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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 11:46

 

Pour comprendre l’affaire épistémologique qui m’a lié à Max Dorra, pour le meilleur et pour le pire, lisez les articles suivants :

 

Réponse par sérieuse à l’article « Contre la cécité volontaire » de Max Dorra

 

Intervention de Max Dorra sur mon blog

 

 

 

Bon, en gros, Max Dorra, intellectuel freudo-marxiste, avait parlé de m’envoyer un bouquin gratos, et ne l’a (jusqu’ici) point fait.

 

Aujourd’hui, j’ai donc relancé l’animal.

 

 



 

- En date de : Jeu 27.8.09, stoni <stoni    .....@.... > a écrit :

 

 De: stoni …..@….com

 

 Objet: Quelle petite phrase bouleversante au coeur d'un être

 

 À: maxou…@….fr

 

 

 

 Max,

 

 tu m'avais parlé de m'envoyer ton dernier livre, et je ne  l'ai toujours pas reçu.

 

 Je te rappelle mon adresse postale :

 

Stoni .…

 

ADRESSE CENSUREE

 

 Cela me ferait grand plaisir, car, malheureusement, je n'ai plus de quoi m'offrir le moindre bouquin avant ma prochaine paye.

 

 

 Fraternellement,

 

 Stoni.

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 17:56




 

 Tout ce qui ne concoure pas au progrès humain, à la construction du bien-être collectif, est réactionnaire.

 

 La réaction, ça n’est pas compliqué : retour en arrière, négation de l’Histoire (et pourrissement de l’Histoire), arrêt sur image, boum ! On ne progresse pas.

Les freudiens appellent ça la régression.

Les marxistes diront que c’est contre-révolutionnaire : la réaction n’aide pas la Révolution, on est d’accord.

 

 La marche de l’Histoire, ce n’est pas compliqué non plus. C’est l’avancée vers un mode de production plus efficace (en termes démographiques, un système économique qui nourrira au mieux le maximum de monde). Notre avenir est promis dans un mode qui conciliera production et consommation, sans intermédiaire. Comprenez : ce que vous produirez vous appartiendra de plein droit.

Les marxistes appellent ça le communisme.

 

 Une fois posées ces définitions essentielles, vous pouvez affirmer : la beauté est réactionnaire.

 

D’une, la beauté n’existe pas.

Il n’y a pas de beauté, nulle part. C’est un concept intersubjectif : la beauté n’a de valeur que celle que l’esprit humain (le sujet, le subjectif) voudra bien lui accorder. La beauté est un consensus de plusieurs subjectivités, en l’occurrence d’une société (intersujbectif).

Et c’est d’ailleurs aussi l’exacte définition du fric, d’où l’expression monnaie fiduciaire, monnaie de confiance.

 

 Personnellement, le concept de beauté me dérange beaucoup plus lorsqu’il est appliqué à l’être humain.

Après tout, je m’en balance pas mal qu’on trouve un tabouret magnifique. Tant pis pour le tabouret ! Mais un être humain, merde, ça me fait chier quand même.

 

 Ici arrivent : les Tronches de Steak.

 

 

La Tronche de Steak

 

 

La Tronche de Steak est, à l’heure actuelle, le physique hollywoodien, et le consensus du beau contemporain.

 

Ce qui est beau est : la Tronche de Steak.

 

Il nous fallait une définition, pour rendre le concept plus palpable. Et force est d’admettre que l’expression « Tronche de Steak » est un peu plus marrante que « Physique Hollywoodien ».

 

Donc, la Tronche de Steak sera le critère de beauté façonné par le code de notre époque.

 

Pour la femme, la Tronche de Steak « éternelle » reste Marilyn Monroe (dont le destin romantico-tragique ajoute un zeste de mythologie – et la mythologie est réactionnaire).

 

Pour l’homme, la Tronche de Steak est assez bien symbolisée par Brad Pitt.

 

Bref, des nénettes et des gus devant lesquels vous êtes censés vous extasier, et auxquels vous devriez rêver de ressembler, bien entendu !

 

 

Pourquoi « Tronche de Steak » ?

 

 

Allumez votre télé, et vous ne zapperez pas longtemps avant de tomber sur une Tronche de Steak. La beauté physique est, de toute manière, fatalement vouée à occuper la fonction visuelle du bout de viande, et peu importent ses critères.

 

La Tronche de Steak n’est pas, en tant que personne, coupable de son état. Ne soyez pas méchant envers les Tronches de Steak. Ils n’y sont pour rien, les pauvres. Le hasard, ou la chirurgie plastique, ou les deux conjugués, ont fait d’un individu quelconque une Tronche de Steak en puissance. De ce fait, cette personne exerce un métier de Tronche de Steak (acteur, chanteur, journaliste présentateur du 20 heures, animateur télé, mannequin, etc.).

 

Pire encore, si votre visage s’avère correspondre aux critères de beauté, vous êtes vous-même une Tronche de Steak involontaire ! Sans pour autant que ce soit votre métier, je vous l’accorde. Mais les gens vous traiteront en Tronche de Steak du bas peuple prolétaire, et, cela est surtout flagrant chez les femmes, votre vie en sera un peu plus facilitée.

 

Vous aurez compris que le problème, ce n’est pas la Tronche de Steak en soi, mais le code épistémologique, bref, la culture, qui va produire le concept de Tronche de Steak.

 

 

En quoi le concept de Tronche de Steak est réactionnaire ?

 

 

Comme je l’ai dit plus haut, ce qui est réactionnaire ne concoure pas à l’établissement du bien-être collectif.

 

La beauté est, à ce titre, un exemple édifiant : ceux qui ne sont pas « beaux » s’en prennent plein dans leur gueule (de moches). J’ai toujours eu une pensée émue pour ces filles qui ne correspondent pas au « beau » (petits yeux, gros sourcils, gros menton et gros pif), et ce qu’elles doivent endurer chaque jour.

 

Eh oui, la beauté est aussi réactionnaire en cela qu’elle concourre à l’oppression de la femme.

 

 


Ne croyez pourtant pas que la beauté opprime la femme parce que ces salauds de mecs l’ont décidé, un beau jour, et s’y sont donné à cœur joie.

 

La beauté opprime la femme en raison de la place qu’elle a toujours occupée dans les rapports de production, depuis l’établissement de la propriété privée : elle est l’enjeu de la transmission du patrimoine.

 

Ainsi, la conduite politique de féminité naquit, car l’homme contrôla, boucla et surveilla la femme qui devait enfanter son fils, et pas celui d’un autre : ça aurait fait chier le propriétaire qu’un bâtard hérite de son patrimoine, n’est-ce pas. Depuis ce jour-là, la femme fut l’inférieure de l’homme (pour en savoir plus, lisez Engels L’origine de la famille…).

 

Chez les pauvres, la femme devait néanmoins bosser (économie domestique) et n’était pas tout à fait coupée des rapports de production.

D’où la moindre importance de la beauté chez des paysans de l’an 647, dont la femme avait les orteils enduits de mycoses, les mains ridées et tavelées par le travail, l’haleine pas extrêmement fraîche et quatre marmots dans les bras (plus les projections de vomi sur son tablier).

 

Chez les riches, la femme devint rapidement un surplus démographique qui ne servait à rien, puisqu’elle n’avait rien à faire chez elle (des servantes s’en occupaient à sa place, et des nourrices allaitaient les chiards).

 

La gente dame fut coupée des rapports de production à fond du ballon.

 

De plus, la fille de lignée noble devint rapidement un enjeu dynastique (le regroupement des familles, donc des terres), et se métamorphosa en valeur d’échange (en pognon, quoi).

Croyez-moi, question sexisme, la richarde en a bien plus bavé que la pauvresse, pendant le haut Moyen Age.

 

Cela dit, la femme, en tant que surplus démographique, était potentiellement dangereuse. Un surplus démographique, s’il n’est pas occupé et ne trouve pas son compte dans une société, est susceptible de se rebeller et de déclencher une révolution, pour justement trouver sa place.

 

Alors, on occupa la femme en inventant la féminité : la broderie, la coquetterie, l’amour galant (où un autre surplus démographique trouva aussi son emploi : le chevalier) et la beauté.

 

De ce modeste cours d’histoire pour les nuls (et professé par un nul), retenez une bonne chose : la beauté a été inventée pour retarder, voire annuler, une potentielle Révolution progressiste.

 

 

QUE FAIRE CONTRE LE CONCEPT DE TRONCHE DE STEAK ??

 

 

 Malheureusement, avec un tel matraquage idéologique, vous n’y couperez pas : vous êtes rongé par le concept de beauté physique, et cela durera certainement jusqu’à trépas.

 

 Moi-même, je tente de me révolutionner et de ne plus croire au beau physique.

Résultat : j’ai créé une catégorie de mon blog toute dévouée aux beaux gosses.

J’ai voulu faire table rase de la beauté, et voyez un peu ce que ça a donné. Un fiasco total.

 

Alors, ne vous flagellez pas, ce n’est pas si grave que ça.

L’important, c’est que désormais vous savez que la beauté c’est de la connerie.

En marxisme, la connerie, on l’appelle l’aliénation.

 

Bien sûr, comme ça, ça a pas l’air transcendant, comme prise de conscience.

Mais vous vous sentirez mieux. Et principalement, vous vous inscrirez dans une démarche potentiellement révolutionnaire (potentiellement, je le répète).

 

Vous marcherez sur la voie de la désaliénation.

Peut-être que vous n’arriverez jamais à vous désaliéner pour de bon.

Mais vous aurez au moins posé les bases théoriques de cette désaliénation, et d’autres, après vous, peut-être vos petits chiards, sauront concrétiser ce travail.

 

Ce qui s’incarnera en cela : quand vos chiards verront les vieilles photos des stars, de mannequins, et toutes ces conneries, ils soupireront : putain, j’ai rien à en foutre !

 

Ce seront des révolutionnaires.

 

L’IMPASSE REACTIONNAIRE DE L’ANTI-THESE A LA TRONCHE DE STEAK

 

 

Ce qu’il ne faut surtout pas faire, en revanche, mes chers lecteurs, c’est adopter la stratégie anti-thèse de la Tronche de Steak.

 

Soit, d’envoyer chier la beauté Tronche de Steak, mais d’en inventer une autre !

 

Cela n’aurait aucun intérêt, puisque vous ne feriez que répéter la même aliénation, mais sous une autre présentation formelle.

 

Par exemple, face à Marilyn Monroe, vous décidez de considérer comme beau l’exact contraire.

Ou alors, vous érigez le monstre comme acmé de la beauté.

 

Ainsi apparut le canon « brindille Kate Moss » (déjà annoncé par Twiggy). Loin d’être une révolution esthétique, le mannequin filiforme n’est qu’une négation de la mamelue Marilyn Monroe.

 

Là, vous répétez le même, vous ne faites pas avancer l’Histoire !

 

Ceci est d’ailleurs une parfaite illustration de la dialectique hégélienne :

 

Thèse : Marilyn Monroe

Anti-thèse : Kate Moss

 

Thèse + anti-thèse = impasse, pourrissement de l’Histoire.

 

Sortie de l’impasse = synthèse

 

Synthèse = ni Marilyn Monroe, ni Kate Moss, mais l’abolition de notre croyance au concept de la beauté, qui lui, est le vrai problème.

 

Tabula rasa.

 

L’Histoire avance.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by stoni - dans Définitions
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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 18:01

CLIQUE SUR LA BD POUR VOIR EN GRAND !!!

 


Cette bande très rapidement dessinée est tirée d’un fait réel (et autobiographique).


En tout cas, ce n’était pas la première fois qu’on me demandait de rajouter des éléments sexuo-éroto-pornos dans mes bouquins (mais je n’ai jamais travaillé avec un éditeur X, qu’on le sache !).


J’ai toujours trouvé les scènes de cul, dans les livres et dans les films, suprêmement chiantes.


Ainsi en est-il du film A History of violence, qui serait parfait sans les débâcles des scènes dites du « 69 » et des « escaliers ».


A mon avis, autant expédier la chose en trois lignes (ou en trois plans).



Quand tu commences à bosser avec un éditeur sérieux et tout, tu penses naïvement que les conversations sur le texte vont être pleines de profondeur, de complexité et d’intelligence.


Bon, pour l’instant, je suis assez resté sur ma faim.

 

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 15:59




Cliquer sur la planche pour l'afficher en taille réelle.

Suite de l'article : " La condition féminine ".


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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 21:30

 


  Réunion officieuse de communistes.


Etaient présents : un camarade plein de bonne volonté, une révolutionnaire, moi.


 Débat sur le port de la « burqa » oblige, le camarade plein de bonne volonté s’inquiète du « sort des femmes ».


La conversation dévie sur « la condition féminine ».


Ah, la condition féminine… Extrapolation d’intellectuels, grande aventure de l’humanité, préoccupation de sociaux-démocrates en mal de questionnements gras du bide, on aura tout dit, tout écrit et tout pensé à son sujet.

Sachez tout de même qu’on peut reconnaître les réactionnaires mâles et femelles à leur soupir plein d’extase : « Ah, la femme, quel grand mystère !!! »


La révolutionnaire s’agace :

 - La femme, c’est un être humain avec des seins développés, un pénis atrophié et un vagin. On va pas en chier une pendule, non ?

Le camarade plein de bonne volonté est choqué.

 - Non c'est pas ça…

 - Si, répondons-nous de concert, la révolutionnaire et moi.


 J’introduis une disgression pseudo philosophico-marxienne, en rappelant que les conduites viriles et féminines sont des résultantes (ma foi fort anciennes) de l’organisation des rapports de production.

Cela fut car cela devait être selon le système d’alors.

Cela reste car cela répond encore aux besoins du système contemporain (le capitalisme, en phase « Monopoliste d’Etat » à variante « de la séduction »).



Le camarade plein de bonne volonté s’obstine.

 - Vous n’allez pas soutenir que le roman de l’homme et le roman de la femme sont les mêmes… Leur histoire diffère.

  La métaphore est subtile, ce qui lui vaudra ma réplique empreinte de modération :

 - Justement, tu utilises le mot roman, parce que tu parles d’un relationnel de culture, culturé et culturant, tu n’es pas dans la nature. Ontologiquement, il n’y a pas de féminité.

 - Onto quoi ?

 - L’être humain en tant que tel, s’il échappait à tout le façonnement historique d’une société, n’est ni viril ni féminin. Prends un enfant grandi parmi les loups, essaie de chercher en lui de la féminité et de la virilité, tu n’en trouveras pas. En recourant au mot roman, tu as révélé ton non-dit !

 - Bon, n’empêche, la question des femmes…

 La révolutionnaire tord la bouche, lassée.

 - Non mais j’essaie de comprendre, se défend le camarade.

 - L’humanité fera tabula rasa de la féminité et de la virilité, dis-je dans un grand instant d’optimisme.

 - Ah bon ? Quand ?

 - A l’établissement du communisme. Je ne sais pas quelles conduites politiques s’instaureront alors, entre les êtres humains. Nous ne pouvons pas le concevoir.

 - Tu n’as qu’à regarder en URSS.

 - Je te parle de communisme, pas de socialisme. Le communisme, c’est la disparition de l’Etat. Je ne crois pas que l’URSS ait accédé à ce stade.

 Dépité, le camarade plein de bonne volonté soupire.

 - Alors, c’est quoi être une femme ?

 - C’est l’être humain, c’est toi, c’est moi, c’est elle (je désigne la révolutionnaire). C’est quelqu’un qui, comme toi, comme moi, comme elle, désire manger à sa faim, avoir un travail, s’épanouir, avoir un toit où dormir, être heureux.

 La révolutionnaire en rajoute une couche :

 - Je vais te dire ce que c’est, être une femme. Outre la capacité de garder l’enfant du couple en son sein pendant neuf mois, et de le mettre au monde, c’est avoir ses règles une fois par mois. Alors, là je vais te parler de condition féminine : le seul truc chiant, tu vois, c’est que quand tu t’es mise un tampon, et que tu vas chier, le tampon a tendance à sortir en même temps que ta crotte, puisque tu pousses – tu comprends ? Alors, c’est assez lourd, quand tu viens tout juste de te foutre le tampon. Voilà. La condition féminine.


 Le camarade verdit.

Je vous l’avais dit, qu’elle était révolutionnaire.


 

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 16:10

 



  Un soir, je prends un verre avec un jeune camarade.


  Tout parti politique a son Club Mickey, organisation satellite pour les jeunes, entre jeunes (ce à quoi je ne vois rien à redire).


  Pour ma part, tombant dangereusement sur la pente des vingt-six piges, je n’en fais point partie. Je me suis contenté d’adhéré au bon vieux parti des familles, basta.

D’ailleurs, à l’époque où, naïf et audacieux, je pris ma carte, je ne connaissais même pas l’existence des Clubs Mickey.


 Cela dit, le Club des Vieux Stals et le Club Mickey Stal sont en relation constante, un membre du Club Mickey Stal pouvant tout à fait être aussi membre du Club des Vieux Stals, et vice-versa.


 J’apprends ainsi du jeune camarade (eh oui, plus jeune que moi, le con ! ), que le Club Mickey s’apprête à expédier une centaine de leurs membres de l’autre côté de l’Atlantique.

 - Aux Etats-Unis ? fis-je, pris d’une soudaine excentricité.

 - Non, à Cuba. Ça t’intéresse ? Le but, c’est d’observer un pays qui expérimente la révolution.

 L’offre est sympathique, mais je refuse aussitôt.

Casanier, vivant moins par expérimentation directe que par procuration (pondant de temps à autre des œuvres littéraires qui laissent le fabuleux monde l’édition parisienne pantois), bourré d’habitudes, charmé par le train-train quotidien filé au côté de ma moitié, bref, n’ayant jamais eu le goût de l’aventure (du moins, ne l’ayant plus), je donne pourtant l’argument suivant :

 - Ça coûterait trop cher.

 - Ouais, on a un peu de mal à réunir le fric.

 Le camarade tète sa paille, découragé face à cette difficulté.

 - Tu m’étonnes, répondis-je. C’est combien, le voyage tout compris ?

 - Mille huit cents euros.

 - Ah ouais, non, je peux pas.

 A cet instant seulement, je réalise que, même si mon compte en banque abritait des centaines de milliers d’euros, je n’irais pas.

Etant casanier, vivant moins par expérimentation directe que… etc.

Puis, superficiel à ma façon, et vaincu par le matraquage idéologique, je réserve mes économies à l’achat d’un Dax (bécane géniale qui « claque sa race », verdict unanime de mes poteaux).

Bien entendu, pour le salut de ma réputation de stal patenté, je me tais.

 - Mais c’est pas toi qui paies, précise le camarade.

 J’en bats des cils de surprise.

Il m’éclaire :

 - On demande des subventions.

 - Pourquoi ?

 - Ben, pour le voyage.

 - Comment ça ?

 - On cherche du financement, à droite à gauche. C’est pas évident.

 - Tu veux dire que les jeunes qui partent ne payent rien ?

 - Bah, s’ils veulent, mais franchement, quel jeune lycéen ou étudiant pourrait donner mille huit cents euros ?

 Me dévisageant, il rajoute au dernier moment :

 - Ou un jeune travailleur.

 - Mais, s’ils veulent partir, c’est normal, non ?

 - C’est trop cher.

 - Mille huit cents euros ? Je trouve que, avec l’hébergement et la bouffe compris, ça va.

 - T’as toi-même dit que c’était trop cher !

 - Oui, mais bon, c’est pas mon rêve absolu de partir pour Cuba. J’ai d’autres priorités.

 Genre, le Dax, répète une voix dans ma tête.

Et puis, les bouquins à acheter, le combustible littéraire (tabac) à renouveler, les bouquins, le combustible littéraire… ouais, ça sonne mieux que le Dax.

Le jeune communiste en désorbite des yeux incrédules.

 - Ah bon ? C’est pas ton rêve absolu, Cuba ?

 - Franchement, non.

 Etant une pure monstruosité culturelle qui reflète parfaitement les contradictions de mon époque, mon rêve absolu, à moi, c’est les Etats-Unis.

D’où ma soudaine excentricité du début de la conversation.

Encore une fois, je ferme ma gueule.

 - Pourquoi ?

Je l’ai déçu. Ces pauvres jeunes communistes, je suis toujours en train de les décevoir.

 - Bah, j’en sais rien !

 - T’as rien à en foutre, encore ?

 - Oh non ! Je sais pas. C’est pas mon truc, enfin, je respecte leur pays et tout, c’est bien pour eux, mais voilà.

 - T’es pas curieux ?

 - Ah non… Enfin si… Mais pas à ce point.

 Le Dax, en revanche, putain là je suis curieux.

Je décide mentalement de m’infliger une heure de lecture supplémentaire le lendemain – lecture ardue de philo, sinon quel intérêt – histoire de rééquilibrer ma dialectique décadente du frivole et du sérieux. Chez moi, le frivole commence à faire chier sa mère, pour tout dire. Le sérieux a besoin de se requinquer.

Je préfère détourner la conversation :

 - Mais franchement, je suis surpris que ce soit gratuit pour les participants.

Dommage que le Dax ne le soit pas, gratuit. Dans ce cas, je foncerais. Bordel, le frivole devient trop puissant.

A la fois, pensé-je, cet investissement ne représenterait-il pas le loisir auquel tout travailleur a droit ? Est-ce réellement un bien de consommation ?

 - T’as l’air de penser à autre chose, Stoni. Tu m’écoutes ?

 - Oui oui.

 - Ben je te disais que ce serait inégalitaire, tu vois, que ce soit payant. Y’en a qui pourrait partir, d’autres pas.

 - Ah bon ?

 - Quoi : ah bon ?

 J’abandonne, l’heure allant.

Après avoir bien rêvassé sur le Dax, en marchant jusqu’à chez moi, j’essaie de comprendre pourquoi la « gratuité » toute relative du voyage m’a autant surpris – voire dérangé.


  Là où j’ai grandi, là d’où nous venons, mes proches, mes poteaux, bref, mon entourage non-communiste, le voyage n’était pas banal.


Si nous partions en vacances avec nos parents, à l’âge de la momitude, nous étions déjà bien contents.


Le voyage, c’était le trajet pour rejoindre le lieu d’où notre famille avait été déracinée au gré du Capital : campagnes, plaines, montagnes, îles, pays étrangers.


Parmi ceux d’entre nous qui firent des études supérieures, aucun ne pratiqua le « Erasmus » bruxellois – soit, une bourse qui permet aux étudiants de passer une année dans un pays de la généreuse Union Européenne. La bourse ne couvrant que très rarement les frais totaux d’une expatriation, bien entendu…


Nous n’avions pas pour autant perdu le rêve de prendre l’avion – ce qui, pour nous, relevait de l’odyssée spatiale.

Alors, nous travaillâmes. Parfois, nous immigrâmes.

Et si nous étions au chômage, nous attendions la prochaine mission d’intérim.


Pour moi, ce fut l’Amérique du Nord. Je partis au Québec, grâce à Aniki, qui m’emmenait. Parce que notre départ fut précipité (rencontre – coup de foudre – coupure épistémologique – « tu viens avec moi ? »  - « ok » ). Sinon, j’aurais économisé, et je me serais autofinancé. Ce n’était pas un voyage touristique, ni des vacances. C’était une immigration. Nous y restâmes deux ans.


Pour un copain, ce fut le Brésil. C’était un rêve, il se le paya, sur son smic. Il y passa deux semaines, et en revint plein d’un étrange alliage de dégoût et de fascination.


Un autre partit en Australie. Immigration. Economisant sur son salaire de… de Français homme à tout faire à Sydney (serveur, jardinier, cuistot, plongeur, jardinier, cuistot, etc.), il s’offrit ensuite une croisade de prolétarien dans les archipels océaniens.




Dans tous les cas, à chaque fois, ce fut un peu l’histoire de Toto va à la conquête du monde.

Ce n’était pas anodin.

Mis à part moi, finalement, personne ne se vit jamais offrir le billet.


J’aurais peut-être pu prendre le temps de raconter Toto le pauvre fils de prolétaires va à la conquête du monde, le camarade aurait été moins surpris par ma propre surprise.

Mais il est parfois très difficile de résumer une praxis à quelqu’un provenant d’une toute autre praxis. La praxis… Si vous préférez, résumer tout ce qui compose votre monde, ce que vous êtes, d’où vous venez, et ce que vous faites.


Je ne crois pas que le camarade soit d’origine bourgeoise, ou petite-bourgeoise, et ça n’a aucune importance.

Ce qui était dérangeant, dans sa réaction, c’était son incapacité à concevoir qu’un jeune puisse travailler.

Et son embarras, face à la possibilité que seuls les jeunes qui auraient travaillé partent en voyage.


Bien sûr, je n’imagine même pas le cas du jeune financé par ses parents, parce qu’il ne fait pas partie de ma praxis. Cela dit, en quoi aurait-ce été si troublant ? Les étudiants font moins la fine bouche quand il s’agit de passer une année Erasmus je ne sais où ailleurs – je doute vraiment que leurs parents n’y soient pour rien.


 Alors, il subsiste cette vague réticence, si commune, face au travail salarié, des jeunes ou des vieux. Celui des jeunes est quand même moins commode… ça voudrait dire qu’ils ne sont pas étudiants… Et ça n’est pas bien, ça.


 A praxis contre praxis, choc des praxis et clash des praxis, j’ai préféré me taire.


 Après tout, on s’en fout.



 

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 16:55

 

Exclusivité : dans cet article, vous pénétrerez le secret des coutumes des communistes, et serez introduits à la béatification de Sœur Marie-George Buffet !

 

 

Comme d’habitude, jeudi dernier, je lis Le Monde, histoire de me marrer cinq minutes, et de me tenir au courant de ce qui se dit (et ce qui se pense) parmi la bourgeoisie internationale.

 

Pas manqué : je tombe sur une déclaration de Marie-George Buffet au sujet du dopage – et du Tour de France, l’un n’allant pas sans l’autre dans la presse bourgeoise.

 

Pour les chanceux qui ne seraient pas au fait du quotidien du PCF, je rappelle que Marie-George Buffet en est la secrétaire nationale. La chef, quoi.

 

Entre communistes, nous avons pour coutume de l’appeler par son petit nom, Marie-George, lorsque nous évoquons sa camaradesque personne.

 

Alors, avec d’autres camarades, on a accolé le titre « Sœur » à Marie-George, trouvant que tout cela lui allait comme un gant.

 

Ah, Marie-George, et son petit rire mesquin un jour où, interviewée par la radio, on lui demanda ce qu’elle pensait de Karl Marx…

 

Persistant dans sa grande carrière de comique post-stalinienne, Sœur Marie-George vient d’en rajouter une couche sur le Tour du France.

 

 


 

Tous des dopés !

 

 

Forte de sa verve mondialement réputée, Sœur Marie-George s’inquiète pour la santé des cyclistes, exigeant « des explications et des évaluations rationnelles sur l'évolution des performances sportives », et, en bonne chrétienne, se garde bien entendu de « polémiquer ou montrer du doigt un coureur » (Le Monde du 30 juillet 2009).

 

Que celui qui ne s’est jamais dopé lui lance la première pierre !!

 

La mansuétude de Sœur Marie-George à l’égard des sportifs s’explique, elle, rationnellement, par son expérience de «  communisme gouvernemental », entre 1997 et 2002, lorsqu’elle décrocha un CDD de Ministre des Sports aux côtés de Jospin – le contrat fut hélas rompu par une catastrophe électorale aux présidentielles suivantes.

 

Nostalgique, Sœur Marie-George entretient son goût du sport, et croit titiller le cyclisme là où ça ferait mal au capitalisme (alors qu’elle fait tout le contraire, nous y reviendrons plus tard).

 

 

"Aucun cas de dopage n'est avéré", se rassure-t-elle. Alléluia, gloire à notre Seigneur !

 

 

Mais non, amis chrétiens, ne nous réjouissons point trop vite : Sœur Marie-George pratique la casuistique ! En gros, elle se prend la tête, se questionne, doute et se pose des cas de conscience !

 

 "Nous pourrions nous en féliciter si cela signifie que le dopage a définitivement disparu. Mais comme beaucoup de suiveurs et de passionnés, nous restons interrogatifs, et attendons avec impatience que l'ensemble des résultats soit communiqué par l'UCI."

 

Notez le avec impatience : genre, la sadique qui trépigne de pouvoir lyncher le pauvre Astarloza !

 

Mais, le mardi 30 juillet, personne n’avait encore été contrôlé positif, ce qui contrariait beaucoup Sœur Marie-George. Aussi prévoyait-elle d’organiser une Inquisition anti-EPO : "les techniques de dopage ont toujours eu un temps d'avance sur les contrôles. Il faut exiger toujours plus de moyens des pouvoirs publics et des fédérations pour faire face à ce retard"

 

 

Cherchant une personnification du mal, Sœur Marie-George, ou plutôt, Torquemada, en profite pour s’attaquer à Armstrong : "personne n'est dupe sur le personnage".

 

Le gros problème (outre la vacuité et la nullité dialectique de ses propos), c’est que Sœur Marie-George parle au nom du PCF, et ça fout trop la honte !

A partir de là, l’article reprend ses propos en les attribuant globalement au Parti : « Le PCF déclare que… Pour le PCF il faut… »

 

Mais faites-la taire !!!

 

Faisant fi de tout sentiment de honte (sa sainteté la hisse au-dessus du commun des mortels),  Marie-George s’enfonce dans un délire crypto mystique : « les organisateurs ont une année devant eux pour faire un choix : soit celui de l'oubli, du silence profitable au spectacle et à la loi de l'argent, ou celui de regarder l'Histoire en face et réagir pour faire le choix du sport, de l'éthique, de la passion et de l'humanité ».

 

 

 

La réponse de Stoni à Sœur Marie-George

 

 



« Camarade Marie-George,

 

Pourrais-tu fournir des « explications rationnelles » sur les « performances » électorales du PCF depuis ton entrée en fonction ?

 

Moi aussi, je suis tout égaré !

 

Je ne comprends vraiment pas, vois-tu, pourquoi aux élections présidentielles, quand tu es candidate, on tape dans les 2 % grand maximum, et aux élections municipales, quand il ne s’agit pas de toi, on tape dans les 10 % ?

 

Que se passe-t-il ?

 

Ces résultats m’inquiètent, vraiment !

 

Aurais-tu recours au dopage de contre-performance ?

 

En plus, ma pauvre vieille, tu fais une belle connerie de t’en prendre au dopage, aux dopés et au cyclisme : tu agis dans l’intérêt du capitalisme !

 

Bien fraternellement,

 

 

Stoni. »

 

 

Sœur Marie-George s’est trompée d’adversaire !

 

 

 

Sans vouloir m’envoyer des fleurs (surtout pas !), dimanche dernier, j’avais pressenti le grand déballage d’été « tous des dopés », en postant un article sur, entre autres, le dopage.

 

 


Je reprends le passage où je « défendais » le dopage :

 

«  J’aimerais en effet comprendre pourquoi le dopage des sportifs pose un si grand problème éthique, alors que celui de l’intelligentsia (penseurs, écrivains, artistes, chanteurs, musiciens, etc.) ne dérange personne ?

 

D’un côté, l’on pointe du doigt des tricheurs invétérés (Armstrong et Contador), et de l’autre, on célèbre l’exploration des portes de la perception (Baudelaire, Huxley et Jim Morrison).

 

D’où vient une telle différence de traitement ?

 

[…]

 

Dopage et drogue

 

Le sport est l’enfant du travail, du principe de réalité et de l’ordre de la production. Il faut travailler (son corps) pour vaincre, et d’ailleurs, le sport marque le point de départ d’une humanité libérée des contraintes naturelles par le travail (productif) : on organise les jeux olympiques quand la société a atteint le niveau de développement qui permet de le faire…

Dans cette lignée, le dopage reste dans l’ordre de la production : dérive stakhanoviste du mieux faire - mieux produire, il vise à la performance.

 

Le dopage de l’intelligentsia, c’est la drogue.

Il n’est pas innocent que soient utilisés deux mots distincts – qui recouvrent parfois les mêmes substances (cocaïne, amphétamines).

 

La drogue est l’enfant de la transgression, du principe de plaisir et de l’ordre de la consommation. Se drogue celui qui peut se le permettre : celui qui ne travaille pas (Baudelaire). La drogue marque le point de départ d’une strate parasitaire libérée des contraintes productives par la division de classes (il y en a qui bossent, d’autres pas). Contemplation passive et lyrisme de bourgeois, la drogue vise au mieux être – mieux rêver (le mieux écrire, le mieux peindre…), et certainement pas à la performance.

 

En régime capitaliste, pas étonnant que le dopage du bourgeois passe comme une lettre à la poste ! »  

 

Bref, je demande aussi des explications rationnelles sur l’incapacité chronique de mon parti politique à prendre la défense des producteurs.

 

 


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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 15:15


Exclusivité : je viens d'apprendre en regardant le Tour de France que Sarkozy est à l'hosto !


Ce matin, le Président de la République Française faisait son footing, puis, est foudroyé par un malaise !

Il vient d'être hospitalisé pour des examens supplémentaires !

Nous avions déjà remarqué de premiers signes de fatigue, toujours sur le Tour de France - regardez la vidéo où le pauvre monsieur Sarkozy débloque grave :
http://www.elysee.fr/webtv/media/interview-sur-la-17eme-etape-du-tour-de-france-par-gerard-holtz-et-laurent-jalabert-video-12-1272.html


Bien sûr, pas un mot sur les grands sites d'information, sauf sur le BLOG DE STONI !

L'Elysée distille des informations au compte-goutte : http://www.elysee.fr/documents/index.php?lang=fr&mode=view&cat_id=8&press_id=2807

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 14:51

 

  « Voici venu le temps des vieux frustrés revanchards »...

 

 Je me permets l’audace de reprendre cette formule pour l’ancien cycliste Greg LeMond.

 

 


Jusqu’ici, tout allait bien !

 

 

  Greg LeMond remporta le Tour de France en 1986, 1989 et 1990, tâtant en ces années du Bernard Hinault et du Laurent Fignon : il est assez rare que des Français donnent du fil à retordre à un Américain, sportivement parlant, pour ne pas s’en réjouir.

 

  Anecdote croustillante, le pauvre Greg subit un malheureux « accident de chasse » en 1987, qui lui légua trente-sept plombs dans le corps pour le reste de sa vie.

Avoir une tronche de lapin n’ayant jamais aidé dans le domaine cynégétique, hélas.

 

Rappelons que la médecine américaine se situe bien en deçà de la nôtre: les toubibs n’étaient visiblement pas assez compétents pour lui retirer les plombs incriminés.

 

Pauvre Greg !

 

Gageons que, avec ce lest intracorporel, Greg prit du poids supplémentaire, et alla bien plus vite dans les descentes – une forme originale de dopage ?

 

En 1994, Greg prend sa retraite, et va compter ses plombs loin du Tour.

 

Il s’adonna ensuite à l’occupation de tous les grands bourgeois qui s’ennuient : la course automobile (tel le Beatles George Harrison).

 

Entre temps, il présenta de premiers signes de guili guili en taillant un costard à Armstrong, l’accusant de dopage, accusation qui lui valut des ennuis financiers – mais, rassurez-vous, cela ne l’empêcha pas de poursuivre la course automobile.

 

Le grand journaliste

 

 Puis, Greg se découvre un talent de plumitif chevronné.

Est-ce parce qu’ils portent le même nom que LeMond se met à écrire pour Le Monde ? Allez savoir, les hasards de l’homonymie…

 

Eh oui, notre ami Greg rédige une chronique pour le premier journal social-démocrate de France, à l’occasion du Tour 2009.

 

 Le Monde, journal qui se distingue par son traitement univoque du cyclisme (limité au dopage – avec une exception pour l’incroyable article « l’Arabe du Tour », déplorable hommage au coureur français Saïd Haddou), trouve l’écrivain néophyte idéal : Greg, lui aussi, ne parle que de dopage (mais pas de « l’Arabe du Tour ») !

 

 Sur les hauteurs de ses trois trophées, campé sur l’altitude de la maturité (Greg ayant quarante-huit ans), certifié blanc comme neige (aucune affaire de dopage), l’amerloque nous assène ses grandes leçons de morale.

 

 Un premier point stupéfait tout lecteur lambda : Greg s’enorgueillit vilement !

Dans l’article « Le vieux patron », hormis le plaisir de cracher sur son vieux copain Armstrong, Greg démontre qu’il n’a jamais souhaité écraser ses concurrents, qu’il était super sympa et qu’il n’abusait pas de sa virilité (!!), bref, un mec en or !

 

 Le reste du temps, Greg accuse tout un chacun de dopage (sauf « l’Arabe du Tour »), établissant ses soupçons sur des calculs fumeux à base d’oxygène et de puissance (infirmés par l’Equipe quelques jours plus tard).

 

 Enfin, Greg impose un moment d’émotion en rappelant les « morts du Tour » (évidemment décimées par le méchant dopage), décès auxquels, vous vous en doutez, il a été le seul à rendre hommage !!!

 

Vous avez compris : Greg est seul contre le reste du (Le)monde !

 

 A peu près aussi impertinent qu’un numéro de Marianne (c’est vous dire !), Greg érige la pratique du guili guli en gagne-pain d’apprenti journaleux, et en hobby d’ex-champion sur le retour.

 

 N’ayant rien à dire, rien à faire, Greg décline sa tribune en une barbante péroraison reprenant toutes les conneries que la classe dominante peut débiter contre le sport (celui des pauvres).

 

 J’aimerais en effet comprendre pourquoi le dopage des sportifs pose un si grand problème éthique, alors que celui de l’intelligentsia (penseurs, écrivains, artistes, chanteurs, musiciens, etc.) ne dérange personne ?

 

D’un côté, l’on pointe du doigt des tricheurs invétérés (Armstrong et Contador), et de l’autre, on célèbre l’exploration des portes de la perception (Baudelaire, Huxley et Jim Morrison).

 

D’où vient une telle différence de traitement ?

 

Greg n’en est sûrement pas conscient, mais le hiatus se situe dans les sphères d’appartenance du sport et de l’intelligentsia – qui ne sont pas les mêmes.

 

Dopage et drogue

 

Le sport est l’enfant du travail, du principe de réalité et de l’ordre de la production. Il faut travailler (son corps) pour vaincre, et d’ailleurs, le sport marque le point de départ d’une humanité libérée des contraintes naturelles par le travail (productif) : on organise les jeux olympiques quand la société a atteint le niveau de développement qui permet de le faire…

Dans cette lignée, le dopage reste dans l’ordre de la production : dérive stakhanoviste du mieux faire - mieux produire, il vise à la performance.

 

Le dopage de l’intelligentsia, c’est la drogue.

Il n’est pas innocent que soient utilisés deux mots distincts – qui recouvrent parfois les mêmes substances (cocaïne, amphétamines).

 

La drogue est l’enfant de la transgression, du principe de plaisir et de l’ordre de la consommation. Se drogue celui qui peut se le permettre : celui qui ne travaille pas (Baudelaire). La drogue marque le point de départ d’une strate parasitaire libérée des contraintes productives par la division de classes (il y en a qui bossent, d’autres pas). Contemplation passive et lyrisme de bourgeois, la drogue vise au mieux être – mieux rêver (le mieux écrire, le mieux peindre…), et certainement pas à la performance.

 

En régime capitaliste, pas étonnant que le dopage du bourgeois passe comme une lettre à la poste !

 


Alors, Greg, retourne donc conduire des voitures chez ta mère  !

 

Et n’oublie pas de faire attention aux chasseurs en cas de balade bucolique !

 

 

 

 

 

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 18:19

 

Parodie :

 

Ô fou qui crois que je ne suis pas l’AMIBE !

 

 

 

 

L’amibe naquit en décembre 1983, de l’union d’une ex freak et d’un fils d’immigrés névrosé.

 

Les parents de l’amibe se distinguèrent (et se distinguent encore) par une imagination débordante (mais non assouvie, sinon en fictionnant sur leurs petits amibes), un noble sens du tragique (genre Sophocle c’est de la gnognotte à côté) et par un repli total sur leur foyer (donc, sur leurs petits amibes).

 

Bref, les parents de l’amibe avaient tout pour être de grands artistes, ce qu’ils ne devinrent pas.

 

Ce « déni » causa le désespoir de leurs petits, qui assistèrent longtemps à leurs mises en scène de pathos, de catharsis et de poésie dans la seule cellule familiale... laquelle refléta, bien entendu, les contradictions de l’époque (libéralisme libertaire, intériorisation de la lutte des classes, et j’en passe… de toute façon personne n’a envie de se farcir ça !)

 

Voilà peut-être pourquoi l’amibe décida d’être écrivain.

 

Il faut préciser que l’amibe avait toujours su raconter des histoires, et, a fortiori, les imaginer. A la bonne école familiale, il apprit à manier le tragicomique, la scénographie, l’esthétisme, l'esthétique, et la psychologisation abusive.

 

Considérant l’allure qu’avaient prise les choses pour ses parents (dingos), l’amibe préféra s’éviter un tel destin, et assouvit ses pulsions romanesques.

 

Il « écrivit du roman ».

 

Cette courte présentation exécutée, observons la journée type de l’amibe.

 

JOURNEE TYPE

 

A sept heures, l’amibe se laisse réveiller par son Aniki, et déjeune à son côté. Ayant ce que l’on appelle familièrement la tête dans le cul, l’amibe ne réagit guère aux plaisanteries de sa moitié, puisqu’il est absorbé par la dégustation de sa gaufre Lidl trempée dans un café noir.

 

Eh oui ! Si l’amibe daigne quitter sa couche, c’est parce qu’il a faim, en premier lieu.

Si l’amibe n’est pas nourri dans les minutes suivant son lever, il adopte un comportement hostile, sinon agressif. Fort heureusement, le petit-déjeuner est souvent d’ores et déjà préparé par Aniki.

 

Si l’amibe daigne impérativement quitter sa couche, c’est parce qu’il doit aller travailler pour le capitalisme, en deuxième lieu.

 

Toute la matinée, l’amibe se consacre à son emploi salarié.

Dans les transports en commun, l’amibe lit des « livres sérieux » (genre, de la philo, de l’histoire).

 

A une heure de l’après-midi, l’amibe rejoint son domicile.

 

Le déjeuner de l’amibe consiste en un repas expéditif, puisqu’il doit ensuite reprendre le travail, et vite.

L’amibe se sustente de sandwichs, de restes de la veille, ou de nouilles asiatiques lyophilisées.

 

A partir de treize heures trente, l’amibe allume son ordinateur et entreprend son deuxième travail : écrire.

Parfois, l’amibe est démotivé par les relations houleuses qu’il entretient avec le monde fabuleux de l’édition parisienne.

 

Ou bien, manquant de sommeil, l’amibe manque aussi d’inspiration.

 

Mais jamais l’amibe ne se retrouve à sécher devant un écran blanc plus d’une heure à la suite.

 

Ordinairement, l’amibe est très heureux de se mettre à écrire.

L’amibe écrit.

Longtemps.

Et fume (du tabac).

Beaucoup.

 

L’amibe évite de répondre au téléphone, durant sa séance d’écriture (chose que son entourage a du mal à intégrer : particulièrement ses parents dingos et ses camarades).

 

L’amibe a besoin d’un silence quasi-total pour son activité rédactionnelle.

 

Pardonnez-nous de casser ainsi le mythe, mais l’amibe n’écrit pas en écoutant de la musique à fond. Nous ne savons quels écrivains ont répandu ce bruit (ou plutôt cette CACOPHONIE), mais fréquemment l’amibe rencontre des gens persuadés qu’il écoute du punk rock, devant son traitement de texte.

Fixons la réalité. Telle n’est pas la pratique de l’amibe.

 

L’amibe passe environ trois à six heures à écrire de la sorte.

Après quoi, l’amibe est tout content d’avoir bien bossé.

 

Pour récompenser l’effort, il va consulter ses mails (en général, des nouvelles assommantes émanant de son parti politique stal), puis joue un peu de la guitare (très très amateur, la guitare), voire, du ukulélé.

 

Puis, l’amibe se consacre aux tâches ménagères, ayant hérité de sa mère (dingo) une petite maniaquerie concernant la propreté de son logis.

 

Non, l’amibe n’est pas psychorigide – NOUS AVONS DES PREUVES PSYCHIATRIQUES A L’APPUI.

 

Après le ménage (pendant lequel il écoute, cette fois, de la musique à fond), l’amibe prépare le dîner.

 

L’amibe, dans la grande tradition du cru et du cuit due à Lévi-Strauss (ce grand philosophe qui inventa le blue-jean), aime à cuisiner des choses saines, naturelles, variées et équilibrées.

 

Nous répétons que l’amibe n’est pas psychorigide, et que nous avons des preuves.

 

A cet instant, Aniki rentre du travail, et notre charmant petit couple se restaure dans leur cuisine ornée d’un encadrement de l’album Sgt Pepper.

 

La soirée de l’amibe est exclusivement dévouée à Aniki.

Outre l’exploration de leur sexualité, l’amibe et Aniki pratiquent couramment les activités suivantes :

 

- matage de DVD,

- matage de film sur dailymotion,

- discussion pseudo existentielle,

- déconnage,

- promenade rousseauiste.

 

Puis, l’amibe rejoint sa couche avant minuit, sans quoi il souffrira, le lendemain, d’un manque de sommeil qui lui bousillera l’inspiration.

 

Activités extraprofessionnelles de l’amibe

 

En certaines journées, l’amibe recourt aux activités suivantes :

 

- visite de poteaux,

- déconnage avec les poteaux,

- promenade rousseauiste,

- soviets dissidents (entrevues particulières avec certains camarades triés sur le volet),

- soviets officiels (réunions communistes relous),

- visite de ses parents les dingos,

- fréquentation de Gibert Joseph,

- mise à jour de son blog,

- fréquentation d’intellectuels,

- fréquentation de H&M (l’amibe subissant le matraquage idéologique de l’apparat et devant se conformer aux us de son époque).

 

Les week-ends de l’amibe

 

Les fins de semaine de l’amibe sont partagées entre Aniki et l’écriture.

En vacances, même chose.

 

 

Conclusion

 

L’amibe mène une vie absolument plate et insipide.

L’amibe est écrivain.

 

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