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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 17:31

bureau.jpg

 


 




Tout écrivain un tant soi peu casanier rêve d'une chose : avoir son propre bureau.

Par bureau, j'entends une pièce dévouée à l'activité littéraire, chez soi. L'équivalent de l'atelier du peintre, comme l'a récemment si bien évoqué notre ami Narcisse Steiner.


Pour l'instant, je n'ai pas de bureau.

Et je n'en aurai probablement jamais.


Je travaille dans mon salon. L'après-midi en semaine, je suis seul chez moi et ne suis pas dérangé. Le samedi et le dimanche, Aniki a la bonté, la patience et la prévenance de ne pas faire de bruit, lorsque j'écris. Sa présence dans le salon m'est plutôt une source de soutien (voire d'inspiration) qu'un désagrément.


Pour travailler, j'ai besoin d'une table, de mon ordinateur portable, d'un siège, d'un cendrier et de mes cigarettes.

Tout cela est casé contre le mur, entre deux fenêtres.


La table est un modèle bas de gamme suédois IKEA « STROKLÜNG », qui depuis peu me tape sérieusement sur les nerfs. J'avais pris la moins chère, en emménageant : je me retrouve avec un truc en PVC blanc laqué copieusement hideux. Comme il m'arrive de dessiner, la table est recouverte de taches de feutre noir. Un pied est bancal, aussi ai-je glissé, dessous, un carton plié en quatre pour la maintenir stable.

En revanche, j'ai dépensé davantage dans mon fauteuil pivotant vachement classe qui fait trop intellectuel. Bon, en réalité, c'est un fauteuil rond pas très cher non plus, mais relativement confortable.

Le problème, c'est que j'ai un petit appartement. Et que la chaîne hi-fi se trouve sous la table blanche, ce qui me bouffe la moitié de l'espace où je suis censé glisser mes pauvres petites jambes.


Sur la table, se trouvent : l'ordinateur portable, mon dictionnaire Lexis, mon cendrier, mon paquet de clopes, un briquet, mon téléphone portable, mon agenda, une trousse remplie de feutres noirs et de critériums, puis, des bouquins (en ce moment, une biographie de Marat et le Dictionnaire historique de la Révolution française dirigé par Albert Soboul).


Sur le mur face à moi, j'ai affiché toute une série de photocopies établissant la chronologie de la Révolution française, depuis 1770 jusqu'à la fin de 1794. Les années sont surlignées au marqueur, afin que je puisse repérer rapidement celle qui m'intéresse.


Plus haut sur le mur, sont fixées deux étagères en bois. Toutes les deux supportent ma modeste collection d'ouvrages sur la Révolution française. Nous touchons là au point qui perturbe tout mon rangement bibliothécaire : j'ai des tendances psychorigides (des tendances seulement). J'y reviendrai plus tard.


Sur l'étagère du haut, se trouvent les ouvrages sur l'histoire générale de la Révolution, sur l'historiographie révolutionnaire, les biographies.

Sur l'étagère du bas, les ouvrages sur le Paris révolutionnaire, sur Thermidor, sur le jansénisme, sur la sociologie révolutionnaire (jacobinisme, mentalité, évolution des mœurs, déchristianisation, sans-culottisme), sur le Comité de Salut Public (CSP pour les intimes), sur les colonies, les ouvrages portant sur une année spécifique (1789... jusqu'à 1794) puis sur la vie quotidienne au temps de la Révolution française – et même sous le Directoire. (Hélas, mes magnifiques livres illustrés « La Révolution française, Images et récits » ont dû, en raison de leur volume, être alignés sur le linteau de la cheminée.)


Les deux étagères sont séparées par un portrait de Rousseau, Parrain De Mon Blog, que j'ai encadré (et j'ai d'ailleurs peint le cadre avec mes gentilles mimines attentionnées).



Je range mes livres par thèmes et par auteurs. Je ne supporte pas de les mélanger – sinon je mets des heures à les retrouver – donc chaque étagère est dévouée à un ou plusieurs thèmes donnés. Certaines étagères sont à moitié remplies, d'autres pleines à craquer.

Par exemple : je mets ensemble, côte à côte, tous mes Pasolini, tous mes Jean Genet, tous mes Volodine, tous mes Philip Roth... Sachant que j'ai créé des hiérarchies générales du genre : « poésie », « littérature », « littérature française 19ème », « littéraire française contemporaine », « littérature américaine », « policiers », etc.

Le problème, c'est que j'ai un petit appartement (bis) : j'ai réparti les bouquins entre la chambre et le salon.

C'est le gros bordel, laissez-moi vous le dire.

Toute la littérature est rapatriée dans la chambre, où mes meubles de rangement sont sur le point d'exploser. Un système alternatif provisoire a donc été instauré, à partir de cartons collés les uns sur les autres, et de cagettes de fruits. Des livres ont dû être relégués au secret dans un placard, chose d'autant plus cruelle et impardonnable qu'il s'agit de mes romans préférés (Chester Himes !). Je n'aime pas enfermer des livres dans un placard. Dès que tu veux vérifier un truc, tu mets beaucoup plus longtemps à consulter ton stock.

Dans le salon, l'étagère dévolue à « Histoire de l'URSS » n'a toujours pas été achetée, et les bouquins afférents traînent donc dans une malle temporaire. Comble de la honte, j'ai dû ranger mes Gore Vidal DANS LE SALON (alors que c'est de la littérature) à côté de la catégorie « Philosophie » - bref, Gore Vidal coudoie Kant. Ça ne me plait pas du tout. Ne serait-ce que pour Kant, meskin, il va être traumatisé au bout de cinq ans.

Fort heureusement, mon étagère « Karl Marx (et autres études marxistes) » n'a pas été profanée (pour l'instant).


Ensuite, mes archives éditoriales de manuscrits, de dossiers, sont mal rangées sur le rebord d'une fenêtre, en compagnie d'un magnifique portrait de Robespierre (Parrain De Mon Blog) encadré, et d'un autre d'Aniki et moi (c'est d'ailleurs la seule photo de nous qui se trouve exposée dans notre appartement).




Travailler dans le salon, ça ne me gêne pas.

La chose qui me fait envie, c'est une pièce où ranger mes bouquins. Une bibliothèque.

Bien sûr, si j'en avais une, je serais tenté de m'y installer pour écrire.

Mais, quand Aniki est là, j'aime travailler dans sa proximité. Ce qu'il me faudrait, tout compte fait, c'est un grand salon – genre, avec une alcôve. Pour installer une bibliothèque digne de ce nom. Avec des étages super hauts, plein de rayonnages et tous mes bouquins pas mélangés et bien classés comme je l'aime.

Le bureau idéal serait un super grand salon-bibliothèque-bureau.


Sauf que je l'ai pas, le super grand salon-bibliothèque-bureau.

 

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commentaires

Oscar 14/05/2010 01:26



Claude,


Tu es une mauvaise langue et une méchante, lol, en répétant avec une jubilation sadique manifeste une contrepèterie de feu le camarade Marchais! Peut-être due d'ailleurs au stress
d'un débat, alors qu'il était entouré d'une meute de journalistes et de contradicteurs anticomministes primaires agressifs et cherchant à le coincer, qui ne croyaient ou ne voulaient pas
croire pas au bilan globalement positif de l'intervention soviétique en Afghanistan!


A ce propos je te rappelle d'ailleurs que les Soviétiques avaient aboli le droit féodal de cuissage dans ce pays et que les filles pouvaient alors toutes, au moins à Kaboul et dans
les autres zones pacifiées, aller à l'école... et même se promener en mini-jupe, ce dont elles ne se privaient pas, et je ne plaisante pas!! Pas de burqas pendant "l'occupation"
soviétique!


Et puis Marchais n'avait peut-être pas eu la chance de faire de longues études, n'empêche qu'il était intelligent, au fait des choses, éloquent, ayant de la répartie cinglante et
qu'il disait souvent des vérités dérangeantes...


et, last but not least, il était un homme chaleureux et sympathique. Et pour rien au monde je n'aurais raté un débat télévisé où il était présent, et pas parce qu'il amusait parfois la
galerie avec ses éclats de colère, moins souvent que ne l'ont prétendu ses détracteurs et les caricaturistes du reste, non, parce qu'il était bien et sympa, avec une forte personnalité en
prime, NA!!!!


 



claude b. 13/05/2010 21:58



à dire vrai, pas facile de trouver le déguisement du militant d'jeune; ce que je voulais dire, c'est qu'il s'agissait plus d'une attitude, genre décontractée concentrée, le regard néanmoins
farouche et déterminé, le poing droit fermé en permanence, sauf pour serrer la main de la camarade Buffet; la chemise un peu usagée mais pas trop, sans cravatte, of course; une veste un  peu
passée de mode, mais pas trop; un pantalon avec des grandes poches, style treillis de  l'armée; et puis, dans la poche de la veste, le dernier numéro de l'Huma; et une coiffure pas trop
coiffée mais coiffée quand même.


Surtout, surtout, il convient de ne ressembler en rien à un facteur ou à un sénateur de l'Essone: dans le cas contraire, la camarade risque un infractus, comme disait le camarade secrétaire
général et néanmoins regretté GM.



Xena 13/05/2010 20:48



* des goûts



Xena 13/05/2010 20:48



Ben non désolée de vous décevoir les gars, mais je le trouve foutrement beau gosse stéphane plaza, d'ailleurs c'est uniquement pour lui que je regarde de temps en temps "recherche appartement ou
maison" (mon copain ça le fout en rogne parcequ'il trouve que c'est se foutre de nos gueules ce genre d'émission alors qu'on galère pour payer le loyer et eux ils nous montrent le plus souvent
des bourges lassés de leurs 100 m2 ...bref je peux pas lui donner tout à fait tord mais BON!....)


j'ai des goputs éclectiques, j'aime les blonds, les bruns, les costauds, les fluets, mais le critère numéro un, unique et suprême, c'est le sens de l'humour!!! :)


 


désolée d'être terre à terre et d'avoir des gouts de chiottes! mais le beau, je sais pas si c'est réactionnaire, mais ça compte pour moi, selon mes critères of course!


 


bises!!!



Zelmut 12/05/2010 19:35



Claude, je suis curieux : tu peux me décrire le déguisement du militant djeunz ?



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