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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 14:08

 


 

La vie est décomposée en plusieurs étapes.

Entre autres l'enfance, plus ou moins amalgamée à l'adolescence, et l'âge adulte.

 

 

Quand passe-t-on de l'un à l'autre ? De l'enfance-adolescence à l'âge adulte ?

Je dispose d'un test infaillible pour le savoir.

 

 

L'enfance-adolescence. Ces années où l'on rit pour pas grand-chose, où l'on se bouffe les crottes de nez en public, où l'on se branle toute la journée, où l'on mate à plus en pouvoir dans la rue (et même tu te retournes et tu te démanches la tête des fois), où l'on croise les pieds sur la table, où l'on se soucie pas toujours de la politesse et de la courtoisie, où l'on est persuadés que plus tard on sera pilote de chasse (ou rock-star, ou paléontologue, ou politicien propagandiste), où l'on conspue toute forme de sport qui ne ressemblerait pas à une partie de football improvisée.

L'enfance-adolescence et ses égarements vestimentaires. Les survêts Nike, les tee-shirts Com 8, puis les tee-shirts rock. Quand on a encore le temps de se tenir au courant des nouveautés rock indépendant et d'acheter (ou de voler) pas mal de CD. Moi, je faisais des dessins, des BD et j'ai même monté un groupe de punk-rock-tribal avec des potes (qui a tenu un mois). Notre truc, c'était d'incorporer des instruments brésiliens et marocains à la guitare électrique. Comme nous n'avions pas de guitare électrique, on se contentait de mon acoustique. Forcément, ça ne donnait pas du punk-rock, alors nous avons arrêté.

J'avais quinze paires de tennis, de toutes les couleurs. C'était le temps du lycée, puis de la vie active, pour d'autres la faculté. Nous vivotions, nous ne savions pas où aller.

Nous étions des gosses, quoi.

 

 

Puis, l'âge adulte s'installe.

Ces années où l'on compte les anniversaires qui nous séparent de la trentaine (« ouf encore trois ans »), où l'on se bouffe les crottes de nez uniquement en privé (et quand on est tout seul, parce que maintenant, on est maqué-marié-pacsé-parent), où l'on oublie de mater dans la rue, c'est même pas qu'on évite de le faire, non, c'est qu'on n'y pense plus, où l'on s'assied correctement à table (sinon t'as mal au dos), où l'on se montre poli et professionnel lorsqu'il le faut, où l'on se demande comment on a pu seulement imaginer qu'on serait un jour pilote de chasse (ou rock-star, ou paléontologue, ou politicien propagandiste), où l'on fait minimum une heure de sport par semaine... parce qu'il faut s'entretenir.

L'âge adulte et sa sagesse vestimentaire. Un jean slim, des Converse blanches ou noires, un pull simple, une veste bien coupée et c'est marre. Ton excentricité, c'est de porter une cravate... Question musique, c'est le décrochage complet. On ne connait aucun des groupes écoutés par notre petite sœur ou petit frère. Votre discothèque ne s'agrandit plus. Vous tournez avec vos vieux albums. Vous avez tendance à vous réfugier dans des valeurs sûres (« je vais m'acheter tous les disques des Beatles remasterisés »). On ne vole plus dans les magasins, on ne fume plus de pétard, on ne fait plus de commentaires désobligeants en croisant des agents de police – en fait on ne les remarque même plus, les agents de police.

Vous avez un métier ou essayez d'en chercher un. Vos amis font des enfants.

 

 

Bien sûr, les choses se font petit à petit, sournoisement...

Comment déceler le parfait achèvement de la métamorphose ?

Je détiens la réponse.

 

 

Mon père adorait le film Les Tontons Flingueurs.

Pour lui, c'était très Vieille France et cela lui permettait d'intégrer sa « métèquité » (sic) à son pays d'adoption.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Les Tontons Flingueurs c'est un film français en noir et blanc avec plein d'acteurs qui sont morts, une comédie sur des pseudo gangsters, où les jeunes gens dansent le twist.

C'est vachement Vieille France, en effet.

Vous pouvez voir un extrait ici.

 

 

Dès qu'il passait à la télé, mon père le regardait. Et il était pété de rire. Tout le long.

Moi des fois je traînais dans les parages et je l'entendais se fendre la poire. Du coup, je me vautrais dans le canapé, en espérant me marrer aussi.

Ben non. Ca me faisait pas rire.

Pire encore : je ne voyais pas ce qu'il y avait de drôle.

J'essayais vraiment. Je me concentrais sur les dialogues. Mais non. Je ne comprenais pas l'humour de ce film.

C'était comme si vous m'aviez passé un documentaire animalier en prétendant qu'il s'agissait de Mary à Tout Prix.

Mon père me répétait les répliques cultes, quand je ne riais pas.

- Oui et alors ?

- Ben c'est drôle ! «  J'dis pas que Louis était toujours très social,non, il avait l'esprit de droite. Quand tu parlais augmentation ou vacances, il sortait son flingue avant que t'aies fini, mais il nous a tout de même apporté à tous la sécurité. » C'est drôle !

- Ah bon ?

- Mais oui ! Il a l'esprit de droite, parce que quand tu parles augmentation, il sort son flingue, mais il a apporté la sécurité.

Je restai pantois. Je ne voyais qu'un film ringard, un polar même pas palpitant, une curiosité de l'époque, en quelque sorte.

- Ouais, je comprends le sens de la phrase, mais je trouve pas ça drôle.

- T'es trop jeune, concluait mon père.

 

 

A maintes reprises, je tentai de revoir ce film.

Toujours aucun rire.

Juste la consternation.

 

 

Puis, cette année, je l'ai regardé.

Et là.

Plié en quatre. Tout du long.

Pire encore. J'en redemandais. J'allais jusqu'à visionner Le Cave se rebiffe (c'est vous dire).

 

 

Je crois donc que le jour où vous rigolez devant Les Tontons Flingueurs, c'est que vous êtes passé de l'autre côté, définitivement.

 

 

Je suis désolé.

Mais c'est comme ça.

 

 

 

 

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commentaires

Leo De Seine 24/11/2013 11:16

Comme quoi tout le monde est différent mais peut s'apprécier quand même, moi ce film m'a toujours fait hurler de rire et aujourd'hui, malgré mon âge avancé, il m'arrive encore de mater les filles. Quant aux pétards... mieux vaut ne pas aborder le sujet.

Kelu 23/11/2013 19:49

C'est ça ! J'ai ri avec ce film avant la quarantaine ! Bien vu Stoni.

stoni 25/12/2010 13:34



Alain qu'est-ce que tu fous ici à 11h30 le 25 décembre ? T'es pas en train de préparer un repas de Noël bien chiant ?


 


Attention mes HLM ça va être du sérieux. Ils vont être beaux comme tout. Après moi je force personne, hein.



alain 25/12/2010 11:39



vu qu'on avait parlé d'un salaire de 2000 euros net (chez r1 ce me semble) pour le statut d'artiste dans ta dictature stonienne, je vois pas pourquoi je me contenterai d'un hlm !



stoni 24/12/2010 16:47



Ingrat, va.



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