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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 17:49

 

 

Cet après-midi je n'ai écrit qu'une trentaine de lignes, ou une quarantaine, enfin je ne sais pas, mais ce n'était aucunement mon objectif.

Aujourd'hui, ça ne veut pas, et j'ai insisté, et je n'aurais pas dû.

Je suis fatigué. Je ne comprends pas pourquoi. Ma tête est lourde, mes paupières pèsent et ça ne vient pas.

Je ne suis pas content. Ça fait chier. Je relis tout ce que j'ai écrit. Ça va m'aider. Ça va le faire venir. Ça va faire venir quoi ? Le truc. Le truc qui fait que ça marche.

Je m'obstine. Je relis. Je suis certain qu'à un moment je me suis fourvoyé. Ce n'était pas la bonne orientation, pour l'histoire. Les personnages ne sont pas satisfaits du tout. Par rapport à mon travail. Je sens leurs regards hostiles.

On ne s'entend plus.

J'en ai marre. J'en ai plein le cul. Des fois, c'est tellement bon. D'écrire. Hier, par exemple. C'était jouissif. J'étais bien dans l'histoire. Bien avec eux – les personnages. On était en bons termes. Aujourd'hui, scène de ménage. Je m'ennuie. Eux, ils m'en veulent. On se fait la guerre, par écran interposé. Certains jours, je ne réalise même pas l'existence de l'écran. Le traitement de texte est directement branché sur ma cervelle. Mais là, il est bien palpable, l'écran. Et le clavier. Et tout ce qui nous sépare, s'acharne à nous séparer.

Ne m'abandonnez pas. Je vous en supplie. Sans vous je ne suis rien.

On me fout trop la pression, aussi. Ouais c'est ça. Tout est de la faute de mes éditeurs, qui n'ont cessé de m'appeler en juin pour se renseigner sur le progression du nouveau bébé. Je n'aime pas cette expression. C'est pas un bébé. Ça ne vit pas. Et si je fabriquais un vrai môme, putain, vous me prendriez pas autant la tête.

- Alors le nouveau bébé il avance ?

- T'en es où ?

- Je venais aux nouvelles. Tu travailles bien ?

Pourquoi est-ce qu'ils font ça ? Il y a ceux qui veulent me récupérer. Ceux qui veulent m'adopter. Et ceux qui veulent me garder. « Viens chez moi, la prochaine fois. Je te tire à tant d'exemplaires, je te donne tant d'à-valoir. » Mon cul. Tu me tires tout court, mon gars. « Reviens chez moi. Ce qui s'est passé, ça ne se reproduira plus. Il faut que tu tiennes compte des circonstances. Je n'étais pas totalement libre de mes mouvements. A l'époque, il n'y avait pas que moi qui décidais. Les choses ont changé. »

Foutez-moi la paix. Donnez-moi mon fric, d'abord.

Ok j'en aurai un peu à la fin de l'année, pas avant. Mais j'ai des « notes de frais » qui restent dues.

A leurs questions, je ne réponds pas. Je prétends entretenir une superstition très artistique sur mes projets en cours : je n'en parle pas. En fait, ce n'est pas une prétention. C'est la vérité. Je me protège.

J'attends qu'Aniki rentre, en faisant semblant de travailler. Page cinquante-trois. C'est là où ça part en couille. J'en suis sûr. Non, en fait c'est parti en couille dès le début. C'est quoi ce roman à la con que je suis en train de pondre ? J'ai peur du faux départ. Il faudrait pourtant que je m'y habitue.

Et quand Aniki va rentrer, il va me demander si j'ai passé une bonne journée. Hier soir, j'étais ravi de répondre : ouais. Mais là. Je ne veux pas qu'il me pose la question. J'ai honte. Je suis trop orgueilleux pour avouer : c'était une catastrophe. J'ai rien branlé. Parce que lui, il travaille. Pour de vrai. Toute la journée. Et moi, quand je ne produis pas ma petite daube quotidienne, je renâcle à dire : je n'ai rien fait. Je n'ai rien réussi à faire.

Et dire qu'après, quand ton roman a abouti – par une chance inouïe, je m'en rends compte aujourd'hui, demain j'aurai oublié – qu'il est édité et mis en vente, tu fais le mariole devant les organisateurs de salons, les libraires et les critiques. Tu réponds aux demandes d'entretiens. Genre, normal, je fais ça sans problème. A ce moment-là, tu négliges ce genre d'après-midi de merde. Tu crois en toi. Ouais, c'est mon bouquin, franchement il claque pas vrai ? Ouais j'ai bossé deux ans pour le faire. Trois ans. Quatre ans. Ouais j'ai maîtrisé du début à la fin. Ouais je savais là où j'allais. Ouais je suis trop fort. T'as jamais lu ça avant, mec ? Sans déconner ? Putain, tu sais quoi, ça m'étonne pas.

Merde, en vrai, je ne dis pas ce genre de trucs. Quand même. Ces conneries, je dois bien les penser.

 

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commentaires

stoni 06/08/2010 16:57



Clopine ma chère, c'était une FAUSSE ! mais comme ça ne voulait rien dire ça aurait pu être VRAI !


 


Oui ce n'est pas grave d'avoir été cons ("comme le met en exergue Gran'Master Flash dans le fabuleux poème "The message" ".... sic) , moi je dis tant que tu fais de mal à personne y'a aucun
souci.


En revanche je ne partage pas ta vision angélique des bébés. les bébés, c'est tous des crapules.


cf. moi :


http://stoni1983.over-blog.com/article-les-bebes-sont-tous-des-vendus--41097583.html



Clopine Trouillefou 06/08/2010 13:02



Je dirais VRAI, parce que même si c'est FAUX, ça pourrait l'être (et le néant) !


Tu sais, je crois qu'il ne faut pas avoir honte d'avoir été con, même si on a été très con. De toute manière, au départ, tous autant que nous sommes, nous faisons sous nous sans retenue,
bavouillons des sons inintelligibles en glairant et avons des goûts gastronomiques plus que limités, alors...



stoni 06/08/2010 10:54



Clopine mon amie,


des fleurs sur les i ? Rassure-toi : au lycée, je citais NTM et 113 dans mes dissertations de français. Le pire c'est que je me croyais très intelligent et très subversif quand je faisais cela,
tu vois.


Oh qu'elles sont belles tes citations. Je m'en pourlèche encore les babines !


Je te propose :


"La néantisation de tout processus subjectif recoupe la néantisation de l'être."


Vraie ou fausse citation ?????


 



Clopine Trouillefou 05/08/2010 16:36



Mais enfin, Stoni, j'ai passé mon bac de français il y a plus de trente ans ! Attends, je les avais notées dans un agenda, mais j'ai beau garder plein de trucs (mon manuel d'économie de seconde,
je ne sais  pas pourquoi je le garde y'a même pas d'illustrations, soupir !) BON JE REVIENS !


 


Ca y est, je l'ai retrouvé. J'avais une de ces écritures, mon dieu, je mettais des petites fleurs au-dessus des i pour faire joli, t'imagines ?


"écrire, c'est se présenter au monde tel que l'on est, pour qu'il ne soit plus ce qu'il est mais ce qu'on veut qu'il devienne"


"l'écrivain témoigne, même de ses rêves"


"j'ai toujours compris qu'il fallait se servir des armes à notre portée, et ce sont des mots que j'ai trouvés sous ma main".


 


En fait, seule la première est vraiment crédible, parce qu'elle est suffisamment lourde pour convenir. Moi perso je m'en fous, note, que les phrases de Sartre soient lourdingues, elles sont plus
faciles à pasticher comme ça d'une part, et d'autre part  ça ne les empêche pas d'être efficaces.


 


Y'en a une comme ça (une vraie de lui, hein, pas un pastiche !) qui m'a accompagnée et qui m'a servie TOUTE MA VIE, figure-toi. Allez, zou, cadeau :


"L'important, ce n'est pas ce qu'on a fait de vous, mais ce que vous faites de ce qu'on a fait de vous".


 


Si tu aimes les pastiches, file chez Rambo, non, je veux dire RAMBAUD, Isabelle de son prénom, conservatrice du patrimoine et grande pasticheuse devant l'éternel  (t'as le lien sur mon
blog).


Y'en a des bons aussi ches les "Papous dans la tête", l'émission radio sur France Cul de Françoise Treussard, tous les dimanches à 12 h 45...


 Clop'


 


(je suis bien contente de te  faire rigoler. Toujours ça de pris !)



stoni 05/08/2010 16:09



Clopine, ma chère Clopine, mais que ferais-je sans toi ??? La prochaine fois, je m'attaque au placard et je prépare cinquante sushis. Mieux encore : j'installe des nouvelles étagères. Je repeins
la cuisine. Mais les sushis... Tout le monde aime les sushis. Et puis ça fait vachement classe, pas vrai ? Quand tu sais cuisiner les sushis, tu accèdes à une sorte de stade surhumain.


 


Au fait les fausses citations de Sartre, j'attends toujours !


 



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