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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 16:50

 





Il y a des choses, comme ça, qui, épistémologiquement, foutent la merde.

Les fêtes d'anniversaire, par exemple. Quand des tensions affleurent entre deux personnes, vous pouvez être sûr qu'une fête d'anniversaire va tout foutre par terre.

Voilà pourquoi je ne célèbre plus mon anniversaire. En plus, la prochaine fois, je vais avoir vingt-sept ans. L'âge auquel Jim Morrison est mort. Ça craint. Même si je ne kiffe pas trop Jim Morrison (trop poseur, trop Jim Morrison, quoi).


Ainsi en est-il des maisons de campagne : ça fout, fondamentalement, ontologiquement, dialectiquement, matérialistement, la merde.


Je n'aurai jamais de maison de campagne.

Tout ce que j'accepterais, c'est une datcha en URSS. Prolétarien, genre.

D'une, je n'ai jamais compris à quoi ça servait – la maison de campagne, pas la datcha. Avoir une maison inoccupée les trois-quarts du temps, ça me ferait culpabiliser. En outre, la maison de campagne est souvent dégueulasse. Ben ouais, pendant tout l'hiver, t'as les araignées qui ont eu le temps de tisser leurs toiles – la maison de campagne étant fréquemment fort mal isolée.

De deux, à la maison de campagne, comment je me ferais chier sa mère. Putain qu'est-ce que je foutrais dans une baraque en rase campagne ? Parce que, à la maison de campagne, t'es pas censé bosser. Je « rouillerais comme un rat mort », telle était notre expression en notre piteuse adolescence dans les années 1999/2000.


Chez Aniki, ils ont une maison de campagne.

Ça a grave foutu la merde.

Y'a un membre de la fratrie qui a voulu la maison de campagne, alors tout le monde s'est engueulé. Qui aurait la maison de campagne ? Qui a droit à la maison de campagne ? Combien vaut la maison de campagne ? Combien je te rachète la maison de campagne ? Et finalement : peut-on se partager une maison de campagne ?

Ma foi, tant pis.


Au début de notre magnifique histoire d'amour, je me moquais méchamment d'Aniki en raison de la maison de campagne.

- Ha ha ha, la maison de campagne c'est le lieu du potlatch, où l'on consomme le veau d'or ! Le père technostructure a su assez bien profiter de la sociale-démocratie pour acheter une maison de campagne. Le fils libertaire va investir la maison de campagne pour y organiser des sauteries alcoolisées et cannabisées. Là, les générations se retrouvent, le pacte social est refondé. La révolution n'est plus possible ! En plus, la maison de campagne est une spoliation sur le pauvre paysan prolétaire à qui le père technostructure a arraché la maison de campagne ! Quand vous consommez le veau d'or, n'oubliez pas d'inviter l'instit communiste du coin : avoir un pauvre à sa table, ça porte chance.

Discours marxo-communisant auquel Aniki avait la sagesse de répondre d'une voix neutre :

- Mon père était ouvrier, petit con.

- Oué, je sais. N'empêche t'as fait des potlatchs dans ta maison de campagne. Rapelle-toi les grandes beuveries que t'as organisées, à telle occasion, à telle occasion... Où vous aviez le mauvais goût ultime, toi et tes potes, de bricoler votre rhum arrangé au cannabis... Ah, comme je souffrais en ces soirées d'extrême ennui, moi et ma conscience de classe martyrisée !

- T'avais pas qu'à venir, sale rouge !

- Oué mais chuis accro à toi.

 


Chez moi, y'a pas de maison de campagne.

Ça simplifie les choses, d'un coup.


L'autre jour, mon ancien éditeur m'appelle. Il a toujours des problèmes avec son ex-copine redevenue sa copine mais pas tout à fait encore.

- Stoni, je peux venir chez toi passer un jour ou deux, s'il te plaît ? En plus j'ai jamais vu où t'habitais.

- C'est pourri, et y'a pas de place pour un invité.

- Je dormirai sur le canapé. De toute façon, je ne dormirai pas. Je suis à l'article de la mort. Je ne dors plus.

- « Novissima verba, mon âme est triste jusqu'à la mort »...

- Pardon ?

- Non sérieusement j'ai même pas de canapé. Désolé.

- Je dormirai sur le parquet.

- Euh, non. J'ai besoin de mon parquet, moi.

- Si je reste à Paris, je vais mourir. Je dois m'éloigner et aller à la campagne.

- J'habite dans une agglomération de plus de cent mille habitants.

- Oui, mais la province, c'est différent, non ?

- Non, c'est pire. Y'a des pauvres partout.

- Quoi ?

- Ecoute, qu'est-ce qui s'est passé, au juste ?

- Oh... Tout a commencé dans ma maison de campagne. Ma famille possède une petite propriété en Normandie. Avec ma copine, nous nous sommes retrouvés là-bas pour faire le point.

Pendant qu'il me narre ce grand drame bourgeois, je fais du rangement et la poussière dans le salon.

- Tout a été d'une cruauté sans nom... Elle a fait voler les bibelots de ma grand-mère. Bon, moi je n'y tiens pas, mais c'est un manque de respect complet envers ma famille, tu ne crois pas ? Et ma grand-mère qui l'avait si bien accueillie, ma copine, lorsque nous avions fêté Noël dans les Alpes et...

- Vous vous êtes remis ensemble ou pas ?

- Pas exactement. Nous restons amis, nous continuons à nous fréquenter. Mais cette situation me ronge !

- Tu veux mon avis ?

- Oui, qu'en penses-tu ?

- Je pense que tu dois VENDRE LA MAISON DE CAMPAGNE.


Un silence se fait au bout du fil.


- Stoni, t'as écouté ce que je t'ai dit ?

- Oui. Tout le problème découle de la maison de campagne. Vous y avez consommé le veau d'or, et avez cru à une refondation pacificatrice. Faux ! En réalité, vous avez noyé tout espoir révolutionnaire, et vous vous retrouvez à patauger dans une eau de boudin à deux euros cinquante. A ta place, je VENDRAIS LA MAISON DE CAMPAGNE !

- T'as pris quelque chose ?

- Je souffre d'une allergie aux pollens et aux graminées, mais je ne suis pas encore médicamenté. Non, je suis sobre.

- Je ne vois pas le rapport avec la maison de campagne ?

- Parce que tu n'es pas marxiste-léniniste. Crois-moi, pour régler ton problème, BAZARDE LA PUTAIN DE MAISON DE CAMPAGNE !

- Mais elle n'est pas encore à moi !

- Alors prends des dispositions pour, en attendant la succession bourgeoi... euh la succession, quoi.

- T'es sûr que ça arrangera mon problème ?

- Sûr et certain.

- Attends... Tu te fous de ma gueule, c'est ça ?

- Tu sais bien que je suis hyperréaliste radical. Tu connais mes discours. D'une histoire d'amour, je vais tirer la conclusion matérialiste que tu dois VENDRE LA MAISON DE CAMPAGNE.


Deuxième silence au bout du fil.


- Bon, écoute, finalement je ne pense pas que je vais venir chez toi. T'as un petit appartement, et je ne serai pas bien sur le canapé.

- Oué, avec les canapés t'as toujours des sortes de barres qui te rentrent dans la colonne vertébrale. Les gens croient que c'est confortable. Mythologie !



Bref, une chose à retenir de la maison de campagne : ça fout la merde.

 

 


 

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Published by stoni - dans Définitions
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commentaires

Oscar 24/05/2010 16:25



Comme tu dis, "les goûts et les couleurs..."; juste ceci encore HUBERT: MULHOUSE ET SA REGION, ça fait DEUX; la ville est, plutôt que moche, (j'ai exagéré) quelconque, je dirais: mais la
région est belle c'est vrai, surtout du côté de Belfort (ouest; mais pas non plus la ville même de Belfort, ce trou humide et emmuraillé), et du côté du sud (Sundgau): super!


Et, coup de bol, j'habite justement au sud-ouest, hé! hé!


Mais bon, l'Alsace c'est pas mal, comme je disais toujours à ma mère, c'est seulement les Alsaciens (nes), qui me posent problème!! 


L'Alsace peuplée de descendants des Gaulois, ce serait bien, comme au temps de César, quand à quelques dix ou quinze kilomètres de chez moi, il a battu dans une grande bataille décisive
sans laquelle la langue française n'aurait jamais existé et tu parlerais l'allemand, mon vieux, les Suèves d'Arioviste sur le point d'envahir toute la Gaule et sauvé
ainsi celle-ci de l'occupation germanique; malheureusement ce ne fut que partie remise, de cinq siècles tout de même, le temps de bien romaniser la Gaule!


Bref le centre-ouest par exemple au doux climat plus tempéré (genre "douceur angevine", voir Du Bellay), ou encore le Poitou ou le Limousin ou le Périgord me tenteraient
assez! Bon, assez rêvé pour aujourd'hui...



Hubert 24/05/2010 14:14



Moi j'aime bien Mulhouse et la région, après les goûts et les couleurs,...


Tu devras partir et vivre dans d'autres jolies coin de France (ce n'est pas ce qui manque!)



Oscar 23/05/2010 21:23



Mulhouse, cette putain de ville industrielle -mais les industries y ont crevé, bien fait!-, dépourvue de tout cachet!


 Mulhouse, cette ville rebelle contre la Révolution française, qui a cru pouvoir défier la France éternellement, petite république de merde alliée aux cantons suisses, lèche-cul de Bâle tout
particulièrement.


Mulhouse dont les femmes, fades germaniques inavouées comme partout en Alsace d'ailleurs, il faut le reconnaître, sont bien plus moches que les adorables et
mutines femmes latines de la VRAIE France, celle où on ne parle pas un dialecte boche!!


Mulhouse enfin, objet de tous mes ressentiments!!



Oscar 23/05/2010 20:42



HUBERT,


Sérieusement aussi, tu aimes le style architectural de Mulhouse City??


Oh putain, il t'en faut pas beaucoup pour être admiratif, alors!! A part l'ancien Hôtel de ville style Renaissance, je me creuse la tête pour imaginer ce que tu as pu admirer dans la ville même
de Mulhouse, l'une des plus moches et anonymes de l'Alsace, pas seulement de France (inutile de comparer à Strasbourg, et même des villes plus petites comme Colmar ou Thann sont
plus jolies!!).


Je suis né à Mulhouse même, mais bon, je ne suis pas chauvin selon toute apparence, et même l'Alsace en général avec ses mentalités bourgeoises et frimeuses commence à me courir sur le haricot!!



Hubert 23/05/2010 20:07



Xena:


plus sérieusement un débat qui est occulté par tout les "médias" (au sens large: comme vecteur de communication) c'est le prix démentiel de l'immobillier partout en France, et ses répercussions
sur le reste de l'économie. Cela génère de véritables rentes sans effort et surtout toute une génération doit s'endetter pendant 40 ans pour un misérable 2 pièces (et c'est cette même génération
qui supporte un taux de chômage de 25% - 50% pour les peu qualifié et qui va se taper le boulot jusqu'à 70 ans tout en payant celle des actuelles retraités).


En d'autres termes celà s'appelle presser le citron ou encore exploitation de l'homme par l'homme.


Est-ce vraiment étonnant? La majorité des décideurs de tout bord ont entre 45 et 65 ans, donc les jeunes...



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