Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 avril 2009 5 24 /04 /avril /2009 21:18


Branlette
Voilà qui n'est pas très propre sur soi.

 

 


Aux communistes conformistes :


Comme on est propre, comme on est beau, quand on est comme toi.

 

Bien, tu ne fumes pas. Tu bois, mais comme tous les Français, sans être alcoolique. Tu es lisse et toujours souriant.

Tu as la poignée de main adaptable, le sens de la stratégie et les concessions faciles.

Il faut savoir se sociabiliser, c’est vrai.

 

Tu ne sais pas rire, et ce qui te fait rire me met mal à l’aise.

 

Tu caches à peine ton mépris pour les pauvres, les incultes, les ratés et les feignants.

Continue.

Je m’en fous.

 

Tu es diplômé, tu as reçu tes gratifications de la superstructure. Tu affiches ta médaille : master 2. Tant mieux.

Tu es « formé », très bien formé, tu soutiens les professeurs et les étudiants, tu n’as rien à te reprocher.

J’en suis ravi, mon frère.

 

Car tu te dis « fraternel », mais tu refoules les grimaces en croisant ceux qui portent des survêts, des vêtements soi-disant à la mode et qui mangent chez McDo : tu ne veux surtout pas avoir affaire à eux, et tu ne veux surtout pas les connaître.

Eux non plus, que je te rassure.

Qui représentes-tu, toi qui crois détenir le « concept » et parler au nom du peuple ? Où est le peuple derrière toi, je ne le vois pas.

 

Tu me considères avec méfiance, tu murmures que je suis un stal pornographe.

(Tu te trompes. Je suis bien moins que cela.

Seulement, je ne suis pas toi.)

Mais comme l'a souligné un ami, que dirais-tu de Rousseau, qui osa écrire La Nouvelle Héloïse  et Du Contrat social ?

Rousseau, tu le balaies d’un revers de la main. Tu préfères tes penseurs contemporains dont je n’ai rien à foutre, qui ne m’agacent même pas.

Et tu me dis que je n’ai pas compris Rousseau. C’est vrai, je ne suis pas diplômé.

Je n’ai pas ma médaille : DESS en lettres modernes.

Tant pis. Pour toi.

 

Quand je te regarde, je me demande s’il t’arrive de faire l’amour, et de baiser.

Sûrement.

 

Mais il ne faut pas que ça se sache.

 

Je voudrais t’offrir des romans de Jean Genet et Portnoy et son complexe, pour que tu entrevoies seulement un instant ce que sont la subversion, et le sexe rigolard.

Tu ne les lirais pas.

Ou tu n’y comprendrais rien.

Ce n’était pas dans le programme, à la fac.

 

Tu lis ta presse politiquement correcte pour marxiste gauchisant.

As-tu bien compris Marx, qui engrossa sa bonne ?

Et si je te parle de Pasolini, tu changes de sujet.

Il allait voir des putes, c’est vrai, ce n’est pas bien.

Et c’est vieux. Et ça sent la lutte des classes. Ça la pue, même, à plein nez.

Pasolini faisait de l’art, et prenait le parti des policiers, face aux manifestants de mai 68.

Ce n’est pas correct, n’est-ce pas.

Un artiste… On est pas sérieux, quand on écrit des romans.

 

Toi tu as un chien, et ta maison, et ta famille.

Ton salaire de fonctionnaire.

Ou de politicien.

Tes parents étaient des gens sympathiques, et cultivés.

(Chez toi, on ne disait pas : « bordel ».)

Ils ne voulaient pas que tu deviennes ouvrier.

Et toi, tu ne voulais surtout pas te frotter aux rapports de production.

Cela dit, tu aimes les pauvres.

Tu pratiques la charité politique.

Les banlieusards n’ont jamais été aussi sympas que lorsqu’ils montent des spectacles de hip-hop. A l’Opéra National.

Le rap sera lamartinien, et la chanson gauchiste.

Surtout s’ils sont subventionnés.

C’est plus sûr.

 

Sais-tu rêver ?

Et bander ?

 

Avec tes comparses, vous partagez des connivences d’affidés bien insérés.

Je n’ai jamais su vous imiter.

Vous employez le langage désincarné de la technostructure.

Vous vous entendez.

Une fois, je vous ai dit que vous « faisiez de la scolastique ».

A vos réactions, vous ne saviez pas ce que ça voulait dire.

Ma foi.

 

Ne te trompe pas.

Je n’ai rien contre toi.

Tant que tu ne m’insultes pas, et ne cherches pas à me manipuler.

Ce qui est déjà arrivé.

Va, je m’en remettrai.

 

Je t’aime bien, mon frère.

Et si je reste à tes côtés, ce n’est pas que pour t’emmerder.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

stoni 28/04/2009 13:31

Merci Hubert pour ta compassion, un peu de solidarité humaine n'ayant jamais fait de mal à personne.

Eh bien, ce texte découle d'un mélange des deux suppositions que tu avances.
C'est surtout la conséquence de mon engagement politique.

Quand je rejoins un parti qui se dit communiste, marxiste, progressiste et souscrivant à la conception de la lutte des classes, j'attends d'autres comportements.
Je pensais que nous étions (nous les communistes) dans le camp des travailleurs, mais aussi des pauvres et des incultes. Je me suis vite rendu compte que j'étais le seul à y être (du moins dans ma section, je ne sais pas comment les choses se passent ailleurs, mais vu la ligne adoptée par la direction du parti...).

Tant pis pour eux.
Ce qui me dérange le plus, et que je regrette vraiment, c'est leur mépris fondamental envers tous ceux qui sont différents.
Et, relation de cause à effet, leur satisfaction à se croire "dans le bon camp" : pureté des pensées, des moeurs et de l'action politique.
C'est de la morale petite-bourgeoise, quand tu dis en gros "oh oui moi je suis quelqu'un de bien, j'ai fait des études, j'ai un bon poste, je lis Badiou et je m'inquiète du sort des pauvres salariés de Continental - personnes que je mépriserais au plus haut point si je les rencontrais"

Bref. C'est de la pensée unique coco, rien de plus.

Hubert 28/04/2009 03:37

y a t-il là quelque chose de personnel? Ou une lamentation à force de comtempler nos semblables et d'y discerner un malheureux et désolant (voir désespérant) conformisme?

Je te rassure Stoni, c'est ainsi que sont fait les hommes rien n'y changera rien... Sauf à s'inventer son petit monde, comme tu le fait si bien...

Bien à toi

Présentation

  • : Le blog de stoni
  • Le blog de stoni
  • : Blog d'un jeune écrivain... en direct depuis les tréfonds de la praxis. Ma vie matérialiste, ma cigarette électronique, du marxisme-léninisme et tous mes malheurs d'auteur publié.
  • Contact

Aide des auteurs

  LE MEILLEUR DES ARTICLES SUR L'EDITION ET L'ECRITURE...

 

Commencer un roman : au secours !

 

Mon roman est-il publiable ?

 

Mes romans n'intéressent personne !

 

Y'a-t-il un âge minimum pour être édité ?

 

Trop vieux pour être édité ?

 

 

Préparer son manuscrit / la lecture des manus

 

Améliorer son manuscrit

 

 

Comment avoir un bon style

 

Les méthodes et ateliers d'écritures

 

Par qui se faire relire avant d'envoyer le manuscrit ?

 

Mon avis sur les coachs et conseillers littéraires

 

L'importance d'un bon niveau de langue

 

Protéger son manuscrit

 

A qui envoyer son manuscrit (la ligne éditoriale)

 

Faut-il rappeler les éditeurs ?

 

Comprendre l'édition : 1

 

Comprendre l'édition : 2 (le comité de lecture)

 

Premiers contacts avec l'édition

 

Arnaques : édition numériquel'Harmattan Léo Scheer et les Nouveaux Auteurs

 

Des noms de bons éditeurs ?

 

Le contrat d'édition

 

Comment repérer un mauvais éditeur avant de signer

 

L'importance de la distribution / diffusion


Combien gagne un écrivain ?

 

Négocier son à-valoir

 


Négocier les corrections demandées par l'éditeur

 

 

La dure réalité du monde de l'édition

 

Faire éditer des nouvelles

 

La promotion du roman : critiques et publicité

 

Je suis à la Fnac, et alors ?


Je suis passé sur France Culture, et alors ?


Les critiques négatives, que faire ?

 

 

 

 

Et bien sûr tous les articles sur ma vie d'écrivain au jour le jour.


 

 

 

POUR M'ECRIRE C'EST ICI SVP

 

 

 

 

 

 

 

Recherche

Contacter le Stoni 1983

Flux RSS

http://stoni1983.over-blog.com/rss