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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 13:50

 



Quand j’étais petit, je n’aimais pas Walt Disney à la télé.



A cette époque, il y avait deux catégories de gamins à mes yeux : ceux qui aimaient Disney Parade, et puis les autres.



Disney Parade passait tous les dimanches après-midi sur TF1. Cette émission présentait des dessins animés courts Disney (Picsou, Dingo, Mickey…).



Je n’ai jamais compris les gamins qui mataient Disney Parade. Je trouvais ce programme  d’un glauque absolu.



Déjà, quand t'allumais la télé un dimanche après-midi, ça voulait dire que dehors il faisait un temps de merde. En plus, tu commençais à déprimer léger car qui dit dimanche après-midi, dit dimanche soir imminent, dit lundi matin menaçant, ce qui pour moi signifiait : horreur extrême. Je haïssais l’école. Personne ne peut concevoir à quel point je m’y suis ennuyé (et cela jusqu’à la terminale).

 

 

 

 

 

Rien que le générique il sentait la naphtaline.

 

 

 

Bref, non seulement tu déprimais, mais en plus tu tombais sur cette émission sordide, tournée dans un vieux studio miteux, animée par un vieux croûton bizarrement versé dans le monde des enfants… Ce vieux, c’était Jean-Pierre Foucault, mais moi je ne savais pas qui c’était, à l’époque, Jean-Pierre Foucault. Je ne voyais qu’un adulte mielleux et gâteux, et je me demandais pourquoi il traînait comme ça dans un univers de mioches : ça sentait le soufre, à mon avis, cette histoire.




http://annethology.free.fr/image/archives/articles/jdm2045artp29.jpg



 

Le bouquet, c’étaient les dessins animés en eux-mêmes. Franchement de quoi te plomber.

Les personnages Disney sont d’un sinistre !



Mickey. Je le trouvais louche. Je pensais qu’il était un peu homo, voire beaucoup, et sa relation avec Minnie (sa femme barbe) puait l’hypocrisie. Pourquoi ne s’assumait-il pas, merde à la fin ? Bordel de merde, Bugs Bunny, lui, s’assumait ! Parce que, à cette époque, je pensais que Bugs Bunny était bi (d’ailleurs j’en suis toujours persuadé). Et puis ce Mickey poltron, toujours en train de se plaindre avec sa petite voix nasillarde… C’était vraiment la bonne poire de service. Ce type me faisait franchement de la peine. Aucune autorité sur les autres, aucun aplomb, aucune épaisseur, aucune dignité.



Minnie. Cette potiche n’avait aucun intérêt, sinon de servir de femme barbe à Mickey : une femme barbe a pour rôle de cacher (barbe) l'homosexualité de son partenaire. En outre, la longueur de sa jupe me travaillait. Plus court, tu meurs. Cette jupe, elle aurait mieux fait de ne pas la porter, ça aurait été plus rapide. Les implications sociales de ce vêtement me poussaient à l’interrogation. En gros, je n’ai jamais su si, dans le monde Disney, tous les autres personnages voyaient sa chatte et son cul, ou bien s’il n’y avait rien à voir, genre elle avait pas de sexe. C’était pas clair.



http://3.bp.blogspot.com/-hgEnQIZFNpY/TzqYfsUJTnI/AAAAAAAADec/jAxAVLafprs/s1600/tij06.jpg



Je crois que cette image répond à la question.

 

 

 

Dingo. Un abruti pathétique, plus ou moins clochardisé, dont tout le monde se moquait. C’était un peu l’ancêtre du clodo marginal à chien, vu qu’il se baladait partout avec Pluto. Sauf que lui, il passait pour le dernier des imbéciles. Quelle cruauté de la part des scénaristes ! Le spectacle de la pauvreté crasse et de l’idiotie désinvolte de ce pauvre mec m’embarrassait sincèrement.



Picsou. Je le détestais. D’une, il se baignait dans de l’argent, ce qui était répugnant. Ma mère passait son temps à me dire « touche pas la monnaie, c’est sale ! » ou bien « lave-toi les mains après avoir touché de l’argent, c’est plein de microbes ! » (ouais, elle était un peu control freak ma daronne). Alors, voir ce vieux mec qui plongeait dedans… Physiquement, je n’aimais pas sa gueule ni son habit. Ça faisait trop collet-monté. Je n’aimais pas davantage ses neveux - des lèche-culs de première. Pour revenir à l’oncle, sa dépendance par rapport à l’argent me semblait elle aussi d’un glauque profond.



Et dans le genre dépendance obscène, saluons Winnie l’Ourson. Quel affreux dessin animé ! Autant j’appréciais les graphismes, qui relevaient le niveau par rapport à Mickey, Dingo et Picsou. Mais bonjour l’ambiance chez Winnie !

On a donc cet ourson amorphe, passif, qui ne pense qu’à une chose : bouffer du miel. Le mec, ça dirige toute sa vie, pire encore, ça vire à l’obsession. Et cette sorte d’extase orgasmique qu’il éprouve lorsque, à la fin de l’épisode, il se vautre dans son pot de miel… Le mec se serait piqué à l’héroïne, ça m’aurait pas choqué plus que ça. D’ailleurs mes parents faisaient souvent des allusions sur la drogue quand je regardais Winnie l’Ourson. Et les amis de mes parents aussi. Je trouvais ça terrible d’être autant dépendant d’un truc. Ça me faisait peur. Je n’aimais pas le fait que Winnie trouve son bonheur dans un acte aussi solitaire, aussi peu social, que la consommation de miel. Il n’avait pas d’amoureuse ni d’amoureux. Il subissait davantage la présence de ses « amis » qu’il ne la savourait. Tout ce qui comptait, c’était le miel. Ce scénario me traumatisait grave.

 

 

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Bourriquet n'arrangeait rien. Le type même du dépressif ! Deux de tension, toujours à chialer, à maugréer, à rechigner… Qu’est-ce que je pouvais avoir envie de lui foutre un coup de pied au cul, à cette grosse feignasse !

 

 

http://unrealitymag.com/wp-content/uploads/2011/02/pooh3333.gif



Porcinet, je le voyais un peu comme le stéréotype du pauvre gars qui ne part pas avec toutes ses chances dans la vie. Gentil, volontaire, mais un peu con. Un peu beaucoup con, en fait. C’est le type dont tu te doutes très bien qu’il va toucher le fond un jour ou l’autre, que le sort s’acharne contre lui. Non mais rien que sa tronche, déjà. Il faisait pitié, meskin. Je me disais que c’était le genre de personne qui pouvait péter un câble du jour au lendemain. Vous savez, votre voisin de palier, ce mec fluet, palot, trompé par sa femme, renié par ses enfants… vous le verriez bien prendre tout un bureau de poste en otage, non ? Ben Porcinet, c’était pareil.



Je ne parlerai même pas des feuilletons télévisés Disney joués par de mauvais acteurs et doublés à la sauvette : je n’en ai jamais regardé un seul.



Voilà pourquoi je détestais Disney Parade.



Les enfants qui aimaient Disney Parade m’étaient aussi étranges et incompréhensibles que des martiens. Pourquoi ? Comment ? Dire qu’il y en avait qui réclamaient de mater ce machin, voire, suprême abjection, de s’abonner au Mickey Magazine…



Non, vraiment, je ne saisissais pas.

Surtout quand on sait que, à la même période, t'avais les dessins animés japonais du Club Dorothée, les cartoons sur Canal, les Simpsons, Renard, Batman…



Non, vraiment, je ne saisissais pas du tout.



 

 

 

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commentaires

Joseph 02/12/2012 16:21


Moi, je suis trop vieux pour avoir eu à examiner ce dilemme. A « mon époque »,
dans ces obscures décennies 1960 et 1970, je considérais les enfants qui appréciaient la culture Disney comme des alliés objectifs de l’impérialisme !


J’ai connu « les émissions pour la jeunesse » diffusées par la grande ORTF.
Les images, les écrans avaient peu d’importance. Dans ma petite cité, j’étais soit dehors, souvent dans un terrain vague, soit en compagnie de mes livres.


Je fus un fidèle lecteur de Roudoudou et Riquiqui (ne riez pas, soyez bon) puis
de Pif-gadget. J’étais dopé aux ouvrages de La Farandole, je savourais le progressisme, parfois naïf, d’un Christian Grenier ou d’un William Camus…


Muni de cette trousse de survie politico-culturelle, j’ai pu lire n’importe quoi à
partir de l’adolescence. Cette approche du monde des idées m’a rendu presque insensible à la plupart des valeurs véhiculées par la société mercantile mondialisée.

stoni 01/12/2012 11:24


ah ouais Michelle, ton histoire décrit vachement bien ce que c'était, Disney Parade... t'as bien cerné le truc...


un peu flippant, quoi.


 

Michelle 30/11/2012 15:49


Ben moi ça me rappelle les dimanches après midi chez mon père. Ce programme nous faisait patienter, attendant que ma mère arrive. On s'ennuyait sec. Ce programme était le seul proposé à cette
heure là. Donc on attendait.


Je l'ai regardé un dimanche sur 2 jusqu'à mon adolescence. Je trouvais ça glauque aussi, peut être pour d'autres raisons.


Mais ta vision des choses est très intéressante je déteste Winnie aussi d'ailleurs.

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