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27 novembre 2012 2 27 /11 /novembre /2012 14:13

 

 

 

 

En bon communiste nostalgique de l'URSS, je lis tout ce qui se rapporte à ma regrettée patrie.

Entre autres, l'annuaire URSS de 1989 édité par l'Agence de presse Novosti.

 

 

urss_annuaire_89.jpg

 

" Ouvrage de référence vous donnant une idée

de la restructuration de tous

les domaines de la vie de la société soviétique."

 

 

 

Pour votre information, cet annuaire était diffusé en allemand, en anglais, en espagnol, en français et en italien.

 

C'est très bien foutu et très bien rédigé (donc très bien traduit).

 

Grâce à ce précieux document, nous en apprenons davantage sur la culture en URSS, et entre autres sur l'édition !

 

Souvent, des lecteurs m'écrivent pour me hurler tout leur dégoût du système marchand qui dirige l'édition française. D'où l'intérêt de découvrir comment les choses fonctionnaient dans une économie socialiste !

 

Le texte qui suit est "critique", on sent bien l'influence de la glasnost. De quoi nourrir le débat. On peut en effet se demander ce qu'on entend par "mauvais auteurs"... Genre.

 


 

L'INDUSTRIE DU LIVRE

 

A peu près 90 000 titres de livres et brochures, d'un tirage global d'environ 2,5 milliards d'exemplaires, paraissent chaque année dans le pays. Cependant, le problème de la pénurie de livres reste à l'ordre du jour. Les livres manquent, c'est un fait.

Que lit-on ?

 

Le sondage réalisé auprès de plus de 10 000 personnes dans 43 localités du pays nous permet de répondre à cette question.

Les belles-lettres, à savoir des classiques soviétiques et étrangers, viennent à la première place. Près de la moitié de la population s'adonne chaque jour à la lecture. Mais c'est surtout la jeunesse qui se distingue en la matière, avec presque deux heures de lecture par jour. Les romans d'aventure, d'amour et les romans policiers, les nouvelles et la science-fiction sont surtout populaires parmi la jeunesse ouvrière et les travailleurs adultes. Le sondage a aussi constaté l'intérêt accrcu manifesté, surtout par la jeunesse, pour la poésie classique.

 

Tout le monde lit, et presque tout le monde souffre de la pénurie de livres.

 

Il y a une cinquantaine d'années, cette pénurie était fort justement expliquée par le niveau culturel croissant de la population. Aujourd'hui, les éditeurs parlent de la mode de la lecture. Ils se plaignent du manque de papier et de l'imperfection des imprimeries. Et pourtant, les rayons des librairies craquent sous le poids de livres... dont personne ne veut.

 

Car l'auteur perçoit ses honoraires indépendamment du nombre d'exemplaires vendus. Les écrivains de talent estiment que ce système est néfaste, car il engendre des parasites et des bousilleurs. Quant aux écrivains médiocres, ils sont contre toute modification du système.

 

(Note du Stoni : ah bah au moins comme ça c'est clair, "lol")

 

Les lecteurs proposent de sortir les livres à des tirages d'essai, d'environ un millier d'exemplaires. S'ils sont vendus, on pourra alors poursuivre l'édition. Dans le cas contraire, elle sera stoppée. Il existe un autre moyen : l'auteur publie son livre à ses frais.

 

L'Union des écrivains de l'URSS compte actuellement 10 000 membres. Si les auteurs impriment leurs oeuvres à leurs frais et si quelques uns d'entre eux n'arrivent pas à couvrir leurs dépenses, il est fort possible que les effectifs de l'Union des écrivains diminueront.

 

Les éditeurs estiment que la tâche première consiste à assurer à chaque famille soviétique sa propre bibliothèque contenant au moins les classiques de la littérature soviétique et mondiale, divers ouvrages de référence et encyclopédies. Soit dit en passant, on a achevé la publication des oeuvres de Pouchkine en trois volumes (11 000 000 d'exemplaires), suite à un abonnement illimité. L'abonnement aux oeuvres de Maïakovski en deux volumes, organisé d'après le même système, a totalisé un tirage de 6 000 000 d'exemplaires. Les oeuvres de Gorki, Lermontov, Gogol, Tourgueniev et d'autres classiques russes, ainsi que les oeuvres de quelques auteurs étrangers figurent sur les listes des titres pour lesquels est prévu un abonnement illimité.

 

Le Dictionnaire encyclopédique soviétique en un volume, renouvelé, a déjà paru à 3 250 000 exemplaires. On se propose également de publier à grands tirages des livres comme Les contes des peuples de l'URSS, Encyclopédie médicale pour tous, Brève encyclopédie de la ménagère, etc. On a commencé, en 1987, la publication de la Bibliothèque du jeune ménage, ouvrage en 20 volumes.

 

Cependant, ni les forts de bons livres ni l'abonnement sans limite aux classiques ne donneront le résultat désiré si, parallèlement, on ne fait pas obstacle à la mauvaise littérature. Depuis le passage des maisons d'édition au régime de l'autonomie comptable et d'autofinancement (1987), il est risqué sur le plan financier, de publier des livres médiocres. On peut donc espérer que, dorénavant, des millions de lecteurs auront la possibilité tant attendue d'acheter librement les livres qu'ils désirent.

 

 

 

 

 

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commentaires

Alouette 29/11/2012 22:10


"Le calme" c'est l'homme qui est chez le coiffeur, assis sur le siège face au miroir tandis que trois autres clients patientent et finissent par s'engueuler à propos de la manière de chasser d'un
sagouin. Lui ne dit rien. On ne connait pas ses pensées à cet instant, seulement les dires du coiffeur et des trois clients en attente. Et puis la coupe terminée, il se lève, sort et pense : je
quitte ma femme. Terrible celle-là, et il finit en ajoutant que de ce moment "décisif", de cette journée, il garde un souvenir : le calme ressenti quand le coiffeur passait les mains dans ses
cheveux.


 


Hihi alors tu as du rire en lisant "A moi" quand un couple s'arrache le bébé  ? ;)


Et Neuneu ? magnifique, non ?


 


Ces deux nouvelles sont dans "Débutants" et un nouvel opus Raymond Carver prévu en 2013 ! La fête !

stoni 29/11/2012 14:05


c'est laquelle, "le calme" ?


 


ma préférée c'est celle avec le bébé moche. qu'est-ce que j'ai pu me marrer la première fois que je l'ai lue. un vrai fou rire. genre les parents eux-mêmes ils reconnaissent que leur bébé est
moche "on sait, il est pas très beau". ah c'est terrible.

Alouette 29/11/2012 09:37


// Chez le coiffeur, tu lis "Le Calme" de Raymond Carver, et tu saisis l'instant  de la cassure comme peu d'écrivains ont su le saisir, avec une précision, une justesse inouie, ce moment où
l'on bascule sans prévenir, où tu fais un choix qui va bouleverser ta vie, la vie des tiens. Avec simplicité, avec évidence : le moment de l'évidence.


 


Sorry pour le hors-sujet  mais je suis nulle en édition soviétique et quand j'entends "coiffeur" je pense "Le Calme", l'une des plus belles nouvelles jamais lues.//


;)

stoni 28/11/2012 19:00


bah, il en faut bien un peu de la littérature de gare, sinon qu'est-ce qu'on lirait chez le coiffeur.


 


 

Joseph 28/11/2012 10:08


Les Soviétiques ont donc souhaité renverser le système socialiste pour disposer de ce qui fait la fierté de l’Occident : la littérature de
gare !


Cependant, je dois avouer que l’auteur de cette affirmation a parfois sombré dans ce « genre littéraire ». Parfois, chez le coiffeur,
je me suis même surpris à lire la presse à scandale…


Mais tout cela reste entre nous, ben sûr.

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