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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 11:49

 


 

- Stoni ? Réveille-toi...

- Mmh...

- Le petit-déjeuner est prêt.

- Super...

- Je me suis levé très tôt et j'ai commencé ton nouveau roman. C'est super !

Aniki.

Ou le bonheur incarné, tout à ma disposition.

Assez bêtement, je crois que cet échange matinal fait partie de mes meilleurs souvenirs.

 

 

Le moment de la journée que je préfère, c'est le petit-déjeuner.

Un fond famille Ricoré sommeille en moi.

 

Je me sens très pur, quand je me réveille et que je déjeune. Léger, toujours de bonne humeur (si celle-là doit changer, ce sera au cours de la journée et de ses éventuelles turpitudes), l'esprit vide, et surtout, c'est le moment où je retrouve Aniki, après que le sommeil nous a séparés.

Même quand je me réveille à sept heures pour aller bosser, je suis heureux. Déjà, parce que j'ai une faim incroyable. Et Aniki, comme tous les matins, a préparé le petit-déjeuner. Tout prêt. Je n'ai plus qu'à me mettre à table.

Il me donne ma robe de chambre, je m'enroule dedans et le suis jusqu'à la cuisine. Ma tisane fume, les céréales et le lait sont sortis, mes biscuits posés à côté de mon bol.

Nous aimons lire le journal, quand nous déjeunons. Nous nous recommandons les articles « les plus croustillants » (c'est-à-dire les plus débiles) et échangeons nos considérations à ce sujet.

Ce matin j'ai déjeuné seul car Aniki était en déplacement, la nuit dernière. Je suis en congé aujourd'hui, et j'ai eu le temps de me poster devant la fenêtre, avec ma tasse, pour regarder la rue grise et froide. J'aime observer les gens qui passent, si tôt, sur le trottoir et imaginer leurs vies.

Le mieux, c'est en été, évidemment. Le soleil est déjà levé, la fenêtre ouverte. Bien que nous vivions en ville, nous entendons les oiseaux... Quand je suis seul, je m'assois sur le rebord de la fenêtre et déjeune là, tout à contempler les employés municipaux qui ouvrent les canalisations d'eau pour asperger les caniveaux.

 

Quand nous sommes à l'hôtel, Aniki ramène le petit-déjeuner du McDonald's le plus proche. J'adore ça, et le sandwich oeufs-bacon artificiels, plus les pamcakes, me calent jusqu'au début de l'après-midi.

Parfois, nous nous payons le luxe de déjeuner à l'hôtel. Les buffets, aussi modestes soient-ils, m'enchantent. Je reste fasciné par la profusion de croissants, petits pains, confitures, nutella, thés...

Le seul bon souvenir que je garde de notre séjour à Amsterdam, c'est d'ailleurs le buffet petit-déjeuner de l'auberge de jeunesse.

 

Voilà, je voulais juste dire que des fois, on a le droit d'être tout simplement heureux.

 

 

 

Et puis sinon, lecteurs de la région parisienne, allez voir l'exposition peinture de Narcisse Steiner.

 

 

 

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Published by stoni - dans Définitions
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11 janvier 2011 2 11 /01 /janvier /2011 14:11

 

 

 

Une fois il m'en est arrivé une bonne.

 

Je vais rarement dans des librairies. J'achète mes livres dans des librairies, mais sur internet, ou bien dans des vide-greniers.

Sauf exception. Je passe devant une librairie, je regarde la vitrine, j'ai cinq minutes devant moi et je rentre.

Cette fois-là, mon dernier roman venait de sortir et je ne le vois pas dans les rayons, ni sur les présentoirs, ni nulle part. Ce qui est bizarre.

Je vais me renseigner auprès du libraire.

- Bonjour, je cherche le dernier roman de Stoni, vous l'avez pas ?

Je m'attends à ce que le gars ne connaisse pas mon nom et lance une recherche dans sa base de données.

Ben non. Il connait très bien mon nom, en fait.

- Stoni ? Ah on fait pas ça, nous.

Je suis étonné.

- Pourquoi ?

- Parce que c'est nul à chier.

Direct. Il a vraiment dit nul à chier. Je tâche de ne rien laisser paraître... Et me demande si ce type m'a reconnu – bien que je ne l'aie jamais vu de ma vie – s'il veut me jouer un tour, j'en sais rien...

- Ah bon, euh, nul à chier ? Moi j'en ai entendu parler de cet auteur, ça a l'air bien je trouve...

- Forcément que vous en avez entendu parler, c'est un pistonné.

Sans déconner.

- Un pistonné ?

- Oui, on l'a édité depuis le début parce qu'il rentre dans les quotas. Son éditeur se glose qu'il ait pistonné un pauvre issu des quartiers difficiles au nom pas français du tout. Il fait partie des minorités visibles...

- Mais vous avez lu ses romans ?

- Oui, c'est de la grosse merde. Je vous déconseille vraiment ce genre de livres. Une sorte de fatras composé par quelqu'un qui n'a pas dépassé le CM2, qui n'a aucune culture et qui est branché cul pendant cinq cents pages. Illisible.

- Ah bon... Mais c'est étrange, parce que ça marche un petit peu ses livres, enfin c'est ce que j'ai entendu dire...

- Forcément ça marche bien, il couche avec son éditeur.

Carrément. Je couche avec mon éditeur. Première nouvelle.

- Ah oui ? fais-je, scié.

- On sait tout dans notre milieu, vous savez.

- Comment vous le savez, au juste ?

- Je connais bien des auteurs de sa maison d'édition.

Et mon cul c'est du poulet, connard.

Vu la tronche de sa librairie, je vois pas comment il pourrait connaître des collègues, mais enfin bon...

- Stoni, c'est un peu le Rachida Dati de la littérature française. En plus à ce qu'il paraît il est très bling-bling, comme mec.

Là j'ai envie de lui répondre : « j'ai l'air bling-bling, enculé ? ».

- Comme il est beau gosse et qu'il passe bien sur les photos, il a droit à une certaine publicité dans la presse. Mais il ne la mérite pas !

- Beau gosse ? Vous l'avez déjà vu en photo ?

- Vite fait.

- Mmh...

- Enfin, vous voyez ce que je veux dire. Un petit con, quoi.

- Ah... Bon ben si je veux acheter son roman, faut que j'aille ailleurs, visiblement...

Le libraire, grand seigneur :

- Non je vous le commande si vous insistez.

Si j'insiste ? Ces commerçants qui renâclent à vous vendre des trucs, ça m'a toujours fasciné.

- Ben non j'insiste pas, je voudrais pas vous déranger...

 

J'hésite foncièrement à lui dire la vérité.

 

Mais je me contente de sortir de la librairie.

 

Je raconte l'anecdote à mon éditeur.

- C'est la rançon du succès, mon petit Stoni. Tu commences à devenir une célébrité qui cristallise de la haine.

 

Ben vu ce qu'on me paie pour cette soi-disant « célébrité », la haine cristallisée, je m'en passerais bien.

 

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 13:24

 


 

Je commence l'année avec un remerciement à tous ceux qui lisent mon blog, ceux qui postent des commentaires sur mon blog, et ceux, autrement plus nombreux (et autrement plus timides ?), qui m'envoient des messages privés.

J'essaie de vous répondre, la plupart du temps, et quand j'oublie n'hésitez pas à me relancer.

 

Je reçois des messages très différents. Des encouragements, des critiques, des questions, des liens vers d'autres blogs, des insultes, des déclarations d'amour... ll y a de tout.

 

Je salue particulièrement Zelmut, Hubert, Oscar, Clopine Trouillefou, Lady K, Alain, Billy, Ludovic Mir, Trofimov, Thomas-Gumbo, Sabine, Véronique P., Petit Hérisson Bleu, Samir, Vladimir, Xena, Lénone, Stal du 43, Djilali, Roswell, Narcisse, etc... et tous les autres...

 

Mais tout succès comporte son revers poil au derrière !

 

Des messages ne font pas dans la dentelle, hélas.

 

Je crois que les plus désagréables, ce sont les messages (toujours privés) des moralisateurs.

Les insultes, les considérations sur l' anormalité de ma vie sexuelle, à la limite, je m'en bats les couilles.

Mais alors les moralisateurs, c'est quelque chose.

 

En général, il y a deux types de moralisateurs.

Le moralisateur littéraire. Il est tombé je ne sais comment sur mon blog, a lu mes articles de la catégorie « ma vie de caca écrivain » et souhaite m'apprendre à écrire. Ben ouais. Le type, il considère que j'écris comme un pied et surtout que je n'ai rien compris à ma carrière d'écrivain. Sans déconner une fois j'ai reçu un message d'un vrai auteur, un peu connu, qui était offensé par mes écrits. Non mais je vous jure, faut arrêter des fois.

Le moralisateur politique. Il est tombé je ne sais comment sur mon blog, a lu mes articles de la catégorie « ma vie politique » et souhaite me réenseigner le marxisme. Ben ouais. Le type, il considère que j'ai rien entravé au marxisme et surtout que je n'honore pas l'idéal communiste comme il se le doit.

 

Hier j'ai reçu ça, vous allez voir c'est goûteux.

 

 

 

Stoni,

 

Étant arrivé par hasard sur ton site, j'ai lu avec toute mon attention tes articles sur le marxisme et le léninisme.

 

Ils arrivent toujours « par hasard » sur votre blog, ces mecs-là. Mais ce qui est bizarre c'est qu'ils vous lisent avec « toute leur attention ».

 

Je crains que tu ne fasses une mauvaise interprétation de la philosophie de Marx.

 

Sans déconner. Déjà, Marx, il était pas philosophe, mais économiste. Mais enfin bon. Passe encore.

 

Détourner ses propos comme tu le fais conduit forcément à une imposture : en l'occurrence, ta vulgarisation politique n'est pas viable.

 

J'adore ce genre de phrase, je vous jure.

 

En lisant attentivement Alain Badiou, tu aurais blablablablabla...

 

Alain Badiou. En lisant attentivement Alain Badiou, je me serais foutu une belle carotte dans le cul, mec.

 

Je vois néanmoins que tu as lu Truc Bidule, ce grand philosophe marxiste, mais que tu galvaudes son principe de la dialectique de la production et de la consommation.

 

S'en suit un long paragraphe où le mec me réapprend la dialectique de la production et de la consommation, parce que je suis trop con pour avoir compris tout seul (à la fois, normal, je suis un ouvrier, donc je suis débile).

D'ailleurs, puisqu'on y vient :

 

Ton ouvriérisme caractérise une certaine forme de révisionnisme réactionnaire. Te serais-tu plu chez les Khmers Rouges ? Considère bien la question et ce qu'elle implique.

 

Ah ouais, à fond, je me serais trop plu chez les Khmers Rouges, mon salaud.

Ta question et ce qu'elle implique je la considère tellement que ça me troue le cul. Du cash.

Quand ils parlent comme ça, ces types, j'ai toujours un petit frisson en imaginant qu'ils puissent être trotskards.

 

J'ai néanmoins une proposition à te faire.

 

Wallah. J'ai peur.

 

Je participe à un café philo communiste, dans telle ville. Nous sommes une petit groupe de philosophes et d'enseignants (tous degrés confondus), mais nous sommes ouverts à tous les profils.

 

Wo putain. Une secte.

De philosophes. Manquaient plus qu'eux, tiens. Et en plus de ça, ils sont ouverts à tous les profils.

 

Pourquoi ne pas intégrer notre groupe de réflexion ? A plusieurs, nous progressons toujours plus vite.

 

Plus on est de fous, plus on rit. Si l'adage s'applique fort bien au sexe (j'ai toujours fantasmé sur le triolisme), je crains qu'il ne fasse tache en philosophie (ou en marxisme, ou tout ce que vous voulez).

 

 

Je suis certain que, en faisant connaissance, nous saurons enrichir nos visions du monde respectives.

 

Et là, la phrase trop chelou :

 

Évidemment je paierai tes consommations, si tu viens nous voir au café.

 

Putain c'est de la drague ou quoi ?

J'avais peur, tantôt. Maintenant, je suis terrorisé.

 

Le mec se faisait sympa, il redevient mesquin :

 

Car t'enfermer dans ta posture cynique, où l'on décèle fort bien un cuisant sentiment de supériorité, ne t'aidera pas.

 

Alors là je pousse un cri d'appel : ARRETEZ DE M'ANALYSER !

Non mais sérieux, je reçois au moins un ou deux message par mois où y'a des types qui me font ma psychanalyse. ARRETEZ ! CA SERT A RIEN ! MON CAS EST BIEN MOINS COMPLEXE QUE VOUS NE LE PENSEZ !

 

Je te donne mes coordonnées complètes.

 

En effet, il balance tout, le gars. Adresse, numéro de portable, de fixe. J'hallucine.

Il se croit au Macumba devant les vestiaires, moi à moitié bourré et vulnérable, lui aux aguets.

 

J'espère te rencontrer bientôt !

 

Ah ouais ? Ben c'est pas réciproque, mon poteau.

 

 

 

 

Donc voilà, je trouve ça plutôt rigolo comme message.

 

 

Ah oui.

J'ai corrigé les fautes de français, d'orthographe et de grammaire...

 

 

 

 

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 11:49

 


 

J'ai décidé de terminer l'année 2010 sur mon blog avec de la classe. Plutôt que de vous pondre un de mes dérisoires petits articles politico-littéraire-geignards, je laisse la place à mon confrère Antoine Volodine, the best of the best.

 

Antoine Volodine est un des rares auteurs français contemporains que je lis.

 

Dans l'extrait suivant, vous allez voir c'est bien croustillant.

Comme quoi je suis pas le seul à me plaindre.

 

Allez c'est parti les enfants.

 

 

 

 

Aucune initiative n'aura marqué le cinquantième anniversaire de la mort de Bogdan Tarassiev, connu également – si le terme « connu » a un sens, concernant un écrivain – sous le pseudonyme de Jean Balbaïan.

 

[…]

 

Bogdan Tarassiev a commencé sa carrière d'auteur en 2017, sous le nom de Jean Balbaïan, en publiant des textes dans une série policière.

 

[…]

 

Pour résumer, ces cinq livres signés Jean Balbaïan ne plurent pas au public. Quant aux critiques, ils s'exprimèrent peu sur Balbaïan, mais quand ils le firent, ce fut pour en dire pis que pendre. D'après eux, Balbaïan n'avait pas sa place parmi les auteurs de littérature policière et encore moins ailleurs.

 

[…]

 

L'éditeur aimait le travail de Balbaïan, mais cet accueil négatif, associé à des chiffres de vente très en dessous de la moyenne pour la collection, le dissuada de prendre le sixième manuscrit que Tarassiev lui proposait. Dépité, Tarassiev récupéra l'original et le détruisit. Il ne le brûla pas avec des attitudes théâtrales, devant des témoins éplorés ; il le jeta à la poubelle sans même examiner sur quelles épluchures de légumes il atterrissait. Il fit de même pour les deux brouillons et les deux disquettes magnétiques qui auraient pu permettre de refaire naître le livre.

On était en 2021. Après quatre ans d'activité éditoriale et cinq romans hors du commun, Jean Balbaïan avait décidé de disparaître.

 

[…]

 

A supposer qu'elle eut jamais laissé une trace, la mémoire de Jean Balbaïan s'effaça rapidement. Dans l'univers de l'édition, ce fut comme s'il n'avait jamais eu d'existence. Aucun des cinq titres ne fut réimprimé lorsqu'en 2025 les éditions Black Thumb, qui possédaient les droits, furent vendues à une maison plus importante […].

 

Bogdan Tarassiev avait vécu passivement l'expérience de la publication, il l'avait vécue sans joie et il ne cherchait pas à la renouveler, car elle lui avait surtout apporté contrariétés, déceptions et humiliations. Il préférait le silence, il avait choisi de se taire. Il se tut pendant vingt-trois ans.

On a trop tendance à imaginer que la parution de livres modifie le statut social de celui qui les a signés. On phantasme sur l'idée de succès, on voit de l'or et du luxe derrière les livres. On envie à l'écrivain sa brusque fortune. En réalité, absolument rien ne se passe au niveau social et, si l'on excepte les cas exceptionnels, les sommes versées par l'éditeur sont tout bonnement insultantes. Dans le cas de Tarassiev-Balbaïan, ce qu'il avait gagné avec ses cinq livres n'atteignait pas, disons, ce que peut collecter en quinze jours un gardien d'immeuble pour ses étrennes. Le bilan de cette soi-disant prestigieuse activité sociale se réduisait à cela, à une dérisoire poignée de dollars ; on peut y ajouter quelques désastreuses coupures de presse et le fait que désormais la plupart de ses amis, par gêne ou par jalousie, avaient rompu avec lui ou lui battaient froid.

 

[…]

 

Pour autant qu'on puisse l'affirmer, il semble que ni Will Pilgrimm, son ancien éditeur, ni de quelconques lecteurs, ni d'éventuels proches ne firent pression sur Tarassiev pour qu'il se remette à écrire, pour qu'il donne de nouveaux livres, pour qu'il prolonge l'édification de son univers romanesque. On peine à croire qu'une pareille marque de désintérêt ait pu être infligée à un tel auteur, mais c'est ainsi. C'est ainsi que les choses se passent.

Après ce temps de mutisme absolu, Tarassiev pourtant revient sur la scène littéraire.

 

[…]

 

Le manuscrit a circulé chez plusieurs éditeurs avant d'être accepté, de justesse, par Lambda Press […].

 

Mais les projections commerciales de Lambda Press se révèlent vaines. Bien que la maison d'édition bénéficie d'un préjugé favorable dans le milieu littéraire et qu'un véritable réseau médiatique soutienne régulièrement les titres de son catalogue, les journalistes sont rebutés par Rue des mendiantes. Ils ne lui consacrent aucun article élogieux ou désapprobateur, ils n'en mentionnent nulle part l'existence. Un silence consternant salue la réapparition de Tarassiev dans l'arène éditoriale.

Cette renaissance par trop discrète n'est pourtant pas vécue avec amertume par Tarassiev. Elle ne l'affecte pas. Elle convient à l'auteur, qui, au cours de ses vingt-trois ans de retraite muette, a suffisamment médité pour comprendre qu'il n'a rien à attendre de la publication. Elle convient à sa stratégie littéraire particulière qui maintenant consiste à évacuer tout espoir de notoriété et, au contraire, faire survivre ses textes de la manière la moins tapageuse possible, en méprisant le contexte d'hostilité qui les entoure et en rêvant à des lecteurs hypothétiques, situés dans le futur et dans l'ailleurs. A cette étape de son parcours littéraire, on peut considérer qu'il a élaboré une poétique à usage personnel – selon laquelle l'exécrable réception de ses livres devient une condition nécessaire de qualité et d'existence.

Toujours est-il qu'en 2044 la volonté de se faire publier est patente chez Bogdan Tarassiev. Sans attendre la sortie de Rue des mendiantes, donc encore à un moment où son éditeur espère des résultats appréciables pour ce roman, Tarassiev présente à Lambda Press un gros volume intitulé Retour au meurtrissoir. Après un examen qui dure six semaines, Franck Markovic demande à Tarassiev de retravailler son manuscrit, sous le prétexte qu'il est trop ambitieux et pourrait être scindé en deux romans distincts.

La réponse de Lambda Press arrive alors que Rue des mendiantes vient d'être distribué en librairie et alors qu'il est déjà clair que le livre n'aura pas de succès. L'éditeur a perdu son pari, ce qui influe sur ses relations avec Tarassiev. On peut penser qu'à partir de là Lambda Press n'éprouve qu'indifférence envers le travail de Tarassiev, et que Markovic, qui l'a pourtant défendu, découvre ce que Tarassiev est réellement : un quinquagénaire épuisé, médiatiquement inutilisable et sans lecteurs.

Tarassiev retravaille son manuscrit avec une rapidité exceptionnelle – un mois – qui permet de suggérer qu'il avait, non sans cynisme, préparé toute l'affaire à l'avance. Il scinde Retour au meurtrissoir en deux petits romans […].

 

[…]

 

L'année 2049 est une période où Tarassiev a conquis une place bien définie dans le paysage littéraire : celle d'un écrivain mineur, dont nul n'a lu les romans, dont on ne situe pas les fictions, mais dont on connaît le nom puisqu'on l'associe à un tic d'auteur très aisément caricaturable : c'est « ce type » qui appelle tous ses personnages de la même manière.

Porté par cet infime mouvement d'intérêt, Wolff sort en librairie sans être complètement occulté. Toutefois, l'arsenal déployé pour défendre le livre et le faire connaître reste bien maigre : trois compte rendus, deux articles dans des journaux de gastronomie et de bricolage […] et une invitation à une table ronde radiophonique sur « Les écrivains et les situation mondiale ». Dans L'Avenir, Elmer Blotno n'a pas daigné accorder de nouveau son soutien à Tarassiev, et le minuscule article sur Wolff, signé R.R., est d'une insipidité affligeante. On peut mesurer le chemin parcouru par Tarassiev en considérant ses chiffres de vente : pour la première fois depuis Rencontre avec l'infante, ils dépassent les cinq cents exemplaires.

 

 

 

Antoine Volodine, Ecrivains, Seuil 2010.

 

 

 

 

Inutile de préciser que je vous conseille vivement de lire cet excellent bouquin.

 

Il s'agit de nouvelles, mais il est présenté comme un roman : ben ouais, le roman, ça se vent mieux.

 


 

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 15:31

 

 


 

Ces jours-ci je me croyais à Stockholm et à Londres

Genre froid polaire au soleil lequel se couche à trois heures de l'après-midi

Puis six degrés avec une pluie fine et glacée

 

Aniki était malade et je me suis occupé de lui

Aniki je n'ai pas toujours été patient excuse-moi

Aniki tu sais je me prends tellement la tête

Pourquoi ?

Pour mon putain de nouveau rom...

Projet. Mon putain de nouveau projet

 

Aniki je t'ai fait la cuisine

Et des douceurs

Tisanes au miel citronnées

Soupes potages

Pâtes riz

Beignets de calamars

Mon pauvre amour

 

Bonnes nouvelles mauvaises nouvelles

Bonnes nouvelles dans ma vie professionnelle-artistique

Mauvaises nouvelles tu es malade mon pauvre amour

 

Je suis amoureux de mes personnages

Je suis plein d'amour

Je me sens bien

 

Samedi je suis allé faire les courses, seul

Tout était verglacé, enneigé et frigorifié

Avec une lumière typiquement québécoise, pleine, puissante, solaire

J'étais si heureux, dehors

Je veux aller vivre en Alaska

Mais tout compte fait je suis bien chez moi

 

C'est bientôt Noël

Dans les supermarchés tu as des dindes et des canapés

Moi ça me déprime

Pour les autres c'est les vacances d'hiver

 

Je travaille...

 

C'est fou ce que je suis content de pas fêter Noël putain

 

 

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 14:08

 


 

La vie est décomposée en plusieurs étapes.

Entre autres l'enfance, plus ou moins amalgamée à l'adolescence, et l'âge adulte.

 

 

Quand passe-t-on de l'un à l'autre ? De l'enfance-adolescence à l'âge adulte ?

Je dispose d'un test infaillible pour le savoir.

 

 

L'enfance-adolescence. Ces années où l'on rit pour pas grand-chose, où l'on se bouffe les crottes de nez en public, où l'on se branle toute la journée, où l'on mate à plus en pouvoir dans la rue (et même tu te retournes et tu te démanches la tête des fois), où l'on croise les pieds sur la table, où l'on se soucie pas toujours de la politesse et de la courtoisie, où l'on est persuadés que plus tard on sera pilote de chasse (ou rock-star, ou paléontologue, ou politicien propagandiste), où l'on conspue toute forme de sport qui ne ressemblerait pas à une partie de football improvisée.

L'enfance-adolescence et ses égarements vestimentaires. Les survêts Nike, les tee-shirts Com 8, puis les tee-shirts rock. Quand on a encore le temps de se tenir au courant des nouveautés rock indépendant et d'acheter (ou de voler) pas mal de CD. Moi, je faisais des dessins, des BD et j'ai même monté un groupe de punk-rock-tribal avec des potes (qui a tenu un mois). Notre truc, c'était d'incorporer des instruments brésiliens et marocains à la guitare électrique. Comme nous n'avions pas de guitare électrique, on se contentait de mon acoustique. Forcément, ça ne donnait pas du punk-rock, alors nous avons arrêté.

J'avais quinze paires de tennis, de toutes les couleurs. C'était le temps du lycée, puis de la vie active, pour d'autres la faculté. Nous vivotions, nous ne savions pas où aller.

Nous étions des gosses, quoi.

 

 

Puis, l'âge adulte s'installe.

Ces années où l'on compte les anniversaires qui nous séparent de la trentaine (« ouf encore trois ans »), où l'on se bouffe les crottes de nez uniquement en privé (et quand on est tout seul, parce que maintenant, on est maqué-marié-pacsé-parent), où l'on oublie de mater dans la rue, c'est même pas qu'on évite de le faire, non, c'est qu'on n'y pense plus, où l'on s'assied correctement à table (sinon t'as mal au dos), où l'on se montre poli et professionnel lorsqu'il le faut, où l'on se demande comment on a pu seulement imaginer qu'on serait un jour pilote de chasse (ou rock-star, ou paléontologue, ou politicien propagandiste), où l'on fait minimum une heure de sport par semaine... parce qu'il faut s'entretenir.

L'âge adulte et sa sagesse vestimentaire. Un jean slim, des Converse blanches ou noires, un pull simple, une veste bien coupée et c'est marre. Ton excentricité, c'est de porter une cravate... Question musique, c'est le décrochage complet. On ne connait aucun des groupes écoutés par notre petite sœur ou petit frère. Votre discothèque ne s'agrandit plus. Vous tournez avec vos vieux albums. Vous avez tendance à vous réfugier dans des valeurs sûres (« je vais m'acheter tous les disques des Beatles remasterisés »). On ne vole plus dans les magasins, on ne fume plus de pétard, on ne fait plus de commentaires désobligeants en croisant des agents de police – en fait on ne les remarque même plus, les agents de police.

Vous avez un métier ou essayez d'en chercher un. Vos amis font des enfants.

 

 

Bien sûr, les choses se font petit à petit, sournoisement...

Comment déceler le parfait achèvement de la métamorphose ?

Je détiens la réponse.

 

 

Mon père adorait le film Les Tontons Flingueurs.

Pour lui, c'était très Vieille France et cela lui permettait d'intégrer sa « métèquité » (sic) à son pays d'adoption.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Les Tontons Flingueurs c'est un film français en noir et blanc avec plein d'acteurs qui sont morts, une comédie sur des pseudo gangsters, où les jeunes gens dansent le twist.

C'est vachement Vieille France, en effet.

Vous pouvez voir un extrait ici.

 

 

Dès qu'il passait à la télé, mon père le regardait. Et il était pété de rire. Tout le long.

Moi des fois je traînais dans les parages et je l'entendais se fendre la poire. Du coup, je me vautrais dans le canapé, en espérant me marrer aussi.

Ben non. Ca me faisait pas rire.

Pire encore : je ne voyais pas ce qu'il y avait de drôle.

J'essayais vraiment. Je me concentrais sur les dialogues. Mais non. Je ne comprenais pas l'humour de ce film.

C'était comme si vous m'aviez passé un documentaire animalier en prétendant qu'il s'agissait de Mary à Tout Prix.

Mon père me répétait les répliques cultes, quand je ne riais pas.

- Oui et alors ?

- Ben c'est drôle ! «  J'dis pas que Louis était toujours très social,non, il avait l'esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité. » C'est drôle !

- Ah bon ?

- Mais oui ! Il a l'esprit de droite, parce que quand tu parles augmentation, il sort son flingue, mais il a apporté la sécurité.

Je restai pantois. Je ne voyais qu'un film ringard, un polar même pas palpitant, une curiosité de l'époque, en quelque sorte.

- Ouais, je comprends le sens de la phrase, mais je trouve pas ça drôle.

- T'es trop jeune, concluait mon père.

 

 

A maintes reprises, je tentai de revoir ce film.

Toujours aucun rire.

Juste la consternation.

 

 

Puis, cette année, je l'ai regardé.

Et là.

Plié en quatre. Tout du long.

Pire encore. J'en redemandais. J'allais jusqu'à visionner Le Cave se rebiffe (c'est vous dire).

 

 

Je crois donc que le jour où vous rigolez devant Les Tontons Flingueurs, c'est que vous êtes passé de l'autre côté, définitivement.

 

 

Je suis désolé.

Mais c'est comme ça.

 

 

 

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 14:29

 

 

 

 

Les messages que je reçois régulièrement relativement à mes articles sur l'édition (surtout la trilogie pour aider les auteurs amateurs à comprendre comment ça marche, en trois parties : une, deux, trois), m'ont permis de constater que j'avais encore quelques trucs à vous dire.

 

J'aurai toujours quelques trucs à vous dire à ce sujet, de toute façon.

 

Quand on a rédigé son premier manuscrit et qu'on a en vue de se faire éditer, on oublie souvent des petites (et des grosses...) choses qui pourront vous aider à améliorer votre prose.

 

 

 

 

Le premier jet

 

Vous avez fini votre roman et vous essuyez la goutte de sueur sur votre front. Vous venez de pondre ce qu'on appelle dans le milieu : le premier jet.

 

Autant vous dire, vous avez fait le tiers du boulot.

Eh oui, c'est dur, mais c'est ainsi.

 

Parce que, bien souvent, le premier jet est impubliable. Vous y avez passé des mois. J'en suis conscient. Moi aussi, d'ailleurs, j'y passe des mois. Il y a des éjaculateurs précoces qui n'y passent que quelques jours ou quelques semaines. Mais, dans tous les cas, vous avez bien bossé.

 

Vous avez toutes les chances pour que votre manuscrit soit bourré de fautes d'orthographes, de formulations incompréhensibles, de phrases qui ne veulent rien dire, de répétitions, de dialogues inutiles, de chapitres inutiles, etc.

Et si vous envoyiez ce bordel à un éditeur, ça le refroidirait vachement.

 

 

 

Relire

 

La première chose à faire est de relire avec un œil critique. Transformez-vous en flic du style. Traquez tous vos défauts. Imaginez que vous êtes éditeur et que vous partez avec un mauvais a priori (un éditeur part toujours avec un mauvais a priori, lorsqu'il ne vous connait pas). Soyez sans pitié. Envers vous-même.

 

Pendant que vous relisez, apportez vos modifications, entourez les passages qui ne vont pas. N'hésitez pas à supprimer des phrases, des paragraphes, quand ça vous semble bancal.

 

N'hésitez pas à relire cinq ou six fois... Minimum.

 

 

 

 

Les erreurs de style

 

On évite : les phrases trop longues. Sauf si vous êtes sûr de votre coup. Mais bon, les trucs du genre :

 

« Loin derrière la montagne, un oiseau confectionnait son nid en récupérant des brindilles tout autour de l'arbre où il avait élu domicile, la pauvre bête ne sachant malheureusement pas, affublée d'une conscience limitée car animale, que le bombardier venait de larguer sa puissante force de frappe, issue de l'énergie de l'atome, sur des centaines de milliers d'innocents qui, eux, n'étaient hélas pas des oiseaux. »

 

La phrase est horrible, on est d'accord.

D'une, elle est truffée d'évidences. Bien sûr, un nid se confectionne avec des brindilles. Bien sûr, un oiseau élit domicile dans un arbre. Bien sûr, un oiseau n'a pas de conscience. Bien sûr, les centaines de milliers d'innocents ne sont pas des oiseaux.

 

C'est le problème des phrases longues. On se plante.

 

Mieux ne vaut-il pas :

 

« Au loin, derrière la montagne, un oiseau confectionnait son nid. La pauvre bête n'avait aucune idée du bombardier, qui venait de larguer sa puissante force de frappe sur des centaines de milliers d'innocents. »

 

Si vous tenez à votre comparaison humains/oiseaux, vous pouvez rajouter après un retour à la ligne :

 

« Et dans cette foule-là, il n'y avait pas que des oiseaux. »

 

C'est la petite phrase choc !

 

Ensuite, au niveau des dialogues, épurez au maximum les « dit-il » « demanda-t-elle », « s'exclama-t-il ». C'est très très pénible. On en laisse le minimum, juste quand c'est indispensable.

 

Exemple :

 

« Mario observait les voûtes des égouts. Il se pinça le nez.

- Ça pue bordel de merde, dit-il.

- Oh oh, remarqua Luigi. C'est seulement maintenant que tu t'en rends compte !

- Mais ta gueule putain, enragea Mario.

Luigi esquissa un doigt d'honneur.

- Va niquer ta mère ! ricana-t-il. »

 

L'horreur.

On arrange ça :

 

« Mario observait les voûtes des égouts. Il se pinça le nez.

- Ça pue bordel de merde.

- Oh oh ! C'est seulement maintenant que tu t'en rends compte !

- Mais ta gueule putain !

Luigi esquissa un doigt d'honneur :

- Va niquer ta mère ! »

 

Pas la peine de préciser « rétorqua Luigi » quand il n'y a que deux personnages dans les égouts ! On se doute bien que c'est Luigi qui répond !

 

Lire mon article complet sur l'art du dialogue.

 

 

On enlève le maximum de : connecteurs logiques, adverbes, adjectifs inutiles...

 

Je suis assez partisan du : plus c'est simple, plus c'est efficace, mieux c'est.

 

 

 

 

Dresser une ossature

 

Une ossature, c'est lister tous les chapitres de votre roman et les résumer en trois phrases maximum. Si votre texte n'est pas hiérarchisé en chapitres, listez les séquences ou les différentes scènes.

 

Quel est l'intérêt ? Il vous permet d'abord de vérifier la cohérence de votre texte. Par exemple, si vous vous rendez compte que vos personnages fêtent trois fois Noël en seulement un an, il y a un problème. Bon j'exagère, mais on trouve ce genre de défaut dans les manuscrits.

N'hésitez pas à accompagner chaque chapitre de sa datation chronologique dans l'histoire. Si votre roman se déroule sur une seule journée, placez les heures à côté. Vous vous rendrez compte si l'enchaînement de l'action est crédible.

Parce que ça, un bon lecteur s'en rend compte.

 

Deuxième intérêt, repérer les chapitres qui répètent une scène déjà présentée auparavant.

Et celles qui ne servent à rien (vous vous êtes fait plaisir à décrire le petit-déjeuner d'une famille Ricoré : ok, c'est génial, mais on s'en bat les steaks).

 

Exemple :

 

Chapitre 12 : Mario et Luigi sont coincés au fond des égouts. Mario cherche une solution pour sortir. Luigi s'isole derrière une canalisation pour pisser.

Chapitre 13 : pendant ce temps, la princesse Peach se prépare pour sortir. Elle se maquille et s'habille.

Chapitre 14 : Mario cherche encore une solution pour sortir des égouts. Luigi appelle à l'aide avec son portable.

Chapitre 15 : la princesse Peach appelle un taxi.

Chapitre 16 : Bowser arrive pour sauver Mario et Luigi. Nous apprenons qu'il est en vérité l'amant secret de Luigi. Mario n'est pas content.

 

Les chapitres 12 et 14 présentent la même situation : Mario cherche une solution pour sortir. Et ça, on l'a compris dans le chapitre 12. C'est pas la peine d'en faire tout un fromage dans le 14.

Quant au chapitre 15, on s'en fout, qu'elle appelle un taxi, la princesse Peach. Ça n'a aucun intérêt. En revanche si dans le chapitre 13, le fait qu'elle se prépare pour sortir sert à présenter le personnage, on peut le garder.

 

Un bon roman est un roman hiérarchisé avec soin. L'action progresse – même dans les bouquins de Proust l'action progresse d'un chapitre à l'autre, je vous jure. Ne répétez pas quinze mille fois la même chose.

 

 

 

 

Faire lire à d'autres gens

 

Beaucoup d'entre vous y regimbent, mais c'est quand même mieux quand on peut le faire.

 

Evitez toute personne qui vous admire (vos parents), ou qui a toujours dénié votre penchant pour la boisson (« Jean-Pierre ? Mais non, il n'est pas alcoolique, voyons ! » - c'est-à-dire, encore une fois, vos parents).

Les potes, les frères et sœurs, les cousins, le conjoint, voire même des collègues, sont préférables.

Le truc, ce n'est pas que vos amis vous fassent une critique littéraire. Ni qu'ils vous disent s'ils ont aimé ou pas. On s'en bat les couilles, qu'ils aiment votre roman.

Ce qui nous importe, c'est qu'ils lisent votre chef d'œuvre avec un point de vue extérieur ET REPERENT LES PASSAGES OU ILS N'ONT RIEN COMPRIS.

 

Eh oui, il y a des choses qui pour vous font sens.

Imaginez que vous ayez écrit un roman de science-fiction. Dans votre univers, il y a différentes sortes de cyborgs.

Ce qui donnerait des extraits tels que :

 

« H3X était un troisième génération thermolactyl. Il prit un Benzodion, qu'il avala avec du nitrate de phosphore. Son créateur, Francis Dumesnil, le regarda faire, tout en réparant Loopi, deuxième génération carburant à l'azote. Bien entendu, H3X et Loopi ne pouvaient pas s'encadrer. »

 

Vous avez expliqué cinquante pages auparavant que la génération thermolactyl détestait la deuxième génération azote pour la raison que leurs ondes magnétiques génèrent, en se rencontrant, de l'électricité statique. Vous avez aussi expliqué ce qu'était le Benzodion dans le premier chapitre.

Pour vous, c'est clair. Forcément, vous avez imaginé tout ce bordel.

 

Le lecteur, lui, a oublié ces précisions, en cinquante pages. Il n'a pas imaginé tout ce bordel : il le découvre. Et il n'y comprend plus rien.

 

Donc, confiez votre manuscrit à vos premiers lecteurs en expliquant clairement vos motivations :

 

« Je ne veux pas que tu me dises si ça t'a plu ou pas. Je vais te demander de souligner ou d'entourer les phrases, les mots, les paragraphes, voire même les chapitres que tu n'as pas compris, ou qui ne t'ont pas paru clairs. »

 

Si vos lecteurs sont doués en orthographe et en grammaire, ils peuvent aussi vous aider en vous corrigeant.

 

 

  Lire à ce sujet : mon avis sur les sites de relecture

 

 

 

 

Incorporer vos modifications

 

Après votre propre relecture, après avoir arrangé la structure grâce à l'ossature, après les retours de vos lecteurs, vous aurez quelques modifs à apporter au manuscrit.

 

Une excellente occasion pour tout réécrire !

 

Croyez-moi, si vous avez beaucoup de changements à apporter, mieux vaut tout retaper. Cela vous évitera les incohérences qui vont inévitablement apparaître, au fil des versions et des modifications...

 

Pour ma part, je réécris en général trois ou quatre fois (voire plus !) mon roman avant de le considérer prêt pour la relecture à voix haute (on y vient).

 

J'ouvre le fichier word de mon roman, et crée un nouveau fichier. Je réduis les deux fenêtres pour que chacune occupe la moitié de mon écran – dans le sens horizontal.

En haut, j'ai l'ancienne version. En bas, la nouvelle que je dois taper.

Et je me fous au boulot.

J'en profite pour améliorer la narration, le style, les dialogues, également.

Contrairement à ce qu'on croit, c'est plutôt plaisant à faire. On se replonge dans son roman, on le peaufine, sans pour autant avoir à se prendre la tête pour inventer l'histoire. Tout est déjà tracé.

 

 

 

Corriger la grammaire et l'orthographe

 

C'est bien plus important qu'on ne le croit, faites le maximum...

 

Lire mon article rien que sur le niveau de langue des manus.

 

 

 

Lire à voix haute

 

Voilà qui n'est pas une partie de plaisir. Sachant qu'il faut le faire deux ou trois fois minimum, non, c'est pas funky du tout...

 

Concrètement, vous prenez votre manuscrit tout bien corrigé, vous vous posez sur votre canapé et vous commencez à lire tout haut :

 

« Chapitre Un. Un matin comme un autre pour Mario, plombier de son état. Son frère Luigi, moustachu gauchiste et adhérent au PCF, se coupait les ongles des orteils à même le sol. Mario grimaça. Ce manque total d'hygiène lui était insupportable. Il... »

 

Et ainsi de suite jusqu'à la fin du roman.

 

Cela vous prendra beaucoup de temps, et vous aurez la voix cassée à la fin de vos journées de travail.

 

Mais ça sert à quelque chose.

 

Votre respiration sera votre meilleure alliée. Les moments où vous avez besoin de reprendre votre souffle vous indiqueront où placer des virgules, des tirets, ou peut-être même où tronquer votre phrase pour en commencer une autre.

Une bonne écriture possède son propre rythme respiratoire. Elle ne doit pas être éprouvante à lire.

De même, vous travaillerez ainsi la musicalité de votre texte.

Quand une phrase accroche votre oreille et que vous pensez « ouh là là, c'est moche ça, ça ne passe pas du tout par rapport au reste », c'est qu'il y a un problème.

Vous devez prendre du plaisir à vous entendre.

Bien entendu, vous en prendrez beaucoup moins après une heure de lecture à voix haute, mais il vous faudra faire abstraction de la lassitude...

 

 

 

 

 

 

Voilà ce qui me vient à l'esprit pour l'instant.

Je n'hésiterai pas à vous donner d'autres petits tuyaux dès que je les aurai en tête.

 

Je vous rappelle que ces conseils sont à prendre ou à laisser.

Chacun sa manière de faire, chacun sa façon de procéder. Si l'une ou l'autre de mes méthodes vous rebute, ne vous inquiétez pas. Il n'y a pas de formule magique.

Il n'y a pas de règle, et encore moins de dogme !

 

Mon conseil ultime est : prenez votre temps.

Il y a des auteurs capables d'écrire un bouquin en moins d'un mois.

Personnellement, je mets beaucoup plus longtemps.

L'objectif, c'est que vous soyez satisfait au possible de votre texte. Si ça doit vous prendre trois mois, six mois, un an, ou davantage encore... Ce n'est pas grave.

Ecrire, c'est travailler, les enfants !

 

 

 

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 11:49

AIDEZ-MOI :

 

ANALYSEZ MON REVE !

 

 

Seront acceptées les analyses :

 

Freudiennes

Lacaniennes

Marxistes-léninistes (dialectiques ou hyperréalistes radicales)

Autres

 

 

 

L’autre nuit j’ai rêvé que :

 

 

J’accompagnais à leur hôtel les membres du groupe The Hives.

 

Je dois préciser que je connais seulement ce groupe par réputation, je vois très bien quelle est leur image, quel genre de musique ils font, mais je ne les ai jamais écoutés et n’ai pas spécialement envie de le faire.

Dans ce rêve, je ne sais pas d’où ils sortent, en gros.

 

Bref, je les accompagne à leur hôtel. Nous sommes dans une ville indéfinie. Plutôt grande. Il fait relativement chaud mais gris. Les musiciens viennent pour donner un concert. Je les connais très bien. Nous sommes familiers et nous nous faisons confiance.

Nous discutons de choses et d’autres.

 

Là ça devient chelou car l’espace-temps convulse.

En effet, je dis au chanteur (je ne connais pas son apparence dans la réalité, mais là il était plutôt pas mal, bien mon style quoi, bien que je n’éprouve aucune attraction sexuelle particulière) :

 - C’est faire la première partie de David Bowie qui vous a lancés.

Sauf que, pour tout le monde, eux comme moi, ils avaient fait la première partie de David Bowie époque Ziggy Stardust. Ce qui nous propulserait, logiquement, en 1972 et des bananes. Mais non, nous étions bel et bien en 2010. Et David Bowie est jeune et tout et fait encore Ziggy Stardust. Bon, pourquoi pas après tout.

 

Nous arrivons à l’hôtel. Qui ressemble davantage à un motel, avec une chambre spacieuse mais très simple (comme dans tous les motels américains). On s’installe, on fume des clopes, on s’assoit au bord du lit, on discute.

Je ne sais toujours pas pourquoi au juste je traîne avec ces mecs…

Le chanteur m’apprend que la première partie de David Bowie s’est en fait très mal passée pour eux. Il me relate qu’ils ont été sifflés, hués, le public ne les a pas du tout appréciés. Ils ont essayé de jouer mais les moqueries et quolibets ont écourté leur prestation.

 

Et là, je m’énerve grave.

Franchement grave de chez grave.

Je me lève, je fais les cent pas et donne des coups de pied dans tous les meubles qui ont le malheur de croiser mon chemin. Enragé, j’éructe :

- Pourquoi les gens sont comme ça avec nous les artistes ?

 Et disant cela je pense à mon travail d’écrivain.

- Pourquoi est-ce que personne ne nous respecte ? C’est dégueulasse comment on se fait traiter ! J’arrive pas à croire qu’on vous a empêché de terminer votre concert ! Ca me tue ! Quelle bande de salauds ! J’en peux plus de cet irrespect ! Tout ça me met hors de moi !

 En fait je passe un bon quart d’heure à m’énerver sur le sort de nous les artistes personne ne nous respecte.

Les musiciens restent très calmes et ne portent guère attention à ma colère pour le moins véhémente.

Ils tâchent de me raisonner :

- Ce n’est pas grave… C’est comme ça… On a l’habitude… T'énerve pas Stoni…

Mais je ne me calme pas, je ronge ma haine dans mon coin.

 

 

La chose étonnante est qu’en ce moment je ne me sens pas en manque de reconnaissance dans mon métier. C’est plutôt le contraire, même. Je suis très content de mon travail, ai eu d’excellentes occasions récemment en publicité – critique – promotion. Je suis très motivé pour mon nouveau roman que j’écris, ma foi, avec grand plaisir.

 

Alors ?

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 11:16

 

 

 

 

Le crime se déroula dans un salon du livre, où je fus invité en tant qu'auteur.

Un salon n'est pas la chose la plus excitante qu'il existe au monde. Tout dépend de la fréquentation du public. S'il y a du monde, vous trouvez à vous occuper en conversant avec les badauds. S'il n'y a personne... ma foi, vous vous faites chier.

Vous arrivez, on vous donne votre programme, votre badge, vos tickets resto et boisson, on vous conduit jusqu'à votre table où vous attend une vingtaine d'exemplaires de chacun de vos chefs-d'œuvre. A la vue de ces piles de romans esseulés, une question vous assaille : mais comment vais-je réussir à vendre tout ça ?

 

Les gens passent. Ils regardent les bouquins. Ils vous regardent vous. Souvent, j'ai droit à la question :

- C'est vous l'auteur ? (genre, incrédule le mec)

Non, c'est ta mère qui picole à la buvette.

Enfin bref. Les plus charmants sont les gens qui lisent votre quatrième de couverture, grimacent, font non de la tête, lâchent le bouquin comme si c'était de la merde en barre et se cassent. Sachant pertinemment que vous êtes là...

Il y a des gens sympas, aussi. Je leur fais une petite dédicace et tout le monde est bien content.

 

Ainsi, un beau jour dans un salon du livre, je devins un suborneur d'enfants.

 

Une adolescente s'approcha de ma table. La pauvre fille avait l'air complètement perdu. Elle avait quinze ans, une belle chevelure crépue, une écharpe et des lunettes. D'abord, elle s'intéresse aux bouquins de mon voisin. Ouais. Ça la branche pas plus que ça. Elle passe ensuite aux miens.

Regard apeuré dirigé sur ma pomme.

Je la salue. Elle répond du bout des lèvres.

Elle saisit un roman, inspecte la couverture, le retourne, lit le topo en quatrième.

Très concentrée, la gosse. Je la laisse tranquille. Elle redresse le visage vers moi.

- Ça a l'air bien.

Elle ouvre le livre et lit des passages au hasard. Ses sourcils frémissent. Petit battement de cils. Je sens qu'elle a quelque chose à me dire, et que sa timidité ne l'y encourage pas.

Je me lance.

- Tu as quel âge ?

- Quinze ans.

Mince filet de voix fluette... Ses couches vestimentaires – anorak, écharpe, pull, sous-pull – laissent transparaître, malgré tout, une physionomie poids plume.

- Tu es venue parce que tu lis beaucoup ?

- Venue où ça ?

- Au salon.

- Oh ! Euh, oui. Enfin, je lis un peu.

- Tu lis quoi ?

- J'aime bien Twilight.

Je ne sais pas encore de quoi il s'agit. Elle m'éclaire.

- C'est des histoires avec des vampires.

Je la fais parler de ses livres de vampires. Elle ne se décontracte pas davantage. Elle reprend mes romans, les feuillette.

- Vos livres, ça a l'air original.

- J'espère que ça l'est un peu, en effet.

- En fait... Euh...

Elle se tord les mains. Le livre lui échappe. Elle s'excuse et le repose sur la pile. Puis le reprend.

- Comment vous dire... Je dois faire un devoir pour mon cours de français... Je dois rencontrer un écrivain et lui poser des questions... C'est pour ça que je suis venue... Vous voulez bien... Vous voyez, quoi ?

Elle tremble.

J'accepte de répondre à ses questions, bien entendu. Fébrilement, elle dégaine un cahier de brouillon et un stylo. En trébuchant sur les mots, elle me récite ses cinq questions tout à la suite.

- Il faudrait me les poser une par une, je crains que tu ne surestimes mes capacités mémorielles.

Elle n'a pas compris. Je m'engueule intérieurement de parler de la sorte.

Finalement, nous arrivons à boucler son entretien.

- Merci, c'est vraiment gentil, vous m'aiderez sûrement à avoir une bonne note.

Elle lance des regards désespérés aux bouquins. Et commence à me poser des questions, celles-là n'ayant pas été rédigées par son professeur. Nous parlons de mon travail littéraire. Elle m'interroge sur ma façon d'écrire. Finalement, elle recouvre une certaine spontanéité. Je parviens à la faire sourire, et même à la faire rire.

- J'aimerais vraiment lire un de vos livres.

- Je peux t'en dédicacer, si tu veux.

- Oui mais... (elle rougit) J'ai pas assez d'argent sur moi.

- Je vais te l'offrir, d'accord ?

- Oh non ! (murmuré)

- Ce livre te fait envie, et je sais ce que c'est d'avoir quinze ans et pas d'argent. Je t'assure ça me fait plaisir. Ne t'en fais pas. Choisis celui que tu veux.

Elle me tend sa sélection. Je saisis un stylo, ouvre le roman à la première page.

- Comment tu t'appelles ?

- Samira.

Je pose la plume du stylo sur le papier.... Elle se corrige, moins une :

- Euh non mettez plutôt...

Et elle me sort un prénom japonais imprononçable.

Je l'interroge muettement.

- C'est dans un manga. C'est mon pseudo sur MSN.

- Il va falloir que tu me l'épelles.

Je lui fais une dédicace bien chiadée et l'accompagne à la caisse, où je fais chauffer ma carte bancaire.

Elle me remercie à peu près cinquante fois et s'en va.

 

Deux heures plus tard, une femme se pointe devant ma table. Un de mes romans en main. Celui que j'ai vendu à la gosse, en l'occurrence – je ne fais pas encore le rapprochement. La mine pas super commode.

Je la dévisage, en me demandant ce qui me vaut l'honneur de cette gueule pour le moins hostile. Une lectrice déçue. Une lectrice en pétard. Elle a détesté mon roman et elle va me le faire comprendre. L'heure est à l'accalmie, question fréquentation, et mes voisins auteurs se tournent vers notre confrontation imminente, avec une curiosité tout à fait sadique.

- C'est vous Stoni trucmuche, là ? beugle la bonne femme en agitant le bouquin.

- Euh ben ouais... Bonjour...

- Vous êtes pas bien ? Vous êtes complètement malade ? Vous sortez de l'hôpital psychiatrique ?

Je lâche un rire nerveux, tout en cherchant du regard un mec de la sécurité.

Mes voisins auteurs retiennent leur souffle, stupéfaits.

- Vous avez un problème ? poursuit la bonne femme.

Elle lance le bouquin dans mes piles. Strike. Tout s'effondre par terre.

- Vous avez pas honte de vendre de la pornographie à des enfants, espèce de salaud ?

Un auteur se lève, en quête d'un responsable. Merci. Solidarité. Des fois ça fait chaud au cœur.

Je reconstruis mes piles en tâchant de garder le calme.

- Ecoutez Madame, je vais vous demander de partir...

- J'ai des preuves ! Regardez !

Elle reprend son exemplaire et l'ouvre à la première page.

La dédicace pour Chun Yu Kazugako. Wo putain. Je suis dans la merde.

C'est la mère. Et elle est franchement pas contente.

- Vous lui avez écrit un poème d'amour !

- Non, c'est une citation d'Aragon si vous permettez...

- Je sais lire ! C'est écrit là ! Vous lui avez écrit un poème d'amour !

- C'est un poème sur l'adolescence, c'est une dédicace, en général dans une dédicace on met un peu ce qu'on veut, parfois des poèmes, mais celui-là c'est pas de l'amour...

- Vendre du porno à des enfants ! Vous avez lu votre machin, là ?

- C'est pas de la pornographie...

- Vous offrez souvent des livres à des enfants ? C'est une manière de les aborder ? Vous êtes pédophile ou quoi ?

- Je vous interdis ! Et votre fille elle a quinze ans, faut pas déconner non plus...

- Vous lui avez demandé son âge, en plus de ça ? Espèce de sale cochon ! Non mais vous avez lu votre machin ? C'est une honte ! Ça parle de cul pendant tout le long ! Gardez-moi ces saletés ! Je vais prévenir la police !

- Oui, excellente idée.

- Si vous osez vous approcher une seule fois encore de ma fille, mon mari viendra vous péter la gueule !

- C'est ça. Bonne journée madame.

- Suborneur d'enfants !

Elle se casse.

- Ben ça alors, marmonnent mes confrères. C'est la première fois que je vois ça...

Ils sont tellement sciés qu'ils veulent m'offrir un coup à boire. On me félicite. Le salon manquait de scandale, jusqu'à présent.

 

Deux heures plus tard, le salon étant sur le point de fermer, une autre gosse s'aventure de mon côté. Toute excitée. Normal, elle est en mission secrète :

- Je suis une copine de Samira... Enfin de Chun Yu Kazugako. Je voudrais récupérer son livre si c'est possible... Elle m'a appelée... Elle est vraiment désolée pour sa mère...

Je lui file le bouquin pornographique.

- Vous inquiétez pas, m'assure la gosse, je le garderai chez moi. Mes parents s'en foutent. Ils savent même pas lire, presque !

Elle glisse le bouquin dans son sac à main.

- Sinon, je dois faire un devoir de français et j'ai besoin qu'un écrivain réponde à des questions. Vous voulez bien ?

 


 

 

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 09:19

 


 

 

Un jour, j'ai rencontré un bourgeois.

 

Un vrai bourgeois. Le genre qui habite à Neuilly-sur-Seine. Style, ça rigole pas.

 

Il était journaliste (entre autres choses...) et avait apprécié un de mes romans.

Nous discutâmes.

 

Au cours de la conversation, j'ai parlé marxisme-léninisme.

- Tu es communiste ?

J'ai acquiescé.

- Dans ce cas, Stoni, je vais te raconter une histoire. Moi, je suis un bourgeois. Mais je ne suis pas un très riche. C'est encore autre chose, les très riches. Des gens si riches qu'ils ne paient pas l'ISF, tu comprends ? Cela dit, j'en ai fréquenté, des très riches. J'ai assisté à un de leurs dîners, une véritable petite sauterie mondaine. Ce que j'y ai découvert, c'est que chez les très riches, il n'y a pas de frontières. C'est impressionnant, à voir. A ce dîner, il y avait un prince palestinien et un puissant homme d'affaires israélien. Naïvement, je les surveillais et redoutais un peu ce qui se passerait, si on les présentait. Mais personne n'a eu besoin de les présenter. Dès qu'ils se sont croisés, ils se sont étreints et embrassés. Puis, ils ont parlé business. Deux vieux copains. Et moi, je pensais au pauvre prolétaire palestinien, et au pauvre prolétaire israélien, en train de se tirer dessus, à la frontière de leurs territoires. Chez les riches, il n'y a pas de haine ni de guerre. La haine et la guerre, c'est bon seulement pour les pauvres. Vous avez échoué, vous les communistes. L'Internationale, ce sont les riches qui l'ont construite. Et elle fonctionne. Depuis très longtemps.

 

 

 

 

Sic.

 

 

 

 

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