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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 11:29

 

 

L’autre jour sur internet j’ai découvert le fameux « How to feel miserable as an artist » en dix points de Keri Smith. Cette liste énumère les choses à ne pas faire pour réussir à bien vivre sa condition d’artiste (oui tu sais ces mecs un peu chiants qui font des trucs qui n’intéressent personne !).

Ça m’a bien fait marrer. Au moins six points sur dix s’appliquent à ma pomme. Des choses à ne pas faire donc, et dont le bannissement devrait révéler du bon sens. Mon cher Aniki pense que cette liste est idiote et impossible à appliquer dans la vie réelle. Je lui ai répondu que ça peut toujours aider les gens comme moi (ou tu sais ces mecs un peu chiants qui se prennent la tête sur les pauvres romans qu’ils osent écrire).

 

 

howtofeelmiserable.jpg

 

 

 

Voici donc les dix points traduits en français (traduction opérée par mes soins, si jamais tu vois une faute n’hésite pas « lâche-toi dans les coms »).

 

 

 

 

 

Les 10 meilleures façons de te sentir pire qu’une merde quand t'es un écrivain (ou un artiste en général)

 







 

 

1 / Te comparer sans arrêt à d’autres écrivains.

 

Bingo. J’ai même écrit un article là-dessus. Quel connard, putain (moi, pas l’autre écrivain à qui je pourrais me comparer). Faut que je perde cette sale habitude.

 

Je tiens à préciser qu’avant d’être édité et d’avoir connu une certaine notoriété, jamais, jamais, je ne m’étais comparé à d’autres écrivains…

 

 

2 / Parler de ton travail à ta famille et en attendre des encouragements.

 

Là, je ne suis pas vraiment concerné. C’est même plutôt le contraire : je préférerais que mes vieux s’intéressent moins à ce que je fais. Mes parents trouvent ça normal que je ponde des bouquins. Nous sommes une famille d’esthètes et je suis leur digne progéniture. Ce qui n’empêche pas qu’ils considèrent que l’écriture est un métier de branleur, ni qu’ils pensent que je passe tout mon temps à regarder des films en streaming. En outre, pour mes parents, il est évident que je suis un écrivain trop doué et incompris, donc quelqu’un qui ne vend pas de livres (des fois j’essaie de leur expliquer que je me débrouille pas trop mal à ce niveau-là, mais en vain).

 

 

 

3 / Placer toute la réussite de ta carrière sur un seul projet.

 

Boum boum. Exactement ce que je suis en train de faire. Je te laisse imaginer dans quel état je serai si ce projet-là ne trouve pas le succès que je lui destine.

 

Est apparu avec le statut d’auteur édité.

 

 

 

4 / Te concentrer uniquement sur ce que tu sais déjà faire.

 

Oui et non. J’ai un peu tendance à bosser sur des choses relativement simples au niveau de la forme, mais surtout parce que je suis psychorigide. Et c’est un autre problème.

 

 

5 / Sous-estimer tes compétences.

 

Total. Je suis une grosse merde et je ne sais plus écrire. Phénomène récurrent entre deux romans. Disparaît totalement quand on me propose un contrat ou à la lecture d’une bonne critique (« hé hé je suis un petit génie »).

 

Est apparu avec le statut d’auteur édité.

 

 

6 / Se laisser gouverner par l’argent.

 

Oh que oui. Mais c’est comme Sega, c’est plus fort que toi. Je ne le contrôle pas vraiment. Concrètement, je vais surtout penser « je dois changer ça et ça pour que le livre soit plus publiable / lisible / bankable ». Cela dit, Balzac il aurait pas écrit beaucoup de bouquins s’il avait refusé de se laisser gouverner par l’argent. Enfin bon.

 

 

Est apparu avec le statut d’auteur édité.

 

 

 

7 / Céder à la pression sociale.

 

Ha ha ha. C’est toute l’histoire de ma vie en ce moment.

 

Est définitivement apparu avec le statut d’auteur édité.

 

 

8 / Ecrire uniquement des textes qui pourront plaire à ta famille.

 

Euh non pas du tout. Je m’en fous total de l’avis de ma famille.

 

 

9 / Faire tout ce que l’éditeur demande.

 

Oui et non. La nuance est dans le « tout ». Faire certaines choses que l’éditeur te demande : oui, pourquoi pas, dans la mesure où je pense qu’il a raison, ou bien que ce ne sont pas des choses importantes. Faire tout ce que l’éditeur demande : non, parce que c’est tout simplement impossible. Sinon on s’en sort pas. L’éditeur a une vision idéalisée du roman, que l’auteur ne pourra jamais réaliser.

 

D’un point de vue mondain (interview, salons, dédicaces), avant j’étais relativement docile aux sollicitations de l’éditeur. Maintenant plus du tout.

 

 

10 / Te fixer des objectifs irréalisables / colossaux et vouloir les accomplir le plus vite possible.

 

Bingo. Je me suis fixé un délai de deux ans – je ne sais même pas pourquoi – pour un projet qui pourrait en réclamer bien davantage. Ah si je sais pourquoi. Parce que je « me sens vieillir » et que je voudrais bien que ce projet (sur lequel je base toute la réussite de ma carrière – voir point n° 3) me couronne à la fleur de l’âge.

 

Est apparu avec le statut d’auteur édité.

 

 

 

Je tiens à te rassurer, camarade lecteur : quand je dis qu’un point s’applique totalement à moi, je reste pourtant bien conscient (et cela même avant d’avoir lu la liste) que ce n’est pas rationnel et qu’il s’agit d’une mauvaise chose. Mais ce sont des pensées qui se forment un peu contre notre gré…

 

 

 

Je rajoute un onzième point :

 

11 / Te googliser régulièrement (en utilisant la fonction « les plus récents »).

 

J’ai réussi à me sevrer de cette putain de sale habitude que je recommande absolument à personne. C’est comme l’héroïne. Ne commencez pas ! Au début, c’est kiffant. A la fin, c’est tuant.

 

  et un douzième :

 

12 / Croire que les gens du milieu qui t'ont soutenu pour un livre le feront pour le suivant.


L'écrivain est un animal solitaire.

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

clopine 10/02/2012 15:38


Franchement, la photo du monstre, là, Stoni... Comment oses-tu faire ça à un papillon ? 

stoni 10/02/2012 13:43


Quant à toi, Clopine, je suis désolé de casser ton trip mais ce que tu me dis là c'est un peu la même chose que le point n° 1.


(PS : Je suis désolé mais il arrivait à proust de sortir. j'ai des preuves.)

stoni 10/02/2012 13:41


Capitaine, c'est toi qui as parlé le premier de "beau" papillon (sic). Je te faisais simplement valoir que tu pourrais être déçu du résultat. Et c'est avec des gens comme toi qu'on en arrive à
des ignominies de ce genre :


 



clopine 10/02/2012 13:27


13. Lire Marcel Proust.


 Va oser métaphorer  une fois que tu as lu Marcel, toi. Avec ces métonymes, ces anacoluthes, ces catachrèses, ces synecdoques et ces polyptotes (non, Stoni, ce ne sont PAS des
papillons). Marcel, c'est le prince de la métaphore. En plus, le mec, il s'enferme pour écrire, il voit personne sauf sa vieille bonne, il a comme des escarres aux mains (très rare)  il y
passe quinze ans, et quand c'est fini pouf il meurt. C'est simple :  auprès de lui, tu n'es MEME PAS  une merde. Juste pourrie du cul, c'est tout...

Capitaine 10/02/2012 12:35


Laisse ce pauvre hétérocère tranquille. Tu préfèrerais devenir un papillon tronche de steack, comme ce polyommatus eros, le Leonardo Dicaprio des papillons ? 



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