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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 13:38

 

 

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Au cours de cet été torride, que je passai dans quelque impensable libation éhontée (et dont je ne piperai mot), je reçus ce message d’une fidèle lectrice du blog.

 

 

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Cher et honorable Stoni,

 

Avant toute chose : bonnes vacances à toi, tu le mérites bien !

 

J’ai un problème.

Mon entourage est courageux, et j'apprécie sa franchise : c'est quelque chose d'assez rare je pense pour un écrivain. Il me signale gentiment qu'il n'aime pas ce que je fais, et certains n'hésitent pas à me faire comprendre que s'ils refusent de me lire, c'est que mes écrits sont trop chiants. Ouais. Carrément. Je préfère cela à une hypocrisie pourvoyeuse d'illusions.

Et pourtant, je fais des efforts : mon but n'est pas de faire de l'élitisme à deux balles ! Mais j'ai en moi des images, des effets, des thèmes, des messages que je veux rendre, et je m'astreins à m'en rapprocher toujours un peu plus : faut-il renoncer à ce qui me fait plaisir, aux thèmes et aux réflexions qui me touchent pour avoir un jour la chance d'être éditée ? Est-ce que ma manière d'écrire est plomblante par nature, car moulée dans une culture classique que je n'arrive pas à dépasser ? Ma capacité à faire chier le monde entier est-il un aveu de ma médiocrité ? Je ne sais pas, je t'avoue que je suis en plein doute. Et toi, qu'en penses-tu ?

 

Merci d’avance pour ta réponse, ô notre grand guide à tous.

 

Signé : une fidèle adoratrice

 

 

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Fichtre ! Ce message me sidéra.

Il y a peu, je vous révélais que je pensais avoir fait le tour des sujets « caca écrivain ».

 

Mais en voilà un, pourtant crucial, qui m’avait échappé : le douloureux problème intitulé « mes romans n’intéressent personne » (ou sa variante « les gens trouvent ça chiant ce que j’écris »).

 

Ce saumâtre sujet est à la hauteur d’un Stoni mode saint-bernard qui, tout à coup, retrouva sa verve bloguesque afin de voler au secours de cette charmante jeune personne.

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Quelle sera ma réponse à ce message ?

 

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Une première chose. J’ai expliqué dans plusieurs articles que, à mon avis, il ne sert absolument à rien de demander à vos lecteurs (entourage proche, amis, conjoint, etc) ce qu’ils pensent de votre roman. Ou s’ils ont aimé. ON S’EN BAT LES COUILLES. Vos lecteurs doivent vous servir à corriger LE ROMAN POUR QU’IL SOIT COMPREHENSIBLE, et éventuellement L’ORTHOGRAPHE, LA GRAMMAIRE. Voilà. Le reste on s’en fout !

 

 

J’en ai longuement parlé dans ces deux articles :

 

Des tuyaux pour mieux écrire

 

Les sites web participatifs de correction et de relecture

 

 

 

Voilà une chose que vous devez intégrer, vous les auteurs « débutants », sinon vous n’allez jamais vous en sortir.

 

Ô, lectorat incrédule ! Je vais te raconter une histoire : la mienne.

 

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J’ai commencé à écrire mes premiers romans « sérieux » vers 16 ou 17 ans.

 

Et tu sais quoi ?

 

Toute ma jeunesse, personne ne s’est intéressé à ce que j’écrivais. Mes amis ne lisaient pas, et quand ils faisaient une exception pour ma personne, ils abandonnaient mes œuvres romanesques au bout de dix ou vingt pages.

Je n’ai jamais connu un grand succès, adolescent, auprès de mon entourage.

Les caricatures que je dessinais en cours suscitaient bien plus d’intérêt !

 

Pourtant, j’aimais ça écrire, et j’étais assez frustré devant l’ennui qu’inspiraient mes textes !

 

J’ai ramé pendant des années à la recherche de lecteurs. Malgré tout, j’ai continué à écrire, car cela m’amusait.

Lorsque j’ai rencontré Aniki,  il a bien voulu lire mes magnifiques histoires enchanteresses. Voilà pourquoi j’ai décidé de vivre avec lui, d’ailleurs. Non je rigole, il y avait d’autres raisons. N’empêche, ça m’a fait plaisir. Enfin !

 

Aniki m’encouragea les années qui suivirent. Aniki et… Aniki et c’est tout.

 

Jusqu’à ce que je sois publié, pas grand monde ne s’est penché sur mes romans !

 

Malgré tout, j’ai été édité. Ben, je vous avoue, ça n’a pas changé grand-chose. Certains de mes amis ont daigné lire mon premier roman de bout en bout. Ils n’ont pas été très enthousiastes. Ce n’était franchement pas leur truc. Ensuite, ils ne sont plus donnés cette peine.

 

Et pourtant ! Pourtant j’ai été édité, pourtant j’ai eu mon lectorat, et vous connaissez la suite.

 

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Je ne sais pas quel genre de bouquin vous écrivez, mais vous devez être conscients que la plupart des gens lisent des choses pour se détendre.

Je ne critique pas cela. C’est un simple constat.

 

Si d’aventure vous écrivez des choses qui ne « détendent » pas, vous risquez d’avoir un peu de mal à débusquer des lecteurs bénévoles.

 

Ne croyez pas pour autant que vous ne serez jamais édités. Il existe un marché pour les romans « qui ne détendent pas ». Certes, vous vendrez probablement moins de bouquins qu’un auteur de romans à lire sur la plage, mais ça ne vous empêchera pas de faire votre petit bonhomme de chemin dans d’autres secteurs.

 

Méfiez-vous de ce que les gens peuvent penser de vos textes. Ce n’est pas du tout un indicateur de qualité.

 

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 10:43

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L'autre nuit, j'ai rêvé que je sortais avec une jolie petite blonde. Nous n'en étions qu'au début de notre relation. Genre on se tenait la main dans le métro, tout heureux grâce à ce nouveau contact, cette peau encore inconnue, cette proximité mystérieuse, l'odeur de la personne à laquelle on ne s'est pas encore habitué. Nous nous embrassions avec une certaine réserve.

Puis nous allions au cinéma, j'avais choisi le film, qui hélas s'avéra absolument chiant. Je la sentais qui s'ennuyait, qui se trémoussait un peu sur son siège. Au lieu d'admettre mon mauvais choix et de lui proposer de quitter la salle de suite, je ne disais rien, je me forçais à regarder ce mauvais film d'auteur prétentieux, par peur de perdre la face. Lorsque le film était terminé, elle croisait dans le hall du cinéma un ami, m'abandonnait pour lui dire bonjour, ne me présentait pas. Par orgueil déplacé, je ne les rejoignais pas non plus – j'aurais pu m'imposer – non, je grattais dans mon téléphone portable. Puis elle revint me dire qu'elle allait prendre un verre avec cet ami, ils ne s'étaient pas vus depuis longtemps, ça ne me dérangeait pas ?

Et là je comprenais que je l'avais perdue à cause de film idiot et de mon comportement non moins stupide pendant la séance.

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Ce genre de situation, j'ai dû en vivre des dizaines de fois.

Cela fait près de dix ans que je suis en couple, mais auparavant, comme tout le monde, je cherchais à "sortir avec quelqu'un".

 

J'avais alors dix-huit, dix-neuf ans.

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Avant cela, au lycée, je draguais à tout va et remportais un certain succès. A l'époque je ne souhaitais pas m'engager, donc forcément, ça marchait, puisque je ne m'investissais pas. C'étaient ce qu'on appelle "des flirts".

 

Après le lycée, j'ai commencé à me lasser de ces gamineries, je voulais une relation quelque peu durable.

Et c'est là que les choses se sont gâtées.

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J'entends souvent parler de la difficulté de "l'engagement" lié au mariage (ou au Pacs, ou à la vie en concubinage). Vous savez, les gens parfois disent : "c'est dur de toujours rester avec la même personne". Alors ça, je n'ai jamais compris.

Pour moi, c'est tout le contraire. Le couple, y'a rien de mieux au monde. Bien sûr, je pars du principe que ce couple fonctionne, que l'alchimie se fait. Une fois que j'ai eu trouvé Aniki (mon conjoint), je n'ai jamais songé à revenir en arrière ni n'ai rêvassé sur "la liberté de l'infidélité". Ce doit être une question de caractère. Mais pour moi, la "liberté" d'aller draguer ici ou là s'apparente bien davantage à un bagne.

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Franchement, draguer, flirter, c'était terrible, pour peu qu'on prenne la chose un minimum au sérieux. Et moi je la prenais au sérieux ! Je ne voulais pas baiser un soir comme ça, non, je voulais trouver quelqu'un avec qui ça fonctionnerait. Je visais large (mecs surtout, mais j'étais ouvert aux filles), pourtant, qu'est-ce que j'ai pu galérer !

 

Envers les célibataires, j'éprouve non de l'envie, mais une sincère compassion. Draguer, rencontrer, aborder, mais quelle horreur.

Tu te sens comme une sorte de pièce de viande sur un marché, genre qui va bien vouloir de moi ? Je ne parle pas vraiment de la question du physique – le mien ne m'a jamais handicapé. Mais quand tu rencontres quelqu'un, l'autre est toujours en train de te peser, de t'estimer, de chercher tes défauts. Et puis, rien que pour rencontrer quelqu'un, bonjour le sale boulot. ABORDER UNE MEUF OU UN MEC POUR LA PREMIERE FOIS. Oh je te jure, y'a pas de situation plus relou au monde. Qu'est-ce que je lui dis ? Salut ? Tu viens souvent ici ? Alors t'es un(e) ami(e) de Truc ? Et quand tu te diriges péniblement vers cette personne encore inconnue qui te plaît, tu te sens un peu comme un pauvre pilote condamné à exploser avec son avion kamikaze, traçant tout droit sur sa cible suicide.

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Quand je pense qu'à seize ou dix-sept ans j'étais capable d'emballer en une heure chrono. Bien sûr, j'étais un fieffé manipulateur à l'époque et ne mêlais point les sentiments à l'affaire.

 

Pour peu que tu grandisses, que tu adoptes un minimum de maturité, que tu sois sérieux dans ta démarche, ça y est, c'est foutu, tu deviens une bille en relations humaines.

Méchante ironie du sort, au passage.

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Bon, admettons que ta mission suicide ait – par un miracle inouï – réussi et que tu arrives à sortir avec la personne. " Sortir ". Genre, vous vous retrouvez dans un bar, un café, un pub, pour boire un verre " et faire connaissance ". C'est là que les ennuis commencent pour de bon. A ce stade, je me rendais compte que la plupart des gens étaient extrêmement compliqués. Les discussions étaient ardues. Je disais toujours un truc qui provoquait un scandale. Mais pas un truc grave, genre un truc sur l'écologie ou sur un film que j'avais pas aimé. Je disais ça comme ça. " Pour faire la conversation ". Et là, psychodrame, en général j'instaurais un froid qui plombait toute la soirée et mon rendez-vous ne me rappelait jamais.

 

Je devais constamment me surveiller, car dès que j'étais un tant soi peu naturel et spontané, je faisais ou disais un truc qui " dégradait l'atmosphère " comme qui dirait.

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Non mais rien que le téléphone, déjà. Quel putain d'instrument de torture quand tu dragues. Qui doit envoyer un SMS en premier ? Si j'envoie un SMS, ça fait pas un peu le mec accro ? C'est peut-être encore trop tôt pour ça, non ?

Ou bien le coup du SMS mal interprété. Genre t'envoies un SMS que tu croies dénué de tout caractère équivoque, par exemple :

 

Tu m'as parlé de tel livre l'autre jour, tu pourrais me le prêter ?

 

Ou une super excuse pour envoyer un petit SMS et fournir un nouveau motif de rencontre.

 

Ce à quoi la personne te répond :

 

Tu me prends pour qui ? Je suis pas un objet qu'on utilise. Au vu de ton attitude je crois qu'on ferait mieux de pas se revoir.

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Je vous jure, c'est du vécu. Et ne croyez pas que ce genre de bizarrerie est réservé aux meufs. J'ai testé les deux. Les mecs aussi sont complètement hystériques, et réagissent comme s'ils avaient leurs règles vingt-huit jours dans le mois (oui, parce que c'est ce qu'on dit de vous les meufs quand vous réagissez d'une manière qu'on pige pas). Pour ça, y'a pas un sexe qui rattrape l'autre.

 

Exemple. Une fois après qu'on se soit dragouillé tranquillou lors d'une soirée, un mec m'a envoyé le SMS suivant :

 

J'aimerais qu'on se revoit vite car je dois partir en emploi saisonnier à la montagne mardi prochain. Tu peux ? Tu veux ?

 

Ma réponse :

 

Oui bien sûr, je vais essayer (horaires taf pas encore sûres), je te rappelle dès que je sais.

 

Nouveau SMS du gars :

 

Vu ton enthousiasme, laisse tomber. Bonne continuation.

 

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Exactement le genre de SMS qui te laisse sur le cul.

QUOI ? MAIS QU'EST-CE QUE J'AI DIT ? QU'EST-CE QUE J'AI FAIT ?

J'ai juste tapé un PUTAIN DE SMS qui te dit la vérité, mon pote : je ne connais pas encore mes horaires, je ne sais pas si j'aurai le temps. Et quoi ? Où est le crime là-dedans ? Il se prend pour qui, lui ? Il croit que je vais sécher le taf, me faire licencier, lui dérouler le tapis rouge et lui servir un repas aux chandelles, tout ça parce qu'il daigne m'envoyer un foutu SMS à la con ?

 

Quand je rencontrais quelqu'un, j'avais l'impression d'être une sorte d'ambassadeur de mon pays stonien dans un continent vierge, aux moeurs et aux coutumes tout à fait inintelligibles. Je me sentais un peu comme le premier mec occidental qui a débarqué au Japon (ne me dites pas le contraire, le Japon est tout de même assez inintelligible comme société).

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Je sais pas trop comment ça se passe, aujourd'hui, avec internet et tout. Peut-être qu'avec les sites de rencontre, les gens ont davantage l'occasion de se connaître avant de se voir physiquement, et si ça évite ce genre de tractation, tant mieux.

 

Enfin, ça a été comme ça jusqu'à ce que je rencontre Aniki.

 

Le couple, c'est comme la sécurité de l'emploi. Sans déconner. C'est comme si t'étais fonctionnaire. Tous les jours, t'es servi question affection, t'as quelqu'un à qui raconter ta vie le soir. T'as une sexualité quotidienne si tu le souhaites, t'as de la compagnie, tu peux rigoler avec ton conjoint, jouer à des jeux cons d'imitation et tout. Tu peux plus gaffer, tu peux plus sortir un truc qui fout le malaise, vu que tu connais la personne comme si tu l'avais faite et que, franchement, tu as eu le temps de cerner les sujets tabous (dans le cas où il y en aurait).

Pas de missions kamikazes pour aborder une personne inconnue, pas de maladresses lors du premier rencard, pas de rendez-vous ratés, pas de négociations diplomatiques par SMS.

 

Alors franchement, moi, les histoires de "liberté d'aller voir ailleurs", ça me fait bien rire.

 

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Si toi aussi tu as donné en dragues kamikazes
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