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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 13:21

 

 

caca stoni

 

 

 

 

J’aurai été communiste en dépit des communistes eux-mêmes.

Ces jours-ci, je ne les supporte plus. Lorsque je lis, par hasard, dans un magazine, un journal, sur internet, le nom de Marx, une détestable sensation d’agacement s’empare de moi. Ce qui est mal. Marx n’a rien à voir avec tout ça.

Ce sont certains communistes qui m’énervent.

Pourtant. Chez moi, j’évite du regard mes rayonnages d’ouvrages communistes. A la bibliothèque, je fuis les étagères qui s’y rapportent. Ce qui est mal. La théorie n’a rien à voir avec tout ça.

 

Je m’interroge.

Au-dessus de mon bureau, j’ai affiché, en bon pauvre connard socialisant de base, les portraits de Rousseau et Robespierre. Et, ces jours-ci, si le communisme me saoule, je dois avouer que Robespierre, tout au contraire, m’inspire une admiration qui confine à la dévotion. Je le regarde. On dirait qu’il me regarde. Il me dit : « tu n’es pas un bon camarade ». Je lui réponds : « toi non plus, tu n’étais pas un bon camarade, ils t'ont fait guillotiner ». Il ne réplique pas. Je l’ai vexé. Je soupire.

 

J’en ai marre. De ces communistes qu’hélas je côtoie, de ces communistes chiants qui ont le malheur, justement, d’être communistes. Je n’en peux plus d’entendre leurs grandes leçons de socialisme, de lutte de classes, de matérialisme dialectique, leurs incantations pseudo-révolutionnaires, alors que ces gens n’ont jamais foutu le pied dans une putain d’entreprise de toute leur vie. Je veux dire, seulement FOUTRE LE PIED. Sans déconner. Ok, je sais. Marx non plus n’a jamais travaillé en entreprise de sa vie, me rétorqueront les sages et les bien avisés. Ils auront raison. Mais Marx, il me saoule aussi. Qu’il aille niquer sa bonne.

 

Je ne connais pas un seul camarade qui travaille en entreprise à un poste de subalterne. Tu te rends compte ? Je n’en connais aucun.

Sauf moi. Ce stupide ouvrier qui se lève tous les matin à six ou sept heures pour aller bosser.

Et pendant ce temps, les « camarades » en question, ceux qui m’agacent, contemplent le monde, l’actualité, analysent, dissertent, et moi je travaille.

Quelle putain de répartition des tâches à la con. Mon être de classe les emmerde. Il y aura toujours une classe laborieuse, toujours une classe oiseuse – à défaut d’être véritablement oisive – et c’est donc ça le socialisme pour lequel je me suis encarté.

 

Au cours de nos rares réunions, ils profèrent leur mépris des travailleurs, des petites gens, des pauvres gens, de mes amis, de mes proches, de mon père, de ma mère, de mes grands-parents, de mes frères, de mes sœurs, ils s’en fichent, ce n’est pas vrai, la classe ouvrière ne les intéresse pas, ne les a jamais intéressé, leur cause c’est la leur, pas celle des autres, leur cause c’est l’arrogance, leur cause c’est, tout simplement, être supérieur, se distinguer – et que ce soit par la politique, l’art, l’argent, cela revient au même et cela me dégoûte.

 

Peut-être parce que moi-même je cherche à me distinguer par la littérature.

Peut-être parce qu’ils sont comme moi.

Mais moi je travaille. Moi, je suis de et dans ce monde, je vis de et dans ce monde, qu’ils appellent – c’est selon – le salariat, la classe ouvrière élargie, le monde du travail, et qu’ils n’ont jamais voulu pénétrer. Sauf que moi je suis un hybride et c’est peut-être pire encore. Une monstruosité. Mi-travailleur, mi-je-ne-sais-quoi. Mi-artiste à deux balles. Mi-connard.

 

Je me fatigue. Ils m’épuisent.

 

 

 

Tu es un mauvais camarade, me dit Robespierre.

Et moi je suis désolé.

 

 

 

 

 

 

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commentaires

clopine 07/09/2012 13:54


La symbolique est évidente, Stoni. Est-il vraiment nécessaire de te décrire les différentes opérations  courgettiformes et potagères  ? Bon, allons-y, mais c'est bien pour toi !


 


 Sache donc que la courgette clopinienne est énorme, d'une longueur inégalée,  dressée vigoureusement,  plutôt arrondie vers le bas et retrécie vers le haut, sauf quand sa jolie
fleur jaune éclôt au bout (je te JURE que c'est vrai. Je vais demander à Clopin une photo...) . Il me faut parfois les deux mains pour en faire le tour, et, tenue par l'arrondi du bas, elle pèse
son poids... Je la passe évidemment, avant toute chose, à l'eau : je dois longuement faire aller et venir mes doigts mouillés pour bien nettoyer la peau si lisse et si étonnamment ferme à la
fois. Une courgette ainsi préparée devient d'une obéissance, sous le travail de la main, qu'on peut en faire quasiment ce qu'on en veut...  


 


Une fois ce travail préliminaire achevé, je  couche doucement, sur le côté, la courgette  en l'allongeant  sur la planche à découper, en admirant sa longue forme oblongue : elle ne
se fait généralement pas prier et on dirait qu'elle s'avance d'elle-même vers le tranchant argenté du couteau de cuisine qui va la séparer, ouvrant une mince fente de haut en bas. J'essaie alors,
lentement bien sûr (il ne s'agit pas de  blesser la courgette par une trop grande brutalité, digne d'un cuisinier de cantine militaire  !  Non, un légume qui souffre donne beaucoup
moins de plaisir qu'un autre, à moins de le napper de sauce, et là c'est encore une autre affaire, car la sauce doit être blanche, légèrement émulsionnée, à goût salé et à texture gluante, comme
une béchamel douce et un peu collante  même) de séparer les petits grains du centre de la chair  - il me faudra donc, lentement len-te-ment, explorer toute la fente de la courgette, ce
que je ferai du bout des doigts...


 


Et après, zou, je sors mon mixer et l'écrase sans pitié aucune.  Non mais !  


 


Le cri  (douloureux ? Extatique ?) de la courgette écrasée qui dégorge en un dernier spasme ce qui va devenir une excellente purée est heureusement couvert par le bruit du moteur du
mixer. 


 


Parce que sinon, tu me connais Stoni : jamais je ne pourrais supporter faire subir ça à quoi que ce soit. Déjà, rien qu'éplucher une banane... (enfin, je dis banane, mais c'est un pur hasard,
hein, et puis les bananes, ça ne vient pas bien dans le pays de Bray). 

stoni 07/09/2012 12:48


Capitaine, tu as tout dit, justement dit, absolument dit. je pense en effet que la dimension sexuelle n'est pas à sous-estimer. tu comprendras pourquoi je n'ai jamais fait d'études. Et je
comprendrai pourquoi tu ne t'es jamais encarté.


Ces deux commentaires me rassurent, je vois que je ne suis pas le seul à saturer de temps en temps. Ce qui est terrible quand on est communiste, c'est que le communisme est censé être un truc
assez grégaire et tu te rends compte qu'avec le groupe, ça va pas être possible : ça refroidit. mais bon.


Un autre sujet dont on pourra parler, Clopine : des arcanes du symbolisme de la  courgette clopinienne.

clopine 07/09/2012 10:43


Moi, c'est les écolos qui m'épuisent. Si tu savais, mon pauvre  Stoni, ce qu'une réunion de militants de défense de l'environnement peut être soporifique et en même temps presqu'onirique
(avec les sujets qui fâchent, les règles de vie, la moraline à haute dose, et les jolies petites contradictions bref).  Bon, au fait, quand tu viendras à Beaubec, on pourra causer d'autre
chose que de Mélenchon, hein. On évitera aussi Marx, voire même Robespierre, si tu veux. Alors, voyons, de quoi pourrait-on bien parler ? Cherchons, cherchons... Ah si, y'a bien un truc, là. Dont
tu fais une analyse formidable par rapport à la société capitaliste dont il concentre le processus économique... Tu sais, le rapport marchand et tout le toutim... Ah, ça me revient : la
littérature, Arthur ! 

Capitaine 06/09/2012 15:07


Pauvre Stoni... Je partage ton dégoût des révolutionnaires de marché bio, des petits-bourgeois gueulards et paresseux, des communistes du lundi et des étudiants trentenaires mais propriétaires.
Ils transpirent la condescendance et le mépris envers les travailleurs, les manuels, les pauvres, les matérialistes, les moches et les modérés. 


Je n'ai jamais souscrit à aucun parti politique mais, hélas ! j'ai fait des études et c'est là leur milieu habituel. Je leur aurais vomi dessus à ces emmerdeurs plein de rêves et de slogans qui,
parce qu'ils ont lu un extrait du Capital en cours de philosophie, se sont permis de cracher sur tous ceux qui n'étaient pas ou peu ou que mollement d'accord avec leurs théories bancales.


La vraie finalité de l'engagement politique étant et restant de se taper des nanas (et réciproquement pour les filles qui, avec leurs voix stridentes et leurs doigts levés, n'en étaient pas moins
insupportables).

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