyse machin, c'est pas pareil, bordel de topinambour !



2 / Le CNRS, c'est pas un truc public, ça ? Oh, si mes impôts ont payé cette connerie de CNRS Editions, y'a de quoi se pendre ou virer anarchiste. Je vous jure. Oh, CNRS Editions, s'ils veulent, ils peuvent aussi éditer, après « la psychanalyse historique », des « astrologies historiques ». Genre, tu prends Robespierre, tu fais son thème astral et t'interprètes toute sa vie à partir de ça. En plus je sais faire les thèmes astraux, pour un bon à-valoir je leur ponds toute une série d'astrologies historiques, s'ils veulent. Tiens, je vais leur proposer, d'ailleurs.







Enfin. Je m'arrête là, j'aime pas être méchant.





 



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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 13:50

 

 

 

 

Cette nuit j'ai rêvé que j'étais dans une salle de cinéma avec des amis. Un bordel monstre ravageait la salle. Le film ne commence pas et les spectateurs s'impatientent. Des batailles de popcorn éclatent ici et là. Lorsqu'une bande-annonce est diffusée, des gens lancent leurs gobelets de coca sur l'écran.

Je vais aux toilettes. En sortant, je rencontre une jeune fille qui je connais de vue. Elle tient une guitare acoustique et me dit qu'elle a une déclaration d'amour à me faire mais, comme elle est romantique, elle tient à me la chanter. Je la laisse faire. Elle commence à chanter Hit me baby one more time de Britney Spears. Sans pour autant chanter faux, son interprétation casse pas trois pattes à un canard. Elle est émue, intimidée, les larmes aux yeux et seul un maigre filet de voix sort de sa gorge. Je l'écoute dix secondes, je tique et lui pique la guitare.

- Non, attends, ça va pas du tout. Je sais pas, joue-la plus groovy, mets quelque chose dans ta voix. T'es complètement monocorde ! Franchement, c'est une chanson qui peut être sympa, et là tu la gâches à fond. Ecoute plutôt ça.

Et comme un gros connard insensible, je joue le morceau en chantant devant elle, qui est dégoûtée, parce qu'elle voulait me faire sa déclaration. Je joue le truc assez classe, un peu comme dans la vidéo :

 

 

 

 

 

Je finis le premier refrain et je lui rends sa gratte.

– Voilà, comme ça c'est beaucoup mieux, t'as vu ?

Puis je la plante là et retourne dans la salle de cinéma.

 

Ça fait au moins un an que j'ai pas touché ma guitare et j'étais content de jouer aussi bien dans ce rêve.

Un rêve plus agréable que celui de l'avant-dernière nuit : j'ai rêvé que Sarkozy faisait son grand retour en accordant un long entretien au journal Le Monde, entretien où il faisait son gros réac de service qui se croit important.

Et le lendemain matin, en me connectant sur Internet, je vois ça.

 

 

Si je fais des rêves prémonitoires, maintenant, ça devient de pire en pire.

 

 

 



 

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 13:49

 

 

 

 

 

Quand j’étais jeune, j’étais pauvre (je le suis toujours, mais un peu moins). Longtemps je ne me suis pas couché de bonheur, mais longtemps j’ai vivoté d’un boulot à l’autre, et j’ai essayé pas mal de trucs pour glaner un revenu ici ou là.

 

Entre autres, j’ai été un cobaye.

 

Je devais avoir vingt ans, un truc comme ça. J’ai vu une publicité dans un journal gratuit :

 

 

LABORATOIRE CHERCHE

JH / JF 18 A 30 ANS

AVEC TENDANCE PEAU GRASSE OU ACNEIQUE

POUR TESTER CREME DE SOIN

 

CONTRE REMUNERATION

 

 

Ni une ni deux, j’appelle au numéro de téléphone indiqué et une personne fort peu affable me fixe un rendez-vous au laboratoire.

 

Le jour dit, je réalise que nous sommes trente à être convoqués à ce même rendez-vous. Des personnes en blouse blanche qui tirent une gueule pas croyable nous refilent un interminable questionnaire à remplir où, en gros, tu racontes ta life de A à Z.

Avec des questions du genre :

 

Avez-vous des taches d’une couleur allant du vert olive au violet nuit sur les cuisses :

 

  • Sur la face intérieure des cuisses

  • Sur la face extérieure des cuisses

  • Sur la face externe

  • Sur la face interne

  • Nulle part

 

Bon, déjà, quand t'as pigé la différence entre la face interne et intérieure de ta cuisse, tu vas jeter un coup d’œil discret en remontant la jambe de ton jean. Que des trucs de ouf que t'y avais même jamais pensé avant.

 

Avez-vous tendance à placer votre langue :

 

  • Sous le palais

  • Enroulée sur elle-même (???)

  • Sur la première chatte / bite qui passe (rayez la mention inutile)

  • Nulle part

 

Non pour l'avant-dernière proposition je déconne, mais je te jure, que des questions à la masse. Et du coup, avec mon questionnaire, je passe une heure à sonder ma bouche avec ma langue, ou à examiner la peau sous mes aisselles, ou à mesurer la pilosité de mon torse.

 

Cela fait, je suis reçu par un laborantin à l’air sadique qui décortique mon questionnaire, en silence, puis me gratifie d’un lapidaire : « Vous êtes retenu pour l’étude ».

Ouais ! Super ! Mais, hélas, l’étude ne commencera que dans une semaine, ce qui signifie un autre rendez-vous. Et là, tu commences à te dire que tu as perdu deux heures sans rétribution, car la récompense t'est donnée à la fin de l’étude seulement, genre soixante ou cent euros, je m’en souviens plus.

 

Une semaine plus tard, je me pointe au nouveau rendez-vous. Nous sommes dix à avoir été convoqués et un second questionnaire nous est donné. Cette fois, les questions visent particulièrement le sujet de l’étude, c’est-à-dire la tronche de la peau de ton visage. Je suis prié de décrire avec exactitude la gueule de mes boutons, leur grosseur, leur largeur, leur consistance, leur couleur, leur emplacement – avec un petit miroir à disposition s’il vous plaît ! Oh je te jure, à la fin de la journée, j’étais capable de dessiner une cartographie précise de mon acné, limite j’avais créé des département et des régions, et je débutais l’étude minéralogique du terrain.

A cet instant, un gus en blouse blanche passe parmi nous en chantonnant, se gratte ostensiblement le cul et les couilles, puis s'en va. On s’est regardé, avec les autres cobayes, avant d’éclater de rire. J’ai dit que ça faisait sûrement partie du test, tu vois, pour vérifier si tu réagis normalement quand un gus se gratte le cul et les couilles.

Vingt minutes plus tard, une nana passe, rentre dans un bureau et dit à la personne présente dans ce bureau : « Allez vous faire foutre, madame ! ». Puis elle se barre.

Non mais sérieux, on se posait des questions. La putain de baraque de malades mentaux.

 

 

laborantin_t1000.jpg

Style genre

 

 

Malgré ces truculentes diversions, je remplis mon questionnaire, et un nouveau laborantin à l’air sadique, à peu près aussi charmant que Hannibal Lecter ou le T-1000, me reçoit dans une salle. Le mec reluque mes boutons sous toutes leurs coutures et accessoirement énumère à voix haute à quel point ils sont immondes. Il prend des photos et me fournit un petit pot de crème, avec un tableau de bord à remplir chaque jour de l’étude. Le laborantin explique que si je faillis à mes obligations, soit, si j'oublie de remplir le tableau matin, midi et soir, je serai banni de l’humanité à jamais et envoyé sur une île appelée « Hell’s Island » où des éléphants cracheurs de feu ont pour habitude de manger des humains. En gros c’est à peu près ça.

Sur le tableau de bord, tu dois noter si tu fais des réactions. C’est tout.

 

Je suis reparti avec mon pot de crème et mon tableau. J’avais trois semaines pour tester la chose.

Comme rien ne se passait avec cette crème, j’ai rempli mon tableau le dernier jour en mettant à chaque case « RAS ».

Je vais au dernier rendez-vous. Le laborantin T-1000 me fait toutes sortes de prélèvements, sans être capable de construire une conversation agréable et humaine. Le mec est à fond dans son truc. Il finit par avouer : « Vous avez mis la crème tous les jours, c’est bien ». Wallah, enfin un compliment. Le type me prend en photo et remarque que mes boutons sont toujours aussi immondes. Sans déconner mec, j’avais pas réalisé. Là, le laborantin s’est assis et a déclaré (je te jure c’est vrai) : « Voilà, encore une étude de faite, j’ai rempli ma mission. Vous savez, je n’aime pas ce métier. Mais vous vous en foutez je suppose. » J’ai grave halluciné et je me demandais si ça faisait (encore) partie de l’étude. A la fois, quel rapport entre la conduite dézinguée de ce mec et mon acné ? J’ai simplement répondu : « Euh quand est-ce que je vais avoir mon chèque ? ».

Trois semaines plus tard, tu reçois le chèque de soixante euros ou de cent euros. Bon, c’est toujours ça de pris.

 

Mais, pour au moins six ou sept heures passées dans ce putain de laboratoire rempli de déglingos, j’ai trouvé ça maigre comme rémunération et j’ai évité de recommencer.

 

 

 

 

 

 

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14 juillet 2012 6 14 /07 /juillet /2012 11:51

 

 

 

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ou

 

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Avec Aniki, nous aimons nous poser des dilemmes diaboliques.

Ainsi, nous nous sommes posés la question :



Si tu devais choisir entre la bouffe ou le sexe, pour toute une vie ? Si tu choisis le sexe, tu seras obligé de manger des trucs sans saveur, genre de la purée mousseline ou du pain carrefour, jusqu'à la fin de ta vie mais tu as le droit de continuer à baiser. Si tu choisis la bouffe, tu n'auras plus le droit de faire l'amour jusqu'à la fin de ta vie, mais tu auras le droit de continuer à manger des bonnes choses et à cuisiner.



Que choisis-tu ?



Nous nous sommes accordés un quart d'heure de réflexion.



Puis nous avons rendu notre verdict. Tous les deux nous avions choisi la bouffe.

On a bien étudié ce choix et, en effet, c'est le plus intéressant.



Quatre bonnes raisons de préférer la bouffe au sexe.



1 / Tu peux bouffer jusqu'à ta mort.

Le cancer de la prostate, ou la sécheresse vaginale, la fatigue, la vieillesse, puis les rhumatismes, auront tôt fait de t'écarter des joies du lit et autres galipettes. En revanche, question bouffe, tu es censé pouvoir goûter la chose un peu plus longtemps.



2 / Tu peux bouffer depuis ta naissance.

Bien que les plaisirs génitaux commencent fort tôt dans l'enfance, admettons qu'on tire le plus grand parti de nos organes sexuels à partir de l'adolescence.

La bouffe, elle, est appréciable bien avant. J'ai des souvenirs émus de mes Happy Meal (mes vieux étaient pas du genre nourriture du terroir).

La bouffe, tu en profites bien plus longtemps, en vérité !



3 / Tu peux bouffer en toute occasion.

Faire l'amour est contraignant : faut être deux, faut être seuls (enfin, tel est le goût de la majorité), faut être dans un endroit qui s'y prête, faut être un minimum en forme.

En revanche, bouffer est tout à fait accepté en société. Tu peux manger quand tu le veux ou presque, seul, à deux, en groupe.



4 / Le sexe se mentalise plus facilement.

Je crois que je pourrais me passer de sexe en trouvant un certain équivalent en imaginant, en inventant, en sublimant mon abstinence, par la rêverie, le rêve tout court.

La bouffe suscite moins d'inspiration. La bouffe s'apprécie quand tu bouffes, à la limite quand tu cuisines, mais bon, je me vois mal écrire un bouquin sur la bouffe pour compenser une période de jeûne. Après ça dépend des inclinations de ton imaginaire.







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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 17:18

 

 

 

 

 

J’ai un ami qui m’agace. Rarement, très rarement, il a une journée où il se réincarne en un être agréable, une véritable crème, une journée où il est là pour me remonter le moral, où nous arrivons à nous marrer, simplement, tout simplement.

Le reste du temps, il m’agace. Car, avec lui, rien n’est simple, tout est compliqué.

Au début, il devait se surveiller. Nous sommes devenus amis. Puis, au fil du temps, son auto-vigilance s’est relâchée.

Il est vieux, il écrit. Il a de grandes théories qui ne sont pas idiotes. Si seulement il savait s’en contenter. Mais non. Il a tenté de les faire publier, en vain. Il prétend « qu’il s’en fout », qu’il n’a jamais voulu être édité, mais c’est faux et il essaie encore, à soixante-dix ans. Cet échec d’une vie le rend hargneux. Il est seul, il se rabougrit, lui, lui-même, le sien, sa planète gravite autour de son ego et, quand je le vois faire, je prends peur. Si je devenais comme lui, un jour ?

Il a le défaut des gens intelligents et des poètes : la vanité.

Ce défaut, je peux vous en parler.

Mais tout de même. A ce point, c’est une maladie.

Il a tout vu, tout connu, tout expérimenté. Il monologue. Il parle de lui.

Il m’envoie sa photo dédicacée. Je ne l’ai pas demandée. Je suis censé le remercier. Je lui fais remarquer, prudemment, que je trouve le geste étrange. Il me répond que c’est de l’auto-dérision. C'est faux.

Avec lui, oralement, tout est de l’auto-dérision. Réellement, rien ne l’est.

Il est malade d’être lui-même, malade de n’avoir pas pu rayonner dans le monde des arts, de la culture, de l’université. Au cours de sa vie, il a rencontré telle célébrité, tel comédien, tel poète. A chaque fois, un projet devait se monter, mais la célébrité s’est désistée. Au début, je le croyais. Maintenant, je m’interroge sur sa capacité à imbriquer le faux dans le vrai, l’édulcoration dans l’exagération.

Il me laisse pantois.

Oui, il m’agace. Quand il me parle de philosophie, il part du principe que je ne connais pas les notions et prend soin de les détailler. Parce que je suis ouvrier et que je n’ai pas été à la faculté.

Lui a fait de grandes études.

Il me parle donc de philosophie et précise « arrête-moi si tu ne comprends pas, car, pour un type comme moi, ce cas complexe est d’une simplicité extrême ». Il est sérieux, quand il dit cela. Il a d’ailleurs l’impression d’être gentil.

Il m’énerve.

Les gens qui passent dans sa vie ne s’arrêtent pas. Plusieurs mariages, des femmes, des enfants, des amis, personne n’a demeuré pour témoigner. Il se brouille, il se dispute. Les courageux qui ont l’endurance de le supporter finissent, un par un, par ne plus lui adresser la parole. Bien entendu, il est la victime du complot. Je pourrais lui dire qu’il est difficile à vivre, difficile à apprécier, qu’il ne facilite pas les choses, mais ça ne servirait à rien. La critique lui est insupportable. La seule critique qu’il accepte, c’est celle, fausse et en fin de compte valorisante, qu’il s’adresse à lui-même. Il s’invente des défauts qui sont, pour son rare public, des qualités. La générosité, l’oubli de soi au profit des autres, la gentillesse excessive…

Il a un avis sur tout. Il prêche, il assène, il juge.

Il m’a appelé, plus d’une fois, en étant au bout du rouleau. Rongé par son ambition, rongé par la colère de ne pas avoir été reconnu, rongé par son moi, son surmoi, son ça. Puis, il remonte la pente en s’investissant dans un nouveau projet qui le concerne lui, pas un autre. Il multiplie les tentatives pour être édité. Tout et n’importe quoi. Il me fatigue.

Parfois, il a des éclairs de gentillesse, de sympathie, d’amitié. Je ne le reconnais pas. Ces jours-là, je me dis que je suis dur, qu’il ne mérite pas mon impatience. Et puis, il se dépêche de me faire changer d’avis. J’évite ses coups de téléphone, mais alors, il insiste, il se débrouille pour m’attraper, il m’envoie des photos dédicacées, il persiste…

Il est pourtant intellectuellement brillant, très brillant. Pourquoi tout gâcher ? Pourquoi se montrer si pénible ? Pour cette guerre permanente, idiote, grotesque, contre les autres ?

 

Il m’effraie. Car je reconnais, chez lui, certains de mes travers. L’égocentrisme, la vanité, la recherche de la reconnaissance, l’arrogance… Je me dis, pour me rassurer, que je ne suis pas de sa classe sociale, que mon appartenance de classe me préservera de finir à sa façon.

Serai-un jour, vieux, seul, abandonné, malade, à râler, à vitupérer, à pérorer, à saouler un pauvre ouvrier de trente ans, qui sera un des derniers à avoir la patience, ou la bêtise, de bien vouloir me supporter ?

 

Je devrais peut-être le considérer comme un avertissement, ce monsieur.

 

 

 

 

 

 

 

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