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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 14:19

 

 

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Souviens-toi, ô camarade lecteur ! Je t'avais dévoilé le principe de la punition karmique lors de mon tonitruant article sur le Pôle Emploi.

 

En gros, j'avais révélé à un monde oscillant entre l'effroi et la consternation que les Hindous, ils disent pas que des conneries.

Le karma est une sorte de bilan que l'on tire de ton existence terrestre, après ta mort. Et ce bilan, ma foi, il n'est pas toujours positif. Dans ce cas, tu es condamné à te réincarner sous une forme pourrie : animal, insecte, chômeur français du 21ème siècle. Eh ouais. Les mauvaises actions, ça se paie. Ceux qui ont assuré grave pendant leur vie sortent du cycle des réincarnations pour accéder au paradis et tout et tout. La chance.

 

Autant dire, fais gaffe à bien te comporter.

 

Je ne sais pas si, dans ma prochaine vie, j'aurai une réincarnation pourrie. Car j'ai une bonne action à mettre mon crédit : la Dounze.

 

Cela remonte à mon année de terminale.

 

Une nouvelle élève débarqua de sa Creuse natale. Avec les vêtements de la Creuse. Et la dégaine de la Creuse.

Non, je généralise sûrement, c'étaient peut-être simplement ses vêtements à elle et sa dégaine à elle. Mais pour nous, embourbés en pleine période streetwear-zy-va-racaillou-à-deux-francs-cinquante, cette pauvre fille "craignait un max". Avec ses pantalons de velours ras, ses baskets sans marque et ses doudounes, t'avais l'impression qu'elle venait juste d'avoir trait les vaches, un truc comme ça.

Etait-ce à cause desdites doudounes fluos ? Mais nous la surnomâmes la Dounze. Elle ne l'a jamais su.

Grâce à moi.

 

 

 

 

Dès son premier jour de cours, j'ai tout de suite saisi le profil de la meuf. Elle était ronde sans être grosse et, c'est terrible à écrire mais c'était vrai, elle était laide. Il y avait quelque chose qui n'allait pas dans son visage. Elle ne s'arrangeait pas non plus. Le prototype de la pauvre fille pas aidée, mal fringuée, coincée. Elle ne comprenait rien à notre argot-verlan-arabisant-français.

Les premiers jours, elle était assise seule au fond de la classe, sans personne pour partager son bureau.

 

Le surnom commença à circuler. La Dounze. Bizarrement, ça lui allait drôlement bien. Ce n'était pas spécifiquement méchant, d'ailleurs. Elle avait juste une tronche à être appelée "la Dounze". Malgré tout, j'appréhendais le jour où elle serait au courant.

Elle me faisait de la peine. Elle tentait de s'intégrer, surtout auprès des filles – autant dire un tas de grognasses sur-maquillées juchées sur des talons de dix centimètres qui faisaient éclater des bulles avec leur chewing-gum. Je les aimais bien, ces filles. Mais la Dounze n'avait pas toutes ses chances avec elles.

Les filles commencèrent à ricaner et à émettre des commentaires sur ses tenues vestimentaires. Les garçons leur emboîtèrent le pas.

 

Et là, va savoir pourquoi, j'ai dit stop.

 

Quelle puissance occulte m'inspira ? Je n'aurais pas dû me préoccuper de cette Dounze. D'ailleurs, je n'allais pas tous les jours au lycée. Mon monde était ailleurs. Quand je venais en cours, je me contentais d'épater la galerie en faisant le bouffon de service à longueur de journée. Pourquoi m'occuper d'elle ? La Dounze et moi, nous ne partagions pas le même emploi du temps. Nous ne faisions pas les mêmes options. Nous nous voyions seulement pendant les heures de tronc commun.

 

Et là, un matin en classe d'anglais, je l'ai vue, toute seule à son bureau, au dernier rang, en train de regarder par la fenêtre.

J'étais arrivé avec quinze minutes de retard. Tout le monde était déjà installé.

Mes potes m'ont fait signe, ils m'avaient gardé une place dans leur rangée.

 

Mais je me suis assis à côté de la Dounze. Qui a sursauté. Je crois qu'elle avait peur de moi.

 

Mes potes et quelques nanas ont éclaté de rire. Je les ai foudroyés du regard. Ils ont cessé.

 

La Dounze m'a surveillé du coin de l'oeil. Puis elle a réalisé que je n'avais pas mon manuel scolaire (je ne les transportais jamais) et m'a proposé de suivre le cours sur le sien.

 

Les jours suivants, j'ai continué à m'asseoir à côté de la Dounze pendant nos heures en commun. Et, durant les intercours, je me suis chargé de briefer toute ma classe.

- La Dounze, vous lui foutez la paix. Je veux pas que vous vous foutiez de sa gueule. Personne ne lui dit rien. Elle est sous ma protection.

Je me la jouais caïd, ou mafioso, mais je dois avouer que ça a foutrement fonctionné. Au début, on m'a demandé pourquoi je la protégeais.

- Elle est gentille. C'est une pauvre fille. Je refuse qu'on la fasse chier. C'est pas galant. On s'attaque pas aux meufs.

Auprès des mecs, le message est bien passé. Mes histoires de morale chevaleresque les touchaient. Auprès des filles, j'ai dû insister.

- Si vous vous moquez d'elle, si j'entends le moindre truc sur elle, je vous lâche pas jusqu'à la fin de l'année.

Elles me connaissaient, elles savaient ce que cela signifiait. Je n'étais pas cruel, ni violent, et encore moins avec les nanas. Mais si quelqu'un adoptait un comportement qui ne me plaisait pas, je déployais ma stratrégie de l'emmerdement total. Quand je daignais me pointer en classe, je passais toute la journée à couiner le prénom de ma victime avec tous les accents que je connaissais, puis à sortir des blagues salaces, puis à dessiner des caricatures immondes et à les faire circuler. Et cela avec le renfort de ma bande de potes, cinq ou six larrons que j'avais dressés à mon image. La guerre d'usure était mienne.

 

Personne n'enviant ce genre de traitement, la Dounze connut une paix royale jusqu'au bac.

 

Nous tissâmes une relation singulière, elle et moi. Assis au même bureau, nous ne parlions pas beaucoup. Je dormais souvent en cours, elle me laissait faire et me réveillait un peu avant la sonnerie. J'avais, en ce temps, une mémoire épatante et obtenais de très bons résultats scolaires malgré mon absentéisme légendaire. Pendant les interrogations, je lui soufflais les résultats.

Elle ne changea pas. Toujours aussi piteusement accoutrée, toujours aussi tache dans notre paradigme lycéen. Le serre-tête de bazar dans les cheveux gras. La doudoune verte à motifs montagnards.

Au fil de l'année, nous partageâmes de petites conversations. Je découvris qu'elle haïssait l'école et qu'elle rêvait d'être vétérinaire.

Vétérinaire. Pauvre fille. Elle était en bac STT – aujourd'hui, STG. Elle espérait néanmoins trouver un emploi avec des animaux.

Elle gardait une méfiance méritée envers moi. Elle ne se livrait pas. Je ne lui demandais pas tant. Je la faisais marrer, je faisais le con, comme toujours. Je lui dessinais des pin-ups dans son agenda – elle admirait mes dessins. Petit à petit, je sentis une colère sourdre au fond d'elle. Parfois, elle laissait entrevoir cette incommensurable violence, cette haine sauvage qu'elle cultivait probablement depuis longtemps. Quand les filles à talons hauts gloussaient trop fort, elle serrait les dents et son oeil devenait noir. Elle me confia qu'elle détestait mes amis.

- Pourquoi ?

- Ils n'ont rien. Dans leur vie. Ils n'ont pas de passion. Toi, tu dessines.

Elle les méprisait, cela s'entendait à sa voix en dépit de ses efforts pour se contenir. Elle les méprisait souverainement. Je pris pataudement leur défense.

- Ils sont cons, c'est vrai, mais tu sais, les mecs ça plane pas haut...

- Non, ce n'est pas qu'ils sont cons, c'est qu'ils n'ont rien et qu'ils ne feront jamais rien. Et toi aussi tu le sais, Stoni. Tu le sais bien. Tu n'es pas comme eux et moi non plus.

Un jour, elle m'avoua brutalement :

- Je sais bien que je suis moche et que personne ne veut sortir avec moi.

Je ne sus quoi lui répondre. Je ne voulais pas mentir. Je n'ai rien dit.

- Toi, tu ne sais pas ce que c'est, d'être moche. Tu ne sauras jamais ce que c'est de ne pas être aimé. Tout le monde t'adore, tout le monde rigole quand tu fais le clown.

- Je terrorise la moitié du lycée, relativisai-je dans un instant de lucidité.

C'était vrai, beaucoup avaient peur de moi. Mon humour était féroce. Je n'hésitais pas à recadrer les mecs qui, selon moi, "se comportaient mal". J'avais un code de l'honneur très poussé.

- S'ils ont peur de toi, au moins on te respecte. Dans toutes les écoles où j'ai été, on s'est moqué de moi.

- Pas ici. Toi aussi, on te respecte.

- Parce que tu leur as demandé de le faire.

Je la sous-estimais, je ne m'attendais pas à ce qu'elle l'eût su.

- Qui te l'a dit ?

- Personne. Je l'ai bien vu. Qu'est-ce que tu crois ?

Ce jour-là, ce fut à moi que s'adressa son regard méprisant.

 

Nous passâmes le bac.

Nous ne nous revîmes jamais plus.

 

Quel était son nom ? Son prénom ? Oubliés. Seul m'est resté la Dounze.

 

Je suppose qu'on peut beaucoup me reprocher. Mais si cette fille passa une dernière année scolaire dans une quiétude quasi-totale, c'est en grande partie grâce à moi.

 

 

 

 

 

 



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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 11:20

 

 

 

 

 

Nombre de très jeunes gens me lisent. Je le sais, car ils m'envoient des messages et certains imitent mon " Stoni 1983 " en signant " Julien 1992 ", " Claire 1990 "...

 

L'autre jour, j'ai eu un " Jojo 1998 ".

 

1998, putain.

 

Ça m'a fait un choc. Je te jure.

Le mec, il est né l'année de la coupe du monde. Nom d'un topinambour, le coup de vieux que j'ai pris ! Et maintenant, il est là, il me lit et il veut écrire des romans, ce gamin.

Merde !

 

De même, quand je vois l'âge de certains de mes lecteurs (pas tous, heureusement j'ai des vieux aussi), je balise. Les responsabilités que ça me fait prendre ! J'ai peur d'exercer une mauvaise influence sur leur jeune esprit impressionnable.

 

Enfin. Fi de digressions.

 

Donc, ces jeunes gens de quinze, seize, dix-huit, vingt, vingt-deux ans, m'écrivent de semblables messages :

 

 

 

Salut Stoni toi qui assures trop ta race,

J'ai envie d'être écrivain comme toi ! J'ai écrit un roman mais j'ai 15 ans, tu crois que je peux essayer de me faire publier ? J'aurais trop le seum d'être trop jeune pour ça !

 

 

 

Après avoir vérifié sur internet ce que signifie "avoir le seum", vu que je suis un vieux con de trente ans qui est complètement hors du coup, je prends le temps de répondre à cette affable jeune personne.

 

Voici donc mon avis sur la question.

 

 

Techniquement, il est possible de se faire éditer à n'importe quel âge.

 


 

Attention : quand je parle d'édition sur ce blog, je parle d'édition à compte d'éditeur chez une maison bien distribuée, présente en librairie. Les autres formes d'édition (édition numérique, éditeur-pourri-qu'on-trouve-pas-ton-livre-en-librairie), je connais pas, c'est pas mon rayon.

 

 

 

 

 

Techniquement, oui, tu peux être édité à seize ans. D'ailleurs, ça fera un bon argument marketing pour ton éditeur (" le benjamin de la rentrée littéraire ", ce genre de conneries).

 

Si tu souhaites être édité, tu peux donc tout à fait envoyer tes manuscrits ici et là.

 

Le seul problème qui risque de se poser c'est qu'à seize ans, on a rarement assez de pognon pour financer les photocopies et les envois postaux, mais c'est là une autre question.

 

 

 

 

Après, je ne pense pas, tout à fait personnellement, que ce soit une excellente idée.

Je vais t'expliquer pourquoi.

 

 

 

Je me base sur ma propre expérience. Un autre auteur pourrait te tenir un discours fort différent.

 

Mais, entre quinze et vingt-et-un ans, voire vingt-deux ans, j'aurais tendance à conseiller aux auteurs de ne pas passer trop de temps à essayer d'être édité.

 

Pourquoi ?

Parce que vous ne connaîtrez peut-être plus une période de telle énergie créatrice. Vouloir être édité, être édité, c'est perdre beaucoup d'énergie, beaucoup de temps, pour des choses qui ne sont pas de la création proprement dite.

 

De quinze à vingt-deux ans, j'avais une frénésie imaginaire incroyable. Je ne l'ai plus aujourd'hui. J'étais tout le temps en train de faire des choses, et je faisais des millions de choses. J'écrivais. Je dessinais. Je faisais de la musique. J'écoutais beaucoup de musique. Je n'arrêtais pas. J'avais tellement d'idées. Toujours des idées.

Tout était simple, tout semblait accessible. J'osais. J'avais des audaces typiquement adolescentes, je me sentais d'une liberté totale, j'étais fertile. Vraiment fertile. Je me jetais dans des projets fous, dans des projets difficiles, rien ne me retenait.

 

 

 

 

Dans le documentaire " profession mangaka ", la dessinatrice Kiriko Nananan exprime très bien ce privilège de la jeunesse.

 

 

 

 

  Le passage en question est à 8:55

 

 

 

 

 

De ce que j'ai réalisé à cette époque, rien n'a été publié.

Mais j'ai commencé à bâtir, à cerner, avec un courage et une force inégalables, les thématiques que j'ai développées plus tard dans mes romans édités.

 

Si je n'avais pas eu ces années où j'ai créé pour moi, pour mes amis, mes thématiques n'auraient pas été portées à une maturation suffisante, et, probablement, je n'aurais pas écrit les livres que j'ai pondus par la suite.

Je pense qu'il est important de laisser mûrir votre travail, votre univers d'artiste. Un peu plus tard, vous serez capable de synthétiser toutes ces inspirations diverses et variées pour en faire quelque chose de vendable.

Car, quand on veut se faire éditer, il ne faut pas se voiler la face : on doit vendre notre oeuvre. Comme un peintre vend ses tableaux.

Et pour vendre, il faut que ce soit travaillé un minimum.

 

J'ai écrit plus haut que mes productions de jeunesse n'avaient pas été publiées. En l'état, elles n'étaient pas publiables. Je n'étais pas capable, à l'époque, de me consacrer à l'immense travail de réécritures, de relectures, de corrections, qu'un roman nécessite avant d'être présenté à des éditeurs. Je ne voulais pas perdre de temps sur cet ouvrage lassant, rébarbatif, monotone. J'avais bien trop d'idées pour m'attarder là-dessus.

C'est à vingt-trois ans que j'ai commencé à réfléchir sur un roman "pour me faire éditer", que j'ai eu la mentalité propre à un immense travail de forme et de fond. J'ai signé mon premier contrat d'édition quelques années plus tard.

 

Etre édité, essayer d'être édité, est un processus de longue haleine, qui pompe énormément d'énergie, de temps, un peu d'argent aussi (pour les photocops et les envois par la poste). Je suis heureux de ne pas l'avoir fait trop jeune. D'ailleurs, je pense parfois que, même en ayant été édité entre 25 et 30 ans, j'étais encore trop jeune pour ça. Mal préparé, mal dégrossi, naïf, trop gentil, trop confiant.

 

Alors imagine un peu à 15 ans...

 

 

 

 

 



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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 14:14

Armstrong Oprah-05151-308 image

 

 

 

Si seulement c'était vrai, je te ferais le Galibier deux fois de suite à plus de 20 km heure de moyenne.

 

Et puis je serais un peu plus riche que je ne le suis actuellement.

Juste un peu, hein.

 

 

 

 


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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 14:17

 

 

http://1.bp.blogspot.com/_jBDlA7n1V6E/S_5F5w2F8xI/AAAAAAAAAL0/de9OXg59N0s/s1600/chaussures-bateau-taillissime.jpg 

 

Le mec, s'il en avait pas porté,

on l'aurait pas remarqué

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un poteau et moi avons été invités à l'anniversaire d'un troisième pote. Nous nous connaissons tous du lycée. D'habitude, je n'aime pas trop les anniversaires. Mais le poteau avec qui j'ai été invité, on se marre tellement ensemble, que j'accepte de m'y rendre.

 

Ce poteau et moi, on a le même humour caustique. Je lutte contre mon humour caustique, pourtant. Pire encore, on a les mêmes obsessions culturo-sexuelles. Je précise "culturo-sexuelles", parce que nous détestons les mêmes phénomènes culturels, et parce que nous sommes autant obnubilés par le sexe l'un que l'autre. Je ne connais personne d'autre avec qui je puisse parler de telles saletés que cedit poteau.

En fait, on s'encourage mutuellement, et c'est mal. Séparément, nous sommes des personnes fort courtoises et charmantes. Ensemble, nous sommes infects. Il exerce une très mauvaise influence sur moi. J'imagine que ma fréquentation ne l'améliore pas non plus. Je l'appelle Mauvais Génie.

 

Le troisième pote qui fête son anniversaire – trente ans, j'y passerai également dans moins d'un an – a invité plein de monde. Notre trentenaire tout neuf est vachement plus sociable que Mauvais Génie et moi. Il connait un max de gens. Il fréquente même des petits-bourgeois. Dont un mec qu'on a remarqué, Mauvais Génie et moi : ce type, il est drôlement propret. Il porte des chaussures bateau. Voilà typiquement un exemple de l'influence néfaste de Mauvais Génie. Tout seul, je n'aurais jamais remarqué ce gugus avec ses chaussures bateau. Mais, en la présence de Mauvais Génie, je le vois et nos regards complices se croisent, lourds de signification.

Le type aux chaussures bateau a lancé une conversation sur la politique. Mmmmh. Il a voté Mélenchon aux présidentielles mais, attention, " il n'est pas communiste ". Mauvais Génie et moi on glousse bêtement, juste avant que Mauvais Génie ne me dénonce tout haut :

- Fais gaffe parce qu'il y a un communiste dans la salle.

- Arrête, je fais en râlant. La honte, quoi.

Chaussure bateau me condescend un sourire paternaliste.

- Non mais je ne critique pas, tu sais, je trouve ça bien que le PC existe encore, vous représentez juste une couche de la société qui a disparu, ça ne doit pas être facile tous les jours.

Avant, j'aurais répondu. Avant, j'aurais argumenté. Avant, j'aurais demandé ce qu'il entendait par "couche de la société qui a disparu".

Mais je vais bientôt avoir trente ans, bordel. Et je fais du yoga. Et je m'en fous. Donc je ferme ma gueule.

C'est Mauvais Génie qui se pique de le rabrouer.

- Comment ça, une couche de la société qui a disparu ?

- Les ouvriers, voyons.

- Ah bon ? Ils ont disparu ?

- Pratiquement.

- Qu'est-ce que tu fais, comme métier, toi ?

- Je suis auditeur comptable.

- Ouah, ça doit réclamer de longues études.

- J'ai fait une école de commerce.

Je réprime un tic d'agacement. Mauvais Génie ne lâche pas le morceau.

- C'est payant les écoles de commerce, n'est-ce pas ?

- Oui, enfin...

- Alors peut-être que pour toi, les ouvriers ont disparu car tu évolues dans un monde où ils n'ont pas droit de cité.

- Mais non, je suis de gauche.

Là, je ne peux pas m'empêcher de faire observer :

- Je ne vois pas le rapport entre le fait d'être de gauche et celui de connaître des ouvriers. Je crois que tu ne connais aucun ouvrier, je crois que tu es d'un autre milieu que le nôtre.

Chaussure Bateau commence à trépigner sur place. Notre conversation lui tape un peu sur le système. Il cherche à s'en dépatouiller en se tournant vers une nana que nous ne connaissons pas.

- Ah salut Chloé ! T'es pas venue avec ta copine... Comment elle s'appelle ?

Ravie, la nana enchaîne :

- Nassima ? Non, elle est malade. A vrai dire, elle est en convalescence...

La meuf ricane. Je sens la fille qui va lâcher une belle saloperie sur une potesse.

- Tu me croiras jamais, mais, Nassima... Elle s'est fait refaire le nez. Elle peut pas sortir de chez elle pour l'instant, elle a un plâtre.

- Refaire le nez ? S'exclame Chaussure Bateau.

Et tous les deux éclatent de rire.

Je ne connais pas Nassima. Je ne les connais pas non plus, ces deux connards.

J'aurai bientôt trente ans. Je fais du yoga. Je ne suis plus censé me jeter dans la bagarre.

Mais j'imagine Nassima avec son nez plâtré, seule dans son appartement. Loin de sa soi-disant copine qui drague un "auditeur comptable" en se moquant d'elle.

Involontairement, la copine félonne abonde dans mon sens, puisqu'elle ajoute :

- Tu sais qu'elle est encore logée chez ses parents... Elle doit vivre un enfer si elle ne peut plus sortir, la pauvre.

Chaussure Bateau ouvre des yeux comme des soucoupes.

- Elle est encore chez ses parents mais elle se paie de la chirurgie esthétique ? Comment elle a fait ?

- Ben elle aimait pas son nez, quoi.

Nouveaux rires, froids, méchants, hautains. Rires de charognards. Mépris de classe. Mépris sexiste.

- C'est honteux, commente Chaussure Bateau. Quelle bimbo...

- Elle a économisé, cette conne, depuis des années, pour faire cette opération. En fait, je pensais que ça serait plus cher. Je crois qu'elle a payé trois mille euros, par là.

- Mais que c'est superficiel ! Rénchérit l'autre. Elle est folle, ou idiote !

- Je ne trouve pas que ce soit si superficiel.

Ça y est. C'est fait. Ma grande gueule a marqué son non moins grand retour.

La félonne et Chaussure Bateau me dévisagent.

- Il est communiste et il trouve que la chirurgie esthétique ce n'est pas superficiel !

- En tout cas, je la trouve moins condamnable que le fait d'avoir été en école de commerce quand on prétend être "de gauche".

Ça fout un froid, je vous dis pas. Mauvais Génie se frotte les mains. Il aime le goût du sang.

- Je vois pas le rapport, balbutie Chaussure Bateau.

- Si, il y en a un. Ta Nassima, elle a économisé depuis des années sur son salaire, j'imagine ? Que fait-elle dans la vie ?

- Elle est aide-soignante.

- Elle a payé sa rhinoplastie avec l'argent de son travail. Je ne vois rien à y redire.

- Un communiste qui cautionne la chirurgie esthétique !

- Je me fiche de la chirurgie esthétique, je ne la cautionne ni ne la condamne. Pour moi, c'est comme la religion. Je ne vois aucune différence entre une rhinoplastie et le type qui dépense deux mille euros pour se rendre en pélerinage à La Mecque, à Jérusalem ou dans n'importe quel temple bouddhiste ou hindouiste. Quelle putain de différence ? Aucune. Tu dépenses pour toi, pour ton accomplissement personnel. Cette fille voulait un nez plus harmonieux ? Elle l'a fait, voilà, comme d'autres vont acheter de la paix spirituelle, ou de l'exotisme, en Inde. Il n'y a pas d'intérêt général dans la religion. Il n'y a nul intérêt général dans le tourisme. Il n'y en a pas non plus dans la chirurgie esthétique. Cela dit, en nostalgique de Robespierre, je suis pour la liberté de culte. Donc je suis pour la liberté de la chirurgie esthétique. Bien sûr, je préférerais que l'on vive dans un monde où les gens sont en paix avec leur physique. Mais ce n'est pas notre monde, pour l'instant.

La Félonne affiche un rictus dégouté. Chaussure Bateau n'en revient pas.

- Tu es un communiste plutôt cynique.

- Ce que je trouve cynique, c'est de faire une école de commerce alors qu'on se prétend être de gauche. Mais ça, je l'ai déjà dit je crois.

Là, notre ami s'impatiente.

- Je voulais faire un certain type de métier, je n'avais pas le choix !

- Si, tu avais le choix. Tu avais le choix d'une école publique, tu avais le choix de ne pas profiter des revenus confortables de tes parents et, ainsi, de valider un système élitiste. Un système vulgaire. Oh, je sais bien, tu n'es pas extrêmement riche non plus. Tu fais partie des classes moyennes. Mais tes parents n'étaient pas ouvriers, ça s'est sûr. Tu as donc eu accès à ce que les fils d'ouvriers n'ont pas eu accès. Nassima, elle, au moins, n'a certainement pas profité de ses parents pour s'offrir un nouveau nez. D'ailleurs, combien est plus abordable le nez de Nassima si l'on s'attarde sur les – je cite la fourchette basse, je suis indulgent – vingt mille euros de frais de scolarité que tes généreux parents t'ont consacrés.

Chaussure Bateau et la Félonne décident enfin de nous abandonner là. Ils détalent dans une autre pièce en marmonnant tout le mépris que ma philosophie leur inspire. Mauvais Génie passe un bras sur mes épaules.

- Je t'ai déjà dit que je t'aimais, petit con ?

Puis, il soupire :

- Si seulement Nassima avait été là.

 

Oui, si seulement.

 

 

 

 


Pif en plastoc ou pas,

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 15:00



Pardonnez-moi, mais j’écris Rimbaud Rimbo : ça fait clown. Il aurait adoré.

 



rimbaud.jpg 

 

 

Invité chez Verlaine, Rimbo y cassait les bibelots.

 

Geste d’attardé, de petit garçon triste à l’horizon fermé, dédain de gauchiste et fausse idiotie d’adolescent.

 

Je dis fausse idiotie, car Rimbo n’était pas idiot.

Il voulait dire l’ineffable. Bien sûr, ça ne fonctionna pas.

Il voulait dire l’impossible. Bien sûr, il n’y parvint pas.

Il voulait « le dérèglement de tous les sens ». Autant dire, Nerval rue de la Vieille-Lanterne, les pieds dans le vide, la corde au cou, le givre sur le visage.

 

Il écrivit : on n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.

Il mentait.

 

Il l’était bien, lui, sérieux. Puisqu’il ne mourut pas pendu rue de la Vieille-Lanterne, mais après avoir arrêté la poésie, et fait du trafic d’armes.

 

Rimbo fit croire qu’il était contre tout. Contre sa mère, la bourgeoisie, l’ordre et le travail.

Contre les bibelots, aussi.

Mais il n’était pas contre le trafic d’armes, ni contre l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

 

 

Un autre homme très sérieux se chargea de l’adapter pour le  20ème siècle : Sartre.

 

Tous les deux eurent la grande carrière que nous leur connaissons.

 

 

 

 

  Lire aussi sur mon magnifique blog :

 

Aragon contre Rimbo

 

 


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Published by stoni - dans Définitions
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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:36

 

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Ô cher camarade lecteur de cet humble blog ! Rappelle-toi ce beau jour où je postai l'article culte "comment repérer un éditeur pourri".

 

Dans ce billet ma foi fort croustillant, je vous expliquai la différence entre un vrai éditeur (qui certes peut être un gros connard, mais qui vendra un minimum de livres) et un éditeur pourri (qui ne vendra pas de livres du tout).

Mieux vaut lire cette archive brûlante pour saisir toute la subtilité de ce qui va suivre.

 

 

Eh bien, crois-le ou non mon cher lecteur, de "petits éditeurs" se sont sentis visés par ce billet ! Dont un en particulier, lequel m'a envoyé un message pas piqué des hannetons, genre courageux, le mec.

 

Je ne sais pas si ce type est maso, ou autre.

Mais tu vas voir, c'est goûteux.

 

J'ai décidé de taire le nom de sa maison d'édition que j'appellerais "les Editions Patate".

 

 

 

 

Bonjour Stoni

J’ai été très intéressé par votre article « le profil de l’éditeur pourri », parce qu’il m’a titillé et que j’y ai reconnu quelques-unes des caractéristiques de ma petite « maison d’édition ».
Suis-je pour autant un « éditeur pourri » ?


Parmi vos onze critères, il y en a plusieurs en effet qui me concernent :

 

1/ c’est vrai, je ne contacte pas mes auteurs par téléphone ; je préfère leur écrire des mails, assez longs et détaillés, parce que « les paroles s’envolent » et qu’il me reste des traces de ces écrits.

 

2/ en revanche, dès le début, lorsqu’un manuscrit a été retenu par nos lecteurs (car nous avons vraiment un « comité » de lecture, qui remplit des fiches de lecture) je préviens du tirage, de la date indicative de parution (à un mois près), des droits d’auteur, etc. J’informe en tout premier lieu l’auteur que nous sommes un petit éditeur, qui pratique de petits tirages et qui est assez peu diffusé (sur ce point, vous avez raison, bien sûr : la diffusion des ouvrages est LA question centrale de l’édition).

 

3/ c’est vrai, je ne verse pas d’à-valoir. Je verse des droits d’auteur (10 à 12%), avec un état des ventes établi tous les six mois, mais pas d’à-valoir. Je pense qu’aujourd'hui, peu de petits éditeurs le font.


4/ en revanche, je suis répertorié sur societe.com et info-greffe (
Note Du Stoni: il me donne le lien vers la fiche infogreffe de sa maison d'édition, laquelle n'est pas un SARL mais une "affaire personnelle commerçant", personnellement je ne connais pas cette forme juridique mais bon).

 

5/ mon activité est bien celle d’un « éditeur de livres ».

 

6/ c’est vrai, je n’ai pas de distributeur-diffuseur.

 

7/ c’est vrai, à la FNAC (sauf sur le site FNAC.com) ou à la grosse librairie du quartier (sauf dans certains centres Leclerc et dans certaines grandes librairies, dans le Nord de la France, à Bruxelles ou Genève), en général on ne trouve pas de livres des Editions Patate.

 

8/ c’est vrai, votre libraire de quartier ne nous connaît pas.

 

9/ c’est vrai, je ne rencontre personne dans mes « locaux », car je n’ai pas de « locaux » destinés à cela.

 

10/ en revanche, je donne mon numéro fixe, et plusieurs auteurs m’ont appelé pour régler des détails de publication ou prendre des renseignements, mais je reconnais que c’est exceptionnel.

 

11/ c’est vrai, notre premier tirage est de l’ordre de 300 à 500 ex, mais jamais plus. Nous réalisons ensuite des tirages complémentaires, selon le volume des ventes.

 

Est-ce que tous ces défauts font de moi un « pourri » ? Je ne pense pas, mais cela, bien sûr, dépend des critères.

 

Je m’efforce, avec ma petite équipe (un animateur du « comité » de lecture, une quinzaine de « Lecteurs », un conseiller-correcteur, un graphiste, un webmaster) de donner TOUJOURS une réponse argumentée à chaque auteur concernant son manuscrit. Nous nous efforçons de respecter les auteurs, et toutes les personnes qui ont été en contact avec nous peuvent en témoigner.

 

Depuis le début de notre activité, nous avons reçu plus de 1500 manuscrits, et nous en avons publié une vingtaine seulement. Nous mettons un point d’honneur à lire les manuscrits, et pas seulement deux lignes au milieu, et à répondre aux auteurs. Nous avons d’ailleurs une bonne réputation (voir les différents forums Internet qui parlent de nous), et de nombreux auteurs aimeraient être publiés chez nous.

 

Concernant le manuscrit lui-même, j’ai beaucoup apprécié les conseils que vous donnez sur la langue, la grammaire, etc. et je partage vos vues. Toutefois, il nous est arrivé, à deux ou trois reprises, de faire une chose qui vous étonnerait : nous avons retenu des manuscrits mal écrits, mais qui avaient à nos yeux de la valeur, qui racontaient une histoire intéressante ou émouvante, ou les deux. Nous avons alors fait travailler notre correcteur, qui est un excellent professionnel, et qui a su produire un beau texte à partir d’un manuscrit parfois très bancal. Bien sûr, cela se fait en accord complet avec l’auteur, progressivement et par « lots » de pages, car c’est un énorme travail, et cela reste malgré tout plutôt rare.

 

Nous avons des auteurs heureux, dont la très grande majorité ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires – comme vous devez le savoir, car vous connaissez bien le monde de l’édition, certains auteurs publiés par Gallimard se vendent très mal et n’ont pas la chance de vendre mille ou cinq cents ou même cent exemplaires de leur prose…
Est-ce que tout cela fait de nous un « pourri » ?

 

Je suppose que vous êtes très occupé, mais j’aimerais avoir votre avis sur notre « cas », peut-être un peu particulier. Merci par avance pour votre réponse, si vous avez un peu de temps.

 

Bien cordialement,

Monsieur Patato, Editions Patate

 

 

 

 

 

Bon, alors moi, quand j'ai reçu ce message de Monsieur Patato, j'étais bien emmerdé. Je me suis dit "oh le pauvre, il y croit à son truc, ça fait meskin".

Je ne savais pas trop comment lui répondre, et j'ai envoyé ça.

 

 

 



Mon bien cher Monsieur,

 

Votre message est, ma foi, un peu ardu à répondre. Vous avez votre opinion sur la situation de votre maison d'édition : elle n'est pas pourrie. D'autre part, vous avez compris la mienne : l'exact opposé. En effet, je ne conseille pas aux auteurs de signer chez quelqu'un comme vous. Vous me demandez, en fin de votre message, mon avis sur votre cas. Que voulez-vous que je vous dise de plus ?

 

Vous ne donnez pas d'à-valoir, vous n'avez aucune structure de distribution-diffusion valable, vous n'avez pas de locaux. Vous n'existez pas dans le monde de l'édition française.

 

 

En tant qu'auteur, je n'accepterais jamais un contrat chez vous – d'ailleurs, je ne vous aurais pas sollicité, y compris (et surtout !) pour un premier roman. Je ne conseillerais à personne de signer pareille chose.

 

J'ai déjà exposé tous les arguments qui m'engagent à me prononcer de la sorte dans mon article sur le profil de l'éditeur pourri. Pourquoi les ressasser ici ? A quoi bon ?

 

Je ne suis pas davantage versé dans le sadisme. Vous m'embarrassez.

 

Comme beaucoup d'autres, vous souhaitez être éditeur sans investir de l'argent. C'est quand même dingue, ça !

Quand on devient entrepreneur, on investit, on emprunte... et on rémunère ses salariés !

Vous rendez-vous compte que 1500 € d'à-valoir, ce n'est même pas ce que vous coûterait un salarié à temps plein pour trente jours de travail au SMIC ? Le réalisez-vous ?

 

C'est fou, tout de même, ces patrons qui veulent que l'on travaille gratuitement pour eux !

Car un écrivain est un travailleur, un livre est un produit fini, et un éditeur est un patron !

 

Vous êtes un peu tels ces jeunes auteurs qui décident "d'être édités" sans même maîtriser au préalable la base du média qu'ils ont choisi pour s'exprimer : la langue française.

Vous, vous voulez être éditeur, être patron, sans dépenser un sou pour la distribution, sans payer convenablement les gens.

Je vous invite à relire la parabole du boulanger dans ce fameux article que, pourtant, vous semblez avoir disséqué à la loupe...

 

Je l'ai écrit et réécrit sur ce blog. Si l'auteur a comme seule ambition de se faire éditer pour un tout petit circuit, de vendre son livre à sa famille et à ses amis, alors un éditeur comme vous, pourquoi pas ? Bien que, à ces gens-là, je préfère encore conseiller l'auto-édition...

 

En revanche, un auteur qui souhaite entamer un début de semblant de carrière dans l'édition française, qui veut un peu être "écrivain", qui souhaite exister un minimum dans le monde de lettres, n'a rien à faire avec des gens comme vous !

 

 

Et nombre de ces jeunes auteurs-là, inexpérimentés, mal informés sur l'édition, qui ne comprennent rien à l'industrie du livre, finiront par céder les droits de leur oeuvre à une maison d'édition comme la vôtre.

Le rôle de mon article est de les prévenir de l'immonde déception qui les étreindra en découvrant qu'ils n'auront vendu que 50 exemplaires à leurs proches, à leurs amis...

 

 

Je suis navré si ce que vous avez lu sur mon blog vous a, possiblement, blessé. Nombre d'auteurs me contactent pour me raconter l'horrible déception qu'ils ont vécue en collaborant avec un éditeur fantôme. Ils me demandent souvent comment ne pas réitérer ce genre d'erreur à l'avenir. J'ai écrit ce dossier "spécial éditeur pourri" pour répondre à tous ces gens. Voilà tout.

 

Croyez-moi bien

Votre fraternel

Stoni

 

 

 

 

Et là, le type en remet une couche. Obstiné, genre.

 

 

 

 

Cher Monsieur

Je vous remercie pour votre réponse, et surtout pour avoir pris le temps de me répondre.

Sur le fond, sur ce que doit être un « vrai » éditeur, avec à-valoir, large distribution, locaux, etc. je suis d’accord avec vous et je ne discuterai pas sur ces points.

C’est juste le qualificatif de « pourri » que je trouve excessif. J’ai peu de moyens, je sais que je n’existe pas dans le paysage éditorial français, etc, mais j’essaie de faire honnêtement mon travail. J’annonce clairement la couleur sur mon site (Note Du Stoni : je suis allé voir son site, je n'y ai vu aucun message de "prévention"), je préviens immédiatement chaque auteur que je suis un « petit » éditeur, avec de petits tirages et une faible diffusion, je les informe immédiatement de là où ils mettent les pieds…

Je fais ce « travail », qui n’en est pas un pour moi, par passion pour la littérature, pour la qualité des textes, pour les relations avec les auteurs, et non pour gagner de l’argent car, comme vous vous en doutez certainement, même avec de petits tirages et une faible diffusion, globalement, de l’argent je n’en gagne pas mais j’en perds…

Mais je n’ai pas à me justifier de la manière dont je travaille, c’est sans grande importance. Le vrai problème, dans le fond, est celui du fonctionnement actuel de l’édition et de la manière dont les manuscrits (dont certains sont, parfois, vraiment « bons ») deviennent des livres en librairie.

C’est ce que vous racontez dans votre article sur le destin d’un manuscrit. Ce fonctionnement n’est pas normal ; un « bon » manuscrit, écrit par un inconnu, arrivé par la poste ou déposé dans les locaux de l’éditeur, a très peu de chances d’être lu – et donc d’être publié. C’est seulement un « coup de chance » s’il parvient au comité de lecture, et s’il est vraiment lu, ne serait-ce que partiellement.

C’est contre ça que j’essaie de me battre, à mon petit niveau. Depuis que nous existons, nous avons reçu plus de 1500 manuscrits, et nous en avons publié seulement une vingtaine. Pour les manuscrits que nous n’avons pas publiés, nous avons répondu de manière argumentée à quasiment tous les auteurs (ce qui prend du temps, croyez-moi !), soit en les conseillant sur leur écriture, soit en les guidant vers d’autres éditeurs. A plusieurs reprises (encore tout récemment), nous avons reçu de très bons manuscrits, que nous avons décidé de ne pas publier car nous pensions que nous ne les « méritions » pas. Nous avons orienté ces auteurs vers de plus grands éditeurs, plus largement diffusés. C’est peut-être dans ce travail de conseil, davantage que dans l’édition elle-même, que je trouve la plus « noble » justification de ce que je fais.

Voilà ce que je voulais dire, en peu de mots. Je trouve que vos articles sont salutaires, en poursuivant, avec une autre orientation sans doute, le travail commencé il y a quelques années par le CALCRE. Plusieurs de mes auteurs vous connaissent et vous apprécient, même si vos jugements sont parfois « à l’emporte-pièce »…

Bien fraternellement,

Monsieur Patato.

 

 

 

Ce à quoi j'ai répondu :

 

 

 

Monsieur,

Je ne suis pas d’accord avec la conclusion que vous tirez de mon article « l’aventure de ton manuscrit dans une maison d’édition… », qui décrit la façon dont sont traités les textes reçus chez un éditeur.

Je n’ai pas écrit, dans cet article ou ailleurs, qu’un manuscrit « avait très peu de chances d’être lu » (je me permets de reprendre vos termes). J’ai écrit qu’un manuscrit a très peu de chances de correspondre exactement, à cent pour cent, aux critères éditoriaux de
telle collection, de telle maison.
J’ai expliqué comment les choses se passent. Froidement. Simplement.

J’ai moi-même été édité en envoyant mon manuscrit par la poste. Je ne connaissais personne dans le milieu. Je suis ouvrier. Je n'ai pas fait d'études. Je ne suis "personne".
Je connais d’autres auteurs – dont certains lisent mon blog – qui ont également obtenu leur premier contrat d’édition sans « connaître ni être personne ».

J’ai écrit, et réécrit, sur mon blog que « seul le manuscrit compte ».
Rien d’autre ne compte.

Le problème ne réside nullement dans la façon dont les éditeurs lisent les manuscrits. Si j’étais eux, je procéderais de la même manière. Le problème c’est qu’il y a trop de manuscrits.
Un grand éditeur reçoit des milliers de textes par an. Comment voulez-vous qu’il les lise de la première à la dernière page  ? Cela lui est tout simplement impossible.
Pourtant, dans cette moisson de romans, il en publiera peut-être un ou deux.

Votre volonté de lire tous les manuscrits et de conseiller les auteurs est certes louable.
Mais est-ce le rôle d’un éditeur ? Ce n’est pas mon avis.
Un éditeur est un entrepreneur, ou un « manager », qui a pour mission de publier des livres. Il cherche une certaine matière première. Il n’est pas là pour conseiller les auteurs qui sont incapables de lui livrer cette dite matière première.

Pour ma part, je me suis toujours fichu des refus argumentés. A quoi bon ? Ce que je cherche, c’est un contrat. Si mon écriture ne correspond pas à un éditeur, il n’a qu’à me dire non. J’irai alors chercher ailleurs. Je n’ai pas de temps à perdre.

Croyez-moi, les éditeurs (indépendants, grands, petits…) qui ont néanmoins trouvé de grandes qualités à un manuscrit le feront probablement savoir à l’auteur. Cela se passe, parfois.

Votre « mission » altruiste est plus celle d’un conseiller en écriture que celle d’un éditeur. Si vous souhaitez aider les auteurs à améliorer leur style, il serait plus judicieux d’ouvrir un blog dévoué à cet effet, ou de fonder une association qui proposerait des services (j’espère gratuits…) de lecture et de conseil.

Une maison d’édition a pour but de vendre des livres. Il s’agit d’un service marchand. Pas d’une œuvre caritative.

Mes jugements vous semblent peut-être à l’emporte-pièce.
Tout ce que je puis vous répondre, c’est que, sur l’édition, je sais de quoi je parle.
C’est là tout mon drame, d’ailleurs. Mais on se choisit la carrière que l’on mérite, je suppose.

Bien à vous,
Stoni 1983

 

 

 

 

 

 

 

Le mec ne m'a plus répondu. Et pourtant, le pire, c'est que c'est à suivre...

 

 

 



 

Toi aussi, dis à Stoni
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 13:30

 

 

 

http://www.thespacebar.co.uk/ebayscans/71206.jpg

 

 

Je suis avec un pote qui vient d’avoir trente ans.

- Trente ans... que je réalise, oscillant entre l’admiration et l’effroi.

- Eh ouais…

J’en ai vingt-neuf. Nous restons cois.

- Dire qu’on a survécu à Jimi Hendrix.

- Et à Amy Winehouse.

- On aura vécu plus longtemps qu’eux.

- Ouais, on a assuré quand même.

- Tu te rappelles, quand on avait vingt ans ? Moi je trouvais que c’était pas si jeune que ça pour mourir, vingt-sept ans.

Mon pote hoche la tête.

- Moi pareil. A vingt ans, je me disais « oh, le Jimi, ça va, vingt-sept ans, il a eu le temps de faire sa vie ».

- Et maintenant…

- Maintenant tu te dis qu’il est mort SUPER JEUNE, le mec !

- Que c’était encore un bébé.

- A la fleur de l’âge et tout.

Nous tendons des lèvres dubitatives.

- Mouais…

- C’est sûr…

- Je me demande quand même ce qui a changé en nous, en dix ans, pour que notre point de vue évolue comme ça.

Mon pote, d'une cruauté lapidaire :

- On a salement vieilli. C’est tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 13:36

 

 

bagheadfire.jpg

 

 

Voilà.

 

Décourager d'écrire. Découragé de me battre. Dé-courage.

 

Depuis quelques semaines, le temps que je consacre, d'habitude, à l'écriture ou à mes romans s'effondre dans le néant, la fainéantise, la passivité.

 

La vérité ? Je n'arrive pas à faire accepter, ici ou ailleurs, ce roman qui doit probablement être mauvais. Je pensais que ça tenait la route.

 

Je n'ai pas la patience de persévérer, de lutter pour ce texte.

 

J'en ai plein le cul. J'ai eu ce que je voulais. J'ai été édité. Plusieurs fois. J'ai eu le roman dans les librairies. J'ai eu les lecteurs. Il y a quelques années, avant tout ça... je me souviens avoir dit : " tout ce que je veux, c'est un petit lectorat, je n'aurai pas d'autres ambitions".

Et mon cul, pauvre connard.

 

Bien sûr que non, ce n'est pas tout ce que tu veux. Tu veux davantage. Tu n'accepteras pas longtemps cette petite modestie feinte.

Putain. Quel con.

 

Je ne veux plus. Me battre.

Je suis fatigué. Physiquement fatigué.

J'étais en vacances avec Aniki. Je n'étais plus seul. Je ne pensais plus aux romans, à l'édition, à ma soi-disant "petite mauvaise réputation" dans le milieu, toutes ces conneries, toute cette saleté...

 

 

Nous avons repris le taf. Moi le matin. Puis, de retour chez moi en début d'après-midi... Je me suis retrouvé, seul, avec la moitié de ma journée vide.

Je me suis retrouvé face à l'échec de ce projet.

Je sais qu'il est trop tôt pour parler d'échec. Mais je le pense. Très fortement.

 

Alors. La lassitude. Les paupières lourdes. Envie de dormir.

 

Je cherche du travail. Je veux travailler pendant ces heures de l'après-midi où je suis censé écrire. Je cherche dans la restauration, dans l'industrie.

 

Je veux travailler, je ne veux plus écrire.

 

Le pire, c'est qu'au fond je sais très bien que cela me passera.

 

Caprice. D'écrivain. De merde.

 

Des fois, j'ai presque envie de reprendre la bande dessinée (alors que je n'ai pas le niveau en dessin). Pour faire autre chose. Je ne sais pas ce que je cherche. L'écriture, la narration, la reconnaissance, le public, la séduction...

 

Je veux accepter le découragement. Rendre les armes. Dire : OUI JE SUIS DÉCOURAGÉ.

 

Pourquoi ne pas faire comme tout le monde ? Avoir un job à temps complet. Lire. Regarder la télé. Militer, peut-être. Dormir. Se lever. Sans écrire. Sans créer.

Pourquoi cela n'est pas pour moi ?

Parce que je pense que je vaux mieux ? Parce que je me sens supérieur ?

 

Je considère, parfois, mes amis. Mes parents. Que font-ils ? Ils travaillent, ils font des enfants, ils se lèvent le matin, ils se couchent le soir. Ils fêtent les anniversaires des mômes. Ils vivent.

 

Je ne peux pas. Je ne peux pas. Pourquoi ?

 

Je dois me distinguer. Faire quelque chose. Quelles pathétiques ambitions.

 

 

 

 

 

Ici se termine le texte que j'ai écrit la semaine dernière dans un grand jour d'optimisme.

 

 

 

 

 

Quand on écrit, que l'on soit édité ou pas, des moments durs viendront. Hélas, j'ai cru comprendre que c'était là le lot de tous les artistes, de tous les gens qui créent de près ou de loin...

 

Comme vous l'aurez compris au travers des lignes ci-dessus, je ne suis pas dans une phase d'euphorie, ni de grande satisfaction artistique.

 

Bon alors, c'est bien beau le lyrisme à la petite semaine du mec découragé, mais en attendant, j'essaie de survivre.

 

Chacun vit différement ses moments d'abattement.

 

 

 

http://d24w6bsrhbeh9d.cloudfront.net/photo/6254318_700b_v1.jpg

 

 

Dans mon cas, je me suis complètement coupé de l'écriture. Mais alors complètement. Je commençais à saturer. Je n'ai plus ouvert le fichier de mon roman. Je me suis consacré à d'autres choses. N'importe quoi. La cuisine. Je suis devenu un spécialiste du pain maison. J'adore pétrir. Je lis, aussi (de tout sauf des romans, je ne peux plus lire de romans tellement je suis gavé, vous vous rendez compte...).

 

Je fais du sport. Entre autres, je me suis mis au yoga.

 

Ça remonte à plus d'un an, le yoga. J'étais alors dans une autre phase bien rude. Je connaissais les bases, grâce à mes parents post-hippies. Cette pratique m'a beaucoup apporté. Mais vraiment beaucoup. Il y a plusieurs façons de l'exercer. En sport, de temps en temps (une séance de yoga est extrêmement physique), ou bien dans une perspective plus spirituelle. Bon sang ne ment pas, ou plutôt, sang hippie ne ment pas – merci les darrons ! - je cherche quelque chose de plus dans cela, tout en envisageant la chose d'un point de vue hyperréaliste radical.

Que l'on soit matérialiste (au sens philosophique du terme) ou pas, il y a toujours quelque chose à prendre dans les philosophies orientales. Le laisser-aller, le lâcher-prise, la conscience de son corps, de soi, la conscience de la fugacité de soi...

 

Et quand on écrit, ça ne mange pas de pain. Je ne veux point généraliser à partir de mon cas, mais les écrivains ont comme un-peu-beaucoup tendance à croire que leur putain d'oeuvre romanesque est la chose la plus importante du monde. Le yoga, il te dit le contraire. Il te dit qu'on s'en fout un peu de ta merde, en gros. Ça te fait relativiser.

 

Je conseille donc le yoga à tous les auteurs. Ça vous fera pas de mal. Avant, je pratiquais un sport de combat et je me suis rendu compte que ça m'énervait plus qu'autre chose. D'où le yoga.

 

 

Sinon, eh bien, il faut laisser passer ce genre de période. Du moins, c'est ce que j'essaie de faire.

 

 

 

Viens consoler Stoni

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 16:03

 

Très bientôt sur le blog, des articles incroyables sur le monde de l'édition...

 

Peut-être même que je posterai la photo de mes chaussettes...

 

En attendant, un pote a insisté pour me filmer. Je trouve ça vraiment affreux et honteux. Mais que voulez-vous. On a probablement l'image que l'on mérite.

 

 

 

 

 

 

Désormais, vous pourrez mieux vous imaginer l'auteur de ce blog. Cela rendra le contact plus humain.

 

En 2013 je continuerai donc, normalement, à alimenter ce site à raison de deux fois par semaine. En mélangeant ma vie matérialiste, la vie des cacas écrivains, le courrier des lecteurs, la politique... Et si ça fait bordel, ben tant pis, je m'en fous.

 

Je voulais tout de même vous dire que le blog marche super bien. Vous êtes des milliers à venir chaque mois. Merci à tous ceux qui propagent la bonne parole stoniste autour d'eux ! Vous aurez tous des emplois fictifs lorsque je serai au pouvoir, les mecs et les meufs !

 

Je reçois plusieurs messages de lecteurs par semaine,  parfois même une dizaine par semaine... Que ce soit sur facebook ou via le formulaire de contact du blog.

Donc si je tarde à vous répondre, désolé, relancez-moi si je chie trop dans la colle. Mais en général je prends le temps de vous répondre au taf, je traîne pas trop.

 

 

Ben ouais le taf ça sert à ça ! En 2013, soyons toujours plus nombreux à détourner la plus-value !

 

 


 





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Published by stoni
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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 14:00

 

 

 

 

 

 

 

 


Je ne fête pas le nouvel an, ni la Saint Sylvestre, ni le réveillon !

 

 

 

 quelle-petite-phrase-bouleversante.jpg

 Réveillon relou avec Proust, Freud et Spinoza, qui ont trop bu

et qui dansent sur Daddy Cool

 

 

 

 

 

 

Aujourd'hui... Stoni vous apprend à ne pas fêter le nouvel an.

 

 

 

REFUZENIK DU NOUVEL AN

 

OU COMMENT JE NE ME SUIS PAS BOURRE LA GUEULE !

 

 

 

Examinons les faits objectifs de façon tout à fait concrète.

 

Une fête de Nouvel An est chiante.

 

Chez les jeunes, elle se matérialisera par une beuverie généralisée, ou dans un nuage de fumée cannabique. Soit : vous êtes perdu au milieu de trente adolescents, post-adolescents ou trentenaires mortellement rasoirs, qui passent en boucle, et à fond, la musique que vous détestez.

 

Si d’aventure vous remarquez, parmi la foule, une personne sexuellement attirante, vous pouvez être sûr qu’elle est déjà maquée avec le petit gros vautré sur le divan, qui a le nez plongé dans la cheminée de son « bang ». Ou bien maqué avec la nana super conne qui a des dents de cheval, et qui exhibe fièrement sa carte du NPA entre deux verres de Soho.

 

Malheureusement, cela vous a coûté une bouteille de whiskey à laquelle vous ne pourrez pas toucher. Ou la bouteille de Soho, que la nana aux dents de cheval a sifflée toute seule dans son coin. Plus le paquet de chips sur lequel un mec s’est endormi, la bave au coin des lèvres. Immangeable.

 

Indice amusement : 0/10

Indice plaisir : 0/10

Indice sexe : 0/10

Indice coût financier : 10/10

 

 

Chez les vieux, la fête du Nouvel An se matérialisera par une buverie généralisée, ou par un réveillon déprimant en compagnie de votre famille. Soit : tonton Pierrot, beurré comme  un coing, pelote les seins de la copine de votre petit frère, alors que vos parents retranchés dans la cuisine se disputent sur la cuisson des escargots. Si votre famille ne boit pas, vous aurez droit au Grand Cabaret de Patrick Sébastien sur France 2. Et s’ils ont un côté intello, ce sera plutôt la soirée Thema sur Arté : une nouvelle année sans nucléaire ?

D’un point de vue sexuel, autant vous dire que vous n’en tirerez rien, puisque, contrairement à tonton Pierrot, vous ne souhaitez pas harceler la copine de votre petit frère.

Et il faut être sacrément tordu pour être excité par les soirées Thema d’Arté.

Financièrement, la soirée vous aura tout de même coûté une bouteille de crémant, ou la plaque d’escargots surgelés. Bref, par ces achats, vous serez responsable de l’état lubrique de tonton Pierrot, ou bien du nouveau motif de divorce opposant vos géniteurs.

 

Indice amusement : 0/10

Indice plaisir : 0/10

Indice sexe : 0/10

Indice coût financier : 5/10

 

 

 

LA SOLUTION AU NOUVEL AN :

LA METHODE STONI !

 

Depuis le réveillon du passage à 2005, je refuse de fêter la Saint Sylvestre.

 

A la place, avec Aniki, nous mettons un DVD.

 

Je vous conseille de choisir un film que vous n’aurez jamais vu avant, ou bien pas depuis longtemps. Cela donnera du piquant à votre soirée.

 

D’un point de vue bouffe, nous nous rabattons sur de petits plats qui nous font plaisir. Ce soir, par exemple : huîtres et une tranche de foie gras Casino (le magasin, pas l’établissement de jeu).

 

Bien entendu, vous pouvez tout aussi bien vous cuisiner un cassoulet Lidl.

 

Le but du jeu est de cuisiner pour un, ou pour deux grand maximum (votre conjoint, votre meilleur pote). Et de ne surtout pas stresser dans la préparation du repas. Le nombre limité de convives vous promet une séance de cuisine en toute relaxation.

 

 

Le non-réveillon de Stoni obéit à des règles simples :

 

 - refuser toute invitation chez ses amis,

 - refuser toute invitation chez ses parents,

 - refuser toute forme de cotillons ou de chapeaux pointus,

 - refuser toute forme d’enivrement,

 - refuser toute forme de défonce.

 

Normalement, ça devrait se passer en douceur !

 

Et quand minuit vient, eh bien, minuit vient et vous vous en foutez !

 

 

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UN POTENTIEL DRAGUE INCROYABLE !

 

En plus de vous décharger d’une soirée chiante de Saint Sylvestre, le non-réveillon de Stoni vous permet d’emballer grave en impressionnant tout votre entourage.

 

Car, vous le vérifierez dans les jours ouvrables suivant le non-réveillon, tout le monde trouvera votre idée géniale ! En vérité, la plupart des gens exècrent les festivités – surtout en période de crise.

 

Le citoyen lambda n’a qu’un fantasme, refoulé, enfoui, honteux, pour le soir du 31 : se mettre en un bon DVD tranquillos chez soi !

 

Mais vous, vous l’avez accompli !

 

Si l’on vous demande pourquoi, soit vous êtes honnête et répondez :

 - Je trouve ça chiant, les fêtes du 31.

 

 Soit vous brodez à fond pour séduire votre interlocuteur :

 - En fait, je suis contre la société de consommation, et cette course à l’acharnement hédoniste, jouisseur, vain et creux me rend vaguement malade.

 Vous passez pour l’intellectuel original du coin : ça donne grave !

 

 

 

UN EXEMPLE CONCRET :

COMMENT J’AURAIS PU EMBALLER GRACE A MON NON-REVEILLON !

 

Il y a longtemps, un de mes jeunes collègues avait retenu mon attention, puisqu’il correspondait point par point à mon canon tout à fait personnel du « beau gosse ».

 

Ce jeune homme fort avenant, drôle, simple et intelligent, semblait éprouver quelque admiration pour ma personne en retour.

 

Néanmoins, nous en restâmes à de simples politesses intimidées (et puis, j’étais déjà uni à Aniki, ce qui expliquera pourquoi je n’emballai pas le garçon, à la fin de l’histoire).

 

Le lendemain du 1er janvier, nous étions tous retournés au taf, et je partageai la cabine d’ascenseur avec ce garçon.

Il m’interrogea sur ce que j’avais fait pour la Saint-Sylvestre.

 - Rien, répondis-je. J’ai regardé Robocop. C’est tout.

Sa mâchoire en tomba.

Il m’adressa des yeux écarquillés.

Je crus que ce non-réveillon le choquait.

Fichtre non !

 - C’est vrai ? T’as rien fait du tout rien fait du tout ?

 - Ouais ouais, chuis sérieux !

 - T’as fait que regarder Robocop ?

 - Ouais, je l’avais loué exprès.

 - Putain mais c’est trop bien Robocop !

 - T’as vu !

 - La chance ! Moi, j’ai eu une soirée avec des potes super chiante, tout le monde s’est bourré la gueule, ils ont tous vomi et tout… C’était relou !

 - C’est pour ça que je ne fête plus le réveillon et que je regarde des films comme Robocop à la place.

 - Je vais faire pareil ! T’as trop raison !

 

 A partir de ce jour, je devins son modèle, son mentor, sa divinité vivante, sa seule raison de vivre.

 

Quand je vous disais que le potentiel drague du non-réveillon cassait tout !

 

 

 

 

 

 

MERCI STONI

ET BONNE ANNEE !

 

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