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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 13:29

 


 

 

 

Je suis toujours parti du principe qu'il y avait une place bien déterminée pour chaque chose existant en ce bas monde. Les conversations 3615 MYLIFE ? Avec les poteaux. Le boulot ? Au boulot. Le sexe ? A la maison. Donc, quand on mélange, ça froisse mon obsession de l'ordre tout à fait psychorigide.

 

Je suis, en réalité, un être extrêmement prude. Eh oui ! Beaucoup peinent à le croire, mais c'est vrai ! Je ne parlerais jamais de ma vie sexuelle au premier venu (pour ce qu'il y a à en dire, en plus...). En revanche, ça ne me gêne pas de parler de la vie sexuelle en général – c'est d'ailleurs pourquoi j'écris des romans. Mais, parler de moi et de mon corps, ah non, jamais de la vie.

 

De même, je suis très gêné quand des gens qui ne devraient pas me parler de sexe m'en parlent. Des potes ? Aucun souci. Normal. C'est des potes. Si on peut plus parler de cul entre potes, de quoi on parlerait je vous le demande.

Mais des gens autres ? Ah non. Et, encore pire : des gens du boulot. BEURK !

 

Pour moi, le monde du travail est une sphère qui, à la base, est déjà entachée par le péché originel économique : l'exploitation. Quand je me rends au travail, je suis plus ou moins conscient (ça dépend des jours) que je vends ma force de travail, donc mon corps (force physique et / ou intellectuelle). Je sais pas ce que vous en pensez, mais à mon avis, dès le début, y'a anguille sous roche. Le monde du travail (en régime capitaliste) n'est pas un milieu très sain.

Donc, je me protège. Il y a un monde du travail et un monde de la vie privée. Je considère que je n'ai pas à mélanger les deux. Bien sûr, il y a des choses dont on peut parler au travail, par effort de sociabilité : sa passion pour les échecs ou le bowling, ce genre de trucs, quoi. Consensuel. Au travail, je ne parle pas politique (surtout qu'il n'y a pas de syndicat), ni sexe, ni littérature, ni rien. Le truc intéressant, ce serait de cerner où se situe exactement la frontière. Par exemple, au travail, je pourrais tout à fait aborder – pour discuter à la pause clope – le sujet de la dernière ville où j'ai passé mes vacances, etc. En revanche, je serais incapable de dire « je kiffe trop Andreï Roublev de Tarkovski ». Là je considère qu'on franchit la ligne rouge.

Ma situation est, toutefois, bien spécifique : je ne partage pratiquement aucun point commun sociologique, générationnel et culturel avec mes collègues. Ça n'arrange pas les choses.

 

Enfin, bref, tu auras compris, ami lecteur, que je ne parle pas cul au boulot.

 

Et depuis « l'affaire DSK », ben tout le monde parle cul au boulot.

Pas moi. Jamais.

Mais ça me gêne.

Si je vous jure.

En fait, ce ne sont pas les mots, ou les images, ou les faits qui me dérangent. Simplement, je ne veux pas entendre ce genre de choses sortir de la bouche des autres salariés. Oui, vous les autres salariés ! Hé, les gars, vous êtes des collègues. Vous êtes pas censés prononcer le mot « fellation » ou « sodomie ». D'une, c'est mon domaine à moi, le domaine de ma vie privée et de ma littérature ! De deux, pas là, pas au travail. Franchement... C'est pas propre, c'est dérangeant. Vous avez pas une tronche à prononcer « sodomie ». Je ne veux pas vous voir prononcer le mot « sodomie ». Ni fellation ni cunnilingus ni branlette espagnole, putain c'est vraiment dégueu !

 

Et puis, ce dont je souffre davantage encore, c'est la façon dont vous en parlez. Genre, ça vous fait baver d'envie. Condamnations graveleuses. Commentaires stupéfaits gorgés de dizaines de détails fantasmés. Florilège. « Ah y'en a qui se gênent pas et qui fourrent tout ce qui bouge ! » « Ces hommes politiques en vérité ils se tapent des centaines de putes de luxe ! » « A ce qu'il paraît ils vont tous dans des clubs échangistes pour VIP ! » « C'est comme les footballeurs, ils organisent des fêtes où des centaines de prostituées sont invitées ! »... (oui au passage j'avais déjà vachement accusé le truc au moment de l'affaire Ribéry machin truc). Mais comment vous les gens vous pouvez sortir des trucs pareils ? Genre, vous avez trop une vie de merde et vous cultivez une sorte d'amalgame entre l'admiration et le désir de lynchage à l'égard de DSK – ou de Ribéry. Il y a une sorte d'indignation où l'on sent bien un fond de désir refoulé. Ce qui est marrant, c'est que les femmes aussi parlent comme ça. Non mais sans déconner, je trouve ça terrible pour vous, les gens ! Vous voulez vous taper des putes ou fourrer des trous dans des partouzes ? Ben faites-le ! Qu'est-ce qui vous en empêche ? Y'a des putes à tous les prix et des clubs échangistes pour tous les milieux, non ?

Putain c'est glauque comment vous envisagez la sexualité ! Genre t'as la corde au cou depuis que t'as épousé bobonne, mais le truc de DSK d'un coup ça te fait monter la température en deux temps trois mouvements. T'as ta petite vie de merde de salarié anonyme sans aucune sublimation sensuelle, et si t'as envie d'immoler Ribéry sur l'autel des bonnes mœurs, c'est surtout parce que, en vérité, t'aimerais bien pouvoir faire comme lui. Oh mais allez-y faites comme eux ! Vous retenez pas, surtout. Et foutez-moi la paix au taf.

 

 

Je ne fais pas allusion aux gens qui trouvent le truc scandaleux, ou qui soutiennent DSK, ou l'inverse, ou je ne sais pas, mais juste à cette fascination mortifère pour « le monde interdit de la luxure des riches avec des tas de partouzes et du sexe à profusion ».

Ayez les fantasmes que vous voulez, les gens.

Mais pas au travail. S'il vous plaît.

 

 

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commentaires

Oscar 01/06/2011 19:09



Juste encore cette déduction (digne de Sherlock Holmes?): les femmes de chambre semblent plus travailleuses, moins fantasmeuses et moins mélangeuses que les directeurs de FMI...



Oscar 01/06/2011 14:22



Tout à fait d'accord avec vous, CLOPINE!!


 


RESTE à savoir si DSK était venu à New York en général (sans mandat du FMI pour une mission quelconque que je sache, il devait même être dès le lendemain en Europe pour y "plaider la
cause" de la Grèce ) et dans cet hôtel en particulier,


 


pour y TRAVAILLER?


 


A moins qu'on ne considère l'activité répétitive et compulsive des prédateurs à la recherche d'une proie comme un travail, après tout ça être aussi fatigant que stimulant, à la longue?


 


Quoi qu'il en soit, sans aucun témoin direct ni preuve matérielle, c'est la parole de DSK contre celle d'une simple "femme de chambre", la cause paraît donc d'ores et déjà "entendue", et à
la réflexion je m'étonne moins à présent,


 


1: que les avocats de DSK fanfaronnent déjà en annonçant le futur acquittement de leur client;


 


2: surtout, que les femmes portent si rarement plainte dans ce genre d'affaires: après le traumatisme du viol, suivent le plus souvent l'humiliation et la honte d'être traitées
d'affabulatrices, voire de "putes" consentantes (nymphomanes peut-être qui sait, on connaît le penchant des femmes notamment africaines pour la luxure, c'est même pour cela
sûrement qu'on les excise dès leur plus jeune âge, pour modérer par la suite leurs vices messaliniens!...)


 


Eh oui, STONI, c'est encore mon naturel optimiste qui a parlé, sans compter bien sûr qu'il y a hélas d'innombrables horreurs plus massives et plus sanglantes dans le monde à chaque minute
qui passe, je n'ai gare de l'oublier...


 


C'est au fronton de son Enfer que Dante a inscrit: "vous qui entrez ici, laissez toute espérance"; mais nous savons tous qu'heureusement l'enfer n'existe pas, hein? Ou alors, "l'enfer, ce
sont les autres", mais ce serait outrancier aussi que de prétendre cela, je le reconnais volontiers.


 


Sur ce, bonne ascension à tout le monde, sans toutefois de hâte excessive d'y entrer, dans ce royaume des cieux si vanté; les anges qui concertent de leur trompette étant infatigables,
il n'y a pas péril en la demeure...


 


 



clopine 01/06/2011 10:06



Euh, Stoni, si je peux me permettre... Je vois bien ce que tu veux dire, hein, et moi aussi ça me gêne cette sorte de "fascination" (ma belle-mère (!!!), à propos de l'affaire DSK, a remporté le
pompon : "mais enfin, il est bien trop riche pour avoir à se taper la bonne", a-t-elle sorti le plus naturellement du monde). Donc, je te suis, mais...


 


MAIS...


 


ta dernière phrase, là : "ayez les phantasmes que vous voulez, mais pas au travail".


 


Peut-être bien que c'est exactement ce que Nafissatou pensait. Ce qu'elle croyait naïvement.  Celle qui venait TRAVAILLER dans cette p... de chambre d'hôtel, tu sais ? 


 


Je veux dire que ce ne sont pas tes collègues qui ont commencé à tout mélanger...


 


Bonne journée à toi


 


Clopine, vieille féministe. 



Oscar 30/05/2011 09:00



Il BAT SEULEMENT EN RETRAITE devant l'once menaçante qui rôde autour de l'entrée de l'enfer. Mais elle rôde en vers, pas en prose, traître!! 


 


Je suis méchant, hein, CLAUDE! Et ingrat surtout!!


 


 


STONI, n'oublie pas: "vous qui entrez ici (dans le monde du travail capitaliste), laissez toute espérance"!!



paniss 29/05/2011 17:29



que nenni, Stoni, que nenni!....



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