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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 16:16




Dans la branche locale de mon parti politique, il y a un problème.


On pourrait même dire qu'il y en a beaucoup – comme ailleurs.


Seulement, il y a plusieurs sortes de problèmes.


Entre autres, les problèmes du type « rideau coincé dans la fenêtre ».


L'expression « j'ai le rideau coincé dans la fenêtre », je la dois à une pote du lycée, qui exprimait ainsi le malaise, et la désagréable sensation, occasionnés lorsque sa culotte lui rentrait dans la raie des fesses.

Eh oui, ça arrive à tout le monde.


Quand on est en société, on est très gêné par le slip qui rentre dans la raie des fesses.

Mais que faire ?

On ne peut tout de même pas se lever, baisser son froc, réajuster son slob, se rhabiller et se rassoir comme si de rien n'était.

Donc on reste à se tortiller sur son siège sans jamais exprimer son désarroi !


Dans la même série, nous trouvons : la couille mal placée, le pet super bruyant sur le point d'éclore, etc.


Les problèmes du type « rideau coincé dans la fenêtre » sont ceux que l'on ne peut pas exprimer, mais qui vous foutent sacrément mal.


Dans mon parti, un des problèmes « rideau coincé dans la fenêtre », c'est que, pendant très longtemps, l'organisation se revendiqua « prolétarienne », mais qu'aujourd'hui, il y a bien peu de prolétaires dans ses rangs.


Autant vous dire, les ouvriers et les employés manquent cruellement à l'appel.


En revanche, nous comptons une surabondance de profs – et de tous niveaux.


Personne n'en parle trop. Ça dérange.


Et puis, un jour, ça explose.


Et ça se fritte sur les origines sociales des uns et des autres.


L'autre jour, j'étais en compagnie de deux camarades, d'habitude bien poteaux.

Un désaccord idéologique était passé par là. Ils se mirent à se hurler après avec une violence lyrique peu commune.

- C'est LAMENTABLE ! Tu devrais avoir HONTE ! Je n'ai jamais entendu une pareille LOGHORREE soi-disant marxiste léniniste !

- HA HA HA ! Comme c'est drôle de t'entendre TE POSER LÀ EN MORALISTE ! Autant dire C'EST L'HÔPITAL QUI SE FOUT DE LA CHARITE !

Oui, parce que quand deux profs s'engueulent, le niveau de langue reste haut.

Moi, pendant ce temps, je me fumais une clope en plissant les yeux.

Nous étions dehors. On pouvait fumer.

Mais, la honte, quand même, devant les passants et tout.

- RIRA BIEN QUI RIRA LE DERNIER !

- Que c'est facile, de ta part, de critiquer mon engagement POLITICO-SOCIAL !

Je haussai des sourcils admiratifs en écoutant ce « politico-social » que je n'avais jamais entendu jusque lors.

- Ton engagement ça vaut PEAU DE BALLE !

- Euh, vous pouvez arrêter de vous insulter comme dans les années quarante, c'est trop la honte, là ?

Ils ne m'écoutèrent pas.

- Je rendrai ma CARTE DU PARTI !

- Je n'attends que ça !!

- Tu m'as bien entendu ? Je rendrai ma CARTE DU PARTI !

- Franchement, vous me rappelez mes parents, vous allez me faire retomber dans les souvenirs traumatiques de mon enfance que, pour le salut de ma fragile structure narcissique, j'ai dû difficilement refouler.

- Ton IMPOSTURE sera révélée du jour au lendemain !

- Ah, c'est toi qui dis ça... Toi qui ES FILS DE BANQUIERS !


Je fermai les yeux de consternation.

Quand les camarades se lancent dans la série « espèce de fils de... », vous êtes partis pour trois heures.


Les camarades sont obnubilés par leurs origines sociales, puisqu'elles ne sont pas prolétariennes, et adorent trouver chez les autres de semblables tares, histoire de faire des comparaisons.


Ce qui ne manqua pas de se dérouler :

- Oh oh oh ! C'est toi, le FILS D'UN COUPLE D'INSTITUTEURS, avec toute la culture médiocre de la petite-bourgeoisie française, qui va m'apprendre la révolution ?

- Putain vous êtes lourds, les mecs, là.

- Fils d'un couple d'instituteurs, et fier de l'être ! Au moins je n'ai pas été pistonné pour occuper tel poste dans telle institution publique, à l'aide de tel élu municipal coco que je connaissais bien !

- Ah bon ? Et la place de ton fils en crèche, alors ? Parce que c'est pas avec deux mille cinq cents euros mensuels – je sais combien gagne un prof agrégé ! - que t'aurais eu une place en crèche sans piston, va !

- Moi je suis fils de banquiers, c'est vrai, mais je me suis assumé seul ! Mes parents ne m'ont jamais soutenu ! Quand j'étais étudiant, j'étais pauvre !

Je finis par crier :

- DIS DONC LES DEUX FILS DE BOURGEASSES, VOUS ALLEZ PAS FERMER VOS GUEULES PUTAIN DE VOTRE MERE ???

Stupéfait, ils se turent.

- Sérieusement les mecs. D'une, vous nous foutez la honte. Y'a trois ados qui se sont cachés derrière les thuyas, là-bas, et qui vous filment avec leurs téléphones portables. De deux, je vois vraiment pas ce qu'il y a d'original à être des petits-bourgeois ou des fils de bourgeois au Parti. Franchement j'ai jamais rencontré un camarade ouvrier ou employé ! Alors, vous pouvez passer à autre chose, maintenant ? Sinon, je vous prends à la lettre. Et moi, le prolo fils de prolos, je m'accapare la tête du Parti, j'établis une dictature du prolétariat et je vous fais emprisonner. C'est clair ?


Je disais donc qu'il y avait beaucoup de problèmes dans mon parti politique.


Des fois, ça me fait peur.

 

 


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commentaires

Stoni 09/02/2010 10:30


Je n'en doute pas une seule seconde, Oscar !!


Oscar 08/02/2010 23:22


Je proteste: les profs sont jamais comme ça: fraternels, simples, rêveurs et pudiques, inscrits ou non au parti, ils vont, la main dans la main, devisant poétiquement de la réalité du monde
sensible comme Jaurès, des quantas ou du "Lac" de Lamartine: "Ô temps, suspends ton vol!"... sauf quand nous sommes devant une pile de copies les unes plus hiéroglyphiques que les autres à
corriger"...


stoni 19/01/2010 10:45


Si j'étais comme eux, si j'étais comme les camarades profs, je veux dire.


stoni 19/01/2010 10:43


Gillou, tu échapperas à ma purge, promis juré.

Je voudrais quand même préciser que les choses vont ainsi dans MA section, celle d'une grande ville... j'ose espérer que dans d'autres endroits de France certaines CSP - ( CSP - c'est le contraire
de CSP +) sont mieux représentées.

Moi j'ai rien contre les profs, mais faut qu'ils arrêtent de saouler avec leurs parents.

Quand je pense à ce que faisait les miens avant ma naissance, ma parole, je devrais en chier une pendule, si j'étais comme eux.

Bref.


Pierre Poing 19/01/2010 08:28


Eh oui être coco de nos jours c'est de la branlette de riche ! Les vrais prolos, maintenant, sont intégristes religieux ou rien (souvent rien) !


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