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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 13:36

 

 

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Voilà.

 

Décourager d'écrire. Découragé de me battre. Dé-courage.

 

Depuis quelques semaines, le temps que je consacre, d'habitude, à l'écriture ou à mes romans s'effondre dans le néant, la fainéantise, la passivité.

 

La vérité ? Je n'arrive pas à faire accepter, ici ou ailleurs, ce roman qui doit probablement être mauvais. Je pensais que ça tenait la route.

 

Je n'ai pas la patience de persévérer, de lutter pour ce texte.

 

J'en ai plein le cul. J'ai eu ce que je voulais. J'ai été édité. Plusieurs fois. J'ai eu le roman dans les librairies. J'ai eu les lecteurs. Il y a quelques années, avant tout ça... je me souviens avoir dit : " tout ce que je veux, c'est un petit lectorat, je n'aurai pas d'autres ambitions".

Et mon cul, pauvre connard.

 

Bien sûr que non, ce n'est pas tout ce que tu veux. Tu veux davantage. Tu n'accepteras pas longtemps cette petite modestie feinte.

Putain. Quel con.

 

Je ne veux plus. Me battre.

Je suis fatigué. Physiquement fatigué.

J'étais en vacances avec Aniki. Je n'étais plus seul. Je ne pensais plus aux romans, à l'édition, à ma soi-disant "petite mauvaise réputation" dans le milieu, toutes ces conneries, toute cette saleté...

 

 

Nous avons repris le taf. Moi le matin. Puis, de retour chez moi en début d'après-midi... Je me suis retrouvé, seul, avec la moitié de ma journée vide.

Je me suis retrouvé face à l'échec de ce projet.

Je sais qu'il est trop tôt pour parler d'échec. Mais je le pense. Très fortement.

 

Alors. La lassitude. Les paupières lourdes. Envie de dormir.

 

Je cherche du travail. Je veux travailler pendant ces heures de l'après-midi où je suis censé écrire. Je cherche dans la restauration, dans l'industrie.

 

Je veux travailler, je ne veux plus écrire.

 

Le pire, c'est qu'au fond je sais très bien que cela me passera.

 

Caprice. D'écrivain. De merde.

 

Des fois, j'ai presque envie de reprendre la bande dessinée (alors que je n'ai pas le niveau en dessin). Pour faire autre chose. Je ne sais pas ce que je cherche. L'écriture, la narration, la reconnaissance, le public, la séduction...

 

Je veux accepter le découragement. Rendre les armes. Dire : OUI JE SUIS DÉCOURAGÉ.

 

Pourquoi ne pas faire comme tout le monde ? Avoir un job à temps complet. Lire. Regarder la télé. Militer, peut-être. Dormir. Se lever. Sans écrire. Sans créer.

Pourquoi cela n'est pas pour moi ?

Parce que je pense que je vaux mieux ? Parce que je me sens supérieur ?

 

Je considère, parfois, mes amis. Mes parents. Que font-ils ? Ils travaillent, ils font des enfants, ils se lèvent le matin, ils se couchent le soir. Ils fêtent les anniversaires des mômes. Ils vivent.

 

Je ne peux pas. Je ne peux pas. Pourquoi ?

 

Je dois me distinguer. Faire quelque chose. Quelles pathétiques ambitions.

 

 

 

 

 

Ici se termine le texte que j'ai écrit la semaine dernière dans un grand jour d'optimisme.

 

 

 

 

 

Quand on écrit, que l'on soit édité ou pas, des moments durs viendront. Hélas, j'ai cru comprendre que c'était là le lot de tous les artistes, de tous les gens qui créent de près ou de loin...

 

Comme vous l'aurez compris au travers des lignes ci-dessus, je ne suis pas dans une phase d'euphorie, ni de grande satisfaction artistique.

 

Bon alors, c'est bien beau le lyrisme à la petite semaine du mec découragé, mais en attendant, j'essaie de survivre.

 

Chacun vit différement ses moments d'abattement.

 

 

 

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Dans mon cas, je me suis complètement coupé de l'écriture. Mais alors complètement. Je commençais à saturer. Je n'ai plus ouvert le fichier de mon roman. Je me suis consacré à d'autres choses. N'importe quoi. La cuisine. Je suis devenu un spécialiste du pain maison. J'adore pétrir. Je lis, aussi (de tout sauf des romans, je ne peux plus lire de romans tellement je suis gavé, vous vous rendez compte...).

 

Je fais du sport. Entre autres, je me suis mis au yoga.

 

Ça remonte à plus d'un an, le yoga. J'étais alors dans une autre phase bien rude. Je connaissais les bases, grâce à mes parents post-hippies. Cette pratique m'a beaucoup apporté. Mais vraiment beaucoup. Il y a plusieurs façons de l'exercer. En sport, de temps en temps (une séance de yoga est extrêmement physique), ou bien dans une perspective plus spirituelle. Bon sang ne ment pas, ou plutôt, sang hippie ne ment pas – merci les darrons ! - je cherche quelque chose de plus dans cela, tout en envisageant la chose d'un point de vue hyperréaliste radical.

Que l'on soit matérialiste (au sens philosophique du terme) ou pas, il y a toujours quelque chose à prendre dans les philosophies orientales. Le laisser-aller, le lâcher-prise, la conscience de son corps, de soi, la conscience de la fugacité de soi...

 

Et quand on écrit, ça ne mange pas de pain. Je ne veux point généraliser à partir de mon cas, mais les écrivains ont comme un-peu-beaucoup tendance à croire que leur putain d'oeuvre romanesque est la chose la plus importante du monde. Le yoga, il te dit le contraire. Il te dit qu'on s'en fout un peu de ta merde, en gros. Ça te fait relativiser.

 

Je conseille donc le yoga à tous les auteurs. Ça vous fera pas de mal. Avant, je pratiquais un sport de combat et je me suis rendu compte que ça m'énervait plus qu'autre chose. D'où le yoga.

 

 

Sinon, eh bien, il faut laisser passer ce genre de période. Du moins, c'est ce que j'essaie de faire.

 

 

 

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commentaires

Cassandra 11/01/2013 14:59


Stoni, cette peur de découvrir mediocre, on l'a tous en nous.


Depuis que je suis publiée, j'angoisse encore plus qu'avant. La peur de decevoir, d'être jugée, etc, etc. C'est tout à fait normal, la publication otorgue un statut de "professionel de
l'écriture", il faut assurer ensuite et parfois on a un sentiment d'imposture.


Mon conseil peut-être sembler blaguesque, mais franchement, il fonctionne. Essaye de te fixer un cadre rigide pour écrire qq chose (le polar, (ou la romance historique, ou le drame payson, ou
même la )c'est pas mal pour appliquer une recette), ça libère et parfois ça débloque.

Stella No. 11/01/2013 14:02


PS: j'ai commenté sur l'article que tu citais précédemment.

Stella No. 11/01/2013 13:55


en même temps, nous avons tous le désir d'être "non ordinaire"...


combien d'entre nous ont rêvé être un super-héros, une princesse ou un super flic qui sauve le monde?


c'est sûr que quand la réalité rattrappe nos fantasmes, c'est toujours douloureux.


rêver c'est espérer... arrêter de rêver c'est ne plus espérer. comment avoir des objectifs, des buts, des désirs, si nous n'espérons plus rien?


on me dit que je rêve trop... bah je suis bien comme ça... tant que je n'arrête pas de rêver. :-)

stoni 11/01/2013 13:43


tu as raison Stella, chaque roman est un éternel recommencement dans tous les sens du terme.


je suis bon pour donner des conseils aux autres, mais pour ce qui est de les appliquer à moi-même, c'est parfois difficile. y'a pas plus mal chaussé qu'un cordonnier dit-on.


 


finalement, ce qui m'interpelle le plus dans ce que je ressens quand je suis découragé, c'est mon refus de redevenir "ordinaire". ma peur d'être "comme tout le monde". c'es terrible. moralement,
ça me culpabilise beaucoup.


j'avais d'ailleurs écrit un petit article sur ce sentiment.


 


http://stoni1983.over-blog.com/article-le-mec-avec-son-piano-au-groenland-ou-de-la-banalite-en-vanite-84439473.html

Stella No. 11/01/2013 08:29


Si j'ai appris une chose en lisant tes articles, c'est que publier ou non, à chaque roman c'est un éternel recommencement... alors oui, c'est frustrant, oui c'est décourageant et oui c'est
agaçant...


Les "coups de mou" ça va et ça vient. L'important, comme tu l'expliques avec le yoga, est de trouver un moyen de se recentrer sur soi, sur les raisons qui font que tu as voulu écrire à la base.
Ca n'est pas simple car on se dit tous "non non je ne veux pas la notoriété" mais bon, ça n'est qu'une convention sociale... en réalité on crève d'envie !


cependant, moi si j'écris (juste pour moi et un cercle d'amis restreints, juste en amateur), c'est surtout et avant tout pour exorciser le bordel que j'ai dans ma tête. Evidemment je rève
secrètement de succès, mais qu'est-ce que le succès si, au fond, tu es malheureux, stressé et frustré?


Bon courage Stoni, tiens le coup car tes écrits sont une partie de toi (du bordel qu'il y a dans ta tête ? lol) et que ça vaut la peine de laisser de côté et d'y revenir plus tard. Je ne sais pas
si tu as une pression de timing pour écrire ce livre mais si ça n'est pas le cas: prend le temps pour toi.


 

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