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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 14:20

 

 

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les Editions Rue du Fromage :

what da fuck ??

 

 

 

 

 

 

 

 

En 2011, j’avais reçu une proposition de service de presse d’un éditeur indépendant dont je ne citerai pas le nom aujourd'hui (je lui ai déjà tapé dessus une première fois, ça va). Nous l'appellerons Editions Rue du Fromage.

 

 

 

 

Un service de presse – SP pour les intimes – est un exemplaire d’un bouquin que l’on envoie gratuitement, avant sa parution, à des journalistes afin d’obtenir des petites critiques au poil.

 

 

 

Pour un éditeur, obtenir de la presse reste toujours un exercice difficile. Mais quand l’éditeur bâcle le boulot comme un tâcheron, c’est sûr que ça ne facilite pas les choses.

 

 

 

Par exemple, la mode veut que les services de presse soient aujourd’hui massivement envoyés à des blogueurs. Des blogueurs comme vous et moi, quoi.

 

Or, une critique sur un blog d’amateur ne remplacera jamais, en termes d’impact et de notoriété, une critique dans un grand média.

 

Je suis donc assez contre cette pratique de l’envoi des SP aux blogueurs. Evidemment, il est plus facile de récupérer une critique chez un blogueur que chez un journaliste. D’où l’intérêt soudain que les éditeurs trouvent aux blogs.

 

Si l’éditeur visait et les grands médias et les blogs, pourquoi pas ? Cela diversifierait les critiques et la notoriété du livre.

 

Cependant, dans la pratique, les éditeurs privilégient de plus en plus les blogueurs, car cela demande moins de temps, moins d’investissement, que pour convaincre un vrai journaliste. En gros : tu n’as pas besoin de payer un attaché de presse. Eh oui !

 

Pour l’auteur, n’obtenir que des critiques blogs n’a pas grand intérêt. L’impact en ventes est faible – sinon inexistant.

Il faut être conscient que, pour nous les écrivains, la presse est très importante : avec nos publications, elle constitue notre CV. Lorsqu’un auteur souhaite – ou doit – changer d’éditeur, il proposera son manuscrit avec un « dossier de presse » qui compilera les meilleurs papiers et interviews de sa carrière. Si un papier dans un grand journal impressionnera, un critique sur le blog « foudelivre.overblog.com » laissera au mieux indifférent, comme on s’en doute.

 

 

Voilà pour vous situer la chose.

 

Mais le pire, c’est quand les éditeurs arrosent les blogueurs de SP…. Sans même avoir pris le temps de sélectionner ces blogs avec discernement !

 

Regardez mon blog, par exemple : est-ce un blog de critique littéraire ? NON !

Alors pourquoi m’envoyer des foutus SP, je vous le demande ? Sinon par totale impéritie?

 

La première fois que les Editions Rue du Fromage m’avaient contacté pour me refourguer un SP, je leur avais ainsi répondu qu’ils feraient mieux de sélectionner les blogs, et que franchement, c’était n’importe quoi.

Mais ils m’avaient répondu : non non non, je me trompais, ils avaient lu mon blog qu’ils kiffaient trop sa race, ils ne m’avaient pas du tout contacté au hasard via un mailing de masse.

 

Bon, ok, pourquoi pas ? Je m’étais platement excusé.

 

 

Mais qu’ai-je reçu ces derniers jours dans ma boîte courriel ? La preuve que cet éditeur sélectionne mal les blogs où il envoie des SP.

 

 

 

De : éditeuruedufromage@éditeur.com  

 

A : stoni@stoni.com

 

Objet : Service de presse

 

Bonjour,

 

Nous sommes les éditions rue du fromage et nous sortons prochainement, le 14 février 2013, un nouveau livre :

 

Présentation du livre blablabla

 

 

Nous souhaiterions vivement vous envoyer un exemplaire en avant première afin que vous puissiez découvrir ce livre et, s'il vous a plu, en parler.

 

Seriez-vous intéressés pour le recevoir ?

 

Si oui, pourriez-vous nous communiquer une adresse (complète) où vous le faire parvenir ?

 

En vous remerciant par avance.

 

Bien cordialement,

 

Éditions rue du fromage

 

 

 

 

 

 

Ce à quoi j’ai répondu :

 

 

 

 

 

De : stoni@stoni.com

 

A : éditeuruedufromage@éditeur.com

 

Objet : Re : Service de presse

 

 

Putain mais vous êtes masos ma parole !

 

http://stoni1983.over-blog.com/article-proposition-de-service-de-presse-2-le-retour-de-la-vengeance-83264963.html

 

Au revoir.

 

 

 

 

Faut pas se foutre de la gueule du monde !

 

Lors de la publication de mon premier article sur les Editions Rue du Fromage – et donc sur les SP – beaucoup de lecteurs avaient été choqués par mon « mépris » envers les blogs.

 

Il ne s’agit pas de mépris, mais d’un simple constat objectif.

 

Je n’ai rien contre les blogueurs, j’en suis moi-même un. Les blogs de critiques livres, c’est très bien.

 

Mais le boulot d’un éditeur n’est pas de distribuer gratos le bouquin d’un auteur : c’est de le vendre !

 

Et je vous assure qu’en le refourguant aux blogs, l’éditeur n’agit pas en ce sens. Il fournit de la lecture à des particuliers aux frais de la princesse. Bon, tant mieux pour les blogueurs.

 

Mais tant pis pour l’auteur qui aimerait bien que son patron fasse son boulot correctement.

 

 

 

 

 

 

 

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 13:34

 

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Un jour, j'ai reçu un message qui disait :

 

 

Salut Stoni,
Je t'envoie le lien d'un récit (authentique) sur ce qu'une femme peut subir en publiant son premier roman. Je te laisse y jeter un oeil. Un patron de petite libraire qui se la joue éditeur pour draguer ses employées ... histoire vraie. Il s'intitule "j'avoue". Je l'ai écrit avec une amie.

 

 

J'ai commencé à lire ce texte sans vraiment y penser, comme ça... Je reçois pas mal de liens, je ne peux pas tous les explorer à fond.

 

 

Mais ce blog-là, qui raconte une histoire, je l'ai lu en entier.

 

 

C'est en effet l'expérience d'une femme à qui l'on propose d'éditer son premier roman. Mais c'est aussi une histoire de travail, une histoire de souffrance au travail. L'histoire, en vérité, de deux jeunes femmes qui veulent écrire, travailler autour des livres, gagner modestement mais dignement leur vie.

Au terme de ma lecture, j'ai aussitôt pensé à mon récit du lavage de cerveau dispensé chez les 3 Suisses. Bien sûr, mon aventure chez le géant de la VPC fut bien moins pire - et surtout bien moins longue. Mais il y a de ça....

 

 

« Je pourrais parler de harcèlement. Mais ce n’est pas la vérité.

 

Une personne m’a ouvert le crâne,

en a sorti mon cerveau

et s’est masturbé avec. »


 

Le témoignage de ces deux jeunes femmes parle aussi d'écriture, de littérature, bien sûr d'édition, d'un Pourrito pas piqué des hannetons, de plein de choses...

 

Donc, franchement, prenez-vous quelques heures pour le lire.

 

 

 

 

 

 

Le lien c'est ici : "j'avoue"

 

 

 

 



Et sinon retrouve Stoni sur Facebook

 


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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 11:20

 

 

 

 

 

Nombre de très jeunes gens me lisent. Je le sais, car ils m'envoient des messages et certains imitent mon " Stoni 1983 " en signant " Julien 1992 ", " Claire 1990 "...

 

L'autre jour, j'ai eu un " Jojo 1998 ".

 

1998, putain.

 

Ça m'a fait un choc. Je te jure.

Le mec, il est né l'année de la coupe du monde. Nom d'un topinambour, le coup de vieux que j'ai pris ! Et maintenant, il est là, il me lit et il veut écrire des romans, ce gamin.

Merde !

 

De même, quand je vois l'âge de certains de mes lecteurs (pas tous, heureusement j'ai des vieux aussi), je balise. Les responsabilités que ça me fait prendre ! J'ai peur d'exercer une mauvaise influence sur leur jeune esprit impressionnable.

 

Enfin. Fi de digressions.

 

Donc, ces jeunes gens de quinze, seize, dix-huit, vingt, vingt-deux ans, m'écrivent de semblables messages :

 

 

 

Salut Stoni toi qui assures trop ta race,

J'ai envie d'être écrivain comme toi ! J'ai écrit un roman mais j'ai 15 ans, tu crois que je peux essayer de me faire publier ? J'aurais trop le seum d'être trop jeune pour ça !

 

 

 

Après avoir vérifié sur internet ce que signifie "avoir le seum", vu que je suis un vieux con de trente ans qui est complètement hors du coup, je prends le temps de répondre à cette affable jeune personne.

 

Voici donc mon avis sur la question.

 

 

Techniquement, il est possible de se faire éditer à n'importe quel âge.

 


 

Attention : quand je parle d'édition sur ce blog, je parle d'édition à compte d'éditeur chez une maison bien distribuée, présente en librairie. Les autres formes d'édition (édition numérique, éditeur-pourri-qu'on-trouve-pas-ton-livre-en-librairie), je connais pas, c'est pas mon rayon.

 

 

 

 

 

Techniquement, oui, tu peux être édité à seize ans. D'ailleurs, ça fera un bon argument marketing pour ton éditeur (" le benjamin de la rentrée littéraire ", ce genre de conneries).

 

Si tu souhaites être édité, tu peux donc tout à fait envoyer tes manuscrits ici et là.

 

Le seul problème qui risque de se poser c'est qu'à seize ans, on a rarement assez de pognon pour financer les photocopies et les envois postaux, mais c'est là une autre question.

 

 

 

 

Après, je ne pense pas, tout à fait personnellement, que ce soit une excellente idée.

Je vais t'expliquer pourquoi.

 

 

 

Je me base sur ma propre expérience. Un autre auteur pourrait te tenir un discours fort différent.

 

Mais, entre quinze et vingt-et-un ans, voire vingt-deux ans, j'aurais tendance à conseiller aux auteurs de ne pas passer trop de temps à essayer d'être édité.

 

Pourquoi ?

Parce que vous ne connaîtrez peut-être plus une période de telle énergie créatrice. Vouloir être édité, être édité, c'est perdre beaucoup d'énergie, beaucoup de temps, pour des choses qui ne sont pas de la création proprement dite.

 

De quinze à vingt-deux ans, j'avais une frénésie imaginaire incroyable. Je ne l'ai plus aujourd'hui. J'étais tout le temps en train de faire des choses, et je faisais des millions de choses. J'écrivais. Je dessinais. Je faisais de la musique. J'écoutais beaucoup de musique. Je n'arrêtais pas. J'avais tellement d'idées. Toujours des idées.

Tout était simple, tout semblait accessible. J'osais. J'avais des audaces typiquement adolescentes, je me sentais d'une liberté totale, j'étais fertile. Vraiment fertile. Je me jetais dans des projets fous, dans des projets difficiles, rien ne me retenait.

 

 

 

 

Dans le documentaire " profession mangaka ", la dessinatrice Kiriko Nananan exprime très bien ce privilège de la jeunesse.

 

 

 

 

  Le passage en question est à 8:55

 

 

 

 

 

De ce que j'ai réalisé à cette époque, rien n'a été publié.

Mais j'ai commencé à bâtir, à cerner, avec un courage et une force inégalables, les thématiques que j'ai développées plus tard dans mes romans édités.

 

Si je n'avais pas eu ces années où j'ai créé pour moi, pour mes amis, mes thématiques n'auraient pas été portées à une maturation suffisante, et, probablement, je n'aurais pas écrit les livres que j'ai pondus par la suite.

Je pense qu'il est important de laisser mûrir votre travail, votre univers d'artiste. Un peu plus tard, vous serez capable de synthétiser toutes ces inspirations diverses et variées pour en faire quelque chose de vendable.

Car, quand on veut se faire éditer, il ne faut pas se voiler la face : on doit vendre notre oeuvre. Comme un peintre vend ses tableaux.

Et pour vendre, il faut que ce soit travaillé un minimum.

 

J'ai écrit plus haut que mes productions de jeunesse n'avaient pas été publiées. En l'état, elles n'étaient pas publiables. Je n'étais pas capable, à l'époque, de me consacrer à l'immense travail de réécritures, de relectures, de corrections, qu'un roman nécessite avant d'être présenté à des éditeurs. Je ne voulais pas perdre de temps sur cet ouvrage lassant, rébarbatif, monotone. J'avais bien trop d'idées pour m'attarder là-dessus.

C'est à vingt-trois ans que j'ai commencé à réfléchir sur un roman "pour me faire éditer", que j'ai eu la mentalité propre à un immense travail de forme et de fond. J'ai signé mon premier contrat d'édition quelques années plus tard.

 

Etre édité, essayer d'être édité, est un processus de longue haleine, qui pompe énormément d'énergie, de temps, un peu d'argent aussi (pour les photocops et les envois par la poste). Je suis heureux de ne pas l'avoir fait trop jeune. D'ailleurs, je pense parfois que, même en ayant été édité entre 25 et 30 ans, j'étais encore trop jeune pour ça. Mal préparé, mal dégrossi, naïf, trop gentil, trop confiant.

 

Alors imagine un peu à 15 ans...

 

 

 

 

 



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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:36

 

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Ô cher camarade lecteur de cet humble blog ! Rappelle-toi ce beau jour où je postai l'article culte "comment repérer un éditeur pourri".

 

Dans ce billet ma foi fort croustillant, je vous expliquai la différence entre un vrai éditeur (qui certes peut être un gros connard, mais qui vendra un minimum de livres) et un éditeur pourri (qui ne vendra pas de livres du tout).

Mieux vaut lire cette archive brûlante pour saisir toute la subtilité de ce qui va suivre.

 

 

Eh bien, crois-le ou non mon cher lecteur, de "petits éditeurs" se sont sentis visés par ce billet ! Dont un en particulier, lequel m'a envoyé un message pas piqué des hannetons, genre courageux, le mec.

 

Je ne sais pas si ce type est maso, ou autre.

Mais tu vas voir, c'est goûteux.

 

J'ai décidé de taire le nom de sa maison d'édition que j'appellerais "les Editions Patate".

 

 

 

 

Bonjour Stoni

J’ai été très intéressé par votre article « le profil de l’éditeur pourri », parce qu’il m’a titillé et que j’y ai reconnu quelques-unes des caractéristiques de ma petite « maison d’édition ».
Suis-je pour autant un « éditeur pourri » ?


Parmi vos onze critères, il y en a plusieurs en effet qui me concernent :

 

1/ c’est vrai, je ne contacte pas mes auteurs par téléphone ; je préfère leur écrire des mails, assez longs et détaillés, parce que « les paroles s’envolent » et qu’il me reste des traces de ces écrits.

 

2/ en revanche, dès le début, lorsqu’un manuscrit a été retenu par nos lecteurs (car nous avons vraiment un « comité » de lecture, qui remplit des fiches de lecture) je préviens du tirage, de la date indicative de parution (à un mois près), des droits d’auteur, etc. J’informe en tout premier lieu l’auteur que nous sommes un petit éditeur, qui pratique de petits tirages et qui est assez peu diffusé (sur ce point, vous avez raison, bien sûr : la diffusion des ouvrages est LA question centrale de l’édition).

 

3/ c’est vrai, je ne verse pas d’à-valoir. Je verse des droits d’auteur (10 à 12%), avec un état des ventes établi tous les six mois, mais pas d’à-valoir. Je pense qu’aujourd'hui, peu de petits éditeurs le font.


4/ en revanche, je suis répertorié sur societe.com et info-greffe (
Note Du Stoni: il me donne le lien vers la fiche infogreffe de sa maison d'édition, laquelle n'est pas un SARL mais une "affaire personnelle commerçant", personnellement je ne connais pas cette forme juridique mais bon).

 

5/ mon activité est bien celle d’un « éditeur de livres ».

 

6/ c’est vrai, je n’ai pas de distributeur-diffuseur.

 

7/ c’est vrai, à la FNAC (sauf sur le site FNAC.com) ou à la grosse librairie du quartier (sauf dans certains centres Leclerc et dans certaines grandes librairies, dans le Nord de la France, à Bruxelles ou Genève), en général on ne trouve pas de livres des Editions Patate.

 

8/ c’est vrai, votre libraire de quartier ne nous connaît pas.

 

9/ c’est vrai, je ne rencontre personne dans mes « locaux », car je n’ai pas de « locaux » destinés à cela.

 

10/ en revanche, je donne mon numéro fixe, et plusieurs auteurs m’ont appelé pour régler des détails de publication ou prendre des renseignements, mais je reconnais que c’est exceptionnel.

 

11/ c’est vrai, notre premier tirage est de l’ordre de 300 à 500 ex, mais jamais plus. Nous réalisons ensuite des tirages complémentaires, selon le volume des ventes.

 

Est-ce que tous ces défauts font de moi un « pourri » ? Je ne pense pas, mais cela, bien sûr, dépend des critères.

 

Je m’efforce, avec ma petite équipe (un animateur du « comité » de lecture, une quinzaine de « Lecteurs », un conseiller-correcteur, un graphiste, un webmaster) de donner TOUJOURS une réponse argumentée à chaque auteur concernant son manuscrit. Nous nous efforçons de respecter les auteurs, et toutes les personnes qui ont été en contact avec nous peuvent en témoigner.

 

Depuis le début de notre activité, nous avons reçu plus de 1500 manuscrits, et nous en avons publié une vingtaine seulement. Nous mettons un point d’honneur à lire les manuscrits, et pas seulement deux lignes au milieu, et à répondre aux auteurs. Nous avons d’ailleurs une bonne réputation (voir les différents forums Internet qui parlent de nous), et de nombreux auteurs aimeraient être publiés chez nous.

 

Concernant le manuscrit lui-même, j’ai beaucoup apprécié les conseils que vous donnez sur la langue, la grammaire, etc. et je partage vos vues. Toutefois, il nous est arrivé, à deux ou trois reprises, de faire une chose qui vous étonnerait : nous avons retenu des manuscrits mal écrits, mais qui avaient à nos yeux de la valeur, qui racontaient une histoire intéressante ou émouvante, ou les deux. Nous avons alors fait travailler notre correcteur, qui est un excellent professionnel, et qui a su produire un beau texte à partir d’un manuscrit parfois très bancal. Bien sûr, cela se fait en accord complet avec l’auteur, progressivement et par « lots » de pages, car c’est un énorme travail, et cela reste malgré tout plutôt rare.

 

Nous avons des auteurs heureux, dont la très grande majorité ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires – comme vous devez le savoir, car vous connaissez bien le monde de l’édition, certains auteurs publiés par Gallimard se vendent très mal et n’ont pas la chance de vendre mille ou cinq cents ou même cent exemplaires de leur prose…
Est-ce que tout cela fait de nous un « pourri » ?

 

Je suppose que vous êtes très occupé, mais j’aimerais avoir votre avis sur notre « cas », peut-être un peu particulier. Merci par avance pour votre réponse, si vous avez un peu de temps.

 

Bien cordialement,

Monsieur Patato, Editions Patate

 

 

 

 

 

Bon, alors moi, quand j'ai reçu ce message de Monsieur Patato, j'étais bien emmerdé. Je me suis dit "oh le pauvre, il y croit à son truc, ça fait meskin".

Je ne savais pas trop comment lui répondre, et j'ai envoyé ça.

 

 

 



Mon bien cher Monsieur,

 

Votre message est, ma foi, un peu ardu à répondre. Vous avez votre opinion sur la situation de votre maison d'édition : elle n'est pas pourrie. D'autre part, vous avez compris la mienne : l'exact opposé. En effet, je ne conseille pas aux auteurs de signer chez quelqu'un comme vous. Vous me demandez, en fin de votre message, mon avis sur votre cas. Que voulez-vous que je vous dise de plus ?

 

Vous ne donnez pas d'à-valoir, vous n'avez aucune structure de distribution-diffusion valable, vous n'avez pas de locaux. Vous n'existez pas dans le monde de l'édition française.

 

 

En tant qu'auteur, je n'accepterais jamais un contrat chez vous – d'ailleurs, je ne vous aurais pas sollicité, y compris (et surtout !) pour un premier roman. Je ne conseillerais à personne de signer pareille chose.

 

J'ai déjà exposé tous les arguments qui m'engagent à me prononcer de la sorte dans mon article sur le profil de l'éditeur pourri. Pourquoi les ressasser ici ? A quoi bon ?

 

Je ne suis pas davantage versé dans le sadisme. Vous m'embarrassez.

 

Comme beaucoup d'autres, vous souhaitez être éditeur sans investir de l'argent. C'est quand même dingue, ça !

Quand on devient entrepreneur, on investit, on emprunte... et on rémunère ses salariés !

Vous rendez-vous compte que 1500 € d'à-valoir, ce n'est même pas ce que vous coûterait un salarié à temps plein pour trente jours de travail au SMIC ? Le réalisez-vous ?

 

C'est fou, tout de même, ces patrons qui veulent que l'on travaille gratuitement pour eux !

Car un écrivain est un travailleur, un livre est un produit fini, et un éditeur est un patron !

 

Vous êtes un peu tels ces jeunes auteurs qui décident "d'être édités" sans même maîtriser au préalable la base du média qu'ils ont choisi pour s'exprimer : la langue française.

Vous, vous voulez être éditeur, être patron, sans dépenser un sou pour la distribution, sans payer convenablement les gens.

Je vous invite à relire la parabole du boulanger dans ce fameux article que, pourtant, vous semblez avoir disséqué à la loupe...

 

Je l'ai écrit et réécrit sur ce blog. Si l'auteur a comme seule ambition de se faire éditer pour un tout petit circuit, de vendre son livre à sa famille et à ses amis, alors un éditeur comme vous, pourquoi pas ? Bien que, à ces gens-là, je préfère encore conseiller l'auto-édition...

 

En revanche, un auteur qui souhaite entamer un début de semblant de carrière dans l'édition française, qui veut un peu être "écrivain", qui souhaite exister un minimum dans le monde de lettres, n'a rien à faire avec des gens comme vous !

 

 

Et nombre de ces jeunes auteurs-là, inexpérimentés, mal informés sur l'édition, qui ne comprennent rien à l'industrie du livre, finiront par céder les droits de leur oeuvre à une maison d'édition comme la vôtre.

Le rôle de mon article est de les prévenir de l'immonde déception qui les étreindra en découvrant qu'ils n'auront vendu que 50 exemplaires à leurs proches, à leurs amis...

 

 

Je suis navré si ce que vous avez lu sur mon blog vous a, possiblement, blessé. Nombre d'auteurs me contactent pour me raconter l'horrible déception qu'ils ont vécue en collaborant avec un éditeur fantôme. Ils me demandent souvent comment ne pas réitérer ce genre d'erreur à l'avenir. J'ai écrit ce dossier "spécial éditeur pourri" pour répondre à tous ces gens. Voilà tout.

 

Croyez-moi bien

Votre fraternel

Stoni

 

 

 

 

Et là, le type en remet une couche. Obstiné, genre.

 

 

 

 

Cher Monsieur

Je vous remercie pour votre réponse, et surtout pour avoir pris le temps de me répondre.

Sur le fond, sur ce que doit être un « vrai » éditeur, avec à-valoir, large distribution, locaux, etc. je suis d’accord avec vous et je ne discuterai pas sur ces points.

C’est juste le qualificatif de « pourri » que je trouve excessif. J’ai peu de moyens, je sais que je n’existe pas dans le paysage éditorial français, etc, mais j’essaie de faire honnêtement mon travail. J’annonce clairement la couleur sur mon site (Note Du Stoni : je suis allé voir son site, je n'y ai vu aucun message de "prévention"), je préviens immédiatement chaque auteur que je suis un « petit » éditeur, avec de petits tirages et une faible diffusion, je les informe immédiatement de là où ils mettent les pieds…

Je fais ce « travail », qui n’en est pas un pour moi, par passion pour la littérature, pour la qualité des textes, pour les relations avec les auteurs, et non pour gagner de l’argent car, comme vous vous en doutez certainement, même avec de petits tirages et une faible diffusion, globalement, de l’argent je n’en gagne pas mais j’en perds…

Mais je n’ai pas à me justifier de la manière dont je travaille, c’est sans grande importance. Le vrai problème, dans le fond, est celui du fonctionnement actuel de l’édition et de la manière dont les manuscrits (dont certains sont, parfois, vraiment « bons ») deviennent des livres en librairie.

C’est ce que vous racontez dans votre article sur le destin d’un manuscrit. Ce fonctionnement n’est pas normal ; un « bon » manuscrit, écrit par un inconnu, arrivé par la poste ou déposé dans les locaux de l’éditeur, a très peu de chances d’être lu – et donc d’être publié. C’est seulement un « coup de chance » s’il parvient au comité de lecture, et s’il est vraiment lu, ne serait-ce que partiellement.

C’est contre ça que j’essaie de me battre, à mon petit niveau. Depuis que nous existons, nous avons reçu plus de 1500 manuscrits, et nous en avons publié seulement une vingtaine. Pour les manuscrits que nous n’avons pas publiés, nous avons répondu de manière argumentée à quasiment tous les auteurs (ce qui prend du temps, croyez-moi !), soit en les conseillant sur leur écriture, soit en les guidant vers d’autres éditeurs. A plusieurs reprises (encore tout récemment), nous avons reçu de très bons manuscrits, que nous avons décidé de ne pas publier car nous pensions que nous ne les « méritions » pas. Nous avons orienté ces auteurs vers de plus grands éditeurs, plus largement diffusés. C’est peut-être dans ce travail de conseil, davantage que dans l’édition elle-même, que je trouve la plus « noble » justification de ce que je fais.

Voilà ce que je voulais dire, en peu de mots. Je trouve que vos articles sont salutaires, en poursuivant, avec une autre orientation sans doute, le travail commencé il y a quelques années par le CALCRE. Plusieurs de mes auteurs vous connaissent et vous apprécient, même si vos jugements sont parfois « à l’emporte-pièce »…

Bien fraternellement,

Monsieur Patato.

 

 

 

Ce à quoi j'ai répondu :

 

 

 

Monsieur,

Je ne suis pas d’accord avec la conclusion que vous tirez de mon article « l’aventure de ton manuscrit dans une maison d’édition… », qui décrit la façon dont sont traités les textes reçus chez un éditeur.

Je n’ai pas écrit, dans cet article ou ailleurs, qu’un manuscrit « avait très peu de chances d’être lu » (je me permets de reprendre vos termes). J’ai écrit qu’un manuscrit a très peu de chances de correspondre exactement, à cent pour cent, aux critères éditoriaux de
telle collection, de telle maison.
J’ai expliqué comment les choses se passent. Froidement. Simplement.

J’ai moi-même été édité en envoyant mon manuscrit par la poste. Je ne connaissais personne dans le milieu. Je suis ouvrier. Je n'ai pas fait d'études. Je ne suis "personne".
Je connais d’autres auteurs – dont certains lisent mon blog – qui ont également obtenu leur premier contrat d’édition sans « connaître ni être personne ».

J’ai écrit, et réécrit, sur mon blog que « seul le manuscrit compte ».
Rien d’autre ne compte.

Le problème ne réside nullement dans la façon dont les éditeurs lisent les manuscrits. Si j’étais eux, je procéderais de la même manière. Le problème c’est qu’il y a trop de manuscrits.
Un grand éditeur reçoit des milliers de textes par an. Comment voulez-vous qu’il les lise de la première à la dernière page  ? Cela lui est tout simplement impossible.
Pourtant, dans cette moisson de romans, il en publiera peut-être un ou deux.

Votre volonté de lire tous les manuscrits et de conseiller les auteurs est certes louable.
Mais est-ce le rôle d’un éditeur ? Ce n’est pas mon avis.
Un éditeur est un entrepreneur, ou un « manager », qui a pour mission de publier des livres. Il cherche une certaine matière première. Il n’est pas là pour conseiller les auteurs qui sont incapables de lui livrer cette dite matière première.

Pour ma part, je me suis toujours fichu des refus argumentés. A quoi bon ? Ce que je cherche, c’est un contrat. Si mon écriture ne correspond pas à un éditeur, il n’a qu’à me dire non. J’irai alors chercher ailleurs. Je n’ai pas de temps à perdre.

Croyez-moi, les éditeurs (indépendants, grands, petits…) qui ont néanmoins trouvé de grandes qualités à un manuscrit le feront probablement savoir à l’auteur. Cela se passe, parfois.

Votre « mission » altruiste est plus celle d’un conseiller en écriture que celle d’un éditeur. Si vous souhaitez aider les auteurs à améliorer leur style, il serait plus judicieux d’ouvrir un blog dévoué à cet effet, ou de fonder une association qui proposerait des services (j’espère gratuits…) de lecture et de conseil.

Une maison d’édition a pour but de vendre des livres. Il s’agit d’un service marchand. Pas d’une œuvre caritative.

Mes jugements vous semblent peut-être à l’emporte-pièce.
Tout ce que je puis vous répondre, c’est que, sur l’édition, je sais de quoi je parle.
C’est là tout mon drame, d’ailleurs. Mais on se choisit la carrière que l’on mérite, je suppose.

Bien à vous,
Stoni 1983

 

 

 

 

 

 

 

Le mec ne m'a plus répondu. Et pourtant, le pire, c'est que c'est à suivre...

 

 

 



 

Toi aussi, dis à Stoni
que "ses jugements sont à l'emporte-pièce"
sur Facebook

 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 13:36

 

 

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Voilà.

 

Décourager d'écrire. Découragé de me battre. Dé-courage.

 

Depuis quelques semaines, le temps que je consacre, d'habitude, à l'écriture ou à mes romans s'effondre dans le néant, la fainéantise, la passivité.

 

La vérité ? Je n'arrive pas à faire accepter, ici ou ailleurs, ce roman qui doit probablement être mauvais. Je pensais que ça tenait la route.

 

Je n'ai pas la patience de persévérer, de lutter pour ce texte.

 

J'en ai plein le cul. J'ai eu ce que je voulais. J'ai été édité. Plusieurs fois. J'ai eu le roman dans les librairies. J'ai eu les lecteurs. Il y a quelques années, avant tout ça... je me souviens avoir dit : " tout ce que je veux, c'est un petit lectorat, je n'aurai pas d'autres ambitions".

Et mon cul, pauvre connard.

 

Bien sûr que non, ce n'est pas tout ce que tu veux. Tu veux davantage. Tu n'accepteras pas longtemps cette petite modestie feinte.

Putain. Quel con.

 

Je ne veux plus. Me battre.

Je suis fatigué. Physiquement fatigué.

J'étais en vacances avec Aniki. Je n'étais plus seul. Je ne pensais plus aux romans, à l'édition, à ma soi-disant "petite mauvaise réputation" dans le milieu, toutes ces conneries, toute cette saleté...

 

 

Nous avons repris le taf. Moi le matin. Puis, de retour chez moi en début d'après-midi... Je me suis retrouvé, seul, avec la moitié de ma journée vide.

Je me suis retrouvé face à l'échec de ce projet.

Je sais qu'il est trop tôt pour parler d'échec. Mais je le pense. Très fortement.

 

Alors. La lassitude. Les paupières lourdes. Envie de dormir.

 

Je cherche du travail. Je veux travailler pendant ces heures de l'après-midi où je suis censé écrire. Je cherche dans la restauration, dans l'industrie.

 

Je veux travailler, je ne veux plus écrire.

 

Le pire, c'est qu'au fond je sais très bien que cela me passera.

 

Caprice. D'écrivain. De merde.

 

Des fois, j'ai presque envie de reprendre la bande dessinée (alors que je n'ai pas le niveau en dessin). Pour faire autre chose. Je ne sais pas ce que je cherche. L'écriture, la narration, la reconnaissance, le public, la séduction...

 

Je veux accepter le découragement. Rendre les armes. Dire : OUI JE SUIS DÉCOURAGÉ.

 

Pourquoi ne pas faire comme tout le monde ? Avoir un job à temps complet. Lire. Regarder la télé. Militer, peut-être. Dormir. Se lever. Sans écrire. Sans créer.

Pourquoi cela n'est pas pour moi ?

Parce que je pense que je vaux mieux ? Parce que je me sens supérieur ?

 

Je considère, parfois, mes amis. Mes parents. Que font-ils ? Ils travaillent, ils font des enfants, ils se lèvent le matin, ils se couchent le soir. Ils fêtent les anniversaires des mômes. Ils vivent.

 

Je ne peux pas. Je ne peux pas. Pourquoi ?

 

Je dois me distinguer. Faire quelque chose. Quelles pathétiques ambitions.

 

 

 

 

 

Ici se termine le texte que j'ai écrit la semaine dernière dans un grand jour d'optimisme.

 

 

 

 

 

Quand on écrit, que l'on soit édité ou pas, des moments durs viendront. Hélas, j'ai cru comprendre que c'était là le lot de tous les artistes, de tous les gens qui créent de près ou de loin...

 

Comme vous l'aurez compris au travers des lignes ci-dessus, je ne suis pas dans une phase d'euphorie, ni de grande satisfaction artistique.

 

Bon alors, c'est bien beau le lyrisme à la petite semaine du mec découragé, mais en attendant, j'essaie de survivre.

 

Chacun vit différement ses moments d'abattement.

 

 

 

http://d24w6bsrhbeh9d.cloudfront.net/photo/6254318_700b_v1.jpg

 

 

Dans mon cas, je me suis complètement coupé de l'écriture. Mais alors complètement. Je commençais à saturer. Je n'ai plus ouvert le fichier de mon roman. Je me suis consacré à d'autres choses. N'importe quoi. La cuisine. Je suis devenu un spécialiste du pain maison. J'adore pétrir. Je lis, aussi (de tout sauf des romans, je ne peux plus lire de romans tellement je suis gavé, vous vous rendez compte...).

 

Je fais du sport. Entre autres, je me suis mis au yoga.

 

Ça remonte à plus d'un an, le yoga. J'étais alors dans une autre phase bien rude. Je connaissais les bases, grâce à mes parents post-hippies. Cette pratique m'a beaucoup apporté. Mais vraiment beaucoup. Il y a plusieurs façons de l'exercer. En sport, de temps en temps (une séance de yoga est extrêmement physique), ou bien dans une perspective plus spirituelle. Bon sang ne ment pas, ou plutôt, sang hippie ne ment pas – merci les darrons ! - je cherche quelque chose de plus dans cela, tout en envisageant la chose d'un point de vue hyperréaliste radical.

Que l'on soit matérialiste (au sens philosophique du terme) ou pas, il y a toujours quelque chose à prendre dans les philosophies orientales. Le laisser-aller, le lâcher-prise, la conscience de son corps, de soi, la conscience de la fugacité de soi...

 

Et quand on écrit, ça ne mange pas de pain. Je ne veux point généraliser à partir de mon cas, mais les écrivains ont comme un-peu-beaucoup tendance à croire que leur putain d'oeuvre romanesque est la chose la plus importante du monde. Le yoga, il te dit le contraire. Il te dit qu'on s'en fout un peu de ta merde, en gros. Ça te fait relativiser.

 

Je conseille donc le yoga à tous les auteurs. Ça vous fera pas de mal. Avant, je pratiquais un sport de combat et je me suis rendu compte que ça m'énervait plus qu'autre chose. D'où le yoga.

 

 

Sinon, eh bien, il faut laisser passer ce genre de période. Du moins, c'est ce que j'essaie de faire.

 

 

 

Viens consoler Stoni

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 21:00

 

 

http://julianfrost.co.nz/things/wp-content/uploads/2011/11/poo.gif

 

 

 

 

 

 

L'autre jour,  j'ai reçu ça.

J'ai bien rigolé.

 

 

 

 

 

Mon cher Stoni,

 

 

Pour te faire sourire... Lorsque mon minuscule ouvrage s'est retrouvé exposé "en découverte" à la Fnac, la vendeuse (désabusée) m'a déclaré tout à trac : du moment que je vous expose, même la merde se vend.

 

Ambiance, ambiance...

 

Crois-moi ton

Fidèle lecteur et secrètement amoureux de toi.

 

 

 

 

 

 

Eh oui, à la Fnac quand on est auteur, on a toujours de bonnes suprises.

 

 

 

 

 

 

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 15:54

 

 

 

 

 

 

http://www.tracteur-et-tondeuse.com/wp-content/uploads/2010/06/Tracteur-Renault-3042.jpg

 

Si si, y'a un rapport avec ce joli tracteur rouge,

tu verras.

 

 

 

 

 

 

Toi, jeune auteur en quête d'éditeur, tu as donc entamé le long processus de la quête d'un premier contrat d'édition.

 

Tu procèdes à tes envois après avoir bien retravaillé ton manuscrit, et selon les conseils de mises en forme de ton cher ami Stoni.

 

D'ailleurs, tu as bien lu le blog dudit Stoni et as désormais pigé que le talent, ça n'existe pas (mais l'économie de marché, si : un livre est édité parce qu'il sera susceptible de rencontrer un lectorat). Tu as aussi pigé que pour l'éditeur, l'auteur est un caca boudin qui pue.

 

Oui, je sais, ces phrases d'introduction font quelque peu distribution de liens gratuite. Mais au vu des messages que je reçois, nombre d'entre vous n'ont pas lu tous mes articles, ou bien n'ont pas voulu les lire en entier... Un petit rappel n'a jamais fait de mal à personne.

 

 

Sans déconner, lisez au moins ceux qui sont dans la petite liste "aide des auteurs – le meilleur des articles sur l'édition" à droit de l'écran, en haut de la page...

 

 

Bref.

 

Lorsque tu envoies ton manuscrit à des éditeurs, tu as deux espoirs.

 

Primo : que l'on te propose un contrat d'édition.

 

Bon, ça serait rudement bien, mais t'y crois moyen...

 

 

Deuzio : qu'un éditeur – faute de te publier - t'envoie un petit mot d'encouragement.

 

 

Alors ça, le petit mot d'encouragement, ou le petit mot d'appréciation positive, quelle putain de légende parmi les auteurs !

Souventes fois vous m'écrivez "si seulement j'avais un petit mot d'encouragement...", "si seulement un éditeur me disait au moins que ce n'est pas nul...".

 

En effet, cela se produit parfois. J'ai évoqué cette possibilité dans l'article "le critère de sélection des manuscrits....".

 

Parce qu'un éditeur aura bien kiffé ton bouquin – mais il ne le publiera pas pour autant – dans un grand moment d'inspiration, dans un summum d'esprit altruiste, il se saisit d'un bristol et griffonne un petit message gentil tout plein.

 

Voilà mon avis sur ce cas de figure.

 

Contrairement à ce que vous croyez, ce petit mot sera davantage une source de frustration qu'un encouragement.

 

L'humain est ainsi conçu qu'au lieu de se reposer sur ses sources de satisfaction, il convoite quelque chose de plus grand encore.

Bon, c'est pas si mal que ça, ce trait de caractère. Faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, hein. Si l'humain s'endormait sur ses lauriers, le progrès technologique et tout, t'aurais toujours pu te le foutre où je pense !

Genre quand l'humain aurait inventé la charrue, il se serait dit "oh c'est bien comme ça, je vais pas chercher plus loin" - au lieu de se plaindre aussitôt que la charrue c'est lent et relou. Si notre humain s'était contenté de la charrue, il n'aurait jamais inventé le tracteur.

 

Toute cette magnifique parabole agricole pour vous dire : lorsque tu auras reçu "un mot d'encouragement ou de gentille appréciation", tu passeras par deux phases d'appréhension.

 

La première, qui dure environ d'une minute à quarante-huit heures. Tu penseras alors "ah enfin on me dit que mon travail vaut quelque chose, quelle joie, quel accomplissement !".

 

A la fin de cette phase, s'ensuit logiquement la seconde.

Cette seconde phase d'appréhension durera très longtemps. Tu penseras alors "ouais ben ça me fait une belle jambe ce petit mot, je suis dégoûté, pourquoi ce type ne m'a pas proposé un contrat à la place ?".

 

Je vous jure que ça se déroulera de la sorte.

 

C'est la raison pour laquelle je ne suis pas très enthousiaste lorsque mes lecteurs m'écrivent pour me dire "oh si seulement on me disait que ça vaut quelque chose !".

 

Un auteur ne veut pas qu'on lui "dise" que son travail vaut quelque chose.

Un auteur veut qu'on le lui prouve.

 

(...Putain c'est beau ce que j'écris ! )

 

 

 

Si d'aventure tu as un petit retour gentil d'un éditeur, ce n'est tout de même pas non plus totalement négatif, hein. Tu as le droit d'en être fier. Tu pourras toujours y repenser dans des moments de désespoir absolu (et ça, le désespoir absolu, nous en connaissons tous, nous les auteurs, édités ou pas, faites-moi confiance...).

Mais bon. C'est pas la peine d'en faire tout un fromage et si vous n'en avez pas, eh bien, vous ne vous en porterez pas plus mal.

 

 

 

 

 

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 13:45

 

 

http://f1.img.v4.skyrock.net/6577/20046577/pics/2130505671_1.jpg

 Non, je vous assure,

avoir le feu au cul

ça n'arrangera rien

 

 

 

 

 

 

Comme tu le sais ami lecteur, nombre d’auteurs en quête de première publication échouent d’une manière ou d’une autre sur ce blog. Certains m’envoient un message pour me raconter leur expérience ou pour glaner quelque conseil (au passage : JE NE LIS PAS VOS MANUSCRITS, car, comment dire, j’ai une vie à côté du blog et je n’ai pas que ça à foutre).

 

Un élément revient souvent dans ces messages : la hâte.

 

 

Salut Stoni,


J’ai 22 ans et je veux être édité d’ici un an car après je pars en Erasmus en Chine.

 

....

 

Bonjour,

 

J’ai envoyé mon manuscrit à dix éditeurs, que des refus, que faire je suis désespéré ! Je veux être édité le plus vite possible !

 

 

 

Etc, etc, etc…

 

 

 

Voilà.

 

Je vais vous dire une bonne chose, les gens.

 

Ceux qui partent avec l’urgence au cul partent au mal. L’édition est l’univers de la lenteur. Rien n’est plus lent, plus sinueux, qu’un parcours éditorial.

 

Un auteur ne doit pas être pressé, qu’il soit déjà édité ou encore en quête d’un premier éditeur. Notre travail est tout sauf rapide.

 

Pour t'illustrer cela, voici le parcours temporel d’un auteur type. Tu vas mieux comprendre.

 

 

Ecriture d’un roman : de trois semaines à deux ans.

 

Travail sur le roman : de trois semaines à deux ans.

 

Envoi des manuscrits, recherche d’éditeurs : de six mois à quinze ans.

 

Vous allez penser que je radote, mais je m’en fous. Vu les messages que je reçois, je n’ai pas encore assez radoté. Je rappelle qu’Antoine Volodine a mis quinze ans à trouver un éditeur. Ok ? Le prochain qui m’écrit « bouh bouh ça fait six mois que je prospecte et toujours rien ! », je l’envoie se faire volodiniser dans les putains de règles de l’art. Merde à la fin !

 

 

Lire à ce sujet l'article : comment savoir si mon roman est publiable ?

 

 

 

Moi, j’ai mis environ deux ans à décrocher mon premier contrat. J’ai eu du pot. Vraiment.

 

Reprenons notre parcours temporel.


 

Négociations avec le premier éditeur : une à quatre semaines.

 

Signature du contrat.

 

Préparation éditoriale (réécriture du manuscrit selon les exigences de l’éditeur, rencontres pour discuter du manuscrit, travail sur le texte avec l’éditeur, rencontre avec les représentants, contrôle de la couv, de la 4èmede couv, relecture du BAT) : au moins un an.

 

 

Ça peut être moins de un an, mais c’est rare. En général le délai compris entre la signature du contrat et la sortie du bouquin va plutôt de un à trois ans.

 

 

 

 

Parution du bouquin.

 

Durée de vie du bouquin en librairie : une à trois semaines.

 

 

 

 

Et voilà. Tout ça pour ça.

 

Tout ça pour trois semaines de présence en librairie.

Bien sûr, le roman peut rester davantage s’il se vend bien. Mais pour la plupart des primo-romanciers, trois semaines, ça sera déjà pas mal…

 

Franchement, tu trouves que ça vaut le coup de vouloir être pressé ?

 

Fais le compte.

 

Tu t'engages dans un processus qui va durer au mieux deux / trois ans, au pire vingt ans.

 

Tu veux être édité et tu es du genre « j’ai le feu au cul » ? Soit tu te calmes et tu changes de conception temporelle pour cette nouvelle aventure. Soit tu mets une croix sur ton projet.

 

Le pire, c’est de recevoir des messages d’auteurs qui ont vingt-cinq, vingt-deux, dix-huit ans, seize ans et qui me sortent des trucs du genre « JE DOIS ETRE EDITE A TOUT PRIX ET VITE ». Putain mais t'as vingt-deux ans mon pote ! Hello ? VINGT-DEUX ANS ! T'as toute la vie devant toi, bordel de merde !

 

Si tu persistes à vouloir être édité « dans six mois parce qu’après je pars vivre chez ma fiancée en Suède », tu vas nous développer un ulcère dans les deux mois à venir. Puisque, combien de fois devrai-je vous l’écrire ? TU NE SERAS PAS EDITE AU BOUT DE SIX MOIS DE PROSPECTION (du moins pas chez un bon éditeur, si tu veux être édité au bout de six mois tu peux essayer avec les éditeurs pourris, c’est comme tu veux).

 

Bien sûr, les exceptions, ça arrive.

 

 

C’est comme de gagner au loto, quoi. Ça arrive. A une personne sur trente millions, genre. Mais ouais, en effet, ça arrive.

 

 

 

 

 

 

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 14:02

 

 

http://medias.unifrance.org/medias/57/130/33337/format_page/dialogue-de-sourds.jpg

 

Je crois que j'ai jamais posté une image

aussi moche sur le blog

 

 

 

 

 

 

Nouveau courrier des lecteurs, nouveau Stoni mode Saint-Bernard, nouveau tuyau pour les auteurs en quête d'éditeur.

 

 

 

Cher Stoni,

Ô vénérable blogueur, permets à la crotte en formation que je suis (n'ayant pas encore atteint le stade de caca) de connaître ton point de vue sur ce petit écueil que je rencontre sur mon propre manuscrit, à savoir : le dialogue à personnes multiples.

 

Par exemple :

 

- Oh, jamais vu un salaud pareil, tu sais que t'es un salaud, Salman ? fulmina Robert.
- Oui, un vrai salaud, ça se voit avec ta moustache ! renchérit Roland.
- Pourquoi tu te rases pas la moustache, hein ? Tu serais peut-être un peu moins salaud, et un peu moins tâche au passage, hein, pourquoi tu te rases pas, facho de moustachu !? Ajouta Rosine.
- On sait très bien que c'est un signe de reconnaissance pour vous... reconnaître entre vous ! Qui c'est qui porte encore la moustache aujourd'hui, à part les salauds de moustachus !? s'énerva Rocard.
- Mais... mais... je peux pas me raser la moustache, c'est pas possible ! balbutia Salman.
- Pourquoi ? T'as pas de mousse pour guillotiner cette tâche au-dessus de tes lèvres de salaud ? cracha Romualda en se caressant les nichons. (...)

 

Evidemment, tu vois le problème : non seulement, les "fulmina... renchérit..." sont comme des barbelés dans la fluidité du texte, mais qui plus est, il me semble que ce n'est pas naturel que l'on connaisse le nom du personnage APRES sa réplique. Bref, quelle(s) alternative(s) pour le blabla à personnes multiples ?

Car hormis la présentation théâtrale ou scénaristique des noms de personnages, je n'ai pas encore trouvé de solution élégante pour le roman. Et toi ?

 

Signé : un admirateur secret

 

 

Ho ho ! Question ma foi fort croustillante !

 

J'en parlais d'ailleurs déjà un peu dans l'article « Pimp my prose ».

 

 

Dans un premier temps, je conseille de lire des romans et de bien observer comment procède l'auteur dans un dialogue avec plusieurs personnages.

Un bon écrivain ne copie pas, il pille, pour paraphraser notre cher ami Picasso.

 

 

 

Dans ton exemple cher admirateur secret, j'aurais déjà tendance à dégraisser un peu le dialogue. Cet exemple est, certes, peut-être spécialement créé pour l'occasion, mais bon... Tu as remarqué que les personnages répètent dix fois que "les salauds ont une moustache" ? Eh bien nombre d'auteurs commettent cette bévue pour de vrai ! Une fois, ça suffit : on a compris. Deux fois, à la rigueur, pour créer un effet comique. Guère plus !

 

Dégraissez au maximum vos textes, et surtout vos dialogues. Pas besoin de répéter quinze fois la même chose (sauf si c'est un truc vraiment super important dont le lecteur doit être à tout prix conscient).

 

 

En outre, on essaie de placer les rares "dit-il" que l'on s'autorisera à la fin de la première phrase du dialogue. C'est-à-dire...

 

On ne fait pas ça :

 

- Pourquoi ? T'as pas de mousse pour guillotiner cette tâche au-dessus de tes lèvres de salaud ? cracha Romualda en se caressant les nichons.

 

Mais ça :

 

- Pourquoi ? cracha Romualda en se caressant les nichons. T'as pas de mousse pour guillotiner cette tâche au-dessus de tes lèvres de salaud ?

 

 

 

Ensuite, il faut en effet limiter les « renchérit-il » « observa-t-il »... Les éditeurs détestent cela.

 

Je ne vous dis pas de les éliminer totalement, mais de faire attention à ne pas trop en abuser !

 

Mais pour les contourner, j'ai fort heureusement quelques tuyaux.

 

D'une, compter sur la logique. Un exemple ! Tu as deux personnages : Jean et Edouard.

 

 

 

Jean et Edouard s'installèrent dans le salon.

- Comment ça va ? Fit Edouard, avec l'air de ne pas y toucher.

- Bof...

Jean avait vécu une véritable journée de merde.

 

 

 

Après le « bof », c'est pas la peine de préciser "répondit Jean". Il n'y a que deux personnes présentes dans notre salon. Si Edouard pose la question, Jean répond. Logique.

 

Tu peux aussi compter sur la logique du contexte.

Exemple : trois personnages. Bibou et Nanou, des tortionnaires qui menacent de tuer Didou. Didou est attaché sur une chaise.

 

 

Bibou passa la machette à Nanou, qui eut un sourire matois.

- Hé hé... On va se le faire !

- Non ! Me tuez pas ! Non !

La porte s'ouvrit violemment : le directeur de l'école scruta ce sordide spectacle, les yeux écarquillés.

- Foutre Dieu !

Bibou et Nanou filèrent aussi vite que la lumière. Le directeur se précipita sur Didou, qu'il détacha.

- Mon pauvre enfant !

- Merci monsieur le directeur ! Sans vous, je serais mort à l'heure qu'il est !

 

 

 

T'as vu : pas un seul "dit-il", "répondit-il", "hurla-t-il".

 

La logique du texte t'en abstient.

 

Examinons le dialogue à la loupe.

 

- Héhé... On va se le faire !

 

Puisque Nanou était le dernier personnage cité par le récit, on se doute bien que c'est lui qui parle.

 

- Non ! Me tuez pas !

 

C'est Didou qui est ligoté : c'est lui qui supplie ses tortionnaires. Evident.

 

- Foutre Dieu !

 

Le directeur vient d'entrer. Le dialogue qui suit est forcément prononcé par ce personnage.

 

- Mon pauvre enfant !

 

Idem. Le directeur se précipite sur Didou. On comprend que c'est lui qui prend la parole.

 

- Merci monsieur le directeur !

 

Celui qui remercie est celui qui est sauvé, pas celui qui sauve...

 

 

 

Encore une autre astuce pour éviter les "dit-il". Recourir au récit.

Et ouais. En plus ça te permet d'approfondir la psychologie de tes personnages. Vois plutôt.

 

Un dialogue moche :

 

 

 

- Elle est où, la machette ? Demanda Nanou.

- Je sais po ! Rouspéta Bibou qui s'était vautré devant la télé avec sa copine Lilou.

- Je l'ai emmenée à la piscine et je l'ai oubliée, déclara Lilou. Hé ouais. C'est moi qui l'ai prise. Faut que j'aille la chercher.

- Quelle conne ! S'exclama Nanou en tapant du pied par terre.

 

 

 

Nous pouvons arranger ce dialogue en recourant au récit.

 

 

Nanou chercha sous le canapé, puis sous la table. Il s'immobilisa, bras ballants, joues gonflées.

- Elle est où, la machette ?

Bibou s'était vautré devant la télé avec sa copine Lilou. Les allers-retours de Nanou les déconcentraient.

- Mais je sais pas où elle est ta putain de machette, euh !

Lilou, elle, demeura silencieuse. La jeune femme baissa la tête, puis avoua :

- Je l'ai emmenée à la piscine et je l'ai oubliée.

Elle redressa le menton, soudain très fière de son audace. Elle osait enfin s'exprimer devant Bibou.

- Hé ouais les mecs ! C'est moi qui l'avais prise ! Je peux aller la récupérer, si vous voulez.

- Quelle conne !

Nanou lui envoya la télécommande à la gueule.

 

 

 

C'est-y pas beau, tout ça ? Admirez la fluidité du dialogue ! En outre, on en apprend davantage sur Nanou.

Les micro-expressions, tics, mouvements de tête, jeux de regard, jeux de mains, gestes hésitants, gestes avortés, entre deux dialogues, je suis très friand. Dans un dialogue, un retour régulier au récit permet de bien rythmer le texte.

Les dialogues qui s'enchaînent au kilomètre, j'aime pas trop.

Mieux vaut aérer, emballer tout ça dans une belle prose bien fluide.

 

Cela dit, quand vous aurez un dialogue, vous serez bien obligés de temps en temps mettre des "dit-il". Mais essayez vraiment de limiter la casse...

 

 

 

 

 

 

 

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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 14:13

 

 

 

 

En bon communiste nostalgique de l'URSS, je lis tout ce qui se rapporte à ma regrettée patrie.

Entre autres, l'annuaire URSS de 1989 édité par l'Agence de presse Novosti.

 

 

urss_annuaire_89.jpg

 

" Ouvrage de référence vous donnant une idée

de la restructuration de tous

les domaines de la vie de la société soviétique."

 

 

 

Pour votre information, cet annuaire était diffusé en allemand, en anglais, en espagnol, en français et en italien.

 

C'est très bien foutu et très bien rédigé (donc très bien traduit).

 

Grâce à ce précieux document, nous en apprenons davantage sur la culture en URSS, et entre autres sur l'édition !

 

Souvent, des lecteurs m'écrivent pour me hurler tout leur dégoût du système marchand qui dirige l'édition française. D'où l'intérêt de découvrir comment les choses fonctionnaient dans une économie socialiste !

 

Le texte qui suit est "critique", on sent bien l'influence de la glasnost. De quoi nourrir le débat. On peut en effet se demander ce qu'on entend par "mauvais auteurs"... Genre.

 


 

L'INDUSTRIE DU LIVRE

 

A peu près 90 000 titres de livres et brochures, d'un tirage global d'environ 2,5 milliards d'exemplaires, paraissent chaque année dans le pays. Cependant, le problème de la pénurie de livres reste à l'ordre du jour. Les livres manquent, c'est un fait.

Que lit-on ?

 

Le sondage réalisé auprès de plus de 10 000 personnes dans 43 localités du pays nous permet de répondre à cette question.

Les belles-lettres, à savoir des classiques soviétiques et étrangers, viennent à la première place. Près de la moitié de la population s'adonne chaque jour à la lecture. Mais c'est surtout la jeunesse qui se distingue en la matière, avec presque deux heures de lecture par jour. Les romans d'aventure, d'amour et les romans policiers, les nouvelles et la science-fiction sont surtout populaires parmi la jeunesse ouvrière et les travailleurs adultes. Le sondage a aussi constaté l'intérêt accrcu manifesté, surtout par la jeunesse, pour la poésie classique.

 

Tout le monde lit, et presque tout le monde souffre de la pénurie de livres.

 

Il y a une cinquantaine d'années, cette pénurie était fort justement expliquée par le niveau culturel croissant de la population. Aujourd'hui, les éditeurs parlent de la mode de la lecture. Ils se plaignent du manque de papier et de l'imperfection des imprimeries. Et pourtant, les rayons des librairies craquent sous le poids de livres... dont personne ne veut.

 

Car l'auteur perçoit ses honoraires indépendamment du nombre d'exemplaires vendus. Les écrivains de talent estiment que ce système est néfaste, car il engendre des parasites et des bousilleurs. Quant aux écrivains médiocres, ils sont contre toute modification du système.

 

(Note du Stoni : ah bah au moins comme ça c'est clair, "lol")

 

Les lecteurs proposent de sortir les livres à des tirages d'essai, d'environ un millier d'exemplaires. S'ils sont vendus, on pourra alors poursuivre l'édition. Dans le cas contraire, elle sera stoppée. Il existe un autre moyen : l'auteur publie son livre à ses frais.

 

L'Union des écrivains de l'URSS compte actuellement 10 000 membres. Si les auteurs impriment leurs oeuvres à leurs frais et si quelques uns d'entre eux n'arrivent pas à couvrir leurs dépenses, il est fort possible que les effectifs de l'Union des écrivains diminueront.

 

Les éditeurs estiment que la tâche première consiste à assurer à chaque famille soviétique sa propre bibliothèque contenant au moins les classiques de la littérature soviétique et mondiale, divers ouvrages de référence et encyclopédies. Soit dit en passant, on a achevé la publication des oeuvres de Pouchkine en trois volumes (11 000 000 d'exemplaires), suite à un abonnement illimité. L'abonnement aux oeuvres de Maïakovski en deux volumes, organisé d'après le même système, a totalisé un tirage de 6 000 000 d'exemplaires. Les oeuvres de Gorki, Lermontov, Gogol, Tourgueniev et d'autres classiques russes, ainsi que les oeuvres de quelques auteurs étrangers figurent sur les listes des titres pour lesquels est prévu un abonnement illimité.

 

Le Dictionnaire encyclopédique soviétique en un volume, renouvelé, a déjà paru à 3 250 000 exemplaires. On se propose également de publier à grands tirages des livres comme Les contes des peuples de l'URSS, Encyclopédie médicale pour tous, Brève encyclopédie de la ménagère, etc. On a commencé, en 1987, la publication de la Bibliothèque du jeune ménage, ouvrage en 20 volumes.

 

Cependant, ni les forts de bons livres ni l'abonnement sans limite aux classiques ne donneront le résultat désiré si, parallèlement, on ne fait pas obstacle à la mauvaise littérature. Depuis le passage des maisons d'édition au régime de l'autonomie comptable et d'autofinancement (1987), il est risqué sur le plan financier, de publier des livres médiocres. On peut donc espérer que, dorénavant, des millions de lecteurs auront la possibilité tant attendue d'acheter librement les livres qu'ils désirent.

 

 

 

 

 

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