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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 10:41

 

 

http://www.topito.com/wp-content/uploads/2012/05/Chiens-suspicieux005.jpg

 

La tronche que tu tires quand tu t'es fait plagier.

 

 

 

 

Je reçois maintes missives électroniques de mes lecteurs. Ces jeunes et moins jeunes gens, qui écrivent, me narrent leurs déboires d'auteurs – édités ou pas encore édités. Le sujet le plus récurrent reste, bien entendu, les tortures immondes imposées par les éditeurs.

Sinon, un autre thème revient : celui du petit plagiat.

 

 

 

 

Pour moi, il y a deux sortes de plagiat.

 

Le gros plagiat, ou le type qui te pompe tout un bouquin : le concept, les personnages, l'histoire, le début, le dénouement, à quelques variantes près.

Quand cela t'arrive, tu peux toujours poursuivre le type au tribunal, et lancer une procédure qui durera des années, te coûtera un max de pognon et dont l'issue est incertaine.

Cela reste, heureusement, assez rare.

 

Nous trouvons ensuite le petit plagiat, beaucoup plus fréquent.

Dans le petit plagiat, le type se contente de te piquer une ou deux idées. Un concept. Un personnage. Ou plusieurs. Un truc narratif, un truc scénaristique, un truc, quoi.

Quand cela t'arrive, il est absolument inutile – à mon sens – de poursuivre le type au tribunal. Il ne s'agit pas d'un plagiat. Le mec t'a piqué un truc, deux trucs, trois trucs. Et alors ? Tu n'as pas fait la même chose quand t'as lu Bidule Chouette, Philip K. Dick, ou la Bible ? Sans déconner, la Bible est pillée sans arrêt. Les pauvres prophètes qui se sont fait chier à la propager par voie orale, voilà plusieurs milliers d'années, seraient dégoutés en contemplant l'étendue des dégâts. Regarde Terminator, qu'est-ce que c'est sinon un remake du massacre des Innocents ?

 

Bref.

 

Tel les patriaches bibliques, tout auteur se verra un jour ou l'autre pomper une idée.

 

Je considère que le petit plagiat est une sorte de rituel initiatique du monde de l'édition. Un dépucelage.

 

J'y suis moi-même passé.

 

 

D'où qu'il vienne, le petit plagiat ne fait pas plaisir.

Mais il t'énerve particulièrement quand il a été commis par un écrivain que tu ne peux pas encadrer. C'est ce qui m'est arrivé.

 

Disons que j'avais publié un roman qui se déroulait dans une usine de chocolat. Mon éditeur me dit à l'occasion : " oh tu sais, Bidule que je viens de signer, eh bien il a lu ton bouquin dans l'usine de chocolat et il a beaucoup aimé ". Deux ans plus tard, je découvre que Bidule fait paraître un bouquin qui se déroule lui aussi dans une usine de chocolat. L'histoire n'est pas la même : le décor, si. Faut dire qu'elle était bien, cette idée d'usine de chocolat – la mienne ! - et que pas mal de lecteurs m'avaient dit que ça rythmait bien le roman et tout.

Ben ouais, elle était tellement bien que Bidule nous a pondu une deuxième petite usine de chocolat, chez le même éditeur qui plus est.

 

Wallah.

C'était mon idée, putain. Mon idée à moi ! IL AVAIT PAS LE DROIT DE ME LA PIQUER, CE BIDULE A LA CON !

J'ai été super véner pendant une semaine ou deux.

Et puis ça m'a passé.

 

Aujourd'hui, j'y repense avec curiosité, et presque avec fierté. Sans déconner. Je peux au moins me vanter qu'on m'ait piqué une idée. C'est mieux que rien, non ?

 

Sérieux, je considère que le petit plagiat est un passage obligé. Si cela t'arrive, ne sois pas idiot à ma façon : ne plonge pas dans une fureur noire. A quoi bon ? Prends-le plutôt comme tout petit plagiat doit se prendre : comme un compliment. Souviens-toi que la vengeance est un plat qui se mange froid. Dans quelques années, quand ton bouquin petit-plagié et celui du petit-plagieur auront été oubliés, tu croiseras ce fourbe voleur dans un salon, lui serreras la main avec un grand sourire et déclareras d'un ton bonhomme : "Vous aussi vous donnez dans les usines de chocolat, m'a-t-on dit ?". Et, peut-être, tu te délecteras de la tronche déconfite qu'il aborera.

 

Mais, tu sais quoi ?

Il y a encore plus de chances pour que, dans quelques années, tu aies tout oublié et que tu ne remarques même pas le nom du plagieur sur la liste des auteurs invités au salon.

 

On s'habitue vraiment à tout. Surtout dans un milieu comme l'édition.

 

 

 

 

 

 

Toi aussi, plagie Stoni

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commentaires

Samir Boutabga 08/05/2016 16:30

Salut, Voici une petite solution pour réduire le dégâts:
On ne donne que les trois premiers chapitres aux maisons d' Edition, si un éditeur aime ces trois chapitres et prévoit que la suite sera aussi belle, il nous cède le contrat et on le signe . Seulement après avoir signer le contrat qu'on lui passe le reste de notre roman . Oui, l’éditeur prendra le risque en signant un contrat sur un roman qu'il n'a pas encore terminer de le lire, mais c'est un risque il faut qu'il prenne parce que, nous aussi auteurs inconnus et sans défonce, on prend le risque en cédant l’intégralité de notre merveilleux extraordinaire chef d'oeuvre a quelqu'un inconnu aussi qui peut être un voleur d’idée...
Vous me dites que cet éditeur peut renoncer au contrat qu'on a déjà signé ( après avoir reçu, lu, apprécié tout le roman et décidé de le voler ) . la je vous dit qu'il n'a pas le droit, signé c'est signé, mais si il a le droit( suite a une clause dans le contrat) ça sera trop mauvais pour la réputation de sa maison d’édition surtout et je dis bien surtout si on a vraiment écrit un véritable chef d'ouvre . Mais si notre roman s'est avéré a deux balle, la, il a tout a fait raison de déchirer le contrat et surtout ça ne va en aucun cas toucher l'image de son entreprise ou ruiner sa réputation.
En tout cas , Rowling de Harry Potter a envoyé seulement les trois premiers chapitres de son roman au début de sa carrière.

sincerly yours

stoni 30/05/2016 16:18

Cela ne fonctionnera pas en France (du moins pas chez un éditeur sérieux).
Un manuscrit s'envoie en intégralité ou ne s'envoie pas.

Lilette 19/02/2015 14:02

Il a des fois des plagiats non intentionnels. Quand on crée, on fait appel à tout le contenu de notre foutu inconscient. Si ça ne touchait qu'un décor, c'est pas la mort non plus, la trame, le style, la cohérence, etc, c'est bien plus important. Les vraiment bons bouquins, on pourrait quasiment tous les transposer ailleurs ou à une autre époque, ils parlent de chose intemporelles en général, sentiments, grandes idées, psychologie, etc.

Elise 12/02/2014 17:19

En mon sens, il faut différencier le plagiat, du clin d'oeil, de l'éloge, de la réécriture et de l'inspiration.

Plagiat : je te demande pas ton avis, je te pique un truc et je t'emmerde, sale con !
Clin d'oeil : je t'aime bien, ou pas, mais tu comptes suffisamment pour que je te fasse un petit clin d'oeil. Un personnage à toi qui passe en fond, un lieu que tu as créé qui croise le temps d'un instant mon histoire. Quelque chose de bref, mais d'assez évident pour que ça se remarque.
Eloge : je t'aime, oh amour de ma vie ! En tout cas, j'aime assez ce que tu fais pour vouloir le sublimer, le grandir. Et comme je te respecte, je te demande ton avis pour reprendre ce qui me plaît.
Réécriture : Les fables de la fontaines sont des réécritures d'Esope, la médée de corneille est une réécriture de celle de Sénèque.
Inspiration : Toute l'héroic fantasy post-Tolkien reprend les elfes tel qu'IL les a conçus, mais chacun y apporte sa sauce pour essayer de se l'approprier un peu.

Fernand Chocapic 02/11/2012 21:07


Qui a osé te piquer le personnage de Willy Wonka ? Je ne sais pas si c'est mon éducation suisse mais je suis très sensible au plagiat dans le monde du chocolat.

Ludovic 02/11/2012 16:48


 


 


Il n’y a que les péteux qui pensent qu’une idée, dès qu’ils l’ont eue, est exclusivement due à leur génie créatif et à leur inépuisable inspiration ; et qu’ils ont sur elle une quelconque
propriété. Comme si on pouvait faire breveter une idée… Quelle prétention !


Quand j’étais étudiant en art, il m’est arrivé plusieurs fois de bien bosser sur une chouette idée que j’avais eue et d’entendre mon prof me dire, lors de la présentation de mon travail :
« Ah, ouais. C’est bien, ton truc. Vachement chouette. Tiens, tu connais Machin ? »


Machin, c’était généralement un mec né bien avant moi et déjà dans la tombe ou tout près de l’être, et que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam (sauf parfois un peu de nom). Dois-je préciser que
j’ignorais tout des trucs géniaux qu’il avait réalisés ? Je faisais, en quelque sorte, du plagiat involontaire.


Alors, du plagiat, surtout le « petit plagiat » tel que tu le décris, c’est vrai que ce n’est rien. Piquer une idée, c’est une démarche astucieuse, même. Mais piller le travail
d’autrui, c’est tout autre chose. Et là, on entre dans le domaine du gros plagiat.


Je ne crois pas qu’en matière d’édition papier, le gros plagiat soit fréquent. Par essence, les vrais plagieurs sont généralement de gros fainéants, et plagier tout un bouquin sans que ça se voie
de trop, c’est quand même du boulot.


Il n’en va pas de même avec l’édition sous format numérique. On a beau nous expliquer que le e-pub est bien sécurisé, difficile à décoder et copier, je n’y crois pas. Pas plus que je ne crois à
la sécurité de tout ce qui touche au numérique. Le site web de n’importe quelle banque est bien sécurisé et inviolable, paraît-il. On sait ce qu’il en est.


 

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